Mai la douceur n’est toujours pas au rendez vous chez nous : urgence vitale !

Dans la vallée du Rhône la douceur n’est pas encore là. Avec la sécheresse, le froid, la pluie, les colonies ne peuvent rien produire. La végétation se poursuit mais les conditions de butinage ne sont pas réunies.

Les ruches dont les hausses laissaient espérer une bonne récolte se sont vidées. Moins de 2 k de miel par hausse ont pu être récoltés. Dans les corps c’est sec plus une goutte de nectar ni de miel operculé.

Des colonie sont mortes de faim, notamment celles qui avaient les plus beaux couvains. Les abeilles qui protègent les couvains fermés pour tenir la chaleur sur les nymphes sont mortes de faim. On en retrouve en masse la tête enchâssée dans les cellules, d’autres mortes au fond  des ruches et d’autres au sol. Rien comme signe d’intoxication, d’autant moins que le butinage est inexistant.

mortalite ruche morte_DSC_3786

Les ruches sur balances accusent de régressions de poids, les volumes des populations diminuent. Certaines sont carrément en arrêt de ponte.

Bien des colonies développent une agressivité inaccoutumée. Dès un apport de sirop elles redeviennent calmes.

Les apports de sirop furent insuffisants, confiants que nous étions dans l’arrivée des grandes floraisons. Au vu de ces accidents nous avons doublé les quantités de sirop. Nous donnons 2 l par semaine à la concentration maximale possible. Soit 2/3 sucre pour 1/3 eau si on fabrique son sirop, soit 74% pour les sirops du commerce.

Avec ce régime on espère tenir la ponte des reines et obtenir un bon niveau de population pour les floraisons à venir dans les 2 mois qui viennent.

On profite des arrêts de ponte pour traiter à l’acide oxalique, c’est une excellente opportunité pour dégager varroa.

Vivement juin !

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

21 résponses de Mai la douceur n’est toujours pas au rendez vous chez nous : urgence vitale !

  1. BernardL dit :

    Je suis dans les monts du Lyonnais. C’est vrai que les hausses ne se remplissent pas, pourtant la floraison des fruitiers était normale et les abeilles en ont bien profité. L’acacia arrive, savoir s’il sera riche en nectar. sinon il va falloir attendre les châtaigniers. Globalement mai a été plus froid et plus venté que la normale.

  2. Maurice Nouvion dit :

    Bonjour
    Merci pour cet ajout de commentaire qui est d une très grande vérité également ici en Dordogne
    J ai constaté également un manque de nourriture dans certains nucleis que je compense par ajout d eau miellee et du miel
    Plusieurs ruches avec hausses sur l acacia ont de la mortalité devant due à des nuits très froides
    J en ai même une dont la reine marquée est morte au milieu d un paquet d abeilles a l exterieur et hier j ai retrouvé un essaim collé au plancher grillage de cette ruche je l ai récupéré. Aujourd’hui il va très bien et gaufre à tout va
    J ai enlevé la hausse et réduit a 8 cadres en attendant
    Bonne journée

  3. Oui la famine est d’autant plus terrible que les jours de soleil nous trompent et le va et vient des abeilles ne nous renseigne en rien sur les apports du butinage.
    Un paquet d’abeilles en train de mourir de faim avec une reine au milieu se récupère en leur versant dessus un peu de sirop tiède de préférence.
    J Riondet

    • Cette situation de froid en mai nous parait anormale sans doute, mais mon arrière grand père disait à la fin du XIX° siècle que l’on ramassait mieux d’asperges en avril qu’en mai. L’asperge a besoin d’eau et de chaleur.
      Nourrir aujourd’hui pour avoir les populations de demain, c’est à dire en juin pour le châtaignier.

  4. Maurice Nouvion dit :

    Sur les ruches fortes pas de problème Elles sont sur 7 cadres de C ouvains,assez nombreuses pour maintenir la colonne au chaud
    Il ne faut pas passer une ruchette hivernee en ruche en rajoutant 4 cadres cires et la hausse car catastrophe :le volume a chauffer est trop important

    • Vous avez parfaitement raison, il faut toujours tenir les colonies le plus à l’étroit possible pour des questions de température du volume de la ruche. C’est d’ailleurs l’un des arguments qui plaide en faveur de la Warré. La seule difficulté est de suivre les colonies pour les agrandir à bon escient.
      J RIONDET

  5. Olivier V dit :

    Bonjour M. Riondet,
    Vous préconisez régulièrement (et notamment dans cet article) de traiter contre varroa.
    Ma question porte plus spécifiquement sur le traitement des essaims artificiels et naturels.
    Quel protocole préconisez-vous ?
    – L’acide oxalique par dégouttement (plutôt que par sublimation ?) à préférer à l’acide formique ? Mais plusieurs traitements à l’acide oxalique (avec celui d’hiver) dans l’année ne sont-ils pas préjudiciables ? Si oui faudrait-il utiliser de l’acide formique ?
    – Pour un essaim artificiel : quand traiter ? A la formation et aussi par la suite ?
    – Pour un essaim naturel : un seul traitement est-il suffisant avant que le premier couvain soit operculé ?

    Merci beaucoup pour vos conseils donnés dans l’Abeille de France et du temps que vous passez à partager votre passion !

  6. Bastien dit :

    Tout à fait d’accord avec vos observations que l’on constate ici aussi (beaujolais, où par endroit l’acacia a gelé). D’ailleurs j’ai remarqué que cette année était très favorable aux essaimages, que j’ai constaté nombreux, malgré les mesures préventives appliquées. Je me suis demandé si le mauvais temps et le manque de réserve ne créaient pas une volonté de survie de la colonie qui passe par un essaimage pour s’installer plus loin et trouver plus de possibilités mellifères?

    • Dés qu’un coup de chaleur arrive, les essaimages suivent. Ils sont surtout provoqués par des blocages de ponte dus au froid. La famine les ferait plutôt rester dans leur ruche. Les lignées très sélectionnées n’ont pas essaimé.

  7. Sébastien Gerum dit :

    Quelle hécatombe cette année. Malgré une mortalité réduite chez moi, la saison est très mal partie. Peu de colza, peu fleuri, et ravagé par le froid et la pluie. Je n’ai pas nourri, parce que ce n’est pas ma tasse de thé, mais je constate des blocages de ponte sur certaines, des hausses presque vides sur les ruches fortes, et comme vous, une agressivité inhabituelle. Espérons que le reste de la saison sauvera cette année bien mal engagée !!

    • L’agressivité est signe d’une carence alimentaire considérable. J’ai nourri et massivement car après avoir observé des essaims hivernés magnifiques en début d’avril, retrouvés morts de faim, je n’ai eu aucun scrupule. Si les couvains se sont effondrés en mai, ce sont les butineuses de l’été qui viendront à manquer et même si les floraisons sont acceptables, les colonies ne seront pas au rendez vous. A cause de cela, ma crainte est que nombre d’entre nous ne feront pas de miel du tout.

      • Maurice Nouvion dit :

        Tout à fait d accord sur votre non scrupule de nourrissement
        L élevage d abeilles est une surveillance de tout moment:savoir si elles ont chaud…froid…faim…les parasites..les maladies….
        L apiculture quoi!!!!

    • emmanuel dit :

       » Je n’ai pas nourri, parce que ce n’est pas ma tasse de thé… »

      Ben oui, s’il n’y a plus d’herbe dans les prés, il ne faut pas non plus donner du foin ou des aliments aux vaches.

      Il vaut mieux les laisser crever ?

  8. Olivier V dit :

    Bonjour,

    J’avais posté des questions un peu plus haut concernant la traitement varroa.
    Mais il semblerai qu’elle soit bloquée avec « Your comment is awaiting moderation. »
    Quelqu’un a-t-il des éléments de réponse ?
    Merci.

    Voici le texte que j’avais posté :

    Bonjour M. Riondet,
    Vous préconisez régulièrement (et notamment dans cet article) de traiter contre varroa.
    Ma question porte plus spécifiquement sur le traitement des essaims artificiels et naturels.
    Quel protocole préconisez-vous ?
    – L’acide oxalique par dégouttement (plutôt que par sublimation ?) à préférer à l’acide formique ? Mais plusieurs traitements à l’acide oxalique (avec celui d’hiver) dans l’année ne sont-ils pas préjudiciables ? Si oui faudrait-il utiliser de l’acide formique ?
    – Pour un essaim artificiel : quand traiter ? A la formation et aussi par la suite ?
    – Pour un essaim naturel : un seul traitement est-il suffisant avant que le premier couvain soit operculé ?

    Merci beaucoup pour vos conseils donnés dans l’Abeille de France et du temps que vous passez à partager votre passion !

    • Si on le pouvait on traiterait contre varroa toute l’année.
      Pour les essaims naturel l’idéal est de les laisser sur cadres à cirer 2 jours dans le noir pour qu’ils se stabilisent et se nettoient des spores de la loque américaine. Puis de les mettre au rucher et de les traiter immédiatement soit par dégouttement soit avec une lanière à base d’Amitraz. Les nourrir massivement.En absence de couvain les traitements ont des efficacités à près de 100%.
      On retraitera en rupture de ponte en fin d’automne. Ou bien on remet une lanière 12 semaines après la première pose.
      Les essaims artificiels devraient connaitre un trou de ponte entre la naissance de la nouvelle reine et sa première ponte. On traite à l’AO à ce moment là. Puis traitement d’hiver das la rupture de ponte en fin d’année.
      Dégouttement et sublimation auraient les mêmes performances donc on choisira le dégouttement moins à risque pour l’opérateur que la sublimation. Si on doit rependre 5ml par inter-cadre, ce n’est pas sur les abeilles que l’on verse l’AO mais en zigzag sur la tête des cadres, les abeilles suçant le sirop. Le produit agirait par acidification de l’hémolymphe de l’abeille. On fait courir moins de risques à la reine de ce fait. Varromed préconise plusieurs dégouttements dans l’année mais je crains qu la présence du couvain fasse chuter l’intérêt de ce procédé car on tombe à une efficacité de moins de 50%.
      Je ne conseille pas les protocoles avec AF car c’est un traitement flash par saturation de l’ambiance de la ruche très sensible aux conditions de température, hygrométrie, pression atmosphérique, volume de la ruche, nombre des abeilles… donc à haut risque d’échec. L’AF n’est pas sans danger pour les reines.
      Jean Riondet
      A suivre

  9. Penin Francois dit :

    Bonjour,
    Les fécondations des reines des essaims artificiels fait entre le 8 et le 10 avril ne semblent pas s’être bien passées à cause du froid. Deux malheureux cadres de couvain (le 27 mai), et surtout pour certaines colonies la construction de cellules royales avec larves!
    – Est-ce le signe que la reine a été peu et/ou mal fécondée et que les abeilles se préparent à faire une supercédure?
    – Aurait-on intérêt à anticiper le renouvellement de la reine pour ces colonies malingres dès maintenant?
    Merci d’avance pour votre aide et bien cordialement,
    Francois Penin

    • Quand ça foire c’est foiré!
      Il faut soit réunir ces essaims, soit les disperser.
      Recommencer avec des abeilles jeunes plutôt que de tenter de faire redémarrer des populations vieillies et déséquilibrées en castes et qui mettront des lustre à se remettre en forme avec moult sirotages.
      Le temps semble devenir favorable )à l’élevage il faut y aller. Ce sera du temps de gagner au final et des économies.
      J’ai mis à 24 h d’écart deux blocs de ponte un Kemp et un Jenter dans la ruche d’une raceuse ils sont tous le deux pondus.
      Donc ça y est on peut y aller. Je n’arrivais pas à les faire pondre depuis un mois dans ces outils.

  10. coste claude dit :

    bonjour,Jean

    Après un année 2018 avec de l’acacia ,j’avais un peu d’espoir pour cette année, mais hier lors de la visite,rien. quelles ingrates ces abeilles On garde espoir pour la suite
    Répondre

    • Jean RIONDET dit :

      Les colonies ont consommé leurs réserves, ont-elles trouvé ensuite suffisamment de nourriture ? Si elles ont eu faim, la ponte de la reine a chuté et le temps que les colonies retrouvent une dynamique démographique qui assure l’excédent d’abeilles pour faire des réserves au delà de leurs besoins, on sera mi juillet. C’est à dire au moment des dernières récoltes et des nourrissements pour les stocks de la morte saison.
      Pour moi l’année apicole est morte, sauf quelques kilos pour notre propre consommation hivernale. et sauf pour quelques privilégiés.
      Les marchands de sirop en vendent des tonnes chaque semaine pour maintenir les colonies en vie. Mais pas plus.
      L’apiculture est un secteur pauvre de l’agriculture est-il écrit dans l’un des derniers rapports du Ministère, c’est un élevage totalement liée à la nature que l’on n’a pu industrialiser. Au mieux o a pu mécaniser la manutention et l’extraction, pour le reste l’apiculteur reste soumis aux aléas de la météo, des fluctuations climatiques….
      J Riondet

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