Mars des giboulées ?

Après un mois de février exceptionnellement chaud, que nous réservera mars ? La pluie fut absente et par exemple les colza chez nous sont rabougris jaunis, plutôt devenus roses… Certaines fleurs sont sorties, les « Véroniques » microscopique petits fleurs bleues au ras du sol bien visitées par les abeilles. Les Lonicera aussi sont en fleurs, les noisetiers donnent un pollen plutôt blanchâtre, les abeilles ramènent également des pollens très jaunes.

Etat des colonies

Les couvains sont repartis, dans mon coin la Métropole de Lyon, j’ai visité quelques colonies de 2 à 4 mains de couvain par cadre et sur 1 pour les petites colonies hivernées sur 3 cadres à 2 cadres pour celles sur 6 cadres. Mais le couvain s’il est bien présent ne peut pas se développer plus rapidement que la durée du butinage ne le permet.

Par contre avoir bien nourri les colonies trop légères les a maintenu en vie et en forme. Parfois la surabondance fait que les réserves n’ont pas été consommées et ce qui rentre en nectar est stocké. le nid à couvain est limite du point de vue espace.

Réponse :

Pour provoquer une libération de l’espace il faut faire consommer les abeilles en surabondance. Pour cela deux méthodes,

1 – griffer les rayons de miel operculé situés au ras du couvain. Les abeilles le con,sommeront et laissant de la place à la reine la feront pondre par cette surconsommation obligée.

2 – autre solution faire faire 1/2 tour au corps de ruche sur le plateau de sol, l’entrée sera toujours au même endroit mais la partie arrière des rayons sera côté entrée et la partie avant où se  situe le couvain sera en arrière. Disposition du couvain non conforme aux habitudes des abeilles qu vont déménager le miel proche de l’entrée pour laisser la place de ponte de la reine. Là aussi on permet la libération de la place et on assure une bonne stimulation.

Mais si vos colonies sont affamées un pain de candi protéiné fer al’affaire. Inutile si les ruches sont lourdes à  17 k en pesée arrière. Le saule marsault va arriver c’est une immense ressource en pollen et nectar pour les colonies.

Faire la visite de printemps, ajouter des cires, élargir le nid à couvain… ?

Oh que non ! Il fait encore trop froid et les abeilles ne sont pas assez nombreuses pour remonter en température du couvain que l’on aura refroidi durant cette opération. Ce sera une débauche de consommation de miel pour dégager l’énergie nécessaire. les abeilles se fatigueront dans cette opération sans intérêt immédiat. Le couvain requière 34°c a minima pour la nymphose. Toute chute importante peut perturber la nymphose voire la stopper. Que de dégâts pour un peu d’impatience ou d’inconscience.

Attendre donc pour que les populations soient plus nombreuses et plus à même, le temps aidant, de supporter un tel dérangement.

Les premiers travaux

Outre la remise en état des supports pour les ruches, les passages d’huile de lin sur les caisse, la préparation des cadres à bâtir, la préparation des ruches pour les changements de caisse, il faut observer les colonies, faire les changements des plateaux de sol.

Observer au trou de vol les rotations de abeilles, leur nombre, le pollen rentré, des allers et venues réguliers sans agitation ni hésitation, pas d’abeilles au vol difficile qui tombent au sol sans pouvoir s’envoler, bref une saine situation de colonies plus ou moins populeuses vu de l’extérieur. A noter qu’une activité aux apparences normales mais sans rentrée de pollen peut laisser penser à une colonie disparue et une ruche en train de se faire piller.

Côté plateaux de sol, plus ils sont propres plus ils révèlent des populations en bon état. Plus les déchets sont nombreux plus la colonie est faible voire en mauvais état. Quelques colonies ont été visitées par les musaraignes souris … comme de la paille au sol, des abeilles déchiquetées, elles sont parfois dépeuplées ou mortes. Des lézards peuvent aussi être à l’origine de destruction de colonies. C’est rarement le cas avec des plateaux totalement  aérés la ventilation rend l’espace inconfortable et ils n’y restent. Ils mangent peu à peu les habitantes et grossissent puis ne pouvant sortir, on les voit se sauver lors du changement de plateau de sol.

Des déjections partout sur le plateau de sol devra faire craindre une pathologie de type nosémose ou dysenterie. La Nosémose issue de Nosema apis, microsporidie (champignon) qui est présente dans la flore intestinale des abeilles se développe lorsque des blessures dans l’intestin laisse porte ouverte à sa reproduction dans l’épaisseur de la paroi intestinale. Sa prolifération se traduit par l’explosion de l’intestin et donc la mort de l’abeille après avoir déféqué partout dans la colonie. On reconnait ce fléau aux déjections sous forme de tas sur la tête de cadres, sur les rayons, sur le plateau de sol, sur la face avant de la ruche.

Les causes sont la consommation de miellats (miels de sapin, de chênes, de ronces, de metcalfa pruinosa cet insecte suceur de sève appelé aussi cicadelle blanche ou pruineuse …) contenant de sels minéraux indigestes pour les abeilles, mais aussi des ingestion d’imidaclopride ce néonicotinoïde sous la forme de microscopiques cristaux lacère l’intestin des abeilles favorisant le développement des spores de nosema.

Des déjections partout sur le devant de la ruche et sur le toit sous la forme de petits points sont simplement signe de dysenterie ou de vols récents de défécation rien que de très normal. Si c’est de la dysenterie du fait de la surabondance de ces déjections, donner 1/2 l à 1 l de sirop chaud nettoiera l’intestin de toutes les abeilles.

En cas de soupçon appeler un TSA de votre GDSA pour faire constater la situation et vous donner la conduite à tenir dont la déclaration à la DDPP. La nosémose est à déclaration obligatoire.

Une autre forme de nosémose, nosema ceranae est très fréquente aujourd’hui mais avec des signes cliniques quasi absents, une dépopulation incompréhensible doit le faire penser.

Seuls des examens bactériologiques peuvent déterminer l’agent pathogène en cause. Malheureusement les coûts sont tels que détruire les colonies malades, désinfecter soigneusement les matériels, les outils de visite, les vêtements de protection de l’apiculteur sont les réponses ad hoc.

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Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

16 résponses de Mars des giboulées ?

  1. yvon 65 dit :

    Bonjour Mr Riondet,
    dans le S.O. le temps est très doux voir chaud depuis 3 semaines avec des températures minimales le matin parfois à 0°, la ruche est très active, les abricotiers, pêchers, mimosas , saules & pruniers sont en fleurs, le pollen rentre en abondance. Etant en warré sur 2 éléments, est il possible de mettre, en voyant l’activité et les fleurs, une hausse en dessous?
    La météo s’annonce alternée mais douce sur les 2 semaines à venir.
    Yvon.

    • Bonjour,
      avec la warré dans ces conditions de forte croissance démographique, de floraisons… mettre un élément en dessous et un au dessus. Si votre warré fut hivernée sur 2 éléments commencer par inverser les deux. Celui du bas doit être vide mais s’il contient du couvain ne rien faire et mettre un vide dessus et un vide dessous
      J Riondet

  2. DUHAMEL dit :

    Bonjour Jean,
    Je viens écrire ses quelques lignes, bravo pour ton texte ci-dessous ( comme d’habitude ) et faire profiter le blog. Je voulais parler un peu des Buckfast et mon expérience cette hiver. On peut lire un peu partout qu’elles ont besoin de beaucoup de réserves , qu’elles consomment deux fois plus que l’abeille noire !!!!
    Le résultat ci-dessous démontre que tout ce que l’on peut écrire n’est pas toujours vraie sur le terrain, bien entendu, un bon équilibrage en automne est important
    Je vous donne un exemple de ma Ruche  » Maya  » Hivernée sur 8 Cadres
    Poids net ( c’est à dire pris poids d’une Ruche vide avec les mêmes accessoires, important )
    Le 21/10/18 = 31 kg net
    Le 14/11/18 Idem
    Le 18/12/18 Idem
    Le 04/01/19 Idem
    Le 04/02/19 = 29 kg net
    Le 04 février 19 donné Candi Protéines ( pas de Candi avant ) Lune montante
    Le 03/03/19 = 31 kg
    J’ ai le même résultat avec l’autre ruche , je voulais en parler un peu. L’apiculture est un monde Merveilleux, nous devrions ( cela reste mon avis et ressenti ) écouter, regarder , écrire chaque intervention sur chaque ruche que nous possédons, analyser ( bien sur au delà d’un nombres de ruches ) c’est peut être un peu compliqué , je l’avoue. Je parle ici au stade vraiment artisanale dans tous les sens du terme et non pas une apiculture de gadgets ou de commerce ( ou l’élevage intensif !!!! )
    Par ce mail, je souhaite à tous les Bergers ( Apicultrices , Apiculteurs ) une excellente année 2019 !!!Dans ce texte, je ne cherche pas à défendre la Buckfast par rapport à l’abeille noire, une simple constatation. Toute les Abeilles pour moi sont tout simplement Belles et Magiques dans leur jolie travail

  3. Jean RIONDET dit :

    Oui sur les grosses colonies j’ai fait le même constat, les ressources naturelles ont permis de compenser les consommations des jours creux. Si on a trop nourri l’espace du nid à couvain est bloqué, c’est pour cela que j’ai proposé de faire faire 1/2 tour au corps de ruche sur le plateau de sol. On inverse l’ordre couvain / miel sur les rayons et les abeilles, en déménageant le miel qui se trouve coté entrée vers l’arrière pour laisser l’espace de ponte au plus près de l’ouverture, vont consommer du miel, nourrir la reine et la faire pondre. C’est une bonne stimulation qu’il faut surveiller par la suite.
    J RIONDET

  4. Sami b.r. dit :

    Mr Riondet il y a des essaims art. faient en octobre ,novevembre les reines sont fécondes sauf une! comment ça ce fait que cette dernière ne possede que des oeufs ces 5 derniers mois elle est renforcé par ses voisines ( couvain operculé) pas la moindre larve !!!mais des oeufs , ses soeurs sont en situation normale pondant se demarrage de printemps..comment expliquer ce phénomène..merci d’avance

  5. Jean RIONDET dit :

    Si la reine est bien là sans pondre est-ce maintenant ou a-t-elle pondu en novembre ? Avait elle été marquée ? Car si elle a pondu après sa naissance elle peut avoir été remplacée par les abeille sans essaimage et cela s’appelle la supersédure. Remplacée trop tard après la disparition des mâles, elle ‘na pu être fécondée. On observe le plus souvent des pontes de mâles exclusivement. Elle peut tout simplement être stérile.
    J RIONDET

  6. CHARLES BELLUT dit :

    Bonjour Monsieur Riondet,
    J’ai une ruche apparemment orpheline, aucun couvain, aucune ponte mais encore beaucoup d’abeilles.
    Si je lui mets un cadre de couvain ouvert et fermé dune autre ruche, ai-je une chance qu’elle fasse un élevage de reine ? Merci de vos conseils. Bien cordialement

    • Non aucune chance, les nourrices n’existent plus. Il faut faire une dispersion quand il fera un peu plus chaud pour récupérer les quelques butineuses encore en capacité de ramener de la nourriture.

  7. michaël dit :

    Bonjour Mr Riondet,
    J’ai entendu parler du piégeage du varroa dans le couvain de mâles et pour ce faire il faut faire construire un cadre avec des cellules de mâles aux abeilles à partir d’un cadre à jambage.
    A partir de quand peut-on insérer un cadre à jambage et quelle doit être sa position dans la ruche?
    Et combien de fois doit-on détruire ce couvain?
    Cordialement,
    Michaël.

  8. Jean RIONDET dit :

    Dès la première visite de printemps on se doit de mettre des cadres à bâtir, c’est à ce moment là que l’on met des cadres à jambage. Laissant les abeilles les construire à leur guise elles font des rayons avec des cellules de mâles et parfois aucun parfois plusieurs souvent des moitié ou des tiers de rayon.
    A ce moment là, une fois operculés on ouvre une bonne dizaine de cellules avec une pince on sort les nymphes et si on y trouve des varroas on détruit ces portions de rayons de mâles.
    on le fait autant de fois que possible, c’est à dire tant qu’il n’y pas de hausses et tant qu’elles sont encore manipulables.
    Cette méthode de lutte contre varroa est dite biotechnique, elle permettrait de réduire jusqu’à 25% la pression du parasite dans les colonies. Rappelons que le varroa a une puissance de développement théorique de 1 à 250 entre mars et octobre. donc une colonie qui démarre avec 1500 abeilles en janvier dont 1% seulement seraient porteuses de varroas, ce qui est très peu, se retrouverait en octobre avec 3750 varroa, c’est à dire avec pratiquement un varroa par abeille. Si on y ajoute les désordres environnementaux, dans ces conditions la colonie ne peut survivre à l’hiver.
    D’où un travail incessant de lutte efficace contre varroa.
    Jean RIONDET

  9. Sami b.r. dit :

    Mr Jean Riondet, d’habitude je monte les cadre de couvain d’opercule foncé en deuxième sur la grille: chaque 5 jours je monte 2couvain operc. , est ce que je peux inversé d’une façon à ce que la reine soit sur la grille dans la deuxième? je veus que les nourisses soient près du nourisseur couvre cadre en plus la reine est emprisonnée ? y a-t-il des inconvénients?
    pour les cadres de jambage y a-t-il une technique pour qu il y est pas contruction de cellules de mâle? si on les met par exemple au milieu du couvain? merci

  10. Leontine dit :

    Bonjour Jean, je suis en Bretagne et le colza est déjà en fleurs avec 15 jours d’avance. Je n’ai pas encore fait mes visites de printemps, trop froid, mais je crains que cette précocité favorise l’essaimage rapidement. Que conseillez vous? Merci et à bientôt.

    • Jean RIONDET dit :

      Ouvrez et mettez des cadres à bâtir de chaque coté du couvain. Si ce sont des jambages, vous pouvez les mettre contre le couvain et le cadre miel et pollen de l’autre côté. Sinon laissez le cadre miel et pollen contre le nid à couvain et le cadre à construire de l’autre côté.
      Puis sur le corps poser une hausse avec 4 cadres bâtis au centre et le reste en cadres cirés.
      Sur les ruche puissantes (7CC) poser une grille à reine et une seconde hausse, celle ci sera constituée d’un cadre bâti en rives et les autres à cirer.
      Surveiller à la fin de la semaine (celle qui normalement engrange le plus de nectar) et réorganiser l’ensemble en fonction des capacités cirières et e remplissage de manière à laisser ou enlever ou ajouter une 3° hausse ou une 2°.
      Le colza nécessite une surveillance accrue tant c’est une mliellée violente. Cette floraison passée, il faut regrouper les cadres de miel dans une hausse, placer la GR entre le corps et la 1° hausse si la reine a pondu dedans en veillant à ce qu’elles soit bien redescendue dans le corps. Le couvain né, les abeilles rempliront la hausse. Récolter au plus vite, le colza est susceptible de cristalliser en 4 jours dans les hausses.
      J Riondet
      °.

  11. bonjour j ai visité aujourd’hui javais mit un cadre a bâtir il y a 10 jours(craignant un démarrage prècosse) en rive sur chacune de mes ruches et rien de construit pourtant elles sont très active et populeuses comme quoi beau ou pas tant qu il n y a pas de ressources elles ne s affolent pas contrairement a nous ont et trop chaud dans le sud ouest :) cordialement

  12. Jean RIONDET dit :

    En rives dites vous, mais est-ce contre le couvain ? Car s’il y a des cadres de miel ou vides entre ces cadres à bâtir et le couvain où se trouvent les cirières elles ne construisent pas. Les abeilles se déplacent très peu dans la ruche.
    J Riondet

  13. oui en rives sur 8 cadres avec partition du coup je les est remit a ras du couvain javais peur de les avoir mit trop tôt je tâtonne encore beaucoup 3 année de pratique merci beaucoup pour tout vos bon conseils

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