Décembre, plus que trois semaines…

Noël, les déclarations, le traitement à l’acide oxalique, la vie du GASAR, pour vos cadeaux de Noël

Oui ce sera Noël et les cadeaux d’ouvrages apicoles bien évidemment !

Mais c’est aussi le temps qu’il vous reste pour vous déclarer sur le site :

https://agriculture-portail.6tzen.fr/default/requests/Cerfa13995/

A quoi cela servira-t-il ?

A récupérer des fonds européens pour l’apiculture (versés au prorata du nombre des ruches , ruchettes,, nucléis…)

Et nous autres pauvres béotiens de base qu’avons nous à en attendre ?

Des fonds pour la formation, c’est la seule revendication qui vaille et que nos tutelles puissent entendre.

Il semblerait qu’elles commencent à s’intéresser à la production de miel du coté des amateurs (a minima 20% de la production nationale selon la dernière étude commandée par France Agrimer). C’est la seule production agricole à ce niveau d’importance réalisée par des amateurs. Accroître leur compétence devient un défi économique réel face à l’effondrement de la production issue des professionnels et au poids des importations.

On peut espérer que se mettent en place des outils de formation un peu pointus, combinant bases de données iconographiques, fond documentaire, cours en ligne, tests, forum de questions… Et pourquoi ne pas associer cela à quelques cours dans un rucher ? Ce ne serait pas idiot comme projet, non ?

Cela renouvellerait les cours en salle où la somnolence post prandiale est le lot des formations du samedi après midi.
Les mots techniques sont enseignement en ligne, enseignement assisté par ordinateur, formation en ligne ouverte à tous, e-learning, MOOC (pour faire « in »)…
Ce sont des méthodes testées depuis la fin des années 1990 avec l’arrivée massive des ordinateurs de bureau puis d’Internet.
L’Unesco, les grands centres de formation continue (préparation aux concours, évolutions techniques de pointe…), des Universités pour la première année de certaines disciplines s’en sont emparés. Aujourd’hui l’offre des plates formes de Mooc explose. Désormais on peut réaliser simplement des choses très sophistiquées du point de vue des contenus. Ces outils valorisent totalement les cours en présentiel où l’interactivité est redoublée par les questions posées suite à l’apprentissage sur le site.
Ce sont des procédés performants, mais couteux si l’on vise la qualité, l’ergonomie, la convivialité, c’est à dire l’apprentissage par l’échange et l’enrichissement du système du fait des participants eux mêmes.

Combiner formation par Internet et rucher école cela relève peut être du rêve, car mettre d’accord sur un programme et des contenus nos « maîtres es apiculture » est plus redoutable que d’arriver à faire s’entendre les défenseurs de la nature…
Comme pour les religions, en apiculture ce n’est pas l’objet de la connaissance qui est important, mais le fait de croire.

Je ne suis pas certain qu’en haut lieu cette maxime soit connue, en tout c’est ce qui est vécu sur le terrain !

Se déclarer en 3 clics

Se déclarer c’est très simple, 3 minutes est-il écrit sur le site, c’est vrai surtout si on se relit il faut bien 3 minutes, mais pas plus ! Pour une fois on dispose d’une procédure bien foutue.

L’info demandée est succincte, Nom de l’apiculteur, adresse de son domicile, Napi (numéro d’apiculteur), Siret (si on en a un), nombre total des ruches (+ ruchettes + nucléis, faut faire masse pour toucher la tirelire européenne),  nom et CP des communes où sont implantés les ruchers. Rien de plus, pas même le nombre des ruches par rucher.

Vous n’avez pas de Napi ? Pas de problème, la machine vous en donne un dès que vous aurez validé votre déclaration.

Vous voulez un récépissé de votre déclaration ? Pas de problème il vous est délivré instantanément dès la validation de votre déclaration.

Attention, il est important que le nombre des ruches déclarées soit cohérent avec celui assuré pour vol, tempête… en cas de sinistre, l’assureur comparera le nombre des ruches que vous aurez assurées pour ces risques à cette déclaration.

De  même, certains GDSA appliquent strictement les textes et ne vous acceptent  comme adhérent à leur PSE (pour la délivrance des médicaments) que sur présentation de votre déclaration. Aussi le nombre déclaré doit être proche de celui requis pour les achats de médicaments. Proche, car le nombre des ruches déclaré en décembre ne peut être celui du mois de juin !

Coté fiscal, cette déclaration n’engendre pas de transmission automatique de ces informations au gabelou. Votre relation avec lui relève de votre propre responsabilité.

On ira tout de même au rucher

Le vent ayant eu raison de quelques ruches, il aura été prudent de les remettre d’aplomb rapidement avec un parpaing sur la tête. Sauf à ce que la reine ne soit tuée, cela vient de se produire sur une de mes raceuses (heureusement j’en ai d’autres !), les colonies bien remises en place ne souffrent pas trop de cet évènement.
Encore est-il prudent de leur mettre un pain de candi tiède sur la tête des cadre de manière à provoquer une consommation massive de sucre pour chauffer la grappe. Parfois cela relance la ponte de la reine qui ne devrait repartir que dans un mois tout au plus pour les régions non maritimes.

Traiter à l’Acide Oxalique (AO)

Le froid précoce aura eu raison des couvains. Le traitement contre varroa à l’acide oxalique par dégouttement ou par sublimation sera efficace maintenant. Deux précautions indispensables la première sera de faire les traitements par des températures externes à partir de 10°C, la seconde de respecter scrupuleusement les consignes de sécurité (masque ad hoc, gants, lunettes de laboratoire… l’acide oxalique est très dangereux pour nos muqueuses (yeux, nez, bouche…).

Ci-joint le protocole proposés par la FNOSAD sous la plume de son président JM Barbançon.

http://www.gds38.asso.fr/web/gds.nsf/e9c718688b57374cc1257223007ffc79/4792fc8a5b973d30c12572750077a324/$FILE/ATT6XV1Q/Acide%20oxalique.pdf

L’outil le plus commode pour le dégouttement est une seringue de vaccination. Attention à bien tenir la préparation tiède dans un thermos car une des causes de mortalité des abeilles après ce traitement est de les asperger d’un liquide glacial…

https://www.vital-concept-agriculture.com/seringue-automatique-5-ml.html

La sublimation (évaporation d’un solide sans passer par la phase liquide) de l’AO est très efficace à condition que les vapeurs de l’AO envahissent très correctement la grappe pour que chaque abeille soit touchée. Il faut appliquer à la lettre le protocole du fabricant de l’évaporateur. Notamment sur le fait de calfeutrer l’espace du plateau de sol et de laisser au total (temps de chauffage et temps d’attente) 5 minutes l’appareil sous la grappe pour obtenir une sublimation totale.

L’évaporateur chauffe à 140°c l’AO,  mais l’appareil lui même est plus chaud et brule le plastique des plateaux plastiques. Il faut le poser sur une plaque d’isolation de plombier pour les soudures ou un carreau… Mais la hauteur de l’entrée est insuffisante.

Deux solutions, soit fabriquer un plateau de sol étanche en bois doté d’un tasseau de 25 mm pour y glisser aisément l’évaporateur et la plaque d’isolation. Soit surélever le corps d’un tasseau de 15 mm posé sur le pourtour du plateau de sol.
Comme tout traitement efficace et de ce fait violent, les accidents sur les abeilles ne sont pas à exclure. L’AO ne peut être appliqué qu’une seule fois par an sur la reine, seule habitant à ne pas être renouvelé de manière constante en cours de saison. Si on l’utilise en été, suite à un arrêt de ponte naturel ou provoqué, retirer temporairement la reine de la colonie est une sage précaution.

L’Acide oxalique autorisé en apiculture est celui de l’Api Bioxal qui a obtenu son Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en 2015.

Pour le dégouttement le fabricant préconise 35g d’AO/litre, les protocoles français proposent 40 g. En sublimation le fabricant du Varrox propose 2 g par ruche 10 cadres, celui de l’Api Bioxal 2,3 g.

Des études sont attendues pours connaître les doses optimales. On espère au terme de ces débats des sachets et des granules d’Api Bioxal pré dosées pour 1 litre de sirop ou pour une application par sublimation. Acheté chez le pharmacien, l’AO technique reste encore très peu couteux.

Attention au vent dans les ruchers et l’acide oxalique qui file avec.

Vie du GASAR

Samedi 10 décembre à 15 h à la salle de la Verchère (au droit de l’Eglise) le Groupement d’action sanitaire apicole du Rhône organise à Solaize (69360) une conférence avec l’aide de l’association « les amis des abeilles » de Jacques Piquée, botaniste et apiculteur:
Un monde sans abeilles ce n’est plus pareil.

Entrée libre.

Pour vos cadeaux de Noël

installer-un-premier-rucher

 

 

cultiver des plantes mellifères en ville et au jardinapiculture-mois-mois

 

 

 

 

 

Piquee 1livre-apiculture-rucher-durable  Que faire avec mon miel

Bon noël et à l’année prochaine

Jean RIONDET

 

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

8 résponses de Décembre, plus que trois semaines…

  1. Morland dit :

    Bonjour monsieur Riondet,

    Très mauvaise surprise, ma ruche est morte…
    J’ai retrouvé à peu 1000 abeilles mortes sur le plancher et nulle part ailleurs…
    Alors qu’il y a quelques semaines lors de la dernière visite, la ruche était populeuse
    bien que le frelon ne l’épargnait pas de son incessante présence!!!
    Les provisions étaient bonnes…
    Le traitement contre la varroa réalisé après la récolte…
    D’après vous, quelle est la raison d’un tel éffrondrement?

    En vous remerciant.

    Bien cordialement.

    • Bonjour,
      Difficile de vous répondre ainsi. Il est classique de suspecter un effondrement de la colonie sous l’effet de varroa. Avait-elle du couvain et en quantité jusqu’en octobre ? Car on peut suspecter un arrêt de ponte précoce qui n’aurait pas repris et une activité importante de la colonie qui ne serait plus constituée que de vieilles abeilles. En présence d’une reine, les ouvrières pondeuses ne s’y substituent pas. Avez vous trouvé la reine parmi les cadavres? Si non l’hypothèse d’un essaimage est toujours envisageable. Le frelon asiatique rentrait-il dans les ruches ? Si tel est le cas il n’est pas impossible qu’elles aient essaimé pour fuir cette agression, au péril de leur survie.
      Un collègue d’Ardèche a observé le phénomène juste au moment de l’arrivée du froid ces dernières semaines. Le frelon qui ne les a pas vraiment dérangés cette année, est brusquement rentré dans les ruches juste à l’arrivée du froid, celles qui n’étaient pas protégées par une portière ad hoc et ont décimé les colonies. Car ce qui surprend à vous lire est l’absence de signes prémonitoires.
      Très cordialement
      J Riondet

  2. morland dit :

    Je vous remercie pour votre réponse.

    En effet peu de couvain…
    et je n’ai pas trouvé la reine dans les cadavres.
    En effet, le frelon a commencé à rentrer dans la ruche lors des premiers froids
    et que les abeilles étaient en grappe…
    Je ne savais pas qu’elles pouvaient essaimées à cette période, en même temps c’est
    logique dans le but de survivre…
    La ruche me semblait fort, et ayant tenu bon jusqu’à présent, je pensais que malgré tout
    le frelon serait repoussé et que le froid l’emporterait rapidement mais je me suis trompé…

    Je serai plus vigilant l’année prochaine, mais quand même je suis écoeuré pour « mes » abeilles.

    Encore merci.

    Très cordialement.

  3. PIAT dit :

    Cher Monsieur,

    L’acide oxalique demeure une excellente solution anti-varroa en traitement d’hiver. Personne ne pourra contredire cette vérité, en particulier lors des traitements par sublimation qui garantissent un pourcentage d’efficacité optimal.

    Pour l’amateur que je suis, cela fait 2 ans que j’utilise la méthode par dégouttement, semble t il avec succès. Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de me questionner quant à l’éventuelle nocivité pour les colonies (abeilles et surtout reines) d’un tel traitement. Si par voie topique comme l’affirme la plupart des études et fiches techniques, la pertinence du traitement en vaut la peine sans effets pour l’abeille, qu’en est il du mode d’action par ingestion ?

    Ne nous leurrons pas, si un tel traitement (sirop 1/1 à 40g/L d’AO, à 5ml par intercadre peuplé) donne satisfaction c’est parce que les abeilles s’autonettoient et alors qu’elles ingèrent de cet acide organique.
    Certains apiculteurs ne se privent pas pour confectionner des candis avec acide oxalique incorporé (gore et à la limite de la perversion) !

    Surpris de constater au cours des derniers printemps (2015 puis 2016) la perte d’1-2 colonies (part considérable pour mes quelques ruches), je suis obligé d’émettre des hypothèses (hors absence de provisions suffisantes) pour tenter de mieux comprendre et éviter ces déconvenues : Traitement hiver à l’AO par dégouttement bien sûr, mais aussi disponibilité en pollen, taille de la grappe insuffisante, etc. Je suis aussi surpris de constater (2 années de recul seulement) de ne pas arriver à garder plus d’une année mes reines alors que le contexte environnemental est bon (environnement forestier, pas de cultures, Dpt 60) et que je fonctionne avec de l’abeille noire sinon « de pays » (régulation de la spermathéque).

    Pour écrire ces lignes, un article de l’Abeille de France (Juin 2016, N°1036, page 7, rubrique revue des revues) m’a particulièrement éclairé.

    Sans vouloir dénigrer la solution de l’AO contre varroa, quel pourrait être votre avis d’apiculteur quant à l’impact, en particulier sur la reine (fécondité, longévité) de l’ingestion plus ou moins directe d’AO au moyen de sirop ?

    Je me doute bien sûr qu’il n’est pas simple de pouvoir répondre à mon questionnement, étant donné le peu d’éléments d’études dont dispose. Libre à vous donc.

    Je vous remercie pour votre sollicitude, et vous fais part, Monsieur, de mes salutations apicoles les meilleures.

    • Bonjour,
      L’acide oxalique par dégouttement a fait ses preuves tout comme la sublimation et c’est bien par le contact physique que le varroa en meurt. Donc les prétendues efficacités par ingestion ne sont pas démontrées à ma connaissance, sauf si des chercheurs en ont fourni la preuve.
      Mais ce traitement ne saurait être suffisant au moment de l’arrêt de ponte de décembre ou novembre. Il faut en faire un en aout par suppression de couvain lors de la chute de la ponte de la reine. Dans l’Actu Api du CARI n°71 de mai 2017un excellent article présente cette question.
      Oui les effets sont délétères sur les reines et le dégouttement ne peut leur être appliqué deux fois, ce qui conduit à des changements de reines tous les ans. La sublimation est mieux supportée semble-t-il..
      J Riondet

  4. S.B. dit :

    Mr Jean RIONDET/ merci d’ avance, vos réponses nous sont trés présieuses , je voulais m’assurer d’une information trés importante et qui m’est apparu un peu bizarre: Est-ce vrai que la reine devient stérile si elle reste plusieur jours sans vol- nuptial? est si c vrai ,quelle est la longueur de la periode d’ou elle doit étre féconder ? Est ce vrai que le bourdon apparait en printemps et en automne.?

  5. Gautier dit :

    Bonjour, Vous dîtes que pour faire le traitement à l’acide oxalique, il faut une température extérieur de 10°c, mais je vois que dans votre livre « l’apiculture mois par mois » vous indiquez que le traitement peut se faire à une température de 5°c. Pouvez vous nous expliquer ce changement? Avez vous fait des constatations?

    • Bonjour,
      Dans l’ouvrage « l’apiculture mois par mois » j’indique la marche à suivre pour un traitement à l’Acide Oxalique par dégouttement, il faut 10° en extérieur pour être certain de ne pas frigorifier les abeilles en leur arrosant la rappe avec un sirop.
      Dans l’article je préconise un traitement par sublimation d’AO à chaud avec le Varrox ou le Sublimox. Comme les ruches ne sont pas ouverte et que l’on projette un gaz chaud, la température externe peut être beaucoup plus basse.
      Très cordialement
      Jean RIONDET

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