Juillet enfin du miel

Après un printemps calamiteux, enfin les hausses se remplissent , non à cause du sirop qu’il a fallu donner pour maintenir la ponte des reines mais du nectar des floraisons estivales. Châtaignier pour ceux d’altitude, tournesols, lavandes, ronces… la cicadelle pond sur les ronces, le metcalfa sera peut être au rendez vous d’ici un mois. L’année ne sera pas exceptionnelle, mais sans doute pas trop calamiteuses.

Il était temps, les floraisons des fruitiers, de l’acacia furent lessivées et le froid n’a rien arrangé pour les fécondations des reines. Beaucoup de ruches sont devenues bourdonneuses après des essaimages à répétition.

Beaucoup de messages me sont parvenus d’apiculteurs inquiets de ne pas voir leurs ruches repartir avec des reines en ponte après un essaimage. Cette année il fallu attendre pratiquement un mois pour revoir de la ponte dans ces colonies. A trop tarder les fécondations ne sont pas toujours au top, les couvains lacunaires sont légions alors qu’aucun signe clinique de maladie n’est visible.

Au rucher

Faire les dernières récoltes en de mains endroits est possible et même souhaitable.
Puis traiter contre varroa avec une préparation au thymol.
Si besoin, nourrir massivement les colonies d’un ou de deux nourrisseurs pleins de sirop concentré pour leur faire reconstituer leurs réserves que l’on vient de leur prendre !
L’objectif est d’obtenir des cadres pleins au maximum fin septembre.
En fin de mois vérifier l’état du couvain.
L’apport massif de sirop peut se traduire par des encombrements du nid à couvain et la ponte de la reine en est stoppée. Il faudra la relancer par des apports limités à 1/2l de sirop léger (30 à 50 % de sucre seulement) 2 fois par semaine. Cette simulation de miellée relance la ponte de la reine. Mais si les corps sont trop pleins de miel, faire piller à l’extérieur un cadre presque vide, puis le mettre au centre des cadres du corps, ce rayon vide devrait être rapidement pondu. Fin septembre il faut du couvain sur 3 cadres et le reste en cadres pleins de miel sur leur hauteur totale. Pour les colonies très pauvres en miel, retirer 2 à 3 cadres vides, partitionner avec des partitions réfléchissantes.
faire remplir les autres sur toute leur hauteur par des apports massifs de sirop concentré. Ainsi la colonie pourra supporter de longues périodes de froid.

Petit truc avec les opercules

Il n’est pas rare que l’apiculteur soit un peu désemparé par le paquet d’opercules collantes de miel qu’il récolte au moment de l’extraction. Cette cire très pure mérite toute son attention. S’il en a de grosses quantités il aura les matériels pour essorer, fondre, recycler cette cire.
Pour le petit producteur, faire nettoyer les opercules par les abeilles est une bonne solution.
Placer les opercules miellées dans les nourrisseurs, veiller à ce que les abeilles puissent y accéder, refermer de manière très étanche ces nourrisseurs car l’odeur du miel risque d’attirer des pillardes. Faire cette opération le soir avant al tombée de al nuit.
Les abeilles lècheront le miel et parfois en utiliseront une partie pour construire des cadres.

Mise en pots

La maturation du miel est une simple décantation qui peut être brève de quelques jours, et qui peut être de plusieurs semaines selon le temps dont on dispose. Une fois décanté, remonte à la surface une fine mousse composée de particules de cire et d’air. Pour enlever cette mousse le plus simple consiste à découper une feuille de papier de cuisson et de la poser sur la surface du miel dans le maturateur. La mousse s’y colle instantanément et on la retire promptement par les 4 coins, posée rapidement dans un récipient, cette feuille de papier entrainera une bonne partie de cette écume. En deux ou trois opérations le miel sera propre. La mousse ainsi récupérée est comestible, pour la cuisson en particulier. Rien ne se perd !

Les pots seront en verre. Votre miel est un produit de luxe, non ?

jean.riondet@gmail.com

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

5 résponses de Juillet enfin du miel

  1. Flo dit :

    Bonjour,

    Merci pour vos précieuses infos.

    Pourriez-vous nous parler un peu des traitements varroa ?

    Visiblement vous conseillez le thymol, pourquoi l’acide formique ?
    L’idée est d’avoir votre point de vue car la période de traitement est pour très prochainement.

    Merci.

    Meilleures salutations,
    Flo

    • Bonjour,
      Le traitement antivarroa est à faire précisément et selon les préconisations de vos GDS apicoles locaux. Selon les régions les conduite à tenir sont un peu variables. En effet, les blocages de ponte sont défavorables à la reproduction du varroa. Or, partout il n’y a pas les mêmes durées de blocages de ponte.
      Il est conseillé de manière globale de faire un traitement au Thymol dès la dernière récolte faite ou à l’acide formique à 60% soit 30ml versés sur un morceau de serviette papier épaisse ou d’éponge à vaisselle mince. Refaire l’opération à 3j d’intervalle 3 fois au total.
      Il s’agit de faire tomber le plus possible d e varroas à un moment où le couvain régresse et donc les varroas ne sont pas dans les cellules en train de se reproduite mais sur les abeilles qui s’affaiblissent.
      Puis en septembre faire un traitement sur la durée avec de l’APIVAR ou de l’APISTAN. Ou refaire un traitement à l’acide formique puis fin décembre, début janvier, soit en l’absence de couvain, faire un traitement à l’acide oxalique à 35g d’acide oxalique dihydrate par l de sirop léger et en mettre 5ml par inter-cadre où l’on voit des abeilles, attention, l’acide oxalique doit être distribué à 40°c pour éviter de refroidir les abeilles qui ne s’en remettraient pas. puis faire au printemps un piégeage de bourdons dans des rayons de mâles mais j’y reviendrai.
      J RIONDET

  2. coste claude dit :

    année 2016 catastrophique

    3 ruches : pas une seule goutte de miel désespérant…..

    c coste

  3. Bernard dit :

    Merci bien pour votre effort pour tenir cette chronique qui permet au fil de l’année d’échanger et de se sentir un peu moins seul face aux déboires (et maladresses) de tout ou chacun…
    Deux ou trois commentaires si vous permettez.
    Pour le traitement au thymol contre le varroa (j’entends encore certains prétendre ne faire aucun traitement…) contrairement à la méthode décrite dans L’apiculture mois par mois, j’ai opté pour une préparation individuelle (qui n’est pas de moi et que l’on trouve sur internet!) et que je trouve plus adaptée pour un petit nombre de colonies ( miel liquéfié…)
    Toujours sur les opercules et toujours pour les « petits » possesseurs d’abeilles, je trouve que la herse à désoperculer permet de réduire le volume d’opercules, même si c’est plus long (bon, on a aussi moins de hausses qu’un pro) et même si les cadres sont un peu irréguliers (mais comme on n’a pas de machines…). De plus un filtrage dans un seau avec des petits trous au fond et placé dans un véhicule au soleil (lorsqu’il y en a…!) permet de récupérer quelques pots supplémentaires …
    Bonne continuation et bien à vous.

    PS. un truc : pour circuler entre 2 ruchers (proches) avec l’enfumoir allumé, je l’accroche au crochet de remorquage de la voiture à l’arrière, valable si ce crochet est assez haut….

  4. Apilou dit :

    Pour circuler en voiture avec son Enfumoir, il est aussi très pratique de le bloquer au moyen du crochet en remontant une vitre de voiture. Bien sûr laisser l’enfumoir a l’extérieur. Éventuellement glisser un chiffon entre l’enfumoir et la vitre.

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