Mai 2009 – les méthodes d’élevage

Le principe énoncé le mois dernier est simple, l’élevage artificiel se fait très facilement durant les mois de l’essaimage naturel c’est à dire en mai et juin, en ruche orpheline. La mise en œuvre est simple pour avoir quelques reines, diverses méthodes plus complexes permettent de multiplier les quantités de reines obtenues à chacun des cycles d’élevage et de multiplier ceux-ci.

Première méthode avec une ruchette

Il la faut surpeuplée de jeunes abeilles. Pour cela ne pas hésiter à lui enlever des cadres de couvain trop ouvert pour les remplacer par des cadres de couvain fermé sans abeilles dessus, issus d’autres colonies. Opération à faire deux semaines avant le picking.

Une semaine avant le jour J du picking on cherche la reine, opération certes délicate, mais indispensable et faisable dans une ruchette. Sur un cadre de couvain ouvert on l’y met avec les abeilles qui sont dessus et ce cadre sera mis dans une ruchette avec un cadre de miel. Eloigner ce nucléi dans le rucher.

Ce même jour, mettre au centre du nid à couvain de la ruche souche une cire à bâtir, dans une semaine, il devrait être construit, pondu et les larves seront âgées de 1 jour au plus.

Le matin du jour J ouvrir et rechercher toutes les cellules de reines et les détruire. Mettre le cadre porte cupule avec environ 30 cupules enduites de sirop. Cette « familiarisation » est indispensable avec l’abeille noire mauvaise éleveuse.

L’après midi, prendre le cadre riche d’œufs et de larves dans la souche (il aura été repéré avec une punaise sur la tête). Retirer le cadre porte cupule et ses cupules.

Faire le picking Dans chacune des cupules mettre une goutte d’eau de Volvic (la moins minéralisée) ou d’eau distillée achetée en ampoules stériles chez le pharmacien. En effet les larves craignent par dessus tout la déssication.

Avec un pinceau poils de martre 3/0 ou 2/0, prélever les larves au fond des cellules et les transférer dans les cupules, placées sur leur porte cupule, eux-mêmes posés sur les supports fixés aux barrettes porte cupules.

Les barrettes portes cupules sont des lattes de bois ajustées en longueur à l’intérieur d’un cadre sur lequel elles sont fixées. On met 2 ou 3 barrettes par cadre. Soit 24 à 36 cupules par cadre.

Une lampe à tube fluo de bureau convient bien pour éclairer le cadres à prélever, des lunettes loupes de puissance +2 à +4 selon la vue sont bien utiles. De l’acool non modifié à 70° (le plus désinfectant) permet de stériliser tout le matériel, le pinceau et les cupules lors de leur réemploi.

Les cupules remplies de larves sont désormais sur les barrettes. Dans le fond de la ruchette on pose une éponge très imbibée d’eau et après la pose du cadre avec ses cupules, on nourrit abondamment d’un sirop léger 40/60.

Dix jours après on utilise les cellules en les mettant dans des nucléis. on peut recommencer l’opération une fois. Au delà le nombre des nourrices devient trop faible le taux d’acceptation des cellules chute.
Soit on rend la reine à cette colonie orpheline soit on lui laisse deux cellules de reines pour lui permettre de se reconstituer.

Seconde méthode sur une ruche de production avec recherche de la reine

Une semaine avant le jour J, chercher la reine, mettre sur la ruche une grille à reine, une hausse et ses cadres bâtis, y déposer la reine. Des abeilles dont des nourrices la rejoindront.

Le matin du jour J, enlever cette hausse, la déposer sur un plateau de sol éloigné dans le rucher, vérifier la présence de la reine.

Dans le corps de ruche il n’y a plus de couvain ouvert, enlever deux cadres pour libérer la place et mettre au centre du nid à couvain deux cadres portes cupules enduits de sirop séparés par un cadre de couvain. L’après midi procéder au greffage et dix jours après utiliser les cellules de reines.

Troisième méthode sans recherche de la reine

Gilles Fert propose cette méthode que j’utilise personnellement. Il faut un corps vide et une colonie très puissante.

Sous la colonie puissante on place 6 cadres de miel, pollen, des cadres vides et deux espaces pour les cadres d’élevage. Il reste de la place pour le confort de l’apiculteur.

Entre ces deux corps une grille à reine. Deux ou trois heures avant le greffage on enfume puissamment le corps supérieur où se trouve la reine de manière à faire descendre un maximum d’abeilles dans le corps inférieur.

Enlever le corps supérieur (attention à ce qu’il reste suffisamment d’abeilles pour le couvain et l’entretien de la reine!) et le déposer sur un plateau de sol dont l’ouverture sera à l’opposée.

3 heures après effectuer le greffage. On peut mettre jusqu’à 60 cupules selon le volume d’abeilles présentes dans ce « starter », la qualité d’élevage des abeilles et le moment de la saison. En début et en fin de saison se limiter à 24 cupules pour avoir de très belles reines, en pleine saison, on peut aller jusqu’à 60 cupules.

24 heures après le ou les cadres portes cupules sont transférés dans un finisseur, avec les abeilles nourrices qui sont dessus. La ruche avec la reine est remise sur le starter, prêt à être réutilisé.
J’utilise comme finisseur des ruchettes que j’orpheline le lendemain matin du jour J. Chacune reçoit le soir un cadre avec les cupules démarrées dans le starter. 4 jours plus tard les cellules sont toutes opeculées, soit on les laisse dans le finisseur jusqu’au 9° jour, soit on les met dans une couveuse et 4 jours plus tard les cellules royales seront prêtes à l’emploi.

Gilles Fert dans son ouvrage cite également la méthode très performante de Harry Cloake un éleveur néo-zélandais, méthode d’élevage en continu où le starter devient finisseur. Ce qui limite les manipulations des cellules avec les reines en préparation.

Gilles Fert L’élevage des reines Rustica ed. en vente à l’UNAF 28 rue des Tournelles 75004 Paris.

Jean RIONDET

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

3 résponses de Mai 2009 – les méthodes d’élevage

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  2. hopara dit :

    Pour le moi de juin méthode de multiplication de ruche

    • Acheter des reines en ponte de qualité, en juillet casser les colonies les plus puissantes en deux et faire deux essaims mis à la place de la souche. Attendre 48h, détruire toute s les cellules de reines et introduire la reine dans s a cage sans les accompagnatrices. bien écarter les cadres pour que es abeilles s’amassent sur al cagette, attendre 48h, puis enlever l prote d’entrée du candi, la reine est libérée en quelques heures. Si tel n’était le cas, le lendemain, ouvrir la cagette, mettre la reine sur un cadre avec les abeilles et regarder leur comportement, si la reine est agressée, enfumer fortement, écraser des cellules de miel, y engluer la reine, les abeilles la lécheront et l’accepteront.
      Les méthodes sont nombreuses, d’autant plus complexes à mettre en œuvre que l’on travaille avec des races agressives qui acceptent moins bien de nouvelles reines, la plus évoluée consiste à faire accepter la reine dans un essaims orphelin fait de 2 cadres de couvain fermé avec les abeilles dessus, issus de la ruche à remérer. Cet essaim est mis à l’écart dans le rucher, lorsque la nouvelle reine pond et que son couvain occupe l’équivalent d’un cadre, supprimer la reine de la ruche à remérer, attendre quelques heures, mettre la ruche à la place de l’essaim, elle perdra ses butineuse qui sont agressives, on y enlève deux cadres de rives pour mettre au centre du nid à couvain l’essaim artificiel constitué. Les abeilles de l’essaim défendront leur reine.
      Jean Riondet

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