En mai le temps s’améliore

Si l’on peut se réjouir de la petite avancée européenne avec l’interdiction des néonicotinoïdes sur certaines semences on peut regretter que l’Imidaclopride, l’un d’entre eux, soit encore autorisé en arboriculture et conseillé par le Ministère de l’Agriculture…

Cet après midi un collègue m’a indiqué que des traitements étaient encours sur le colza en fleurs en face de chez lui…

Dans mon rucher l’odeur du nectar de Colza sentait à plein nez, aurai-je encore suffisamment d’abeilles pour l’acacia qui arrivera avec une bonne semaine de retard ?

Je ferai une extraction dès les premières fleurs d’acacia apparaissant le long de l’autoroute A7, la chaleur des voitures accélère la floraison.

Curieuse année où les mortalités furent faibles cet hiver si l’on a copieusement nourri ou si les colonies étaient fortement pourvues en nourriture. Les mortalités sont arrivées en avril sur de très belle colonies qui sont mortes de faim tant le couvain requérant de chaleur les abeilles ont consommé jusqu’à la dernière goutte les nectars accumulés lors des quelques belles journées. L’apiculteur négligent que je fus pour certaines ruchettes, les a conduit à la mort. Par chance j’ai pu récupérer les reines encore vivantes mais les populations étaient décimées et le couvain mourant.

Je prépare les élevages de reines, certains collègues du haut Bugey ont programmé ces élevages courant avril pour se consacrer en mai aux récoltes et à la transhumance. Avec le froid et la pluie que nous avons connus, on peut s’étonner de pouvoir produire quelques 600 reines à un tel moment. En fait un nourrissement bien contrôlé et des cellules élevées en couveuse permettent de s’abstraire partiellement du temps. Reste le risque de fécondations imparfaites ou de nucléis qui démarrent lentement. Les gens de montagne savent comment jouer avec le temps.

C’est le temps des essaims

L’essaim naturel : On l’enruche de la meilleur manière s’il est pendu à une branche que l’on peut couper. Mis dans une ruchette délicatement il sera secoué et la branche jetée au loin, l’absence des odeurs attachées à cette branche facilite l’installation de l’essaim dans la ruchette. On met les cadres cirés dès son enruchage, par précaution, lui mettre un cadre nourrisseur avec 1/2l de sirop 50/50 et lui faire passer deux nuits en cave sinon le risque de désertion est toujours possible.  Si c’est un essaim de son rucher, repérer la colonie essaimeuse de manière à voir si c’est une lignée essaimeuse ou si c’est une vielle reine. En cas de doute prévoir ultérieurement un changement de reine pour éviter de peupler son rucher de colonies juste bonnes à faire des essaims. D’origine inconnue,  cet essaim de gouttière fera l’objet avec certitude d’un changement de reine dans quelques semaines ou mois.

Dans tous les cas on leur met une lanière d’Apivar durant 12 semaines, c’est le meilleur moment pour déverminer le varroa puisque l’absence de couvain se traduit par une présence massive des varroas uniquement sur les abeilles, les produits de traitement sont au maximum de leur efficacité. Pour l’aider à cirer tous les cadres puisque sa caractéristique est qu’il construit vite et bien, lui apporter tous les deux jours 1/2 à 1 l de sirop 50/50 jusqu’à l’achèvement des constructions. Un gros essaim peut construire les 10 cadres, la reine pondre abondamment et dans deux mois produire une hausse de miel.

Le nourrissement devra reprendre en juillet puis les mois suivants pour piloter et la constitution des réserves de miel pour l’hiver par des apports massifs de sirop 2/3 sucre 1/3 eau avec 5% de vinaigre blanc pour lutter contre la nosémose, et le maintien d’un couvain abondant pour préparer les abeilles d’hiver par des apports de sirop 50/50 par petites touches.

Ainsi conduit un essaim naturel sera réuni l’année suivante avec une colonie ayant fait une belle production cette année, sa reine vieillie sera donc remplacée par une jeune pondeuse dont on aura eu le temps d’en apprécier les qualités au cours de l’été.

 

L’essaim artificiel : sera fait de deux cadres de couvain fermé, d’un cadre de miel, d’une cellule royale  prête à naître et subira le même sort du passage en cave la veille de l’installation de la cellule royale, puis d’un nourrissement constant comme décrit plus haut. Pauvre en abeilles, on l’enrichira si besoin d’abeilles nourrices secouées à partir de cadres de couvain pris sur la souche. On lui apportera des cadres bâtis, on le traitera contre le varroa mais ce traitement sera beaucoup moins efficace que sur un essaim naturel puisque le varroa est surtout présent dans les cellules operculées.

Avec cette manière de faire on peut espérer de beaux essaims dont la reine sera parfaitement contrôlée sur son origine.

Le paquet d’abeilles : méthode très ancienne et couramment pratiquée autrefois. On a vraiment intérêt à l’utiliser surtout sur les populations très abondante et à risque d’essaimage. Le principe est de faire fuir la colonie avec la reine hors de son habitacle pour la transvaser dans une autre ruche. L’essaim ainsi constitué comporte beaucoup de nourrices set de cirières, il construit vite. Il est pauvre en butineuses et sera nourri abondamment. La souche n’a plus que quelques abeilles, nourrices, et toutes les butineuses, le couvain fournira rapidement des ouvrières.

On pose sur le corps un autre corps totalement équipé de cadres cirés. On pose au sommet le couvre cadre laissant, coté entrée, un espace de 10 cm. On s’assied confortablement devant l’entrée et on enfume abondamment. lorsque la fumée commence à sortir par le sommet on doit entendre la colonie doit bruisser. Puis on tape avec deux bâtons la caisse du bas en partant du bas et en montant peu à peu. On enfume de nouveau et on tapote de suite. Lorsqu’on observe que de nombreuses abeilles commencent à sortir par le sommet, on déplace très délicatement le corps supérieur sur un plateau de sol, on ferme le sommet et on l’éloigne dans le rucher. Si dans la demi heure qui suit la colonie est calme, la reine est dedans, si les abeilles bruissent et reviennent en masse à la ruche, la reine est restée dans la souche, il faut réunir l’ensemble.

Si l’opération a réussi, on nourrit cet essaim artificiel, on le traite contre varroa et on suit son développement comme indiqué précédemment. C’est une excellente méthode pour constituer de très beaux essaims et éviter des pertes.

L’élevage des reines : le mois de mai est le début des élevages artificiels de reines qui marchent le mieux. On en a besoin pour faire ds essaims artificiels. Voici une méthode de starter décrite par Jos Guth dans son ouvrage sur l’élevage des reines. C’est très simple et on peut aisément réussir de nombreuses cellules sans difficulté. On choisit une très forte colonie équipée d’une hausse pleine de miel et de préférence posée sur une grille à reine.

Le jour du début de l’élevage on déplace la colonie d’un mètre en arrière posées sur un plateau de sol orientée à l’inverse du plateau de sol resté sur place. On enlève la hausse qui sera reposée à la place du corps et récupérera toutes les butineuses. On pose une grille à reine puis une hausse vide et on secoue dessus 4 ou 5 cadres de couvain. Si la reine a échappé à votre vigilance on la trouvera sur la grille à reine. Un plateau couvre cadre nourrisseur sera posé dessus avec un toit.

De la colonie qui fournira les larves on retirera un cadre contenant des œufs, au plus près de ceux ci on trouvera de toutes petites larves qui seront prélevées avec un pinceau poil de marte 000 ou 3/0 et déposé avec le maximum de gelée royale dans une cupule en plastique de 9 mm de diamètre enchâssé dans un porte cupule qui se fixe sur la tête d’un cadre de hausse. Une douzaine de cupules par cadre de hausse, on peut mettre une seconde barrette et le cadre comportera 24 cellules.

Les larves craignent moins le froid que la dessiccation, aller vite et mettre deux cadres dans la hausse en enlevant deux cadres de miel. Ajouter dans le couvre cadre nourrisseur 250 g de miel cristallisé.

Trois jours plus tard les cupules sont allongées avec une larve royale en son sein, ces cellules très fragiles seront réparties par deux (pour assure la réussite) dans des nucléis populeux. Un mois plus tard on contrôle la ponte. Cette méthode donne des reines superbes.

La colonies au terme de ces trois jours sera remise en place et sa hausse dessus. 10 jours plus tard on peut recommencer. Le taux d’acceptation atteint 90% des cellules imposées au starter.

Pour moi c’est la méthode la plus simple et la plus efficace.

Bonne suite

Jean Riondet

 

 

 

 

 

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

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