Février demarre-t-il bien ? Le pire des mois!

25 tres belle colonie en fin d'hiver

On a de la chance… à rebours ! Après un mois de janvier où les colonies se sont développées fortement, le froid arrive et va tout bloquer, un bilan serré sur les colonies s’imposera.

Les colonies bien pourvues en abeilles pourront entretenir le couvain démarré le mois précédent à condition que les réserves soient suffisantes. Ce point est à noter car si les réserves le sont tant en miel qu’en pollen, des abeilles en nombre important ne seront pas épuisées par le double travail de produire des gelées nourricières et de produire de la chaleur.

Dans les régions froides où la claustration durera on aura tout à craindre des infections qui se propagent sous l’influence des cadavres de larves dont la putréfaction aura diffusé des agents infectieux.
Pousser la ponte de la reine tôt en hiver comporte un risque, celui de produire, pour le temps d’une génération, des abeilles mal chauffées durant leur nymphose, donc mal développées, mal nourries et de ce fait fragiles face aux agressions virales, bactériennes, fongiques.

N’oublions pas que nous n’avons aucun arsenal médicamenteux pour les maladies des abeilles et que la seule conduite qui vaille est la qualité et la quantité de nourriture apportée d’abord par la nature, ensuite par l’apiculteur.

Ceci nous renvoie à une situation catastrophique chez trop d’apiculteurs peu expérimentés qui font leur dernière levée des hausses au moment où la saison florale s’achève c’est-à-dire à partir du mois d’août fin ou début selon les régions.
Hiverner des abeilles vieillies par des nourrissements subséquents et importants c’est conduire les colonies vers des survies hivernales limitées par usure prématurées des abeilles dites d’hiver destinées à passer la morte saison c’est à dire d’octobre à mars.
Ceci est à inscrire au frontispice de notre calendrier des travaux apicoles 2018 : pas de récolte au delà du 14 juillet…Enfin, c’est un point de repère.

Nous devons viser au cours de cette saison, certes des productions de miel, de propolis et pour certains des productions de pollen mais surtout en fin de saison de fortes colonies qui seront sur 8 cadres bien pleins de miel, de pollen et de couvain.
C’est à dire pour une Dadant 10c conduite sur 8 cadres avec 2 partitions, un toit en tôle, plateau de sol et couvre cadre nourrisseur en plastique à un poids total de 39 à 40 kilos. Dans ces conditions, il est inutile de nourrir au cours de l’hiver.

Pour atteindre ces objectifs travaillons pas à pas et de manière raisonnée !

Au rucher
Stand by. Nourrir ce qui est trop faible, laisser tranquille les autres colonies, entretenir les abords, chercher de nouveaux emplacements prévoir de déplacer dans le rucher les ruches qui seraient les moins au soleil. On peut le faire par une température à peine au dessus de 0°c. Les abeilles ne sortent pas et elles referont leur positionnement solaire comme après chacune des périodes de claustration.
Portez les ruches doucement, sans heurts de manière à ne pas disloquer la grappe.
Si ce n’est fait fermer les plateaux grillagés aux 3/4 pour maintenir au maximum la température dans l’espace du couvain.
Un jour de chaleur (+5°c), si vous ne l’avez fait poser sur les corps une feuille d’isolant aluminé et posez par dessus le couvre cadre puis l’isolant du toit et enfin le toit. En renvoyant sur les abeilles les rayons infrarouge qu’elles produisent en tétanisant leurs muscles du thorax on diminue fortement leurs besoins en dégagement de chaleur qui est une économies substantielle de ressource en abeilles qui peuvent alors se consacrer à davantage de production de gelée royale.

A l’atelier
Dans un mois les premier travaux vont nous consommer du temps. Donc les préparations des cadres, le nettoyage des caisses, acquérir des ruches pour en avoir autant que de ruches de production de manière à ne faire des essaims que dans des ruches ce qui simplifie et la gestion du matériel et les réunions.
N’oublions pas que tout le travail de l’apiculteur sera de faire varier le volume des ruches en fonction des évolutions démographiques de la colonie de manière à la maintenir dans un espace le plus restreint qui soit et le plus chaud. Apprendre à travailler sur 8 cadres au maximum avec les Dadant ou les Langstroth est une bonne école.

Pour ceux qui veulent faire des élevages de reines de l’ordre de 20 à 50 ou plus l’unicité du matériel est une bonne perspective. C’est à dire ne travailler qu’avec des nucléis faits à partir de cadres de corp. On peut s’équiper de ruchettes, les apiculteurs menuisiers fabriqueront à partir de corps de ruches 10 c 3 nucs en partitionnant ces corps en 3 compartiments à 3 cadres. L’intérêt de ce modèle est que l’on peut les peupler avec des cadres de corps pris dans des ruches fortes, que l’on n’a pas à fabriquer des paquets d’abeilles … bref, une simplification des manières de travailler. DSC_2427
En effet si on travaille avec des nucs de type Miniplus, Khieler, Apidea, il faut soit les préparer une année à l’avance soit produire des paquets d’abeilles. Ce qui n’est pas infaisable mais nécessite des travaux supplémentaires dont la rentabilité est douteuse sur un petit nombre de reines à élever. A l’inverse sur un grand nombre de reines ces outils sont très économes en abeilles.DSC_4647
On dira que la seule précaution sera de disposer d’un nombre important de ruches en pleines force pour retirer les 5O cadres de couvain et autant de miel dont on aura besoin pour élever 50 reines et donc avoir préparé 17 caisses avec 3 compartiments. On y reviendra.
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Cette manière de procéder s’applique également aux Warré que l’on peut partitionner en 2 nucs de 4 cadres. Dans ce cas la partition sera fait d’une plaque de plexiglas.DSC_5222

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

25 résponses de Février demarre-t-il bien ? Le pire des mois!

  1. Saulnier Valentin dit :

    Bonjour,

    pour les ruches divisé en 3 compartiments, faut il mettre le trou de vol du milieu à l’arrière de la ruche ?

    Ou tout les trous de vols sur la même face en les réduisant au maximum et en éloignant les ouvertures les unes des autres ?

    Merci :-)

    • Votre précision est importante : un trou sur chaque face
      Je vais rajouter une photo
      Merci
      J Riondet

      • Rival dit :

        Bonjour,

        Je vous remercie pour votre article, mais je me pose une question. Une fois les 3 cadres bien peuplés, comment réaliser le transfert en ruche ou ruchette? J’ai l’habitude de transférer les cadres puis de retourner et vider toutes les abeilles. Mais vu qu’il y a 3 colonies, ce n’est pas possible…

        Merci.

        • Bonjour,
          Dans les ruches à 3 compartiments lorsque les reines sont nées et le couvain bien développé, on fait un transfert classique en ruchette. On les met en T c’est à dire chacune dans l’axe de l’entrée originelle. Si on a sorti les cadres doucement, les abeilles sont dessus et très peu dans les compartiments. Mais de toute façon il en restera. On secoue la ruche à 3 compartiments dans un endroits où l’herbe est assez rase pour que les abeilles puissent s’envoler et elles retourneront vers leur colonie.
          Bon essai!
          J RIONDET

  2. Damien dit :

    Bonsoir monsieur Riondet,
    Je déduis de cette lecture que vous faites des essaims sur 1 cadre de couvain pour peupler les ruchettes?
    Vous ajoutez à ce cadre un gauffré et un de miel/pollen?
    La petitesse de la colonie ne limite t elle pas la stimulation de la nouvelle reine?
    Pourra t elle exprimer pleinement sa ponte malgré la faible population de nourrices?
    Merci pour vos textes
    Damien Béringué, apiculteur varois

    • Oui un cadre de couvain fermé suffit à condition qu’il soit mis avec 750 g d’abeilles nourrices Il sera enfermé avec sa cire gaufrée et un cadre miel et pollen entre deux partitions réfléchissantes. On ajoute un morceau de couverture réfléchissante sur la tête des cadres sous le couvre cadre. Ainsi bien chauffé cet essaim a besoin de très peu d’énergie pour élever la future reine.
      L’innovation qu’a introduit Marc Guillemain avec ses PIHP (partition isolante haute performance), porte sur la prise en compte de manière absolue de l’importance de la température pour les abeilles et de la manière de leur renvoyer leur propre production de chaleur pour économiser leur énergie.
      J RIONDET

      • Damien dit :

        Merci ! Secouer deux cadres de nourrices feront assez d’abeilles?
        J’utilise déjà les réflecteurs isolants et à part certaines caucasiennes qui le déchiquettent j en suis content

        • Oui le total devant faire à peu près 750 g d’abeilles nourrices.
          Pour les partitions réfléchissantes une société (XL.Mat) vend des panneaux réfléchissants tout prêt à monter sur les cadres pour faire des parois réfléchissantes.
          J RIONDET

  3. Jean-pierre Mesnage dit :

    Bonjour Mr Riondet,
    Dans votre livre,le rucher durable, page 156 et page 158 vous dites: « éloigner la souche de 3 à 6 km » lors de la réalisation d’essaims artificiels.
    L’illustration page 157 confirme vos dires de la page 156.
    Par contre, l’illustration page 159 (que j’imagine être liée à 158) indique: la souche reste à son emplacement et on déplace la ruchette de 3 à 6 km.
    Je n’ai pas compris cette contradiction apparente.
    Cordialement
    JPM

  4. Robert dit :

    Bonjour,
    Je cherche à me procurer des nourrisseurs 3 cadres comme ceux que vous utilisez afin de réaliser votre 10 c 3 nucs.
    Le seul endroit que j’ai trouvé est dans un ensemble tout fait pour division de 6 cadres en 2 :
    https://www.icko-apiculture.com/fr/ruche/nuclei-de-fecondation/ruchette-dt-6-2-compartiments.html
    Merci pour votre aide
    R.

    • Bonjour, Un copain me les a fabriqués, j’ai longtemps utilisé des pots de miel en perçant le bouchon de quelques trous dents coté extérieur, retourné sur le trou du couvre cadre, une ou deux gouttes tombent et l’équilibre s’établit, le sirop ne coule qu’à la consommation des abeilles. Mais il faut mettre une hausse vide pour faire la hauteur des pots.
      Une autre manière de nourrir : mettre du candi. Beaucoup de pros ne nourrissent plus leurs essaims au sirop, sauf besoin spécifique, mais utilisent le candi ce qui évite les déplacements multiples.
      Avec ces ruches partitionnées à 3c on peut faire des essaims tôt en saison sur 1c de couvain seulement avec des reines prêtes à naître et y compris avec des cellules royales de 3 jours.
      J Riondet

  5. jmj dit :

    Bonjour,
    L’Abelia est un arbuste dont la floraison s’étale de juillet à octobre donc l’idéal pour nos petites bestioles. Savez vous svp quelle quantité de miel á l’hectare peuvent fournir ses fleurs? Merci d’avance. Bien cordialement jmj

    • Cet arbuste est une plante d’ornement donc en faible présence dans la nature. Même s’il est très mellifère nous aurons peine à observer son impact sur les récoltes. Nous avons très peu de données sur les productions de nectar par plante. Les données que l’on trouve dans la littérature sont des plus fantaisistes. Les informations les plus fiables sont issues des mesures effectuées à partir de colonies mises sur des cultures industrielles, colza, tournesol…Mais elles peuvent varier, outre les phénomènes météos, par le type de sélection utilisée par le producteur. Chez moi les tournesols très mellifères lors de l’introduction de cette culture, semble ne plus l’être vraiment aujourd’hui. On ne peut aisément répondre à cette question.
      J RIONDET

  6. jmj dit :

    Merci. Comme elle se bouture facilement j’avais imaginé faire le plus de haies possible sur le bord des chemins mais si la production de nectar est faible ça n’aurait pas de sens…je vais continuer mes recherches…jm

  7. Pierre dit :

    bonjour Mr Riondet,

    lorss de votre presentation a Montmelian fin 2017, dans votre doc vous parlez d ajout de levure de biere pour apport de proteines…

    cette levure doit-elle etre pure?
    est ce qu un pourcentage de matiere autre style malt – d orge – est nefaste??
    est ce que le gluten qui pourrait etre ajoute est nefaste??

    merci encore pour toutes ces informations

    • Les deux protéines végétales dont j’ai vu l’usage sont la levure de bière lyophilisée, inactivée et la farine de soja déshuilée mais pratiquement introuvable en France. J’ai un collègue qui a un bac à l’abri de la pluie dans lequel il met cette farine et on voit les abeilles se rouler dedans jusqu’à l’apparition des fleurs du saule Marsault, à partir de là, la farine n’est plus consommée. Pour la levure de bière j’utilise celle préparée apr Royal care, elle est enrichie et cette association travaille l’évolution de ce produit pour avoir un complément alimentaire plus sophistiqué et mieux adapté aux abeilles.
      Nous en mettons avec mes collègues 3% dans les candis et 1 à 3 % dans les sirops.
      3% est la dose qui avait été observée comme produisant un effet sur les abeilles à l’aide d’un indicateur que les chercheurs sur les insectes utilisent qui est la respiration cellulaire; à partir de là nous avons calé nos pratiques sur ces % qui se révèlent utilisables la seule limite est la solubilité de la levure dans les sirops. Il faut brasser au mixeur pour obtenir une bonne suspension de la levure dans le sirop.
      Pour ce qui serait d’autres produits je ne peux me prononcer ne les ayant vu utiliser ni expérimentés moi même. Il faut toujours être prudent, nos affirmations sont parfois infondées, j’ai longtemps professé au vu des documentations dont je disposais que le pain d’abeille est un produit prédigéré par la fermentation et le dernier papier de Janine Kievits dans La Santé de l’Abeille infirme totalement cette assertion sur des bases parfaitement scientifiques.
      J RIONDET

      • pierre dit :

        merci pour votre reponse
        le beau soleil ce jour m a fait me lancer sur une ruche pour essai

        j ai prepare un melange de sucre cristalise, eau -8cl au kg de sucre- et levure de biere 5% comprenant 7% de malt d orge.
        j irai controle dans qq jours l etat de ce pain que je leur ai mis et surtout si ca ne les perturbe pas

        donc reponse bientot

  8. jmj dit :

    Désolation encore cette année! Plus de 50% de perte sur mes ruches. Ça fait ch….! J’ai nourri tous les mois et voilà la récompense.
    Jmj

    • Maurice Nouvion dit :

      Bonjour
      Faites vous des traitements contre la varoase?
      Est ce une perte hivernale?
      Cordialement

      • Le varroa est la cause de la plus part des pertes hivernales comme celles d’été. La varroa est une bombe à retardement dans les colonies. Reportez vous sur ce lien à la très passionnante conférence de nov 2016 en Avignon à l’iNRA :
        https://www6.inra.fr/ciag/CIAg-Agriculture/Abeilles
        Outre qu’il affaiblit les abeilles dès leur formation par la prédation des protéines qu’il opère, Varroa est un réservoir à virus car en son sein ils se dupliquent.
        Avec les pesticides, la combinaison des deux c’est le feu nucléaire dans les ruches. Côté pesticides les choses bougent malgré tout, le dialogue apiculteur agriculteurs se fait notamment entre jeunes. Mais les apiculteurs doivent devenir maître de l’infestation de leurs colonies par varroa. C’est leur responsabilité.
        Un de nos jeunes collègues qui applique strictement les règles en matière de lutte contre varroa et qui opère des nourrissements conséquents au candi l’hiver, ne dépasse guère 4% de mortalité hivernale sur plusieurs centaines de ruches.
        Savoir traiter contre varroa et savoir nourrir opportunément sont les deux piliers de la réussite en apiculture.
        J Riondet

  9. Jean-Philippe Thiran dit :

    Cher Monsieur,

    Je prépare mon premier printemps en tant qu’apiculteur (très amateur et très débutant), avec des ruches neuves, dont les colonies semblent avoir bien passé l’hiver (notamment grâce à vos conseils – merci !).

    Pour les hausses, je ne dispose que de cadres gaufrés neufs, pas de cadre bâtis. J’ai entendu que ceci pouvait limiter la production de miel, car les abeilles devront dépenser pas mal d’énergie pour la construction de tous les cadres de hausse. Confirmez-vous cette information ?

    Et que pensez-vous des cadres pré-bâtis en plastique (baticadres) ? Serait-ce une option ? Par exemple moitié de baticadres et moitié de cadres gaufrés neufs ?

    Merci,

    Jean-Philippe

  10. Bernard dit :

    Si je puis me permettre… après cette vague de froid, maintenant début mars c’est le moment de penser aux abreuvoirs à abeilles…. plus tard ce sera soit trop tard, soit elles y viendront rarement….

  11. jmj dit :

    Bonjour,
    A mon humble avis la solution contre le varroa passe par la génétique. Plutôt que de faire de la manipulation génétique hasardeuse en croisant différentes races d abeilles au petit bonheur la chance. Il faut confier aux scientifiques le soin d identifier dans le génome des abeilles la partie qui les protège du varroa et faire du copier-coller sur le génome de nos races d abeilles préférées. Alors la question est : Y a t il une race d’abeille qui résiste au varroa?

  12. Hakim dit :

    Bonjour, je voulais savoir comment ce débarrasser de l’humidité et la condensation de la ruche dadant,fond nicots aéré total, corps bois, nourrisseurs plastique, couvre cadre ensuite ,mousse extrudé et enfin le toit .je n’arrive pas à comprends, la ruche et surélevée de 50 centimètre, que faire merci de votre réponse

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