Mai Méthodes d’élevage – suite

Les nourrices, toujours les nourrices …

Conseils …au rucher

Deux semaines avant toutes ces opérations j’ajoute dans la ruchette un cadre de couvain sans abeilles dessus et pris ailleurs, le plus fermé possible pour enrichir cette colonie de futures nourrices. Le succès de l’élevage est dû aux nourrices.

Avant de mettre les cadres d’élevage pour familiarisation, indispensable avec l’abeille noire mauvaise éleveuse, il faut vérifier s’il n’y aurait pas une cellule de reine en formation sur un cadre.

Nourrir avant et pendant l’élevage pour stimuler la production de gelée royale chez les nourrices, simuler une miellée et provoquer l’apport de pollen, déclencher l’élevage. Le sirop contiendra 25% de miel. On apportera des galettes de pollen faites de 100g de pollen, 500g de levure de bière lyophilisée (disponible au rayon diététique des grandes surfaces), 400 g de miel et 200g de sirop 50/50. Avec une partie du sirop on dissout le pollen, une fois bien délayé, on ajoute la levure et le miel. Avec le sirop restant on mouille la pâte pour obtenir une consistance molle sans couler. On découpe cette pâte en galettes de 150 g environ que l’on met dans du film alimentaire et on les dépose sur la tête des cadres au niveau de l’élevage pour que les nourrices viennent les prendre. Cette formule est simple à réaliser et l’apport en protéines est convenable.

Lors des manipulations enfumer le moins possible.

Traiter si possible ces colonies contre le varroa trois semaines avant l’élevage.

…un peu de confort…

Avec de l’habitude on peut faire le picking au rucher dans sa voiture, attention à la propolis collée au siège ou sur le volant, source de récriminations ultérieures et durables. Le confort ultime est dans la cuisine.

L’éclairage doit être fort mais froid, une lampe fluo de table de nuit fera l’affaire, des lunettes loupes de puissance +2 ou +3 disponibles en grande surface et chez les opticiens conviennent également.

Les barrettes sur lesquelles sont fixées les portes cupules sont amovibles mais calées sur les cadres pour éviter qu’à l’introduction elles ne se retournent à l’envers. Les cupules et portent cupules sont coincés avec de la cire. Ils tombent souvent.

…lors du prélèvement des larves

le cadre est posé sur un support à 30° environ, l’avant bras bien calé sur le bord de la table et le poignet sur le bord du cadre, le geste des doigts sur le pinceau devient rapidement précis et sûr. Il faut aller vite pour éviter que les larves ne se dessèchent, d’où la goutte d’eau dans la cupule, remplacée par une dilution de gelée royale par les professionnels.

Ne pas lécher le pinceau, mais le rincer à l’alcool non modifié à 70° (le plus désinfectant). En cas de réutilisation des cupules les laver avec un pinceau à l’alcool après les avoir grattées des restes de gelée royale et de cocon.

Que faire des cellules royales ?

Les mettre dans des nucléis pardi ! La belle affaire, ce sera l’opération la plus compliquée à mener. Les reines sont prêtes à naître 9 jours après le picking plus ou moins un jour selon la chaleur ambiante.

Le plus simple est de prendre deux cadres de couvain avec le plus d’abeilles possible dans une ruche et mettre entre eux deux cellules de reines. Mais cela consomme beaucoup d’abeilles. Je préfère les nucléis, petites populations dédiées pour faire naître les reines et les élever.

Les nucléis

J’utilise deux types de nucléis. Des Miniplus qui ont 6 cadrons au format d’1/2 cadre de hausse Dadant. Raboutés par deux, ces cadrons sont construits dans des hausses et lorsque la reine vient y pondre, ils se couvrent de couvain et d’abeilles.

Ou bien des haussettes de ruchettes posées sur des plateaux de sol bricolés au format.

J’ai utilisé des nucléis sur 4 cadres au format d’un demi cadre de corps Dadant en hauteur, d’autres en font avec des demis cadres de Langstroth. Ces nucléis seront conduits pour être bourrés d’abeilles et de miel à l’automne. L’hiver se passe sans encombre et on dispose de reines pour les essaims artificiels à partir du mois de mars.

Peupler les haussettes

Pour peupler les haussettes le plus simple est de faire élever l’année antérieure un essaim naturel sur deux hausses et lors de la constitution des nucléis on prend des cadres riches de couvain et d’abeilles. Trois cadres suffisent par nucléi avec les abeilles dessus, mais bien éloigner ces nucléis de leur rucher d’origine, il ne faut perdre aucune abeille. Mais en l’absence de ces cadres issus d’un essaim de l’an passé, on réalise de petits paquets d’abeilles. Il suffit de prendre dans une ruche sur deux cadres de couvain les abeilles qui s’y trouvent. On les pulvérise d’eau et on secoue le cadre sur un toit. Ces abeilles sont versées dans les nucléis. Mis dans un autre rucher ces petites populations s’installent sur les trois cadres bâtis qu’on leur an mis, deux cellules de reines prêtes à éclore sont installées entre deux cadres, de la nourriture et le nucléi fonctionne.

Les reines nées

Lorsqu’elles sont en ponte, on les marque. Les prendre par les ailes puis entre le pouce et l’index l’attraper par le thorax, jamais par l’abdomen sous peine d’abimer ses ovaires. On la marque d’une goutte de peinture à l’acétone déposée entre les deux ailes par un stylet du genre bois d’allumette. Par convention 2007 est jaune, 2008 est rouge.

L’élevage c’est compliqué à expliquer, c’est simple à faire. C’est l’apiculture adaptée aux contraintes actuelles. L’élevage se fait à plusieurs, c’est plus facile de se partager les tâches à l’un les nucléis, à l’autre l’éleveuse, au troisième la sélection. A tous le picking !

Jean Riondet

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

9 résponses de Mai Méthodes d’élevage – suite

  1. MULET FREDERIC dit :

    Bonjour
    Le fait de faire bouillir le sirop de saccharose afin de provoquer son inversion en glucose, même si l’abeille est capable d’assimiler le saccharose, ne permet t’il pas de soulager son organisme?
    Cordialement

    • Le fait de faire bouillir le sirop de saccharose afin de provoquer son inversion en glucose, même si l’abeille est capable d’assimiler le saccharose, ne permet t’il pas de soulager son organisme?
      Non car l’abeille possède les enzymes ad hoc pour décomposer le saccharose. Ce qui n’est pas totalement vrai avec les sucres issus des inversions d’amidon qu’elles mettent longtemps à décomposer lors de leur digestion. De plus en chauffant le sucre dégage du HMF toxique pour les abeilles. On le voit avec les candis si on met côte à côte deux pains de poids égal, l’un fait à chaud, contenant donc du HMF, l’autre fait à froid, le candi fait à froid est consommé le premier. Pour faire vite le HMF est le caramel.
      J RIONDET

  2. souficoufi dit :

    En prenant la reine fécondée d’un mini nuc,que faire ensuite des abeilles qui sont dans le mini nuc?
    Peut-on secouer les mini cadres du mini nuc dans d’autres ruches ? Merci.

    • Oui, on peut le faire comme de mettre ces cadrons dans des nucs faibles … comme de secouer les abeilles dans le rucher, elles rechercheront une colonie où rentrer.
      Chaque fois bien enfumer pour que les abeilles se gorgent de miel.
      En cas de réunion, si les abeilles donnent une goutte du miel elles sont plus facilement acceptées.
      Très cordialement
      J Riondet

  3. bouk dit :

    faut il protéger les celul royal introduite ou dans quelle cas cordialmant

    • En principe non. Car une colonie orpheline depuis une semaine, ne peut plus élever de reine à partir de ses larves. Enlever toutes les cellules royale d=en construction puis introduire la cellule d’élevage devrait suffire puisque les abeilles n’ont plus le choix pour que survive la colonie.
      Mais si la colonie est agressive, si elle est orpheline depuis longtemps, il faut protéger la cellule royale avec du papier d’alu ou une protection en plastique pour cellule royale JZ BZ ou Nicot…Laisser le bout de la cellule libre pour que la reine puisse déchiqueter l’opercule et sortir.
      Si la colonie n’est pas orpheline, on peut tenter d’introduire une cellule royale. Il faut évidemment la protéger, mais on ne sait à la naissance laquelle des deux reines présentes dans la colonie dominera l’autre. On risque également de provoquer un essaimage.

    • Bonjour,
      Protéger la cellule royale réduit la capacité des abeilles à la tenir au chaud.
      Normalement une colonie orpheline accepte une cellule royale sans problème si aucun élevage royal n’est en cours. Lorsque l’orphelinage est le fait volontaire de l’apiculteur, une semaine après l’introduction d’une cellule royale se fait sans protection. Il faut détruire toutes les cellules royales naturelles en préparation. En cas de doute ou de colonie nouvellement bourdonneuse et malgré l’apport d’un cadre de couvain fermé, protéger la cellule royale par deux couches de papier d’alu pour éviter tout risque de destruction.
      J Riondet

  4. Alain Dumont dit :

    Bjr
    J ai tenté cette année production de cellule royale avec la méthode cadre au plafond.
    Plus ou moins 20/30 cellules royales
    J ai préparé mes miniplus en bois cadrons (5) batis
    J hesite pour le prélèvement des cellules , soit je decoupe au scalpel avec un petit triangle du cadre et je l incruste dans un cadron , soit juste la cellule que je mets dans un bigoudi avec un bouchon de chamallo ou emballé d allu erci fe votre aide

    • Bonjour,
      Si votre nucléi est orphelin depuis plusieurs jours, une fois les cellules royales détruites vous piquez la cellule royale découpée soigneusement avec un petit morceau de cire sur un cadron au milieu d’un cadre de couvain. Si c’est un paquet d’abeilles, il faut laisser le nucléi 24h en cave (ou dans le noir et au frais si possible) et faire la même opération que précédemment. Nourrir est important pour ces petites populations.
      Si elle est prête à naître vous pouvez y mettre de l’alu en laissant la pointe à l’air libre, mais si le nucléi n’est pas agressif, sans protection cela devrait marcher. Une reine vierge est presque impossible à faire accepter, une cellule en bonne forme avec une reine qui s’agite dedans est pratiquement toujours acceptée.
      J RIONDET

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