Mars – 2009 La fin des travaux d’hiver

Décidément les beaux jours ne furent pas au rendez-vous. Une pincée de soleil un samedi et malgré une fraicheur tenace, avec les stagiaries du cours 2009 nous sommes allés ouvrir quelques ruches. De très belles colonies, bien populeuses, mais de couvain presque rien. Ne soyons pas fanfarons, des morts aussi, des nucléis ou essaims trop peu populeux et surtout sans nourriture en conséquence. Des abeilles crevées, la tête dans les alvéoles. Bon exercice pratique pour confirmer « faites ce que je dis pas ce que je fais » ! Mais l’auteur de ces lignes croit toujours que la chance sera avec lui et les peuples trop petits ne sont pas assez souvent réunis. Bonne leçon pour tous.

Au rucher

Selon les régions il est plus ou moins facile de faire une visite approfondie. On attendra encore deux semaines. Ce seront les plateaux de sol qui feront l’objet de notre travail. Leur échange se fait à deux. Un bon coup de soufflet à l’entrée, l’un soulève le corps l’autre décolle le;palteau et le remplace par un propre.

Seul il faut disposer d’un support contre la ruche, on déplace la ruche d’un support sur l’autre. C’est un peu plus contraignant.
On notera l’état des lieux par la quantité de déchets observéses sur le plateau et sa nature. Beaucoup d’abeilles crevées, mauvais signe la famine rode, des abeilles déchiquetées, pattes et ailes enlevées, un prédateur est passé par là. Beaucoup de déchets de cire, les réserves ont été bien entamées, des déjections en masse, suspicion de nosémose.
Les nourrissements à venir seront faits avec précaution. Les carences en pollen favorisent la nosémose. On évite de nourrir en l’absence d’apports de pollen. Pour éviter la nosémose, un remède possible est de nourrir lors d’apports de pollen massifs et d’ajouter au sirop 2% de propolis dissoute dans de l’alcool à 95° et à saturation de propolis. Les belles colonies, celles qui rentrent du pollen en masse au rendez-vous du soleil, ne laissent rien traîner. Les plateaux sont propres.

Bon point pour les plateaux Happykeeper, très peu de déchets tout glisse rapidement entre les tubes. Par contre un peu de difficulté pour dégager les tubes propolisés sur les extrémités et passer les parties bois au chalumeau puis tremper les tubes dans une solution de javel. C’est plus long que le coup de feu sur les grillages et les bois des plateaux classiques.

Je suis intransigeant sur la désinfection des plateaux de sol. Comme sur le reste y compris le lève cadre, bien noirci au feu.

Surveiller le candi, les réserves sont quasiment consommées, les colonies ont faim. Le candi n’est pas vraiment stocké par les abeilles, donc on ne risque guère de le retrouver dans le miel. Je n’ai pas hésité à mettre du sirop chaud sur toutes les ruches dont la population venait nous saluer sur le bord des couvres cadres nourrisseurs. Le couvain demarre vraiment lentement.

Cette année le nourrissement sera de rigueur pour aider les colonies à démarrer plus vite. Les fleurs ne sont pas absentes, c’est la chaleur qui n’est pas assez souvent au rendez-vous. Rappelons que les transvasements et les paquets d’abeilles, ne sont possibles que sur des populations très fortes.
Il faut avoir des cirières en abondance dans le lot pour pouvoir construire. C’est le but de ces manoeuvres, faire construire des rayons neufs dans des ruches sans couvain pour lutter contre le varroa et toutes les maladies du couvain. Ce mode de multiplication des colonies et excellent mais la condition de la réussite est la force des colonies prélevées.

Si je mets de coté les nucléis divisés et redivisés au cours de l’été dernier pour multiplier les reines et tenter d’en garder cet hiver, où il y a 50 % de casse, sur les ruches de production et les ruchettes bien garnies en abeilles et en miel au mois d’octobre dernier, j’observe 3% de pertes. Attendons la fin du mois pour avoir la vérité de l’hivernage.

La survie n’est pas le seul objectif, il faut aussi avoir de bonnes populations pour que le développement des colonies permette récolte et essaims artificiels !

A la maison

Il faut poursuivre le cirage des cadres, la préparation des barrettes pour les warrés, restaurer les plateaux de sol, les traiter…

Nettoyer au chalumeau tous les corps, hausses… Détruire tous les rayons trop noircis ou contenant du couvain mort ou des abeilles crevées. Peindre tous les matériels en polystyrène extrudé avec des peintures acryliques. Le soleil décompose le polystyrène.

La désinfection à la javel se fait dans une solution d’un berlingot de javel concentré dans 4,75 litres d’eau. On y ajoute du liquide vaisselle à peu près un verre pour 5 litres. Le trempage dure environ 5 minutes accompagné d’un brossage énergique pour décoller cire et propolis qui enferment les spores formes résistantes de certaines maladies. La redoutable loque en particulier.

Se procurer des lanières contre varroa pour traiter les essaims naturels à venir.

Préparer les caisses de cadres cirés (2 par ruche au minimum) pour en mettre deux par colonie dès que le temps permettra de faire la visite de printemps. Elle se fera fin mars début avril au mieux. Pour les cadres au format Dadant, les caisses pliantes en plastiques sont exactement adaptées.

Jean Riondet

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

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