Avril L’élevage se prépare maintenant

45 jours avant la date à laquelle on procède au transfert des larves dans les cellules de reines en plastique, on doit booster les colonies pour démarrer la production des bourdons des ruches sélectionnées et des colonies qui serviront d’éleveuses. En fait, pour l’amateur, seules les colonies souches et les éleveuses feront l’objet de son attention.

La sélection

Dans les bons manuels d’apiculture, l’élevage des reines s’accompagne toujours de la sélection. Les deux actions sont conjointes. Car, pourquoi multiplier artificiellement les reine si la nature fait mieux que nous ? La question se pose car le fait de reproduite, sans précautions particulières, des reines issue d’une même mère, puisque l’on prend les larves pour un cycle d’élevage au sein d’une même colonie, risque de reproduire une lignée peu féconde. Or, dans la nature, la rapidité de reproduction des insectes pallie ce risque, les lignées insuffisamment fécondes sont supplantées par celles qui ont la caractéristique inverse. Le choix de souches qui serviront à la reproduction des reines est donc important. Au niveau de l’amateur, le plus simple est de se procurer chez un éleveur reconnu une reine inséminée artificiellement et de qualité contrôlée. A défaut on choisira dans son rucher la colonie la plus douce, la plus productrice de couvain régulier et abondant, la plus « nettoyeuse », celle qui démarre tôt le matin et finit tard le soir… Avant de devenir un pro de la sélection, et il n’y en a pas tant que cela, l’amateur sélectionnera sa colonie souche, source de ses reines à venir, de manière simple et raisonnée. Ce minimum suffira car, dans un premier temps, disposer de jeunes reines dans son rucher de production est plus important que la pureté de la race. Pourquoi ?

La jeunesse de la reine

Pierre Jean-Prost dans son traité d’apiculture indique le chiffre de 3000 œufs par jour pondus par une reine âgée de moins d’un an au meilleur moment de la miellée et lorsqu’elle dispose de nourrices en abondance. Cette même reine une année plus tard, en conditions aussi favorables ne pourra dépasser 1800 œufs par jour. Cet écart explique pourquoi une colonie qui aura produit une quantité impressionnante de miel un été, sera l’année suivante une colonie médiocre de ce point de vue. La jeunesse de la reine est la première qualité à rechercher pour la production, le reste est très secondaire dans les faits.

Le travail sur les souches et les éleveuses

1 – Nourrir très tôt

La colonie souche, une fois choisie, sera nourrie régulièrement lors des périodes de froids, d’absence de miellée, ou de miellées faibles. Ceci afin de l’amener aux alentours du mois de mai au bord de l’explosion démographique donc de l’essaimage. L’apport sera de 200 à 250 cm3 de sirop 50 % sucre 50% eau, donné deux fois par semaine dans un petit pot de confiture au couvercle percé de quelques coups d’un clou et renversé sur le trou de nourrissement du couvre cadre. Le sirop en accès direct sera pris quelle que soit la température extérieure. Cette stratégie a été mise en œuvre depuis le mois de mars. Et même cette année depuis le mois de janvier. J’ai donné un peu de sirop à toutes les colonies puissantes dont les abeilles envahissaient le couvre cadre nourrisseur dès les belles et chaudes journées de janvier de sorte que dès la mi-mars certaines étaient dotées de 8 cadres de couvain.


2 – prévenir le risque d’essaimage

Pour éviter l’essaimage, immanquable fin avril avec cette pratique, je les ai réduites en leur prélevant 3 cadres couverts d’abeilles, 2 de couvain et 1 de miel et pollen et avec des reines conservées en nucléis de 2007, j’ai fait des essaims artificiels. Mis loin dans un autre rucher, nourries toutes les semaines, ces populations sont déjà sur 3 cadres de couvain un mois plus tard.

Pilotant ainsi la dynamique de mes colonies, je maintiens un haut niveau de population sans trop courir le risque de l’essaimage précoce. Mais l’important est de disposer dans ces colonies d’une abondance de nourrices, fer de lance de l’élevage. Ces colonies me serviront pour deux objets : la souche ou les souches, source des larves qui deviendront les futures reines, et l’éleveuse ou les éleveuses, ruches qui seront orphelinées et dans lesquelles les futures reines seront élevées.

A suivre Jean RIONDET

Se référer au livre de Gilles Fert « l’élevage des reines », Rustica édtions en vente par correspondance à l’UNAF 26 rue des Tournelles 75004 Paris

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

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