Mars – préparer l’élevage des reines.

Les colonies n’élèvent bien les cupules qu’on leur donne à élever qu’à la condition qu’elles soient très fournies en nourrices. Mais si l’on fait de la sélection massale, les bourdons aussi sont à reproduire.

Rappels de base sur l’élevage des reines

Naturellement les colonies élèvent des reines pour essaimer qui est leur seule modalité de multiplication.

Donc à la période de l’essaimage, les colonies fabriquent des cellules de reines. On peut les récolter via les cadres les contenant et faire des essaims artificiels avec. Mais un cadre peut contenir plusieurs cellules qu’il est toutefois difficile de dissocier.
Donc, pour qui veut avoir plusieurs reines, disons au delà d’une dizaine, il faut provoquer un élevage contrôlé des reines.

Les professionnels savent produire jusqu’à 80 reines par ruche éleveuse. Notre propos est de permettre d’en produire une vingtaine par cycle dans une ruche éleveuse. Et au cours d’une saison il est possible de mener jusqu’à 3 cycles dans une même ruche éleveuse.

La condition de la réussite tient au nombre des nourrices présentes dans l’éleveuse, c’est à dire au nombre des abeilles âgées de 5 à 10 jours. A ces duréed e vie, les glandes hypopharyngiennes sont bien développéeset elles produisent la gelée royale indispensable. C’est un délai très court et le nombre des nourrices doit être élevé pour que les larves disposent d’une très grande quantité de gelée royale.

Le travail de l’apiculteur va consister à produire ces abeilles pour la période de l’élevage qu’il aura choisie. Pour assurer la bonne marche de l’opération, il fera l’élevage au mois de mai le plus favorable ou en juin, mais en choissisint la date pour se situer dans une période durablement chaude. Ce qui peut varier de plusieurs semaines selon les régions et les altitudes.
Il faut tenir compte de ce que l’on appelle les Saints de glace, ce moment où les nuages se faisant rares et la terre n’étant pas encore très chaude, un intense rayonnement nocturne produit un refroidissement non moins intense de l’atmosphère.
A ce moment là, au coeur de la nuit, les abeilles frigorifiées se regroupent en grappe pour se tenir chaud et délaissent les larves qu’elles élèves et qui meurent de froid. Les larves demandent 35 à 37°c de température pour réussir leur nymphose.

La ruche éleveuse

C’est une colonie très populeuse à la limite de l’essaimage qui sera orphelinée au moment opportun de manière à provoquer le réflexe d’élevage chez les nourrices. Pour nous faciliter la tâche plus tad, il est important de marquer la reine de cette colonie. On le fera dès que possible, lorsque les population sont encore peu importantes, trouver la reine est un jeu d’enfant, plus tard ce sera un enfer.

C’est aussi une colonie dans laquelle le couvain aura disparu de sorte que les nourrices n’ayant à leur disposition que les cupules que nous leur apporteront, elles seront contraintes de les élever. Mais de cela nous repalerons plus tard.

Le nourrissement sera à faire dès que possible au rythme de 2 verres de sirop deux fois par semaine. On surveille le risque d’essaimage en prélevant des cadres de couvain ouverts s’ils venaient à être trop nombreux. A défaut de pouvoir les utiliser pour faire des essaims artificiels, ils serviront à renforcer des ruches faibles. On les utilisera dépourvus de leurs abeilles et on les mettra dans le nid à couvain des ruches à renforcer.

La colonies souche

Elle nous fournira les larves dont nous aurons besoin pour en faire des reines.

Cette colonie sera nourrie dès maintenant, le risque d’essaimage sera surveillé dès la mi-avril.


Le nourrissement

C’est une des clefs de la réussite de l’élevage des reines. Puisque les colonies doivent être surpuissantes et en limite d’essaimage au moment de l’élevage. De nombreux mâles auront été produits pour la fécondation des nouvelles reines.

En mars, dès que possible, nourrir les colonies. Ajouter au sirop 50/50, 2cm3 par litre d’une dilution de propolis dans de l’alcool à 95°, non modifié, dilution à saturation. Ceci pour limiter la nosémose. Il semblerait que ce soit efficace.

Pour stimuler la ponte de la reine, on peut utiliser le nouvel additif Vitafeedgold conçu et vendu par le laboratoire Vita-Swarm spécialisé dans les produits apicoles. Prévoir de stimuler 40 à 45 jours avant le picking la colonie qui servira d’éleveuse.

La sélection

En effet, il n’y a pas d’élevage des reines sans un minimum de sélection. Ne pas sélectionner risque de nous conduire à multiplier des colonies de médiocre qualité. L’amateur ne disposant pas de moyens particuliers pour réussir une sélection complexe suivra le bon sens pour ne pas travailler contre ses intérêts. Dans mon cdrom j’ai reproduit la grille de sélection selon les critères élaborés par Gaillard et Regard il y a près de trente ans.

Pour ma part j’achète très régulièrement une reine inséminée chez un éleveur réputé de manière à garantir la qualité des reines de mon rucher. Il est vrai qu’avec cette stratégie j’ai obtenu au bout de quelques années des colonies particulièrement douces.

L’intérêt de faire ainsi, malgré son coût, est que les reines dites F1, c’est à dire les filles de première génération, sont largement des copies des mères du point de vue de leurs qualités comme de leurs défauts ! Ce qui est beaucoup moins vrai en F2, c’est à dire sur leurs petites filles. Mais en temps ordinaire on choisit une colonie des son propre rucher pour ses qualités de douceur, de production, de nettoyage.

Ce que l’on fait s’appelle sélection massale. Ce terme évoque une modalité de sélection des reines et donc de repoduction de lignée par la voie de la sélection de masse, sans faire appel à une sélection orientée par des inséminations artificielles. La sélection massale se fait par les femelles que l’on sait choisir, l’accouplement avec les mâles restant lui, non contrôlé. Mais pour tenter de maîtriser un tout petit peu le choix des mâles, il est conseillé de pousser la reproduction des mâles de bonnes colonies de son rucher.

 

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Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

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