L’élevage des reines c’est bon pour le mois de mai

Vendredi 8 mai 13 h réponse aux très nombreuses questions posées sur le chat

Puis exposé par Yohan Bodard de sa

Conduite des ruches au cadre à mâles

Comment associer prévention de l’essaimage et gestion de l’infestation varroa

en dérangeant le moins possible les colonies

Participer à la réunion Zoom
https://us02web.zoom.us/j/2956660228

Ouverture de la salle virtuelle 12h30, début de l’échange 13 h

 

Une belle vague d’essaimage est passée, il est temps de prendre le taureau par les cornes et d’élever des reines sur des lignées peu essaimeuses, de préparer le renouvellement des reines de production cet automne de manière à démarrer en janvier 2021 avec de jeunes reines qui n’auront pas une tendance forte à l’essaimage.

Vendredi 1er mai lors de notre webinaire, nous avons présenté une méthode, la 3° de mon ouvrage, qui permet d’élever directement à partir de 2 cadres de couvain fermé couverts d’abeilles. Nul besoin de faire un starter à condition de pouvoir mettre beaucoup d’abeilles et d’avoir des cadres bien remplis de couvain.

Pourquoi ?

Il faut tenir le temps de l’élevage c’est à dire sur la durée du développement de la larve à la reine soit 13 jours sans production de couvain. Seules les naissances vont renouveler la population et apporter les nourrices qui devront s’occuper des jeunes larves issues de œufs de la nouvelle reine soit encore 2 semaines après sa naissance soit près d’un mois après la constitution de  l’essaim artificiel. Cet essaim va s’appauvrir de manière conséquente en abeilles et mettra du temps pour démarrer.

Sur un essaim fait tôt en saison cela n’aura guère d’importance pour qu’il arrive en octobre avec une belle population encore faut-il surveiller la ponte de la reine et la stimuler si besoin. Réalisé en fin mai ou juin ce sera plus délicat d’arriver en fin de saison avec une population capable d’hiverner à coup sûr. Sans doute est il toujours possible de faire hiverner une reine et sa population sur l’équivalent d’un élément de Miniplus, sauf que ce n’est pas gagné chaque fois.

Avec les autres méthodes décrites dans le livre qui utilisent des cellules royales développées à 3 jours après un passage en starter on économise :

– sur la durée : 3 jours de nourrissement à la gelée royale, ce qui assure le mieux possible les essaims que l’on constitue puisque moins de nourrices seront nécessaires dans l’essaim pour atteindre la fin de l’apport de gelée royale jusqu’à l’operculation de la cellule

– les essaims artificiels seront faits le jour même du transfert et non 7 jours auparavant et surtout sur 1 seul cadre de couvain ce qui économise la quantité d’abeilles et de cadres à mobiliser.

Avec des cellules amorcées il y a moins besoin de nourrices, les phéromones des larves attirent très vite les abeilles, de sorte qu’une seule larve sur un seul cadre assure un très fort taux de réussite.

Mais il faudra faire attention à deux choses :

1 – Manipuler avec d’infimes précautions les cellules qui ont tout juste commencée de grandir et les transporter dans des conditions qui évitent leur froissement

2 – Trois jours après ouvrir tous les essaims et détruire toutes les CR qui apparaissent sur le rayon. A noter que l’absence de CR doit faire craindre la présence d’une reine qui aurait dû détruire la CR d’élevage. En l’absence de destruction de la  CR laisser en paix et attendre encore deux semaines au moins pour vérifier la naissance puis la ponte de la reine.DSC_1279

C’est le bon moment pour commencer; avec les matériels Jenter et Kemp, la ponte de la reine se fait même sans familiarisation du matériel dans la ruche, c’est moins vrai avec le Cupularve qui devra y avoir séjourné quelques temps.6 Bloc de ponte cupularve_DSC_2605

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Cesprocédés ne sont pas à destination des professionnels, ce n’est pas notre propos, mais pour des amateurs en capacité de se réunir pour disposer d’une dizaine de ruches consacrées à cet exercice elles leur assurent une production de plusieurs dizaines de reines chaque année sur la durée du printemps.

Très vite ce ne sera pas le processus de production des cellules royales qui posera problème mais la disponibilité des essaims capables d’accueillir ces reines. Encore à ce stade, la coopération entre apiculteurs se justifie pleinement.

La cueillette des essaims

Après les premiers jours pluvieux de ce mois les essaimages vont reprendre de plus belle. Il ne faut pas éviter d’en attraper sous réserve de les traiter contre varroa, de les faire se développer puis de changer les reines pour avoir un ruche rhoogène du point de vue des lignée que l’on reproduit ou entretient.

Petit rappel, un essaim naturel se met sur des cires à construire, jamais avec des cadres bâtis ni de cadres avec couvain pour utiliser sa dynamique et profiter de ce temps de construction pour le nettoyer  de varroa.

Le mettre en cave ou dans un endroit aveugle 2 jours pour que ce jeune pousse les abeilles à se lécher ce qui les fait se débarrasser des spores de la loque américaine.

Comment faire pour attraper un essaim placé un peu haut ou dans des configurations peu accessibles ?

Marc Guillemain le promoteur de Partitions Isolantes Haute Performance m’a donné le truc qu’il utilise depuis plus de 20 ans.

Depuis sa chaise roulante la cueillette des essaims est un sport délicat. Il utilise une cagette Nicot dont il supprime la porte coulissante. Il la remplace par un morceau de grille à reine en plastique tenue par un élastique. Il place dans cette cagette un Bee Boost et place l’ensemble dans une ruchette sous l’essaim ou au plus près. Il faut que les abeilles pussent toucher le Bee Boost en rentrant dans la cagette.

Il s’arrange pour attraper un petit paquet d’abeilles de l’essaim qu’il fait tomber dans la ruchette. ce petit paquet va rappeler les congénères et en une vingtaine de minutes les abeilles de l’essaim rentrent dans la ruchette. Il retire la cagette lorsque près de la moitié de l’essaim est rentré dans la ruchette. Il faut éviter la concurrence des odeurs entre la reine et le leurre.

Traiter contre varroa

Eh oui, traiter est possible voire nécessaire.

Nous allons connaître un creux des floraisons après la première vague des fruitiers, aubépine, acacias … après une récolte, lorsque les hausses sont enlevées, on fera un traitement avec un acaricide à base d’acide oxalique. Nous suivons en cela le protocole du Varromed.

Ce traitement partiel est d’une efficacité limitée puisque nous avons l’essentiel des varroas dans le couvain en train de se reproduire, mais on constate que le nettoyage des colonies à ce moment puis en répétant l’opération en juin avant le grand nettoyage de l’été et de l’automne, nous conduit à constater de belles colonies en juillet.seringue pistolet HSW_DSC_7760

Si vous avez un n ombre de ruches un peu conséquent et que la seringue de gavage de 60 ml ne vous convient pas pour distribuer le sirop à l’acide oxalique, la seringue pistolet Eco-matic HSW avec tube plongeur est bien commode. couper le tube en biseau pour le plonger dans une bouteille dans le bouchon de laquelle vous aurez perforé un trou de 8 mm pour y passer le tuyau et un trou de 4 mm pour faire rentrer l’air lors du pompage. Elle distribue des doses de 5 ml.

 

On la trouve sur le site

https://www.larecolte.fr/equipements-veterinaires/10527-seringues.html

 

Notre webinaire de vendredi a rencontré un franc succès avec 676 participants au plus fort moment de l’échange. Des participants venus de toute l’Europe francophone et  des plus éloignés de la Métropole. Des questions si nombreuses que nous aurons de quoi répondre durant plusieurs webinaires.

Certes le thème était attractif, mais je n’oublierai pas le challenge lancé par Jean François Longy le créateur de Beehoo imaginant que les abonnés à la newsletter seraient intéressé par un webinaire ouvert largement.

Quelques petits problèmes techniques sachant que nous improvisons et découvrons les potentialités de ce système. C’est l’occasion d’apprivoiser cet outil et d’envisager des prolongements pour nos actions de formation à venir.

Quelles organisations de formations pourrons nous faire ? Les réunions en présentiel seront-elles contingentées, devrons nous opérer un roulement entre tous les adhérents afin que des rencontres puissent avoir lieu et des échanges informels si nécessaire se produire ? Une chose st sûre on ne reviendra pas à la cas départ et cet évènement nous aura donné l’occasion de renouveler notre réflexion sur les manière de faire vivre le partage de la connaissance et de la passion apicole.

Rendez-vous vendredi prochain 8 mai, à la même heure avec le même lien,  Yohan Bodard un jeune professionnel nous parlera de sa

Conduite des ruches au cadre à mâles

Comment associer prévention de l’essaimage et gestion de l’infestation varroa

en dérangeant le moins possible les colonies

Les amis des Abeilles vous invite à une réunion Zoom planifiée.

Sujet : La conduite des colonies à l’aide du cadre à mâles
Heure : 8 mai 2020 12:30 AM Paris ouverture de la salle virtuelle

Participer à la réunion Zoom
https://us02web.zoom.us/j/2956660228

Début de l’échange 13 h

 

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

23 résponses de L’élevage des reines c’est bon pour le mois de mai

  1. Jean Luc deltour dit :

    Bonjour Monsieur RIONDET,
    Bien qu’ayant votre livre « élever ses reines » je suis intéressé par cette réunion zoom et souhaite m’inscrire.
    Merci d’avance,
    JL DELTOUR

  2. Pascal dit :

    Bonjour Mr Riondet,
    J’ai beaucoup apprécié votre conférence du 1er mai. Merci beaucoup pour vos précieux conseils. Je souhaiterais mettre en œuvre la 3ème technique de votre livre (élevage sans starter) mais je ne dispose que du matériel Kemp (bloc de ponte, barrettes, cupules et porte cupule). Pensez-vous qu’il soit possible d’adapter votre technique, en introduisant dans l’essaim artificiel créé, un cadre d’élevage avec seulement une barrette de 5 plots (+ cupules), entre les 2 cadres de couvain fermé ? Sinon, avez-vous une autre technique à me proposer ?
    Merci d’avance pour votre réponse.

  3. leparquier patrick dit :

    bonjour ,

    pourriez vous me dire quelle cage vous utilisé pour faire pondre la reine .
    en vous remerciant d’avance.

    cordialement

    • J’ai les 3 modèles disponibles sur Lyon et suivant l’humeur du moment j’utilise l’un ou l’autre. Mas de préférence le Nicot ou le Jenter avec les portes cupules Nicot. Le Kemp va bien pour faire des élevages sans starter lorsque je suis pressé et que je n’ai le temps de faire un starter car je trouve que pour utiliser les cellules amorcées à 3 jours le système Kemp est plus délicat à manier et je froisse trop souvent les cellules en construction.
      J. RIONDET

  4. Maurice Nouvion dit :

    Bonjour
    Pour la capture d un essaim vagabond vous parlez d une cage nicot avec porte coulissante: je suppose que c est la petite cagette jaune d expédition de reine avec couvercle?
    M Nouvion

  5. Gérard Vaysse dit :

    Bonjour Jean et les lecteurs.
    C’est une question hors sujet : j’ai des ruches dans le sud Lyonnais mais je ne suis pas sur place. Quelqu’un pourrait me dire où en est la floraison d’acacia pour que je vienne récupérer les hausses quand c’est fini ?
    Merci et prenez soin de vous.

  6. Bonjour M. Riondet et suggestion pour Pascal. Bravo et merci M. Riondet pour votre conférence du 1er mai. Je crois avoir entendu que le boitier KEMP n’était pas adapté. Mais je pense comme Pascal qu’il doit être possible d’utiliser chaque barrette avec la larve d’un seul des 5 plots, coiffée d’une cupule seulement, en supprimant les larves des 4 autres plots. La barrette sera enfoncée dans le rayon de couvain naissant. J’ai prévu 2 barrettes par ruchette de fécondation pour 2 CRA.
    Merci de votre avis sur l’utilisation barrettes du boitier Kemp selon nos suggestions.

    • Oui c’est possible je l’ai fait j’ai même coupé les barrettes avec une cisaille pour retirer chaque plot avec la larve, mais cela augmente le cout de l’élevage. Mon essai était juste pour voir, mais oui on peut n’utiliser qu’une larve par barrette comme vous le suggérez.
      Le système Kemp comporte 20 barrettes de 5 plots de ponte. Pour élever sans starter on met deux CR dans les deux cadres de couvain. On peut utiliser deux larves sur une barrette en supprimant les autres. On aura ainsi les deux larves qui assureront la réussite de l’élevage d’au moins une reine.
      Jacques Kemp a montré dans ses articles que je cite dans mon ouvrage que, dans les périodes d’élevage naturel et cette année la météo est particulièrement favorable, on peut élever directement dans une hausse posé sur une grille à reine au dessus d’une colonie très populeuse. les races éleveuses arrivent à élever quelques larves dans ces conditions. Et si vous pouvez mettre le cadre d’élevage entre deux cadres de couvain pris dans d’autre ruches, le résultat est encore meilleur.
      J RIONDET

  7. Jean Luc deltour dit :

    Bonjour MR RIONDET pourquoi les abeilles me montent énormément de pollen dans les cadres de hausses ?

  8. Ortolan dit :

    Bonjour Mr.Riondet Bravo pour votre premier exposé et merci pour vos conseils
    pour l’élevage des reines….

  9. Sébastien D. dit :

    Bonjour Mr Riondet.

    Suite a la lecture de votre livre « Elever ses reines » je suis intéressé par la méthode 2, pensez-vous qu’il soit possible de faire cette méthode jusqu’a l’opérculation pour ensuite mettre les cellules en couveuse.
    Merci d’avance pour votre réponse.
    Sébastien.

    • Oui c’est possible mais c’est un peu antinomique avec l’usage d’une couveuse puisque cette dernière a pour but de réduire le temps en éleveuse et l’éleveuse a pour bu de réduire le temps en starter pour limiter le choc provoqué par le starter sur la colonie qui fournit le starter.
      Le cycle starter, éleveuse, couveuse a pour objectif des productions de reines en continu. On cherche donc à limiter la charge d’élevage affectée à chaque colonie aux différentes étapes.
      Votre proposition est jouable, je le fais parfois, mais la colonie mère du starter mettra plusieurs semaines à s’en remettre et pour obtenir de belles reines c’est à dire bien nourries à l’état larvaire il faut un starter bourré de nourrices, donc la ruche mère sera très affaiblie. Et si on ne peut mettre beaucoup de nourrices, il faut limiter le nombre de CR mises en élevage. Le starter que je décris permet d’amorcer sur un jour jusqu’à 60 CR.
      J Riondet

  10. ANDREU Robert dit :

    Bonjour M.Riondet
    J’ai capturé un essaim il y a 15 jours
    Il y a des larves de 5/6 jours du miel operculé sur 6 cadres (Warré)
    Je ne vois aucun varroas sur la plaque graisseuse sous le fond du corps de ruche
    . Est-ce que je dois par précaution faire un traitement avec du VarroMed que j’avais acheté en prévision d’infestation ?
    Je vous remercie de vos conseils
    Cordialement
    Robert Andreu

    • Faites un traitement par précaution, le varroa est nécessairement présent. Maintenant est-ce que ce traitement flash sera efficace ? Ce n’est pas certain car l’essentiel des varroas n’est pas sur les abeilles mais dans le couvain. Faites le traitement et vérifie tous les jours le nombre des varroas qui tombent .
      Regardez s’il y a des fourmis car elles consomment les varroas qui tombent sur le plateau de contrôle. Pour les chasser mettez des morceaux de mèche soufrée sur le couvre cadre, sous le toit, elle fuient l’odeur.
      J. Riondet

  11. Nicolas dit :

    Bonjour M. Riondet
    Ma colonie la plus forte est en train de remplir une deuxième hausse. Elle est à 1000m. La miellée en cours ne va pas tarder à s’estomper et maintenant elles vont prendre les brises de pentes pour aller chercher le nectar sur les miellées plus haut en altitude vers 1500 à 1900m. J’ai l’opportunité de les transhumer dans ces lieux. Sur des rhododendrons dans 2 semaines environ. Celà leur fera du nectar à stocker plus facilement de les en rapprocher? Si ma deuxième hausse n’est pas encore operculée puis-je les transhumer avec la hausse en place sans risquer de perturber la colonie. J’ai peur que le miel « coule » et englue les abeilles pendant le transport. Fausse idée? De manière générale quand on transhume peut on laisser une hausse sur le corps?

    Merci d’avance
    Nicolas

    • Oui transhumer dans cette situation est une bonne opération. Oui on peut transhumer avec les hausses, les ruches seront mises la portière dans le sens de la marche pour éviter le balan. Les alvéoles font un angle d’environ 13° par rapport à l’horizontal le nectar ne risque pas de couler.
      J. RIONDET

  12. Nicolas dit :

    Bonjour M. Riondet
    Lorsqu’une de mes colonies qui à du couvain sur 8à 9 cadres sur 10 bien entouré de pollen presque pas de reserve dans le corps et qu’elles ne montent aucun nectar dans la hausse, je suppose la miellée étant presque passée là ou se situe cette colonie en attendant celle du tilleul qui demarre chez nous celà est normal mais comment expliquer qu’aucun nectar soit stocké dans la hausse? La population dans la ruche n’est pas faible mais pas saturé non plus. Y gagnerais-je à les transhumer dans un lieu plus propice à la récolte?
    Nicolas

    • Si les autres colonies amassent et pas celle là sans doute est-ce du fait de la surabondance de son couvain qui consomme en chaleur al totalité du nectar qui rentre. N’oublions pas que le nectar et par la suite le miel sont d’abord des combustibles pour chauffer avant d’être des aliments. Transhumer ne risque pas de changer f=grand chose puisque es autres amassent c’est que la ressource alimentaire est suffisante pour une miellée.
      J. RIONDET

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