Mars les colonies explosent

14 Saule Marsault excellent pollen signe le début de la saison apicole.La morte saison s’est bien passée, eh oui !
Les mortalités hivernales n’ont pas été catastrophiques pour tous. Ici ou là des accidents graves se sont produits et nécessitent des analyses approfondies. Mais dans l’ensemble des traitements sérieux contre varroa et des nourrissements très systématiques nous donnent de très belles colonies maintenant.
On verra vraiment à la première ouverture de printemps l’état des lieux réel car je me suis contenté d’enlever les cadavres … je n’ai pas ouvert.
Contrairement à tous ceux qui dès 15°c ont été ouvrir et brament sur les réseaux sociaux que leurs colonies sont mortes ou belles, non je n’ai estimé la situation qu’en regardant au trou de vol et sur la tête des cadres lors de la pose des pains de candi, dont les derniers protéinés furent posés le 24 février.
Sous le plastique transparent on voit les superstructures de cire qu’elles construisent c’est un signe d’excellente santé; les colonies pillées ou moribondes se voient dès l’activité à l’entrée. Relisez « Au trou de vol » de Heinrich Storch (ed. Européennes Apicoles), il n’est pas cher et vous évitera bien des ouvertures inutiles pour les colonies.

Pourquoi ne pas ouvrir en sortant les cadres maintenant ce 1er mars ?
Il faut laisser le couvain au chaud. C’est central dans la conduite des colonies. Il a besoin de 35°c pour se développer. Un coup de froid et la nymphose s’arrête, elle reprendra partiellement par la suite avec la chaleur revenue.
Il fait beau, 15°c au soleil, le vent est faible, on ouvre, on sort les cadres et on regarde amoureusement le couvain operculé … il tombe en température à 25°c rapidement, combien de temps les abeilles mettront elles pour le remettre en température ?
Une nymphose ralentie produira des abeilles fragiles, affaiblies dès leur naissance. Il faut les laisser tranquilles, elles ont besoin de beaucoup de chaleur et elles en produisent très peu. Par contre, ne pas mégoter sur le candi pour les pousser à produire cette chaleur, si par hasard elles manquaient de miel. Cette année les récoltes tardives ont minoré leurs réserves.
Beaucoup de mortalités que j’ai pu constater chez des collègues sont liées à des traitements anti-varroa nuls (dans le lot de mes ruchers il y a des ruches que j’ai omises de traiter, elles sont toutes mortes) et à des famines.

Conduite de mars
L’important serait de ne rien faire, au moins on ne risque pas de provoquer à coup sûr l’essaimage.
Mais pour faire du miel sur les miellées de printemps, les plus importantes de l’année, il faut disposer d’un maximum de couvain fermé en début de miellée. Cette année il y a des chances pour que les colonies en soient pourvues, mais au cas où lors de la visite de printemps on n’en voit que sur 4 cadres, il sera bon de stimuler au sirop protéiné.
les apports seront de 250 ml de sirop tiède à 20% de sucre, 3 ou 4 fois par semaine selon les disponibilités de l’apiculteur. p 75 la mesure du sirop donné et la date du nourrissement seront notés sur la fiche de la colonie
Ce traitement est à opérer une voire deux fois. Stimuler durant 3 semaines (la fameuse règle des 40 jours), met les colonies en situation d’essaimage et suppose de la part de l’apiculteur d’une bonne maîtrise de sa prévention.
Le couvain qui s’en suivra sera fermé dans les 15 jours.
Pour être au top d’une première miellée fin avril, ces stimulations sont à faire fin mars début avril.
Avoir en tête que, pour contrecarrer l’essaimage, il faut faire construire de nombreux cadres, c’est une bonne approche. On y reviendra en avril.

Varroa
Surveiller le niveau de l’infestation est nécessaire, le procédé développé à l’aide du système Easy Check de Veto-pharma est une bonne solution. Moins complexe au final que le comptage quotidien et le test sur lange graissé.
http://www.veto-pharma.fr/produits/lutte-contre-varroa/varroa-easycheck/
Et surtout, si le besoin apparaît, traiter les colonies avant la pose des hausses. Vos Groupements de défense sanitaire pourront vous orienter sur les méthodes.

Lors de la première visite, mettez deux cadres de hausse bâties au ras du nid à couvain, la reine viendra y pondre et les abeilles construiront en dessous un rayon souvent riche en cellules de mâles. Une fois pondue et operculée, cette partie sera découpée puis détruite. On peut répéter l’opération toutes les troissemaines, la seule limite sera la présence des hausses, lourdes à manier.
En procédant ainsi on évacuerait jusqu’à 25% des varroas, ce qui est considérable à l’échelle d’une colonie. Cette pratique dite bio-technique a un autre avantage, si on fond la cire pour la récupérer, celle-ci est particulièrement pure.

Comment faire en une saison 6 ruchettes avec une seule à partir de mars ?

Mettre en mars dans une ruchette 6 cadres, une colonie de 2016 hivernée sur 5/6 cadres
Piloter le nourrissage pour arriver début avril à ce que les 6 cadres soient porteurs de couvain.
A ce moment là poser sur cette ruchette une autre ruchette 6 cadres
Ces deux ruchettes font l’équivalent d’une ruche 12 cadres en hauteur
le principe est de mettre en haut 3 cadres de couvain fermé puis compléter en haut et en bas par des cires. Nourrir.

Pour bien comprendre: les 6 cadres du bas sont répartis en 2×3, 3 de couvain ouvert en bas (il a besoin de moins de chaleur) et 3 de couvain le fermé le plus possible en haut (il a besoin de beaucoup de chaleur) on complète de 6 cadres cirés.
Nourrir de 6 l de sirop à 20% de sucre. Ce % stimule la ponte de la reine.

Lorsque tout est bâti et pondu (quitte à retirer des cadres de miel si elles ont stocké du miel ou sirop au lieu d’y mettre du couvain),
on sépare le haut du bas (que l’on pose sur un plateau de sol),
on l’éloigne de plusieurs km et on y met une reine (elle ne doit pas s’y trouver)ou on laisse le couvain ouvert en faire une ou on met une CR prête à naitre.
Si la reine est en haut, on laisse sur place cet élément et on déplace le bas qui sera l’orphelin.
Veiller à ce que dans le corps déplacé il y ait des abeilles, nourrir puisqu’il va manquer de butineuses. Le suivre comme un essaim artificiel.
On recommence avec le corps du bas qui est resté en place et qui bénéficie des butineuses.
Le cycle est de 3 à 4 semaines.

Ce système marche d’autant mieux que l’on dispose de reines d’élevage ou de CR à mettre dans les ruchettes orphelines. On gagne a minima 3 semaines dans le développement de la nouvelle colonie, avec un risque d’échec très abaissé.
Si on démarre début avril avec un temps favorable on arrive à produire un essaim par mois jusqu’au début de septembre soit 5 essaims à partir de la ruchette avec une reine 2016.
Avec de l’expérience et une année propice sur des cycles de 3 semaines on arrive à en faire 6.
La surveillance du nourrissement et du stockage est stratégique pour éviter la famine et l’encombrement du nid à couvain par du nectar. Il faut pousser la production d’abeilles et non celui du miel. Le moment critique du stockage est en avril/mai celui de la famine en été juillet/aout mais selon les régions en juin également!
Traiter avec des lanières chaque essaim lorsque les reines sont en ponte.

Fiches FNOSAD
La FNOSAD (Fédération nationale des organisations sanitaires apicoles départementales) qui fait un travail remarquable au service des apiculteurs. Elle a produit des fiches techniques sur les maladies des abeilles et les modalités d’usage des médicaments contre le varroa (seuls médicaments autorisés).
https://fnosad.apiservices.biz/fiches-pratiques-a-telecharger
La FNOSAD nous fournit des modes d’emploi, des conseils sur l’efficacité des traitements des protocoles, bref, de la connaissance… les apiculteurs amateurs manquent cruellement de compétences et de connaissances.
La revue « La santé de l’abeille » est une des meilleures source d’information sur les pratiques apicoles en phase avec la bonne santé des abeilles. Je ne peux que vous conseiller de vous y abonner. Elle parait tous les deux mois, ses informations sont contrôlées et de qualité.
Manqueront à l’appel les méthodes de traitement contre varroa à basse des acides, hormis le dégouttement d’acide oxalique seul autorisé. Et encore avec une préparation vendue exceptionnellement chère !
La sublimation, l’emploi de l’acide formique sont interdit d’exposé car ces produits ne disposent pas d’autorisation en apiculture. Ils ne sont pas onéreux.
Il est regrettable qu’une application restrictive de la réglementation en la matière nous empêche de développer des méthodes de traitement contre varroa qui sont parfaitement protocolisées en Suisse par exemple et qui de plus relèvent de méthodes dites « bio ». De ce point de vue c’est l’intérêt de certains qui est défendu et à l’évidence pas celui des apiculteurs.
Jean RIONDET

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

50 résponses de Mars les colonies explosent

  1. Deblasi dit :

    Merci Jean pour vos conseils fébrilement attendus par le débutant que je suis ; mais qui a toujours 3 ruches en bonne santé et suffisamment de miel pour régaler famille et amis. Bien amicalement. Alain

  2. Steven PYBEN dit :

    Bonjour,
    Où peut-on – en Rhône-Alpes- acheter du Beefondant (10 à 20kg)
    Merci

  3. BARBIIER Denis dit :

    Encore un merci, pour tes conseils et astuces.
    Bonne année apicole.
    Denis

  4. Sylvain Robert dit :

    Bonjour Jean. Bien ta méthode avec une Ruchette. Pour en faire plusieurs dans l année. Au plaisir de te revoir. Sylvain Robert

  5. Nicolas dit :

    Bonjour,

    Tout d’abord, merci de nous mettre à disposition votre expérience qui est indispensable aux amateurs que nous sommes !

    Je suis au pied du Vercors à 500m d’altitude. Comme tout le monde, on a eu de belles journées depuis mi-février mais, quand bien même, nous avons un climat de montagne avec un ensoleillement modéré.

    Mes 2 ruches ont été bien actives pendant les douces après midi de février. j’en ai profité pour nourrir au sirop 50/50 et ça à l’air de bien se passer.
    Par ailleurs, l’une (la plus petite) a dévoré un pain de candi entre mi-janvier et février, quand l’autre (la plus forte) a à peine pris le sien. Je pensais donc prendre du dernier pour en remmettre dans celle qui le prend bien. Un apiculteur me l’a déconseillé au profit du sirop exclusivement à cette période alors que je vois que vous en aviez remis fin février.
    Qu’en pensez-vous ?

    Merci.
    Nicolas.

    • Tant que les abeilles prennent le sirop, on peut en mettre. Mais ce sera une action qui conduit normalement à l’essaimage. Le candi étant consommé moins vite, la stimulation de la ponte de la reine est moins forte et le risque d’essaimage moins élevé. C’est un choix, une stratégie.
      J. RIONDET

  6. Alain dit :

    Bonjour Jean, je veut diviser une ruche au mois de mai, mais comment le faire sans aller déplacer la ruchette à 3 kilomètre.
    Alain.

  7. Julie dit :

    Bonsoir M Riondet
    Une petite question : comment vérifier que les abeilles ont encore du candy malgré les températures relativement basses?
    Je peux enlever mon nourrisseur bois( retourné sur les cadres) et vérifier le candy? Le couvain sera-t-il refroidi? Ou est-ce que cette action ( en mode « rapide ») est possible? Je ne vois pas comment faire autrement?
    Faut-il alors favoriser un nourrisseur type nicot qui permet de nourrir avec sirop et candy?
    Mais le fait que ce soit en plastique ne me plaît guère! Comment faites-vous?
    Je vous remercie pour vos précieux conseils avisés.

    • Bonjour,
      je mets le candi sans enveloppe directement sur la tête des cadres là où sont les abeilles. Je couvre le tout d’une feuille de plastique translucide et je retourne dessus le couvre cadre nourrisseur en bois, puis l’isolant et le toit. je vois donc sans ouvrir totalement l’état des lieux et si besoin je soulève le plastique et je glisse un nouveau pain. Il suffit d’avoir un jour de soleil sans vent, même s’il gèle cette opération n’a pas d’incidence tant elle est rapide. Il suffit également que le candi soit tiède.
      J Riondet

      • Julie dit :

        Merci bien

      • Antoine dit :

        Bonjour et merci pour vos conseils !
        J’ai essayé cette méthode cet hiver et à chaque changement de pain de candi j’ai été confronté au problème de la présence des abeilles : elles semblent bien aimer se mettre dans l’emballage vide du candi, tout en haut de la colonie, peut-être y fait-il bien chaud ? (il y a une couche de couverture de survie immédiatement dessus)
        En tout cas c’est un petit massacre à chaque fois. Comme il me semble qu’il ne faut ni enfumer l’hiver ni prendre le temps de passer la balayette je ne vois pas bien comment éviter d’écraser les abeilles.
        Merci à nouveau !

        • Nos pains de candi sont mis sans enveloppe à cause de cela.
          Notre candi est très sec, il est dur et ne coule pas.
          Nous le faisons avec 1l d’eau pour 10 k de sucre « beefondant » pur saccharose ultra fin sans amidon (ce n’est pas du sucre glace qui contient de l’amidon pour lui éviter de faire masse). La plus part des candis du commerce sont trop souples.
          J Riondet

  8. David dit :

    Bonjour M. Riondet,
    Dans la mesure où il faut 16 jours pour avoir une jeune reine et ensuite encore plusieurs jours pour que cette jeune reine soit fécondée : quelle est selon vous généralement la bonne période ( fin mars, début avril … ) pour commencer les divisions des ruches en vue de multiplier les colonies ?
    Les conditions climatiques sont bien sûr différentes entre les régions, mais en général, on se place comment en « timing » ?
    Merci de votre reponse.
    Cdlt.

    • Bonjour,
      Tout d’abord il est indispensable de voir les mâles voler, alors la période de fécondation sera ouverte.
      Si vous souhaitez limiter l’essaimage, alors faites vos essaims en début d’avril avant la montée en charge de l’essaimage. Le risque d’un échec est présent puisqu’il fait encore froid la nuit que le temps est instable, la reine a besoin de beaucoup de chaleur pour la migration des spermatozoïdes dans sa spermathèque. La chaleur externe aide la colonie à tenir cette chaleur.
      Mais c’est un pari qui peut réussir, chez nous ont dit qu’on ramasse plus d’asperges en avril qu’en mai.
      Si vous souhaitez faire des essaims pour accroitre votre rucher etc. vous allez choisir la période où ils réussissent le mieux c’est à dire après les Saints de glace en mai c’est à dire mi mai
      J Riondet

  9. Emmanuel dit :

    Bonjour Jean,
    Au 12 mars je n’ai pas vu de cellules de mâles – plus larges – ou operculées bombées. Est-ce un signe de saison plus tardive ?
    Les buis et les violettes sont en fleurs. Le pollen rentre à pleines pelotes. Pas encore de pissenlits dans les prés.

    • Emmanuel,
      Si tes ruches sont en Ardèches oui c’est normal, dans le sud vers Nîmes on commence les greffages de larves pour les élevages de reines, chez nous vers Lyon cela débutera d’ici 2 semaines, pour l’heure on pousse les colonies pour faire les nucléis.
      A+
      J RIONDET

  10. Saint Marc dit :

    Bonjour Monsieur Riondet,

    Je désire nourrir avec mon miel 50/50
    Doit-on le faire bouillir ?
    Doit-on rajouter une cuillère de vinaigre de cidre ?
    Je vous remercie par avance de votre réponse.
    Bien cordialement
    Joël

    • Non inutile de le faire bouillir, les spores de loques agent pathogène des plus virulent résistent jusqu’à 140°c. L’ébullition ramène le miel à un simple sucre, on en détruit l’essentiel de ses qualités.
      Le vinaigre n’a aucun intéret puisque le miel est au Ph requis pour les abeilles.
      Très cordialement
      J Riondet

  11. Julien dit :

    Bonjour,
    j’ai placé mon candi dans un nourrisseur cadre en bois, percé d’un rond au milieu. J’ ai ensuite mis mon candi sur le trou et recouvert d’une boite transparente pour voir l’évolution de la diminution du candi.
    Le problème est que non seulement le candi a été totalement consommé, mais elles sont en train de construire dans le nourrisseur, sous la boite en plastique.
    Dois-je intervenir maintenant ou cela peut-il attendre la visite de printemps?
    merci

    • N’ouvrez pas trop vite, le froid stoppe les nymphoses en cours. Soyez prudent.
      Changez le candi, les constructions sont signe d’une bonne santé de la colonie et du renouvellement ds abeilles en cours puisque la construction requière des abeilles de 10 à 15 jours d’âge passé ce moment leurs glandes cirières sont atrophiées et deviennent inactives définitivement.
      La visite de printemps, faites la plutôt dans deux semaines. On est en pleine période de croissance du couvain, il ne faut en aucune manière la ralentir. Nourrissez au sirop avec un cadre nourrisseur, il en existe en plastique de la taille d’un cadre de hausse, c’est bien suffisant pour donner 250 ml à 500 ml de sirop une ou deux fois par semaine, le sirop donné chaud le reste plus longtemps dans la ruche.
      Ce cadre est au format Langstroth il faut le raccourcir d’un cm.
      Bonne suite
      J Riondet

  12. S.Br dit :

    Mr jean , j’ai trouvé une ruche avec la loque européennes je compte tuer les abeilles et les larves avec insecticide puis bruler l’ensemble?? … la loque se désinfecte avec le javel ?c a dire je peus tirer les deux hausses lagrille et… sauf cadre et abeilles?. G rien fait, en attente de la réponse de mr Riondet ,merci

  13. https://fnosad.apiservices.biz/fiches-pratiques-a-telecharger/12-fiches-pratiques/21-la-loque-europeenne
    https://fnosad.apiservices.biz/fiches-pratiques-a-telecharger/12-fiches-pratiques/22-realisation-d-un-transvasement-a-visee-sanitaire

    Bonjour,
    Ces deux fiches techniques de la FNOSAD répondent en partie à votre problème.
    Si la colonie est encore très populeuse vous pouvez essayer de faire un transvasement puisque en ne récupérant que les abeilles vous constituez un essaim nu indemne de maladie. Du moins en théorie.
    Si vous souhaitez détruire votre colonie, un soir, posez une hausse vide de cadres et mettez une mèche de soufre enflammée dans une boite de conserve refermez le sommet de la ruche , le trou de vol, le plateau de sol… le lendemain ouvrir et bruler dans un trou fait en terre tous les cadres, les abeilles… une fois le feu éteint reboucher le trou pour enterrer les cendres.
    Le matériel en bois sera désinfecté à la flamme d’un chalumeau, le matériel en plastique sera lessivé avec une eau bouillante contenant 40g/l de cristaux de soude (c’est du carbonate de soude) puis gratté, rincé et pulvérisé d’eau de javel pure et séché à l’ombre sans rinçage.
    Le décapage à la lessive de soude est très efficace mais plus dangereux du fait des précautions à prendre pour manipuler la lessive de soude.
    Très cordialement
    J Riondet

  14. louchin dit :

    Bonjour Mr riondet
    je pensais faire ma visite de printemps ce jeudi car la météo semble clémente avec des temp douces.
    quand pensez vous?
    merci
    Corinne

    • Bien sûr, il faut aller les voir maintenant le temps est correct, pas excessivement chaud cependant. Attention ne pas ouvrir s’il y a du vent car il est frais. Un collègue a déjà mis des hausses avec des cadres cirés, les abeilles sont en train de les étirer.
      Mais gare si le froid revient!
      Pour ma part je n’ai encore rien fait je les laisse démarrer leur couvain, juste un peu de sirop tiède dans les cadres nourrisseurs.
      Très cordialement
      J Riondet

  15. louchin dit :

    Merci de votre réponse.

  16. Germain dit :

    Bonjour J habite à 600 m d altitude dans l Ain
    J ai commencé la visite de printemps aujourd’hui hui le couvain commence à ce développer .J ai aperçu des faux bourdons….J ai mis 2 cadres de cire neuf dans chaque ruche après le couvain et fin part des cadres de miel .ai je bien fait?
    Chaque ruche a été desinfectee!
    Peut on attaquer à donner du sirop 50/50 demain? Et combien de fois dois je donner du sirop par ruche?
    Quant puis je effectué des essaims artificiels? Est ce trop tôt?
    D avance Merci

    • La chaleur est centrale dans le développement des colonies. Plus elles sont resserrées, mieux elles se développent. Ajouter des cires maintenant ne leur portera pas tort mais ralentira le développement du couvain. Il faut que la colonie explose dans ses cadres pour en ajouter. Pour un amateur il est possible de suivre les colonies presque au jour le jour, pour un pro c’est une autre stratégie. Le temps lui est compté.
      Si vous donnez du sirop donnez un ou deux verres tièdes, pas plus; à votre altitude s’il n’est pas pris immédiatement le sirop va se refroidir la nuit et il ne sera plus absorbé et finira par moisir. Donnez du candi vous ne courrez aucun risque. Ni celui de vous tromper sur les quantités, ni celui de booster la ponte au point de provoquer l’essaimage.
      Par contre, dès que le couvain sera présent sur 5 ou 6 cadres et sur de très grandes surfaces, on sera vers mi avril ou fin avril chez vous et les cadres pourront être cirées; il faudra y aller pour faire construire, ce qui limitera le risque d’essaimage et permettra de renouveler les cadres ayant contenu du couvain au plus vite. C’est la meilleure méthode de prophylaxie.
      Très cordialement
      J RIONDET

  17. jmj dit :

    Bonsoir, le plus décourageant je trouve c’est le varroa, on ne peut rien faire pour s’en protéger en dehors de traitements chimiques. N y a til pas une race d abeille qui n’est pas infestée par ce parasite? Quelle a til testé le fil de cuivre a l entrée des ruches? Au salon annuel des apiculteurs un inventeur nous propose un plancher fait de cylindres espacés de qq millimètres qui assaini la ruche et ainsi l abeille est plus forte pour se défendre? Merci bcp pour vos réponses précieuses. Très cdt . Jmj

    • Oui cette saloperie nous pourrit la vie. Arrivé en 1983, on observe dès 1985 nombre de professionnels qui abandonnent le métier. En Asie les abeilles locales savent s’en débrouiller mais pas les nôtres. Ce ne sont pas les mêmes espèces.
      Sa prédation est gigantesque, outre les mortalités hivernales qu’il accentue, le déficit en miel est terrible. Avec moins de 2% d’abeilles parasitées, la colonie produirait jusqu’à 8k de miel supplémentaire / an. Cf les travaux de l’INRA présentés au CIAG le 15 novembre dernier. C’est énorme.
      Certes la recherche s’oriente vers des races capables de vivre avec, mais jusqu’alors les lignées construites sur cette caractéristique ne sont pas stabilisées.
      Si, il existe une nouvelle race résistante à varroa, c’est l’abeille africanisée d’Amérique du sud qui a été artificiellement hybridée entre mellifica scutellata et mellifica mellifica. Elle s’est hybridée naturellement au Mexique avec les abeilles mellifica mellifica locales et des travaux de sélection furent opérés par des apiculteurs chercheurs. Cette nouvelle race vit avec varroa sans en être trop incommodée, elle est de plus indemne de loque américaine. Cependant, elle est restée agressive et il faut aller au rucher avec des habits de cosmonautes dans une région où l’été on atteint 40°c. Elle est très productive de miel 50k/an et par colonie en moyenne m’a dit un chercheur sur place à l’Université de Merida dans le Yucatan.

      Pour nous, seules restent les méthodes chimiques, soit avec des produits de synthèse soit avec des acides, couplés avec des méthodes dites bio-tehniques de suppression de couvain de mâles.

      La réglementation évolue puisque un arrêté et en préparation qui reprend une décision de la commission européenne exonérant d’ordonnance les médicaments contre varroa disposant d’une AMM.
      En conséquence seront en vente libre : Apivar, Apibioxal, Varromed et demain Apitraz, Amicel, l’étaient déjà l’Apistan, et les préparation à base de Thymol.
      Coté nouveautés chimiques, il semblerait qu’une nouvelle présentation de la Flumethrine par Bayer sous la dénomination Polyvarol yellow, bandelettes mises sur le passage des abeilles à l’entrée de la ruche fasse son apparition, le Bayvarol à base de flumethrine n’avait pas enthousiasmé les foules, l’efficacité des bandelettes mises dans le couvain ne s’est pas révélée suffisante. A voir si cette nouvelle méthode sera plus simple d’usage et plus efficace.
      Reste soumis à ordonnance vétérinaire l’usage de l’acide oxalique par sublimation et pourtant c’est probablement une méthode des plus efficaces et des moins onéreuses… mais dangereuse pour l’applicateur en dehors de précautions spécifiques.
      Le fil de cuivre, le plateau antivarroa, les méthodes X ou Y décrites sur Internet ne sont pas sans intérêt mais on estime que si l’on ne dépasse pas 90% de varroas éradiqués de la colonie la méthode est insuffisamment efficace pour être conseillée. La puissance de reproduction de cet acarien et la prédation qu’il engendre nécessitent d’avoir des outils ad hoc. Le varroa se développe dans le couvain de l’abeille sur son cycle mais pour 100 abeilles qui naissent il sort avec elles 225 varroas.
      A cette époque de l’année il faut travailler avec la destruction de rayons de mâles operculés ce qui réduit la pression du parasite. Pour cela faire construire des cadres à jambage ou des rayons sous des cadres de hausses mis dans les corps.
      Très cordialement
      J Riondet

  18. jmj dit :

    Merci beaucoup!
    Mon grand père dans les années 1950 -1960 avait des abeilles comme dans la plupart des autres fermes environnantes du Forez. Il leur tressait de très jolies ruches rondes avec de la paille. La récolte n était pas tjs aisée mais le miel toujours présent. C’était des abeilles très grosses….je n’ai pas plus d éléments…pensez vous qu’on peut retrouver ces races d’abeilles…Question subsidiaire: Comment apprendre à reconnaître les différentes races d abeilles (j’en ai piégé dans les bois noirs en 2016, je ne sais pas ce que cest. Elles ont passé l hiver sans pb bien que lessaim soit petit et les reserves faibles, pas agressives mais très combattives si on les embêtes). Très Cdt jm

  19. S.Br. dit :

    Mr Jean Riondet , j’ai mis des cupules mais elles on etaient refusées et nettoyées par les abeilles ?! tout a était au point: absense de larve , orphelinage fait le matin le junter mis fin jounée, cadres de provision sauf q la gelée n est etait pas fraiche et le cadre de la souche a étais pris le matin et a etais mis dans une chambre de 25° et n a etais utilisé (picking) que une heure ou moin avant le couché du soleil … Et est ce que une gelée d’une larve operculée,au lieu de celle de 3jours, peut faire des problémes ? merci bien

    • Si je comprends, votre cadre avec le système Jenter a été retiré le matin de la souche et utilisé le soir.
      Les larves ont besoin de chaleur mais aussi d’humidité, ce qui leur a peut-être manqué.

      Les larves hors de la ruche peuvent vivre au plus 6 h sans avoir été visitées par les abeilles, ce délais fut-il dépassé ?
      Très cordialement
      J RIONDET

      • S.Br. dit :

        Oui ce délai est depassé: entre 7 et 8heures les larves sont mortent alors? ce n’est pas a cause de la gelée et celle d’une grande larve peut causé la mort ou c’est une question de qualité ?

        • Les larves sont sans doute mortes de faim ou de froid ou de dessiccation. Pour survivre une larve a besoin de plus d’un millier de visites par jour de la part des abeilles nourrices. Donc plus on les met hors d’une colonie longtemps plus elles courent le risque de mourir.
          Recommencez en réduisant le temps de mise au pain sec des larves. Vous réussirez sans faute. Avec le Jenter et un bon starter vous ne pouvez pas échouer.
          Très cordialement
          J Riondet

  20. WOLFF dit :

    Bonjour,
    Apicultrice amatrice , je découvre votre site avec bonheur, merci!
    j’ai un ami qui a hérité de son voisin de deux très vieilles ruches avec abeilles. Mais impossible de lever le moindre cadre , tout est collé ! je lui ai préparé une joli ruche toute neuve avec des cadres cirés et lui ait suggéré d’acheter un essaim…mais que néni il veut garder ses abeilles…comment faire..? je pensais mettre la ruche neuve au dessus de la vieille ….enfumer largement pour que les abeilles montent….et dégager la vieille…puis procéder de la même façon avec la deuxième ruche (elles sont voisines et il n’y a pas l’air d’avoir une grosse population d’autant plus que ses abeilles n’ont pas été traité contre la varroa….) ….qu’en pensez vous ? et à quel moment procéder ..?

    • Faites comme vous l’avez, prévu. Dès que le soleil sera revenu, poser la caisse neuve sur l’ancienne (sans le plateau de sol bien sûr) fermez avec le couvre cadre aux 3/4 puis enfumez copieusement durant au moins une minute (c’est long!), puis tapez avec deux maillets, morceaux de bois … du bas de la vieille ruche en remontant doucement. En principe les abeilles fuient les chocs elles devraient monter à l’étage.
      Dès que vous les voyez qui fuient par le sommet, regardez s’il y a bien des abeilles, puis déposez doucement la caisse neuve avec ses cires et ses abeilles sur un plateau de sol et mettez cette ruche à quelques mètres. Si tout le monde reste dans la ruche c’est gagné la reine y est, si elles désertent recommencez plus tard. Nourrir abondamment la nouvelle colonie jusqu’à ce qu’elle ait construit 8 cadres, partitionnez et conduisez là en ruche de production. La traiter contre varroa.
      Entre 3 et 4 semaines plus tard refaire l’opération avec la vieille ruche où les abeilles butineuses et les jeunes issues du couvain auront refait une reine vous aurez une seconde petite colonie. Si elle se révèle trop petite mais que la reine semble bonne supprimez celle de la vieille colonie et réunissez cet essaim avec la ruche précédente après l’avoir traité contre varroa. vous pourrez détruire la ruche pourrie. Tout brûler.
      D’ici là n’hésitez pas à nourrir la colonie à faire essaimer pour la booster.
      Les ruchettes pièges marchent parfois mais plus souvent on y récolte de la teigne.
      Bon essai
      J RIONDET

  21. eric cattiaux dit :

    bonjour Mr RIONDET,
    je suis toutes vos news, et me documente sur votre livre le rucher durable.

    J’ai besoin d’un conseil,

    J’ai une ruche forte, reine carnica de 2015, actuellemenbt sur 7 cadres de couvains pleins, et 3 cadres de reserve.
    on m’a conseiléé de mettre une hausse, plutot que de faire un essaim artificiel , ce que j’ai fait la semaine derniere.
    Aujourd’hui, à l’ouverture, dans la hausse, elles ont rempli 4 cadres , sans ponte. Dans le corps, il y a toujours 7 cardes de couvain et 3 de reserve. mais j’ai trouvé 4 cellules royales dont 2 fermées. Ma reine est bien présente.

    Que dois faire? sachant que je n’ai pas d’autre terrain:
    -1 E.A avec ma reine dedans et sans cellule royale
    -ou laisser essaimer en disposant des ruches piege.

    Merci

    • Bonjour,
      Ne laisser pas essaimer naturellement vous risquez la perte de l’essaim et l’absence de récolte cette année.
      Faites un essaim artificiel en prenant le ou les cadres avec les CR, y ajouter un cadre de miel, un cadre bâti et une cire.
      Vous pouvez y secouer un ou deux cadres de nourrices (cadres de couvain ouvert) et mettre cette colonie dans un coin de votre rucher. Vous le nourrirez car il n’a pas de butineuses et vous laissez la souche construire les cires que vous y aurez mises. Si la reine est restée dans la souche vous aurez stoppé l’essaimage et produit une nouvelle colonie que vous réunirez en fin de saison avec la souche pour changer la reine ancienne par la nouvelle à naître.
      Bien cordialement

  22. Mojudu dit :

    Merci pour vos conseil toujours aussi précis et apprécier en ce début de saison 2017.

  23. coste claude dit :

    M. RIONDET bonjour,

    Ce weekend dernier j’ai fait la visite de printemps.Comme mes ruches sont en Ardèche (alt 450m) je ne l’avais pas fait plus tôt en fonction de la température et de mon emploi du temps.
    Une de ruches est orpheline et il n’y avait plus de couvain, y a t’il une solution pour la sauver car je ne sais pas depuis quand la reine est morte.
    D’avance je vous remercie.
    C COSTE

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