Mai 2008

C’est le mois de l’élevage, pour certains c’est déjà le mois de la récolte du colza. Ce miel cristallise très vite dans les rayons et devient impossible à extraire. Si l’acacia est présent, l’extraction des miels antérieurs est une nécessité sous peine de mélanges. Rien de plus fâcheux que d’afficher sur ses pots « acacia » et le voir cristalliser. Ce qui ne fait guère sérieux.

Mai est vraiment le mois des essaims naturels et artificiels, celui également de la première récolte. Aujourd’hui tout le monde cherche des essaims. Actuellement il s’en produit beaucoup naturellement. Un essaim appartient à celui qui le suit. Sinon il appartient à celui chez qui il s’est posé.

La cueillette d’un essaim est chose facile pourvu que l’on y accède aisément. Une caisse en carton gobant l’essaim, un coup sec sur la branche, il en tombe un gros paquet que l’on verse dans une ruchette équipée de cadre cirés. Si par chance on a pris la reine, en quelques minutes on voit apparaitre des rappeleuses sur le sommet de la ruchette on la referme alors aux 3/4. Le soir tout le monde est rentré. On peut l’emmener.

Si l’on craint une désertion, deux nuits en cave suffisent pour que les abeilles ayant commencé à étirer les cires, l’essaim se stabilise dans la ruchette. Le nourrir régulièrement, les cires sont vite construites.
J’ai trouvé un très petit essaim bloqué sous une table de jardin près d’une cantine d’entreprise. Un simple carton de papier photocopie a suffit pour le racler, il est tombé assez d’abeilles dedans, j’ai retourné le couvercle posé dessus aux 3/4, 15 minutes plus tard j’ai fermé la caisse et emmené l’essaim chez moi. Je l’ai mis dans une Warré, ce petit essaim construit aujourd’hui son 7° rayon, il y est installé depuis 3 semaines. Il est nourri en continu. J’ai récupéré un énorme essaim le 2 mai, 8 cadres sont construits le 12. Je lui aurai apporté 4 litres de sirop. La miellée d’acacia prend le relai.

Fin du mois, l’extraction de l’acacia s’imposera. Mais alors attention à la famine. Juin est un mois chaud et beau le plus souvent et l’on croit que ce mois est idéal pour les colonies. Dans notre région lyonnaise il n’en est rien. Après un fort développement depuis avril, les colonies sont abondantes alors que les floraisons se ralentissent. Si on a récolté, les caisses sont vides ! Il ne faudra pas hésiter à nourrir si la sècheresse pointe son nez. 1/2 l de sirop suffit. La ponte de la reine doit rester élevée pour les châtaigniers fin juin, puis pour le tournesol de juillet.

Les essaims artificiels et les nucléis seront toujours nourris ou très surveillés, la famine les guette pour les raisons évoquées mais aussi parce que notre fabrication de mini colonies n’est pas toujours équilibré en butineuses et en nourrices, d’où leur sensibilité à la famine.

Jean Riondet

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

Laisser un commentaire

Apiculture Beehoo