2013 Une bonne année pour tous ?

Bonne et heureuse année !

C’est ce que l’on se souhaite par convention et je n’y échapperai pas. L’inverse ferait bizarre.

  • Mais par la passion qui nous relie on ne peut que se souhaiter sincèrement de bonnes et belles aventures apicoles en 2013.
  • Pourquoi la météo printanière de 2013 serait-elle aussi mauvaise que celle de 2012 ?
  • Alors la cuvée de miel de 2013 sera sans aucun doute meilleure et espérons la en plus grande abondance.

Et pour que tout se passe au mieux ?

Sachant que la tiédeur de cet automne finissant et de cet hiver commençant ont maintenu le couvain en de maints endroits, les colonies mangent à tour de bras. Le jour de Noël des abeilles rentraient du pollen de noisetier, d’autres puisaient de l’eau aux flaques tiédies par le soleil. Preuves que l’élevage était en cours.
Sous peu, les fleurs des chèvrefeuilles arbustifs apporteront leurs pollens, la consommation de miel dans les colonies est en croissance, j’ai mesuré environ un peu plus de 2 kilos de consommation ce dernier mois. C’est beaucoup pour un mois de décembre. Rares seront ceux chez qui le traitement à l’acide oxalique par dégouttement aura un effet bénéfique. La présence du couvain rend ce type de traitement peu efficace

Même mes petits nucléis avaient du couvain, j’en ai ouvert un jour de beau soleil où il faisait 14°c. Une main de couvain sur chaque face d’un cadron. C’est énorme pour une population qui vit sur 6 cadrons dans une Miniplus.
Dans ce contexte, un nourrissement au candi protéiné est stratégique il permet d’assurer la production de jeunes abeilles bien nourries aux protéines et peu carencées. La soudure avec le mois de mars devrait pouvoir se faire sans casse majeure.

Nourrir également pour prévenir

La première source d’infection dans les ruches est la pratique apicole. Cette affirmation est un grand calssique

On retiendra que les agents infectieux sont quasiment toujours présents dans les colonies. Les techniques actuelles de détection de la loque américaine (par PCR), maladie bactérienne (Paenibacillus larvae) des plus dangereuse pour l’apiculture, est détectée de manière quasi constante dans tous les miels, y compris dans ceux issus de ruches apparemment non malades. Et lorsque les conditions environnementales deviennent défavorables, les colonies développent la maladie, l’agent infectieux devient pathogène.
Soit les abeilles sont fragilisées par les pesticides, soit la colonie a reçu une surabondance d’agents infectieux (nourrissement avec des miels infectés, lève cadre ou gants infectés, échanges de cadres de couvain, pillage d’une colonie malade…) soit elle vit un déséquilibre démographique entre les butineuses et les nourrices, les abeilles d’intérieur devenant trop rapidement butineuses le couvain ouvert est alors sous alimenté, soit les butineuses ne peuvent pas rapporter suffisamment de pollen (mauvais temps, nourrissement liquide spéculatif inapproprié, floraisons sans pollen comme sur les lavandins) et la carence protéinique s’installe fragilisant les abeilles à venir. Notre action devra compenser ces effets délétères permettant aux pathologies de s’exprimer.
Tout le rucher n’est pas systématiquement touché, certaines colonies le sont plus que d’autres, des colonies apparemment très fortes sont malades alors que des ruches moins populeuses sont indemnes… autant de situation différentes et bien souvent délicates à analyser. Les facteurs évoqués plus haut, sont importants à avoir en tête. Par exemple, le déséquilibre démographique entre catégories d’abeilles au sein d’une colonie est quasiment impossible à observer, or il peut être une cause importante.

Donc nourrir au candi protéiné est une sage précaution et le faire sur toutes ses ruches, si on ne sait les évaluer, ne fait courir aucun risque. Les apports protéinés ne semblent pas porter préjudice aux colonies, le candi n’est pas stocké il est consommé comme du miel.

Comment faire le candi :

  1. mettre 5k de sucre dans 0,7 l d’eau bouillante, monter en température, le mélange va mousser. Faire cette préparation dans une bassine à hauts bords
  2. laisser bouillir à feu moyen, brasser de temps à autre pour faire retomber la mousse, le sirop doit rester transparent
  3. la température doit atteindre pratiquement 120°c, si on n’a pas de thermomètre la technique de la clef est un bon indicateur. Faire une boucle en fil de fer sur un manche de gros tournevis. Tremper cet anneau dans le sirop et le retirer rapidement. Lorsque le sirop « nappe » l’anneau, la température est atteinte. Baisser le feu et laisser cuire doucement encore 5 minutes. Attention ce moment est fugitif, donc ne pas compter fleurette pendant la cuisson du sucre ! Avec l’expérience on sait combien de temps de cuisson est nécessaire avant de tremper la clef dans le sirop.
  4. la cuisson finie laisser refroidir puis brasser énergiquement avec un malaxeur à peinture ce qui accélère le refroidissement, favorise une cristallisation fine et aère le candi. Lorsque la bassine peut être prise à pleine main, ajouter 1k de miel dont vous êtes certain qu’il ne fut récolté sur une colonie malade (source majeure d’infection) puis toujours en brassant énergiquement apporter entre 150 et 200 g de levure de bière lyophilisée (facile à trouver dans les rayons diététiques des épiceries) ou de la farine de soja déshuilée (plus difficile à se procurer).
  5. couler le mélange soit dans des barquettes de charcutier, soit dans un toit de ruchette tapissé d’une feuille de polyanne pour le démoulage.
    Froid, retourner le candi sur une planche à découper et casser le en morceaux d’environ 1 k. Ils seront déposés directement sur la tête des cadres là où sont les abeilles et recouverts d’une bâche à bulle ou d’un polyanne épais et le couvre cadre nourrisseur en bois retourné dessus.
    Sans sachet leur remplacement par un nouveau pain sera aisé. Enlever le toit, le couvre cadre et entrouvrir le polyanne ne posent aucun problème par temps très ensoleillé et sans vent, j’ai posé du candi par -2 °c sans casse. Mais je n’ai pas enlevé le polyanne, seulement soulevé un coté et agit rapidement.
    On réussit d’autant mieux le candi que le volume est important. Je le fais par 10 k je trouve que l’on rate rarement la cuisson. Moins, j’ai eu plus de déboires.
    Pour faire simple on prend du fondant de pâtisser garanti sans amidon et on le fond pour y ajouter de la levure de bière. Le comptoir des plantes médicinales vend sur Internet une préparation « protéines, sels minéraux et oligo éléments » pour candi (je n’ai pas d’intérêt dans cette société).
    En urgence on peut toujours poser 1k de sucre en morceaux sur les abeilles, seul inconvénient la cristallisation un peu grosse rend ce sucre moins facile à prendre par les abeilles, mais c’est un excellent nourrissement.

A l’atelier

Maintenant il faut préparer le matériel pour 2013, cadres cirés, plateaux de sols désinfectés et prêts pour la première opération de fin d’hiver, des cadres cirés de corps et de hausse, en prévoir pour les essaims à venir, des corps et des hausses repeintes, nettoyées de manière à faire des changements de corps et des poses de hausses dans de bonnes conditions d’hygiène.

Voici ce que recommande le Cari le centre technique apicole de Belgique:

Nombre de colonies………3 ……..10……….50
Corps…………………… .. .1……env.3……env.10
Ruchettes…………………..2………5……. ….25
Cadres……………………..30……..90……….250
Planchers…………………..2………5…. …….13
Couvre-cadres……………..1………4………..13
Partitions……………………4………13………60
Nourrisseurs……………….4………12………30
Hausses avec cadres……..9………30……..150

La plus part d’entre nous sommes bien loin d’avoir préparé tout ce matériel.

Publication :

Le 24 janvier 2013 paraîtra « le rucher durable », ouvrage d’apiculture pratique que nous avons rédigé à 3 avec Sosthène Fayolle et Gaëtan Adell, deux professionnels de l’apiculture et de l’élevage animalier.

Ayant beaucoup échangé entre nous depuis plusieurs années sur les mortalités des colonies, et après de nombreuses tentatives de soins pour obtenir des survies hivernales « normales » nous avons décidé de proposer une lecture de nos pratiques sous la forme d’un guide pour accompagner les amateurs et les pluri-actifs dans leur formation tout au long de leur vie d’apiculteur! Nous ne prétendons pas résoudre la question des feux croisés des pesticides, fongicides et agents infectieux des abeilles. Mais au prix d’un gros travail de surveillance et d’accompagnement nutritionnel des colonies nous obtenons de bons, de très bons résultats dans l’hivernage de nos colonies. Certes nous ne sommes pas à l’abri d’accidents et d’intoxications comme il s’en produit dans les zones d’arboriculture ou lors des traitements herbicides aux hormones, contre les pollens infestés que les abeilles on stocké pour l’hiver on ne peut pas grand chose. Pour le reste on arrive à surmonter les effets délétères de l’environnement, au prix d’un énorme travail.
De l’achat d’un essaim à l’élevage des reines en passant par la production du miel, nous devrions balayer largement les thématiques intéressant nos lecteurs potentiels.

http://www.editions-ulmer.fr/livre/paraitre.php?=SID&id_livre=392

Index : Ecologie pratique

Jean Riondet

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

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