Mai 2009 – En mai essaims, élevages, récolte sur fruitiers et surtout sur colza

Malgré une période traditionnellement froide et donc risquée pour la récolte du miel et les élevages, le mois de mai a très bien démarré. La chaleur fut en réalité au rendez vous en de nombreux endroits, les pluies ont apporté de l’eau favorable au nectar. Les essaims sortent. La première récolte sur le colza peut avoir lieu.

La pose des hausses

Au moment de poser les hausses retirer des corps les cadres « pièges à bourdon ». Que vous ayez fait construire des cires à mâles ou que vous ayez mis un cadre de hausse dans le corps pour faire construire un rayon en dessous, évacuez tous ces cadres, remplacez les par des cires neuves.

Est-il utile de rappeler que les hausses se placent dès que le nectar apparaît en masse au sommet des cadres, que ceux-ci s’épaississent d’une bonne cire blanche, que les abeilles occupent les rives, où que le nid à couvain s’emplisse de nectar au lieu de voir une ponte nouvelle de la reine ?

Même sur des petites colonies qui n’ont pas bâti tous leurs cadres mettre une hausse de rayons construits car elle ammassera du nectar dans le nid à couvain bloquant la ponte de la reine. Situation à éviter absoluement et comme il ne fait pas froid, la hausse n’aura pas d’effet négatif majeur sur le développement de la colonie.

Il est temps de mettre une hausse. Posée trop tôt la reine viendra y pondre, ce n’est pas grave, il vaut mieux qu’elle maintienne sa ponte venant à l’endroit le plus chaud, plutôt que de se trouver bloquée par le nectar qui arrive en masse, les abeilles en mettent partout. Posée trop tard, le blocage de ponte de la reine engendre l’essaimage.

On ajoutera dans les hausses quelques cires à construire, l’époque est favorable jusqu’à fin juin. De préférence placer les cires à bâtir au centre, alterner avec des cires construites. C’est aussi l’époque où l’on fait construire des cires de corps en les rapprochant du nid à couvain. Une bonne indication est le nombre de cadres de couvain, si la colonie dépasse 6 cadres de couvain, les cires mises en bordure du couvain seront construites. Il y a suffisamment de cirières, ces cires ne constitueront pas un barrage à l’extension du couvain.

Si la colonie n’est pas suffisamment forte, elle aura peiné pour construire les cires que vous aurez mises dans le corps. Alors, ne pas mettre de cadres cirés dans les hausses.

Les essaims naturels, le traitement des colonies

Pour peupler votre rucher, sans doute serez-vous attiré par les essaims naturels. Sauf à ce qu’ils sortent de vos ruches, ceux que vos voisins vous proposeront devront faire l’objet de beaucoup de méfiance. S’ils sont issus de ruches sauvages, ils peuvent être le produit d’une lignée essaimeuse, d’une souche très parasitée par le varroa, d’une colonie malade.

Pour les abeilles, une des manières de résister aux maladies et aux parasites, notamment les maladies du couvain, consiste à essaimer. Durant le temps de construction de rayons neufs, indemnes de fait de toute maladie, l’absence de couvain engendre l’élimination des maladies, les cires construites sont indemnes de germes. C’est vrai pour les maladies du couvain mais c’est aussi vrai pour le varroa qui se reproduit sur les larves en cours de développement. Ce temps d’arrêt est salutaire pour la colonie. Seuls se reproduiront les parasites accrochés aux abeilles.

Donc prudence avec les essaims naturels, les cueillir, les mettre en ruche dans un rucher éloigné du vôtre de plusieurs kilomètres. Traiter contre le varroa par une lanière. Surveiller ces colonies durant un mois. Si leur développement est bon, les rapatrier dans votre rucher. Sinon les détruire par étouffement au soufre.

Traiter par essaim nu

Sur de très fortes colonies, à la limite de l’essaimage, une très bonne manière de les assainir est de faire un essaim nu. On évite de surcroît l’essaimage de ces fortes populations. A ce moment de l’année, seules les colonies les plus fortes peuvent faire l’objet d’un tel traitement.

En milieu d’après midi par beau temps, on pose sur la ruche un corps équipé de cadres cirés. On pose une grille à reine sur le tout pour voir monter les abeilles.

On enfume fortement par le trou de vol durant une minute. La colonie se met à bruisser, on attend encore une minute on tapote énergiquement avec le lève cadre ou un bâton du bas en haut de la ruche, les abeilles vont se mettre à monter dans le corps supérieur.

On enfume à nouveau et on donne des coups de bâton comme sur un fût un jour de manif. On alterne quelques coups de bâton et des bouffées de fumée. Elle doit sortir par le sommet. En moins de cinq minutes, les abeilles seront toutes montées avec la reine. Une odeur agréable s’en dégage signe de la réussite de la montée des abeilles avec la reine.

Mettre un couvre cadre, poser ce corps sur un plateau de sol, éloigner le tout dans un coin ombragé du rucher, travailler doucement car au moindre choc la grappe tombe au sol et l’opération est finie. Refermer la ruche souche. Les butineuses s’occuperont du couvain, une nouvelle reine sera élevée.

Pour s’assurer que la reine est bien dans cette nouvelle colonie, enlever le couvre cadre au bout d’une demi-heure. Si les abeilles ne bougent pas la reine est présente, si elles se sauvent en masse, l’opération a échoué, réunir et recommencer un autre jour. Si la reine est dans la nouvelle colonie, cette ruche fermée sera mise en cave deux nuits puis la remettre dans le rucher à son nouvel emplacement. Toutes les abeilles y resteront sans retourner à l’ancien emplacement. Les abeilles gorgées de miel bâtiront rapidement, nourrir si la pluie ralentissait les collectes de nectar.

Cette opération est très fiable pour assainir les colonies, l’ancienne colonie aura une nouvelle reine, la nouvelle colonie riche en nourrice pourra bâtir, puis faire une hausse de miel. Prévoir de lui mettre une hausse avec des cadres bâtis au moment où elle aura largement occupé le corps.

Bien maîtrisée, cette pratique permet d’assurer un excellent contrôle de l’essaimage. Mais elle ne marche pas du tout avec les petites colonies.

Traiter les essaims nus contre le varroa est une bonne chose, un traitement de choc à l’Amitraze ou au Thymol est efficace puisque durant plusieurs jours eon est en absence de couvain.

Les essaims artificiels

Enfin, il faut réaliser des essaims artificiels, pauvres en abeilles et en cirières, ils ne construisent guère, il faut leur apporter systématiquement des cadres bâtis.


Les essaims se font sur 2 cadres de couvain jusqu’au 15 juin, du 15 juin au 14 juillet il faut les faire sur trois cadres de couvain, à partir de la mi-juillet il faut les faire sur 4 cadres de couvain. Ils seront sur 5 cadres de couvain, miel et pollen fin septembre.

On ajoutera toujours des abeilles prises sur un ou deux cadres et secouées sur l’essaim pour le renforcer. De préférence prendre ces abeilles dans de puissantes colonies et sur des cadres de couvain ouvert.

Pourquoi du couvain ouvert ? Pour alimenter l’essaim en nourrices présentes en masse sur ces cadres. La jeune reine en aura besoin pour démarrer sa ponte et ses larves naissantes devront en disposer. N’oublions jamais que la ponte de la reine est en rapport direct avec le volume de nourrices.

Ces cadres seront pris dans diverses ruches, en veillant à ne pas prendre leurs reines. On parfumera tout ce petit monde pour lui éviter de se battre. Rappelons que l’enfumage surabondant est utile, il pousse les abeilles à se gorger de miel. Ainsi gavées, leur rencontre avec des congénères d’autres colonies se fait sans heurt, une goutte de nectar offert, c’est la paix assurée.

Ces essaims sont l’occasion d’affaiblir les colonies trop puissantes au goût de l’apiculteur et qui craindrait un essaimage incontrôlé.

Ces essaims réussissent d’autant mieux que l’on dispose de cellules de reines prêtes à naître.

Pour éviter de perdre des butineuses ils seront mis deux nuits en cave avant d’être remis en place au rucher.

Récolter

Si le colza fut abondant, récolter au plus vite, ce miel riche ne glucose cristallise en deux semaines dans les rayons et n’est plus extractible. Attention, dans le maturateur le miel de colza cristallise en 4 jours. Mise en pots de suite !

Avec l’acacia qui arrive, pour ceux qui en dispose, la cohabitation de ces nectars donne un miel qui cristallisera alors que l’acacia riche en fructose ne devrait pas cristalliser à température ambiante.

Dur, dur de vanter les mérites de son miel d’acacia qui fige dans le pot !

Produire des reines, élever les essaims

La reine sera prête à naître dans sa cellule si on fait de l’élevage artificiel. On connaît la date du picking et donc de sa naissance. On réalise par la suite les essaims la veille de la naissance. Situation idéale pour perdre le moins possible d’abeilles par mortalité due au vieillissement dans les essaims artificiels.

Car, le temps de la maturation sexuelle et de la fécondation de la reine, puis de la migration des spermatozoïdes dans sa spermathèque et le début de sa ponte, il faut compter trois semaines au moins.

Les premières naissances de sa propre descendance demandent encore trois semaines. Donc lors de la fabrication d’un essaim artificiel avec des reines prêtes à naître ce sont au moins six semaines durant lesquelles la population ne se renouvelle pas. Pendant ce temps les abeilles auront vieilli et leur nombre diminuera.

C’est pour cela que l’élevage des reines passe le plus souvent par une phase de naissance de celles-ci dans des nucléis. Pour mettre dans les essaims artificiels non pas des cellules de reines, mais des reines en ponte. On gagne encore du temps !

Les nucléis (noyau en latin) sont de toutes petites populations permettant de faire naître, tester les nouvelles reines. Une fois nées et en ponte, puis évaluées, les reines sont utilisées.


Qu’ils soient naturels ou artificiels, on nourrira les essaims une fois par semaine, durant tout l’été. Fournis en cadres bâtis, ils se développeront régulièrement. Ainsi pourvus d’une forte population et d’une réserve de miel conséquente, ils passeront un hiver sans dommage, sans nourrissement, sans surveillance particulière.

En 2010 ils constitueront les colonies de remplacement par réunion avec les productrices de l’an passé dont le développement en fin d’hiver n’aura pas été fameux. Aujourd’hui commence donc l’année apicole 2010.

Rerndez-vous sur le blog à la rubrique « élevage des reines »

Au fait, je suis en cours de rédaction de papiers sur les questions que se posent les apiculteurs amateurs. Quelles seraient vos interrogations sur les pratiques ou techniques apicoles ? Vos questions me seront utiles écrivez-moi sur :

lesamisdesabeilles@gmail.com

Merci d’avance pour le temps que vous y consacrerez, vos questions auront réponse dans mes prochains billets.

Jean RIONDET

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Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

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