C’est Noël. Pour les abeilles aussi !

Avec ce froid qui nous tombe dessus en ce début de décembre, les vols ont cessé sur les fleurs encore présentes du fait des cultures pièges à nitrates. C’est une bonne chose car on va avoir une cessation de la ponte et une rupture de couvain d’ici mi décembre. Par prudence le traitement contre varroa sera fait la semaine du 20 décembre. Il faut vraiment ne plus avoir de couvain car s’il en reste que 12 cm2 c’est à dire 3cm x 4cm ce qui peut sembler ridicule, on tombe à 60% d’efficacité seulement!

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CIPAN moutarde dite blanche fin octobre

La météo agricole nous donne une prévision à 10 jours qui laisse les températures entre 1 et 4°c, donc il n’y a aucune chance pour que les colonies repartent en ponte. La rupture sera absolue et au premier réchauffement semaine du 20 autour de 10°c  en absence de vent on pourra faire le traitement. Le dégouttement sera fait avec une des trois spécialités Apibioxal, Oxybee ou Varromed, les liquides seront distribués tièdes, aux alentours de 25°c, pas au delà pour le Varromed dont les huiles essentielles seraient abîmées par un chauffage supérieur à 35°c. Attention, un liquide froid sur la grappe tuerait les abeilles. Le Varromed et l’Oxybee sont des solutions prêtes à l’emploi ce qui les rend particulièrement faciles d’usage.

Il faut distribuer 5ml par ruelle occupée d’abeilles, prendre soin de gratter les constructions en inter-cadre. Aller rapidement pour ne pas refroidir la colonie de trop. Les abeilles sont résistantes et comme il y a absence de couvain, leur refroidissement n’est pas des plus catastrophiques.

Au rucher il faut débroussailler, aplanir, préparer les emplacements pour les ruches et ruchettes à venir. On peut préparer le terrain pour des semis à venir de trèfle incarnat, de bourrache , phacélie… Voici ce que nous écrit un lecteur Emmanuel M.:

« je voudrais donner un exemple qui illustre le petit coup de pouce que l’on peut donner aux abeilles ( quand on peut )

Personnellement ( et pour info) je sème depuis trois ans sur la même parcelle (3000m2), phacélie,moutarde,trèfle incarnat au mois de novembre ,je commence à être fleuri de mars jusqu’à fin mai début juin. Pour 8 ruches, je ne nourris pas en sorti d’hiver, je leur mets les hausses mi mars, volontairement je les laisse se nourrir avec le miel de printemps des hausses (avant de partir à la lavande) et je transhume sur la lavande mi juin.
Quand je récolte, je retrouve dans les hausses le reste de miel toute fleur de printemps non consommé et le miel de lavande.
Ceci pour donner un exemple sur des fleurs semées (aucun arrosage entre plantation et floraison). »
Très intéressant témoignage d’un amoureux des abeilles qui cherche à respecter leur bien être et ne les surexploite pas. En échange le travail de surveillance est très limité les 2 temps importants dans ce contexte concernent le traitement varroa et la préparation de l’hivernage.

Entretenir les ruches se fait bien durant l’hiver que ce soit à l’atelier pour les futures maisons des abeilles ou pour celles qui sont déjà occupées. La protection des corps de ruches est une opération rentable. Les corps ont un prix et leur remplacement nécessite du temps de travail. Autant acheter des ruches en bois de qualité, pin maritime ou douglas. Ce sont des bois lourds mais très résistants aux intempéries.

Leur protection peut se faire avec des huiles ce sont les saturateurs pour les bois en extérieur. Il en existe à base d’huiles et de cires végétales. Il faut en passer à saturation du bois. Il doit être très sec, non peint. Passer tous les ¼ d’heure une couche pour imprégner au mieux le bois qui devra être saturé. Trois couches comme on le pratique habituellement ne suffisent pas.

L’huile de lin chaude passée seule est une solution classique mais elle n’empêche pas le bois de grisailler.

Parmi les peintures à privilégier, les peintures microporeuses laissent passer l’humidité. C’est intéressant les premières années car tant que les abeilles n’ont pas enduit l’intérieur de cire et de propolis, leur dégagement d’humidité l’hiver traverse le bois et la peinture cloque.

Une solution à vie : traiter à la cire microcristalline. Il faut acheter une paraffine à haut point de fusion (80°c) et la porter à une température de 120° à 140°c. Les bois y seront trempés durant un quart d’heure. A défaut d’un bac ad hoc qui nécessite plus d’une centaine de kilos de cire la solution simple mais longue consiste à utiliser un toit de ruche. Chaque face sera trempée dans le toit. Précaution, mettre dans le fond deux morceaux de fer à béton pour éviter un contact du bois avec la tôle ce qui le brulerait. Faire ce traitement en extérieur car un excès de chauffage peut enflammer la paraffine. 9_DSC02484 traitement des bois a la cire microcristlline

Les peintures « naturelles » spéciales apiculture sont rarement de très longue durée, comme les peintures dites écologiques. Sauf si on fabrique avec des oxydes une peinture dite suédoise, huile, farine, oxydes de fer, de cuivre… Correctement réalisées, ces peintures sont durables, elles sont d’apparence assez mates. Les recettes sont dans « Les cahiers de terres et couleurs » sur terresetcouleurs.com

Préférer les couleurs claires, blanche de préférence pour limiter les effets du soleil sur les colonies qui en souffrent l’été et qui sortent trop souvent les jours de soleil à la morte saison, elles épuisent leurs réserves à se promener pour rien. On s’en aperçoit maintenant.

L’enduit à la chaux est un excellent protecteur et coupe le rayonnement solaire. Le bois doit être le moins raboté possible et bien mouillé, détrempé au jet pour que le film de chaux imprègne les pores.

La chaux grasse est disponible sous une forme prête à l’emploi et se passe avec un rouleau. On la trouve chez les spécialistes pour constructions bio. Un sac de 20k de chaux grasse coûte moins de 10 €. La réussite n’est pas assurée du premier coup. Parfois la couche croute, fait la farine, on mouille et on repasse une couche. La chaux en séchant lentement à l’abri du soleil par temps humide, se transforme avec le gaz carbonique de l’air cette carbonatation rend le produit étanche.  8 chaux grasse sac 20k

Des produits naturels à base d’une molécule issue du colza ou du tournesol sont à l’essai. Actuellement au stade expérimental, ces peintures rendraient le bois hydrofuge et empêcherait ainsi le développement des champignons.

Plusieurs de ces traitements pour le renouvellement ou l’entretien des traitements passés peuvent se faire sur des ruches occupées par les abeilles.

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 A l’atelier il faut ranger, trier, jeter… ce que l’on ne fait pas toujours !

Noël venant je ne peux m’empêcher de vous faire part de mes préférences et trouvailles de l’année en matière de littérature apicole..

Les beaux livres pour Noël sont des cadeaux durables. Au jeune néophyte on ne peut que se retourner vers le passé pour l’intéresser aux abeilles avec l’historique, l’indémodable pionnier de la bande dessinée entomologique, la Hulotte sur « les mouches à miel » n° 28 / 29 disponible dans la collection N°3 (10 numéros). Un bijou ou l’abeille et la vie dans la ruche sont décrits avec amusement et précision. Ces collections lui feront découvrir d’autres insectes ou animaux.

https://www.lahulotte.fr/img_lh/pdf/hulotte_petit_catalogue.pdf

La hulotte mouches a miel 28_29

La collection sera complétée avec Le journal de la reine des frelons le n° 92 « Seule au monde », le n° 94 « Le château de ma mère » et le 95 « Les derniers jours de la classe ouvrière » disponibles dans la collection N°9 (10 numéros).

Pour un bricoleur affirmé et passionné des travaux manuels « L’apiculture en bande dessinée » d’Yves GUSTIN véritable cours d’apiculture conçu à partir des pratiques anciennes et toujours d’actualité. Edité par Rustica.

l'apiculture en bande dessinée

Pour aborder la biologie de l’abeille et de la colonie, l’incontournable « Etonnante abeille » de Jürgen TAUTZ chez de Boeck ed. Une des meilleures synthèses pour vulgariser les connaissances actuelles de la vie des abeilles dans un langage accessible à tout public.

Autre passionnant ouvrage sur « L’abeille à miel – la vie secrètes des colonies sauvages » de Thomas Seeley  « Notre but, dit l’auteur, est de montrer comment on peut continuer à profiter de leur activité acharnée de pollinisatrices de nos cultures et de faiseuses de miel tout en respectant au mieux leur mode de vie naturel ». Il plaide pour une apiculture darwinienne. Disponible en français chez Biotope ed. il y a tout juste un an.  SEELEY les abeilles sauvages 2020

Vient de paraître « A la santé des abeilles – La phytothérapie appliquée aux abeilles » de Joseph Hemmerlé qui nous propose un panorama de la santé des abeilles dans toutes ses dimensions. Il propose une bonne connaissance de la biologie de la colonie de ses réponses faces aux agents infectieux et de celles que l’apiculteur peut développer tant sur la configuration des ruches, que sur le nourrissement ou des emplacements pour les ruchers. Ouvrage très scientifiquement documenté et riche d’enseignements, comprendre pour observer et agir.

A la santé des abeilles Hemmerle 2021

 

 

 

abeilles melliferes sauvages ARNDT

Pour rappeler un ouvrage hors du commun disponible depuis quelques semaines « Abeilles mellifères sauvages » photos magnifiques et surprenantes de Ingo Arndt et texte de Jürgen Tautz chez Ulmer, un cadeau exceptionnellement beau à un prix raisonnable !

Enfin on ne peut oublier nos propres ouvrages issus de nos enseignements.

« L’apiculture mois par mois », « Installer un premier rucher », « Le rucher durable », « Elever ses reines » tous édités chez Ulmer.

couverture mois par mois V2 ajustée   COUV_premier rucher (Small)    Rucher durable    Elever ses reines 2020 redimensionné

News du mois grâce à mon complice Emmanuel Jallas

Kathleen A. Dogantzisa (York University – Toronto- Canada) a publié « Thrice out of Asia and the adaptive radiation of the western honey bee » dans Science Advances https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.abj2151

Par des analyses génétiques elle montre que l’abeille mellifera mellifera serait bien issue d’Asie. Par 3 voies elle se serait répandue en Europe et en Afrique. Si cette thèse est confirmée on reviendrait à l’hypothèse primitive sur son origine asiatique en abandonnant l’hypothèse africaine. A suivre…

Bonne fêtes avec papy / mamy à la cuisine et bal masqué pour le 1er de l’an!

 

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

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