Mai en avril !

Une chaleur inattendue et un temps pluvieux en mars ont boosté les floraisons. Le beau temps qui s’en suit, s’il ne dure de trop, aura assuré de grands moments de butinage. Le risque serait que le nectar vienne à manquer. Les colonies se développent, les lignées bien sélectionnées ne sont pas sur le point d’essaimer. Mais si les jeunes reines nées en 2019 ont peu de raison d’essaimer il n’en est pas de même pour les plus anciennes.

Les premiers essaims sont arrivés mi-mars. L’an passé déjà nous avions observé des essaimages très précoces. Un collègue qui depuis le début des années 1980 collecte les essaims sur appel des pompiers, note précisément les lieux dates et heures de chacun des prélèvements. Jamais d’essaims avant fin mars mais depuis quelques années il observe que l’on aurait gagné 2 semaines.

Les essaims naturels

L’essaimage c’est la nature. Une lignée peu essaimeuse ne se reproduit pas, ne se multiplie pas suffisamment et elle sera dominée par la génétique ambiante. Donc par définition un essaim naturel engendrera naturellement une colonie qui essaimera l’année prochaine.

Sans être un productiviste acharné, l’apiculteur aime bien que le fruit de son travail soit un peu de miel. Or, le miel que nous récoltons est l’excédent produit par un surcroit d’abeilles.

L’essaim naturel part avec la moitié de la population donc avec l’espoir de récolte. Mais il arrive que les bonnes années un gros essaim ou une souche qui auraient essaimé tôt et qu’une seule fois puissent donner un peu de miel pour la plus grande joie de l’apiculteur. S’il a récupéré son essaim aura le beurre et l’argent du beurre. Mais nous préférons le plus souvent entretenir des colonies peu ou moyennement essaimeuses.

On va profiter des caractéristiques particulières des essaims naturels et gérer leurs limites non moins naturelles. Les essaims naturels sont démographiquement équilibrés en abeilles de tous âges.

S’ils sont issus de ruches saines, ils construisent vite, mais ils peuvent être issus de colonies porteuses de la loque américaine ; ou d’autres pathologies du couvain. Ils sont nécessairement porteurs du varroa.

Au moment de l’essaimage naturel l’éleveur qu’est l’apiculteur devra gérer tous ces facteurs simultanément.

La cueillette de l’essaim doit être rapide pour éviter qu’il ne reparte car, s’il est dotée d’une jeune reine, c’est assez fréquent. Donc, une fois en boite après avoir attendu une bonne vingtaine de minute que tout ce petit monde se soit installé, lorsque davantage d’abeilles sortent plus qu’il n’en rentrent on ferme la ruchette et on l’emporte de suite.

Première règle : mettre l’essaim sur des cires à construire

Par définition un essaim naturel construit rapidement et on en profitera pour lui donner un habitacle sain. Il construit rapidement car l’essaim n’a pas encore de couvain à nourrir donc toutes les forces disponibles, toutes les capacités cirières seront mobilisées pour cette action.

On ne met jamais un essaim naturel sur des cadres bâtis, ni sur un cadre de couvain pour le stabiliser car en sus d’une moindre capacité à construire il sera porteur de varroas.

Exception : au mois de juin s’il s’avère sec avec peu de fleurs, la ressource alimentaire viendrait à manquer. Donc, pour aider les essaims naturels les plus tardifs ou dans des zones florales particulièrement fragilisées, on apportera un cadre bâti pour commencer et si la reine se révèle bonne pondeuse et que les bâtisses neuves tardent à venir on en apportera un second.

Seconde règle : le confinement

Ignorant tout de l’état sanitaire de la ruche dont il est issu, l’apiculteur va confiner son essaim durant 3 jours. Un peu comme avec le connard de virus ne sachant qui est malade on enferme tout le monde.

Mis en cave ou dans un endroit totalement noir, la ruchette servira de sas de décontamination. En effet l’essaim sera composé d’abeilles gorgées de nectar. Elles peuvent donc survivre sans se réapprovisionner durant 3 jours, surtout si les conditions de l’enfermement ne sont pas sources d’excitation par des rayons lumineux qui attireraient les abeilles vers l’entrée et provoqueraient un énervement fatal.

Durant cette période les abeilles vont se lécher mutuellement et absorber des agents pathogènes qui seront détruits dans leur système digestif. C’est pour cela que l’on ne donne pas de nourriture, les abeilles n’ont ainsi qu’une source d’alimentation, leur réserve personnelle, et leur seule activité est de se lécher. Cette papouillauthérapie est une excellente mesure d’hygiène collective.

C’est d’ailleurs la procédure associée au transvasement à visée sanitaire en cas de loques. On la recommande également en cas de constitution d’un essaim nu et associée à un traitement anti-varroa par dégouttement d’acide oxalique on démarre une colonie presque indemne de varroas. Et ce n’est pas rien !

Troisième règle : nourrir massivement

Une fois ce temps sanitaire accompli, il sera temps de faire construire.

La ruchette mise en place, on apportera du sirop 50/50 par 2l à la fois. Le sirop doit être pris très vite et on ne doit trouver d’abeilles noyées. En l’absence de ces indicateurs, si l’inverse

Se produit, l’essaim présente un défaut, souvent la reine n’a pas été prise.

On surveille les constructions, si elles vont vite et que la reine vient y pondre, que le couvain s’étend on peut poursuivre le nourrissement. Mais si le nectar vient à limiter la ponte de la reine il faut attendre que la ponte poursuive son extension, les apports externes sont alors suffisants.

Quatrième règle : traiter contre varroa

A la sortie du confinement, on traitera soit en mettant une lanière à base d’Amitraz, soit en opérant un dégouttement d’acide oxalique. L »absence d e couvain fait que tous les varroas sont su les abeilles, il faut profiter de ce rare moment pour nettoyer la colonie de ce parasite. Tous les traitements dans ces circonstances sont très efficaces. Mais attention, la reine commencera à pondre rapidement et on aura environ une semaine durant laquelle les traitements sont à opérer. Il faut utiliser des traitements « flash », à action rapide tel l’acide oxalique en dégouttement. Les spécialités pharmaceutiques conviennent toutes.

C’est pour cette raison du traitement contre varroa dans ce contexte d’absence de couvain que l’on ne met ni un cadre de couvain ouvert comme je le faisais étant petit ni d’apport de cadres bâtis ce qui accélère la ponte de la reine mais d=réduit d’autant la durée possible des traitements

Cinquième règle : conduire cet essaim jusqu’à ce qu’il soit au plus vite courant juillet sur 4 cadres de miel et couvain de façon à ce qu’il soit sur 5 cadres au mois d’octobre. Une population sur 5 cadres passe parfaitement la période de la morte saison.

Et enfin on changera la reine pour y mettre ue=ne reproductrice d’une lignée peu essaimeuses afin d’avoir pour 2021 de belles récoltes et de bonnes descendances.

Les essaims artificiels

Si le suivi et le nourrissement seront réguliers comme pour l’essaim naturel, par contre, cet essaim artificiel sera fait avec des cadres de couvain et donnera donc naissance à un groupe parasité par varroa dès sa constitution. Il sera de ce fait traité contre varroa une fois la ponte de la nouvelle reine engagée.

Une procédure simple pour créer un essaim artificiel.

En avril il suffit d’un cadre de couvain avec œufs et larves avec toutes les abeilles qui sont dessus. Mais pour assurer la qualité de l’élevage il faut secouer des abeilles prises sur 2 cadres de couvain. Pour ce faire, on pulvérise d’un peu d‘eau ces abeilles que l’on secoue dans un toit de ruche plat en tôle. Puis elles seront versées dans la ruchette . A ce moment là on y insère le cadre de couvain avec ses abeilles on met 2 partitions réfléchissantes une de chaque côté de ce cadre puis on pose un petit pain de candi sur la têt du cadre. On couvre d’un isolant souple, le couvre cadre nourrisseur sera reposé à l’envers pour faire la place du candi et on enchâsse le toit.
Cette ruchette sera emmenée à 3 km au moins en plaine, moins en zone vallonnée ou boisée, mis en un endroit riche en fleurs, et trois semaines plus tard on vient constater la ponte d’une nouvelle reine. On lui ajoutera des cadres bâtis car pauvre en abeilles de tous âges il construira mal et pour accélérer la ponte de la reine on met à sa disposition des cadres prêts à l’accueillir.

Dès ce moment là on met une lanière d’Apivar ou une demi-lanière d’Apitraz et le contrôle de l’infestation varroa commence.

On suit cet essaim en nourrissement pour le faire aboutir à 5 cadres en octobre. Il passera une excellente morte saison.

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

35 résponses de Mai en avril !

  1. Mr Riondet bonjour,
    Je suis dans les bouches du Rhône et le nectar manque cruellement.
    A peine ont elles commencées à remplir les hausses qu’elles ont dû faire face à quinze jours de froid sans pluie et maintenant grand soleil et sec. Elles ont largement entamées les cadres de rive de corps et j’en suis à me poser la question de déjà les faire transhumer.
    C’est la première fois que je vois cela, ici nous devrions être en pleine période d’opulence.
    Avez vous des retours de confrères dans le sud?

    • Je n’ai pas eu particulièrement d’informations sur la situation dans le sud, mais si le sud fut une très grande région apicole au 20° siècle au 21° c’est une région sinistrée du fait de la météo qui a radicalement changé en 1/4 de siècle.
      J. Riondet

  2. Maurice Nouvion dit :

    Bonjour
    J applique votre méthode d essaim artificiel depuis 2 ans
    L année dernière ils sont tous passés 48 h par la cave : le taux de réussite était de 80%
    Cette année j ai décidé l éloignement à 3 km comme un ami en 2019 (qui lui avait un taux de réussite de 100)
    J ai fait 6 essaims sur une dizaine de jours
    Les derniers après 48 h n avait pas d ébauche de CR
    Maintenant la plupart en ont
    Est ce normal? Se sentent moins orphelines en liberté?
    Mes remerciements

  3. Jm dit :

    Bonjour,
    L’abeille ne pourrait elle pas nous aider encore une fois . Ne pouvait on pas tester la propolis pour lutter contre les coronavius ? On ne sait jamais il faut explorer toutes les pistes. Mais a qui le demander ?
    Cdt
    Jm

    • Leontine dit :

      La propolis est un anti bactérien, pas un anti virus. Les produits de la ruche sont bons pour notre santé mais ce ne sont pas des produits miracles. Ne jouons pas les apprentis sorcier…

  4. Leontine dit :

    Bonjour Jean, j’ai regardé hier un reportage sur France 2 intitulé des abeilles et des hommes. Et en pleine récolte des hausses, apparaissaient dans le corps des languette de type apivar. Je pensais qu’il était interdit de traiter contre le varroa quand on a met des hausses. Quel est votre avis? Existe t-il des traitements bio en languettes autorisées en même temps que les hausses? En tout cas, ce serait bien que ce type de reportage évite ces images, voyant cela les apiculteurs amateurs pourraient être amenés à faire les mêmes erreurs… à bientôt.

  5. Leontine dit :

    Bonjour, j’ai un élevage de reines en cours (une vingtaine), mais comme mes acceptations sont beaucoup plus nombreuses que ce que j’espérais, je n’arriverai pas à faire suffisamment d’essaims pour les accueillir. Est ce possible d’introduire 2 cr en même temps dans l’essaim? J’y vois un intérêt si une des futures reines est plus faible que l’autre ou au cas que les abeilles rejettent la cr. Merci pour votre avis éclairé sur la question. A bientôt.

  6. Jm dit :

    Information intéressante sur les propriétés de la propolis :

    « L’efficacité de la propolis face au virus de la grippe s’explique bien par une action anti-neuraminidase. Ce sont des chercheurs chinois (2) qui l’ont mise en évidence en 2008. Ils ont étudié pour cela 25 flavonoïdes différents provenant de plusieurs plantes. Parmi eux, la lutéoline, l’apigénine, la chrysine, les kaempférols et la quercétine se sont révélés les plus anti-neuraminidase. »

    Lien de l’article complet :
    https://www.alternativesante.fr/rhume/la-vraie-propolis-contre-les-derniers-maux-de-l-hiver

  7. Jm dit :

    Bonjour,
    Peut on poser les hausses par dessus le nourrisseur ? Le nourrisseur ne va il pas gêner les abeilles et fera il suffisamment chaud au niveau de la hausse?
    Merci par avance.
    Cordialement
    Jm

    • BernardL dit :

      Bonjour,

      Quel est l’intérêt de faire cela ? Ce n »est pas faciliter le travail des abeilles, qui en plus de traverser la grille à reine devront aussi traverser le nourrisseur pour atteindre les hausses. En cette période, laisser le nourrisseur sur les ruches n’a pas bien d’intérêt. Il pourrait être utile si besoin de nourrir la colonie par manque de ressources extérieures suite à mauvaises conditions climatiques (comme l’année dernière). Le réel besoin sera pour le pourrissement d’automne pour reconstituer les réserves avant l’hiver. En attendant, juste un couvre cadre sur la dernière hausse est suffisant..

  8. aghlaf dit :

    bonjour
    Je viens de récupérer deux essaim un qui commence a bâtir de la gauche vers la droite et l autre l inverse de la droite vers la gauche est ce normal
    je suis un débutant et ces mes premiers essaims
    je vous remercie d avance
    cordialement

    • Il n’y a pas d’ordre, la grappe s’installe pour une raison inconnue sur certains cadres plutôt que d’autres sans que l’on ne sache pourquoi.
      Nourrissez les pour accélérer la construction, traitez contre varroa c’est le meilleur moment et changez les reines si possible car en 2021vosu risquez des essaimages.
      J. Riondet

  9. CHRISTINE MATHEVON dit :

    bonjour
    nous avons eu hier jeudi 16 avril un essaimage ,nous avons en vain essayer de les faire rester dans une ruchette puis une ruche . elles ont passées la nuit sur la façade de la ruche et ce matin idem .
    nous avons mis un nourrisseur avec du sirop dans la ruche mais rien ni fait
    que pouvons nous faire ?
    merci pour vos conseils
    rené et christine

  10. nicolas champier dit :

    bonjour MR Riondet,
    j’ ai une question à vous poser par rapport au maladie de couvain, cette année nous avons un certain de nombres de colonies qui présentes de la maladie du couvain, nous avons donc effectué des transvasement (de ruche en ruchette avec seulement des cires gaufrées), et ces transvasement on été effectuer sur place au rucher.
    Ne vaut-il pas mieux déplacer la ruche et effectuer le transvasement sur un rucher vierge ( sans autre colonies) ?
    Bien cordialement
    nicolas

  11. Morland dit :

    Bonjour Monsieur Riondet,

    Je viens d’intervenir sur mes ruches, l’une d’elles a près de 10 cellules royales… Que dois-je faire ? J’avais bien pensé faire un essaim artificiel mais à cause du contexte actuel, je n’ai pas de terrain pour l’éloigner de 3 km … Serait-ce possible malgré tout de faire un essaim artificiel avec la ruche mère toute proche ? Evidemment, je crains que toutes les abeilles prélevées y repartent… Je ne sais pas si c’est moi, mais l’année semble très propice à l’essaimage ! Merci. Bien cordialement.

  12. Mohamed dit :

    Bonjour maitre riondet ,pour luter contre varroa si on metait le cadre mal sera t,il efficace merci

    • C’est insuffisant, on estime que fait tôt en fin d’hiver et au printemps cette pratique fait baisser la pression du varroa de 20 à 25 %. Ce n’est donc pas suffisant. C’est une action complémentaire d’autres interventions contre cet acarien : multiplication des traitements flash, traitements sur la durée, traitements en absence de couvain…
      On n’a pas encore trouvé la recette magique. Les procédés efficaces nécessitent une grande rigueur et du temps de travail sur les colonies.
      J. RIONDET

  13. Gérard Vaysse dit :

    Bonjour Jean
    Le lien pour participer à la formation Webimar me conduit ici (est-ce une erreur ?)
    Je souhaite m’inscrire.Gérard Vaysse

  14. Savovitch Vuk dit :

    Bonjour Mr.Riondet,
    Je souhaiterais savoir si le mieux serait de faire un essaim artificiel ou de faire un nucléi ? En effet, ayant une ruche forte, je souhaiterais un peu la diviser sans trop toucher à la récolte de miel.
    Je vous souhaite une très bonne journée.
    Cordialement,
    Thomas

    • La différence entre nucléi et essaim artificiel porte seulement sur la taille de la population. Un nucléi peut être fait avec 250 g d’abeilles sans couvain. Un essaim artificiel sera fait avec au moins un cadre de couvain e les abeilles qui sont dessus.
      Si l’objectif est de limiter l’essaimage il faut augmenter le prélèvement de couvain et d’abeilles. Plus on prélève plus on obère le volume des récoltes à venir mai plus on réduit le risque d’essaimage.
      Si la reine est jeune (2019) d’une lignée sélectionnée sur le faible essaimage, un cadre peut suffire et secouer deux cadres de nourrices, si vous craignez l’essaimage vous pouvez également mettre la ruchette à la place de la ruche et prévoir une ruchette avec tous ses cadres bâtis de façon à pouvoir accueillir l’ensemble des apports en nectar des butineuses.
      A l’expérience vous verrez en fonction de vos colonies et du temps dont vous disposez quelle est la stratégie la meilleure.
      J. RIONDET

      • Savovitch Vuk dit :

        Merci beaucoup Mr.Riondet pour votre réponse. En effet c’est une jeune reine de l’année dernière de race italienne.
        J’ai mis ma hausse et je pense plutôt faire un nucléi pour avoir une reine de côté.
        Encore un grand merci !
        Cordialement,
        Thomas

  15. Etienne Ceccaldi dit :

    Votre séance d’élevage m’intéresse, bien que j’élève personellement ave le cupularve. Mais le lien sur lequel j’ai cliqué ne fonctionne apparement pas: il renvoie à voàtre page de conseils?

    Cordialement

  16. El AMri Saïda dit :

    Bonjour Jean
    Le lien pour participer à la formation Webimar me conduit ici
    Je souhaite m’inscrire.El Amri SAïda

  17. Charlotte de Ghellinck dit :

    Bonjour Monsieur Riondet,
    pour les essaims naturels et artificiels, vous recommandez le traitement Apivar (une lanière) mais combien de temps faut-il la laisser? Est-ce également 10 semaines comme recommandé dans la fiche technique du produit, mais ces 10 semaines s’appliquent me semble-t-il dans le cas de couvain présent, pour toucher un cycle complet. Dans le cas d’un essaim naturel, sans couvain, peut-on l’enlever plus rapidement? Merci d’avance pour votre réponse.

    • L’usage de ces lanières est du au fait que l’on ignore si les reines sont jeunes ou vieilles.
      Les jeunes reines sont très fortement impactées par les acides organiques en dégouttement car leur carapace n’est pas encore totalement formée. L’Amitraz est moins toxique de ce point de vue. La durée d’usage est celle du fabricant et un traitement en fin d’année à l’AO est possible en absence de couvain.
      Une alternative serait la sublimation de l’AO qui serait un procédé moins agressif, mais sa dangerosité pour l’apiculteur me conduit à en déconseiller l’usage pour les amateurs.
      J. RIONDET

    • C’est un produit à diffusion lente, il est souhaitable de le laisse 12 semaines pour éviter les infestations par dérive ou pillage. Ces essaims, en principe, ne sont pas destinés à produire du miel l’année de l’essaimage, les métabolites de l’Amitraz seront moins présents l’année prochaine. Par contre si l’essaima vocation à produire du miel l’année même il est préférable de faire un traitement par dégouttement avec de l’acide oxalique (Apibioxal, Oxybee, Varromed). Traitement à refaire fin décembre en absence de couvain.
      J Riondet

  18. gildas dit :

    Bonjour,

    J’ai suivi vos conseils de mise en quarantaine d’un essaim naturel d’une durée de 3 jours complets.
    J’ai constaté à la mise sur site pas mal de mortalité sur le fond, et des abeilles apathiques, sans tenue au cadre.
    Je ne sais pas trop si c’est normal, ou si la quarantaine a été trop longue. Est-ce qu’il faut absolument respecter les 72 heures de quarantaine ?
    Merci pour votre réponse
    Bonne journée

    • A vous lire les abeilles ont eu faim semble-t-il. Venait-elles de loin ? Avaient-elles déjà passé 24 h là où elles se sont posées. Lorsque j’ai écris ce propos, j’avais en tête l’essaim que l’on a vu partir et que l’on suit donc il est gorgé de miel et tient sans problème 3 jours en lieu clos et frais. Je ne suis pas un cueilleur d’essaims sauvages que je taxe d’essaim de gouttière pour lesquels on n’a que très peu d’informations.
      J Riondet

  19. Céline BERNARD dit :

    Bonjour,
    je viens de constater la mortalité sur une de mes ruches (les autres à côté sont en forme). Je suis perplexe: les cadres de corps sont tous vides , j’avais mis une hausse, et les cadres sont également vides.
    J’ai retrouvé toutes les abeilles mortes en tas au fond de la ruche et sur la planche d’envol.
    Auriez-vous une idée de la cause ?
    merci

    • Avez vous vu des abeilles mortes dans les rayons, la tête au fond des cellules ?
      J Riondet

      • Céline BERNARD dit :

        oui en effet, j’ai retrouvé quelques abeilles ainsi, mortes la tête dans les alvéoles….
        (quand je vous note cadre vide, c’est réellement vide: pas de couvain, pas de pollen…rien…)
        merci

        • C’est typique d’une mortalité par famine. Après une folle équipée florale, les colonies ont beaucoup grossi et elles consomment des quantités importantes de miel notamment pour le chauffage (jusqu’au 3/4 du miel amassé), or le coup de froid et de pluie aux Saints de glace a vidé la plus part des colonies du miel présent. J’ai dû nourrir tous les élevages au candi pour assurer le passage de cette mauvaise période.
          J. RIONDET

          • Céline BERNARD dit :

            Pour compléter cette réflexion, je vous précise que cette ruche avait essaimée 3 semaines auparavant (j’avais pu récupérer l’essaim partant). Dans ma région (sud-ouest -Libourne), je n’ai pas noté de chocs de températures avant cette mortalité, il a fait chaud, en effet, comme en été. Par contre, je comprends parfaitement qu’il y ait eu un manque de nourriture à un moment. Ce phénomène combiné à l’essaimage est probablement la cause de cette mortalité.
            Merci d’avoir pris le temps de me répondre. Merci également pour tous vos conseils. Vous nous êtes d’une aide précieuse, nous, apiculteurs amateurs.

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