2021 pire que 2020 ?

A force de se souhaiter une bonne et heureuse année et que des météorites nous frappent autant espérer une année pire. Au moins à l’arrivée nous ne serons pas déçus !

Trêve de plaisanteries désormais il faudra retrousser les manches. Car, si par hasard il ne fallait pas rembourser les milliards dépensés alors pourquoi ne pas continuer à faire tourner la planche à billets ? Non, la raison veut que l’on retrouve de la croissance et chacun à son niveau peut s’y atteler.

L’apiculture de loisir devrait devenir une apiculture de revenus complémentaires. Cette dichotomie entre le loisir et le professionnel manque de réalisme. Il a toujours existé des pluri-actifs, mais sans aller jusqu’aux niveaux atteints par ceux qui, dans la statistique, font partie de cette catégorie, il serait loisible de pousser les dizaines de milliers d’apiculteurs de loisir vers une production conséquente. On disposerait d’une ressource en miel susceptible d’amoindrir le déficit commercial en la matière. La mode actuelle du circuit court devrait être utilisée pour accentuer bien davantage cette particularité de l’apiculture qui est un secteur agricole qui vend l’essentiel de son miel hors des circuits traditionnels.

Certes tous les acteurs de la filière ne sont pas d’accord avec cette vision des apiculteurs de loisir.  Tant que les petits restent dans l’ignorance et se battent avec des mortalités élevées, ils ne dérangent pas et gonflent les rangs des manifestants et signataires de pétitions. Ils  ne viennent pas concurrencer les commerçants en miel qui affichent « apiculteur récoltant » sur leur étal et qui vendent sous l’appellation « mis en pot par l’apiculteur » un miel évidemment produit par d’autres !

Ce pourrait être un bon projet que de faire croitre en compétences ce public qui possède déjà de bons apiculteurs, des apiculteurs avertis. Ce sont des moyens en outils de formation, d’accompagnement, des mutualisations de moyens techniques … Il faut investir et en finances et en imagination.

2021 pourrait être une année imaginative, pas besoin des astres, pour cela nous suffit de retrousser les manches. Et parmi vous beaucoup le font, savent le faire, l’ont fait !

Vive 2021

Au rucher : traitement anti varroa

Ce froid qui nous tombe dessus va nous permettre de faire des traitements par dégouttement à l’AO en absence de couvain.  Dans ma région de Lyon j’ai regardé le couvain dans une ruche en bois et une ruchette en polystyrène. On était le 27 décembre. Aucun couvain dans la ruche en bois mais dans al ruche en polystyrène il y avait encore de belles plaques de couvain sur 2 cadres. Grandes comme une main chaque fois mais du couvain est présent. Il faut attendre encore un peu que tout soit né sinon le traitement n’a pas suffisamment d’effet pour être vraiment performant.

Donc ce mois dès qu’un jour la température sera aux alentours de 6 – 8° c un traitement par dégouttement sera possible. Utiliser des produits sous AMM, Apibioxal, Oxybee ou Varromed. Veillez à les distribuer à une température d’environ 25°c.

Attention ne pas chauffer le Varromed au delà de 25°c certains de ses composants se détérioreraient.

Flacon doseur chez :

https://www.shop-apiculture.com/flacon-doseur-pour-acide-oxalique-xml-359_429-1841.html

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Pour l’emploi d’une seringue avec tuyau plongeur

https://www.vital-concept.be/francais-seringue-automatique-5-ml.html

Bien casser les ponts de cire entre les cadres pour arroser correctement les abeilles. Si besoin se faire un outil avec un vieux tournevis que l’on chauffe et que l’on coude pour avoir l’espace de grattage ad hoc. On enfume à peine si les abeilles sont sur le candi qui serait sur la tête des cadres et sous une couverture réfléchissante, sinon les abeilles sont sur le bas des cadres là où se trouve le nectar. En effet en de nombreux endroits nous avons constaté que les abeilles avaient rentré du nectar au cours des mois d’octobre et de novembre, certaines ont pris du poids ! Ce nectar a été placé sous les rayons de miel operculé qui occupaient seulement la moitié de la hauteur.

Nourrir au sirop en janvier  ?

En cette deuxième partie de janvier il sera loisible de mettre un verre de sirop chaud sur les belles colonies. Cette pratique que l’on refera en février assure une explosion du couvain. Ces colonies seront à suivre car si elles sont sur 6 cadres de couvain à la première visite, ce qui est possible avec un hiver doux et des floraisons précoces,  ce sera l’essaimage assuré. Elles nous fourniront des cadres de couvain pour de essaims artificiels en prévention d’essaimage.

Pour les plus petites mieux vaut leur mettre sur la tête un pain de candi protéiné, l’apport de protéines assure a minima la ressource nécessaire aux larves. Peu nombreuses, les abeilles auront de la peine à élever un couvain qui exploserait en surface. Élever c’est à dire nourrir en gelées royales puis nourricières et surtout chauffer.

Cet apport sous forme de candi ne stimule pas excessivement la ponte de la reine, elle l’entretient. Ce que fait à l’inverse le sirop.

Ce point sur le nourrissement est abordé dans la formation apiculture

Vitalité du couvain

J’ai trouvé sur le blog de Damien Merit un intéressant papier sur la vitalité du couvain, avec de magnifiques photos.

http://www.damien-merit-apiculture.fr/blog-de-damien-merit/

C’est une notion chère au frère Adam, le créateur de la lignée des Buckfast.

Nous avons tous vu des couvains bien denses et bombés et des couvains dont l’opercule est plutôt plate. Le premier est le signe d’un couvain de qualité en bonne santé, bien nourri et surtout bien chauffé par les abeilles. Et celui qui présente des opercules, plates, fripées, est un couvain en souffrance, refroidi. La nymphose ne sera pas top et ces abeilles déficientes en faible capacité de produire de la gelée royale en particulier seront à leur tour des pourvoyeuses de couvains de mauvaise qualité.

Ce cas de couvain déficient se présente les années froides, pluvieuses ou avec des colonies dont le couvain s’est développé trop vite alors que les abeilles ne sont pas encore assez nombreuses pour couvrir et donc chauffer ce couvain surabondant.

La réponse se trouve d’une part dans l’apport de pâtes protéinées (Candipolline ou pâte hyperprotéinée de Royal Care), de l’autre dans l’apport d’abeilles soit par le biais d’un cadre de couvain fermé mais alors attention aux transmissions de maladies, soit par apport d’abeilles. Pour un apport d’abeilles, on secoue dans un seau un ou deux cadres de couvain ouvert pour en récupérer les nourrices que l’on verse dans le couvre cadre nourrisseur de la ruche à renforcer. Elles entreront dans la ruche par les chicanes et le mélange se fera sans bagarre. Cette seconde méthode véhicule peu de maladies.

Partitions réfléchissantes

Il est temps de faire des partitions réfléchissantes avec de l’isobulle aluminé. Bien tendre ce produit et l’agrafer en bas des cadres pour d’une part éviter des constructions contre le réfléchissant et éviter que les abeilles ne le grignotent si on l’agrafe sur la tête des cadres. Mettre un isolant entre les 2 parois aluminées (liège, laine de chanvre…) améliore l’isolation vis à vis des rayonnement Infra Rouge qui passeraient l’isobulle sans en être réfléchis. Le XL Mat est le réfléchissant accessible par l’apiculteur qui est le plus réfléchissant du marché. Il faut prendre le XL Bulles de 3 mm d’épaisseur.

La largeur de la pièce à agrafer doit être celle de la tête du cadre, épaulements compris de manière à ce que les lèvres débordantes fassent étanchéité avec le bord de la ruche.

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Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

18 résponses de 2021 pire que 2020 ?

  1. sylvie clerget dit :

    bonjour Mr Riondet
    Concernant le traitement contre le varroa je viens de découvrir le BELLOVAR il s’agit si j’ai bien compris d’un prédateur du varroa. Je ne trouve pas vraiment d’informations sur internet avez-vous de votre côté des résultats sur cette méthode
    cordialement

    • Il en consomme au moins comme les fourmis le font sur les plateaux de sol. Or les varroas qui se décrochent des abeilles sont soit morts soit malades.
      Maintenant en trouve-t-on sur les abeilles ? Je n’ai jamais trouvé de travaux sur ce sujet. Ces bestioles sont largement utilisées dans les terrariums pour nettoyer les acariens qui se multiplient dans la terre.
      J RIONDET

  2. HOFFMANN dit :

    Bonjour Mr RIONDET
    Merci pour vos articles toujours très instructifs et reflétant une expérience qui fait maintenant référence
    Pour moi « Profit – rentabilité » et une apiculture respectueuse des abeilles sont difficilement conciliables
    Bien cordialement
    François

    • Maurice Nouvion dit :

      Bonjour
      Tout a fait d accord
      Nous devons nous battre contre des géants afin de faire connaître le vrai goût du miel de producteur ou d abeilles qui butinent

  3. Meffre dit :

    Bonjour, bonne année
    Avant de payer la formation, je voudrais savoir les jours de formation pour 2021.
    Merçi à bientôt.

  4. Romain dit :

    Bonjour,
    Pousser l’apiculteur de loisir à augmenter sa production pour se faire un revenu complémentaire ne risque t il pas de mettre en danger les exploitations apicoles qui vivent de la vente de miel et dont les charges (MSA, Impots..) sont sans commune mesure avec un cotisant solidaire?
    Les apiculteurs professionnels que je connais ne semble pas vendre leurs miels si facilement qu’on à l’air de le dire.
    La quantité de miel produite en France est incalculable sachant que la plus part des pluriactifs ne déclarent pas grand chose. Je pense qu’en France il se produit plus de miel qu’on ne croit..
    Merci pour votre travail et bon hivernage à tous

    • Si on retire les vins et spiritueux des comptes de la balance commerciale française nous sommes déficitaire et l’apiculture en fait partie.
      Quant aux professionnels de l’apiculture beaucoup ont des exploitations trop petites pour être rentables. Les investissements sont surdimensionnés par rapport à leur production et la division du travail entre eux est trop faible, les structures de coopération quasi absentes…
      Un des rapports pour le Ministère de l’agriculture indiquait que l’apiculture est un secteur pauvre de l’agriculture c’est tout dire.
      J Riondet

  5. Pierre CHAMBON dit :

    Bonjour Mr RIONDET,
    Apiculteur amateur dans le 69 depuis 2013 vos conseils puisés dans votre livre « Le rucher durable » m’ont été très précieux et je vous en remercie.
    Dans votre article vous parlez de traitement antivarroa à l’acide oxalique or je viens de lire dans un article que ce produit n’a pas d’AMM et est de ce fait interdit (info ou intox?) et peut être remplacé par Api-Bioxal produit à base ….d’acide oxalique mais 10 fois plus cher! Pouvez vous nous éclairer?
    Merci et bonne année apicole

    • Oui nous ne pouvons plus utiliser l’AO pur il faut acheter de l’Apibioxal, Oxybee, Varromed
      Oui on paie le prix de la réglementation d’autant plus scandaleusement que les études sur la LMR (limite maximale de résidus dans le miel acceptable) ont été financées par l’Europe ! Les firmes ont eu à financer les études pour définir le mode d’emploi et financer le dossier d’AMM.
      Or si vous lisez les documents publiés par le centre de recherche apicole Suisse situé à Liebfield, depuis les années 1990 les préconisations dans l’utilisation de l’AO sont précisées.
      La plus value apportée par ces produits n’est que l’obligation pour les apiculteurs de se conformer à la réglementation sur la législation du médicament…
      On peut prendre le maquis, mais ce n’est pas mon style.
      J. RIONDET

  6. Gérard Vaysse dit :

    Bonjour Jean
    J’ai fait un petit nourrissement il y a 5 jours pour stimuler la ponte.(je veux faire des essaims au printemps).
    Sirop 40% environ
    Les abeilles ont tout laissé..
    Ça ne les intéresse pas. Pourtant il ne fait pas froid : 16° cet après-midi.
    Est ce que mon sirop est trop dilué ?

    • Non ce n’est pas la dilution qui est en cause au premier chef, mets y un peu de miel pour le rendre plus appétant
      Il peut faire tiède dehors mais les sirop est-il assez chaud ? On a aussi des sirops concentrés qui n’attirent pas les abeilles
      ce n’est pas la concentration qui est en jeu mais la nature des sucres qui les composent
      J’ai eu régulièrement le cas avec les sirops de juillet pourtant bien au soleil dans les nourrisseurs et pour autant pas consommés jusqu’à ce que j’y coule du miel du coté de l’accès des abeilles
      Salut Gérard

  7. Mendes dit :

    Bonjour MR Riondet
    Vous nous avez suggéré au dernier webbinaire sur l’elevage des reines de vous écrire sur la messagerie. J’espere que je suis sur la bonne.
    Dans le chapitre 9,4 Vidéo introduction de la reine, vous indiquez que lorsque vous introduisez une reine ( essaim fait le matin , introduction l’a.m) vous dites on fera attention de prendre essentiellement les nourrices ( caractère docile) en prenant soin de ne pas prendre les butineuses. Est ce que cela veut dire que vous conservez laruchette au rucher ( a une autre place de manière à çe que les butineuses reviennent à la souche) et qu’apres introduction vous la gardez au rucher , si oui est ce qu’ il y a une place particulière .
    Alors dans vos ouvrages vous parlez d’eloignement de la ruchette ? Quand procéde t on à cet éloignement .Pouvez me préciser quand doit on privilégier la dérive ( butineuse retournant dans la ruche souche) et quand doit on les garder avec les cadres utilisés pour la composition d’un essaim .
    Merci
    E.M.

    • Si le rucher est assez grand ce déplacement fait perdre une partie des butineuses. Il s’agit de faire baisser l’agressivité d’une colonie. On ne cherche pas à les garder toutes en éloignant l’essaim à plus de 3 km, mais l’affaiblir côté butineuses qui sont les abeilles les plus agressives. Si la colonie est douce il est inutile de chercher à perdre les butineuses.
      J RIONDET

  8. Mendes dit :

    En résumé,on ne déplace pas que dans le cas où on fait un essaim avec une colonie agressive.
    Si on travaille avec de la buck par exemple, on déplace .
    Merci

  9. Bonjour Mr Riondet, votre CD ROM Apicole « un rucher dans mon jardin » est il toujours disponible et à quel tarif pour un envoi en france, merci de votre retour, sincères salutations , F.OSSELIN.

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