Février le plus court des mois et le plus mauvais

Au rucher

A ce jour les colonies ont débuté leur renouvellement en maints endroits. Les races à « viande », Ligustica, Buckfast… ont des couvains en plein développement, ces abeilles plus habituées aux zones de plaines que de montagnes nécessitent une surveillance accrue. Les premières chaleurs, les premières fleurs sont l’occasion de lancer la ponte de la reine.

Elles consomment du miel et sans doute les candis protéinés seront encore les bienvenus tout autant dans les zones plutôt douces où le gel n’est guère que nocturne que dans les régions où des températures négatives très basses sont encore présentes. Un jour de beau soleil, sans vent, même s’il gèle, le candi tiède débarrassé des son enveloppe se place sur la tête des cadres en entrebâillant la bâche translucide là où sont les abeilles.

Ce procédé permet d’assurer une nourriture en cohérence avec le couvain en développement et évitera les mortalités connues l’an passé dans les mêmes conditions de températures très basses où nous avons observé des mortalités sur les colonies puissantes ayant un très beau couvain (on l’a vu après le constat de décès), alors que des colonies qui semblaient moins développées ont bien résisté au grand gèle. Les abeilles s’il fait froid abandonnent le couvain ouvert, mais restent à en mourir de faim sur le couvain fermé pour le réchauffer.

Plus tard le sirop de stimulation des colonies plus classiques noires, Carnica ou Caucasica … sera à envisager pour faire du miel sur les premières grandes miellées : fruitiers, colza… Mais dans ce cas il sera prudent de bien avoir en tête les dates de ces miellées des années antérieures pour booster les colonies de manière à ce que les jeunes butineuses qui arriveront en masse aient de quoi amasser, sinon c’est l’essaimage assuré. A l’inverse si la grande miellée arrive avant que ces nouvelles venues ne soient opérationnelles, la colonie n’amassera pas assez et aura faim quand arriveront les butineuses au chômage et il faudra nourrir à nouveau.

Cette stimulation commence 40 jours avant la date de cette grande miellée visée. Tous les 2 ou 3 jours on apporte 250 à 500 g de sirop 50/50 et ce durant 20 jours, puis on prie pour que 20 jours plus tard explose la floraison. Avec des races très prolifiques il est recommandé de mettre deux hausse bâties immédiatement l’une sur l’autre et pour ceux qui veulent extraire du miel hors rayons ayant contenu du couvain, mettre une grille à reine entre les deux hausses de manière à ce que l’espace de ponte de la reine soit agrandi au cas où les abeilles empliraient de trop le corps de nectar tout en préservant un espace pour du miel non récolté dans des cadres ayant contenu du couvain. Si on n’agrandit pas suffisamment l’espace de ponte de la reine, il peut se produire un blocage de sa ponte  le déséquilibre qui apparaitra quelques semaines plus tard entre le nombre des abeilles d’intérieur et celui des butineuses provoquera l’essaimage. C’est une méthode à tester sur quelques colonies pour se faire la main avant de la généraliser à l’ensemble  d’un rucher.

A l’atelier

Il est temps de cirer des cadres, autant pour renouveler ceux des corps des ruches de production que ceux nécessaires pour faire passer les ruchettes au stade de ruche de production, pour les essaims naturels à venir…

Désinfecter les hausses et corps, les plateaux de sol et couvres cadres en bois à la flamme du chalumeau. Gratter les pièces plastique et les brosser dans une eau chaude maintenue à 60° avec 30 g de lessive St marc /litre d’eau. Rincer. Puis, si on a eu des cas de loques notamment américaine mais avec la loque européenne prendre les même précautions,  faire tremper ces pièces dans de l’eau de javel (1 berlingot dans 4,75l d’eau) pendant au moins 10 minutes Préparer des plateau de sol propres et désinfectés pour la première opération de mars sur les ruches.

Vérifier toutes les attaches de plateau de sol, vérifier les réglages pour que tout soit interchangeable… préparer des plaques de polystyrène extrudé pour mettre dans les toits plats en tôle au cas où il en manquerait pour l’isolation du sommet de la ruche aussi importante en hiver qu’en été. Achetez des cadres nourrisseurs si vous en avez la possibilité car pour les essaims artificiels lorsqu’on y met un sirop tiède, il est toujours pris quel que soi le temps, alors que les nourrisseurs couvre cadre ou que l’on pose sur les couvre cadres, ont un sirop trop froid que les petites populations ne peuvent prendre. C’est un petit truc qui rend parfois bien des services.

Tous les nucléis et ruchettes en polystyrène extrudé seront peints avec une peinture acrylique (et ni glycero ou à l’huile qui ferait fondre le plastique) pour que les UV ne corrodent le plastique.

Jean RIONDET

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

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