Nouvelle année ! Année bisextile, un jour de plus pour être heureux

Une année sans hiver est toujours étonnante. Mais cela arrive, souvenons nous de 2014 où le premier essaim fut constaté à Lyon le 13 mars par Jean Marie Bonnafoux qui opère avec les pompiers depuis le début des années 1980.  Les plus précoces apparaissaient dans la troisième semaine de mars. Jamais avant.
Que cette année un peu plus longue d’un jour, nous offre encore plus de surprises. Profitons des évènements inattendus de notre quotidien. Ne rêvons pas trop loin, hélas je ne vivrai pas assez vieux pour cueillir des dattes sur les champs Elysées à Paris. Ce sera le regret de ma vie !

L’année commence bien

Depuis le 7 janvier le dernier ouvrage de ma série sur l’apiculture publiée chez Ulmer est disponible chez les libraires et sur Internet.

2015-11-18 Installer  un premier rucher 001Souhaitons lui longue vie, il répond en principe à une demande de ruchers écoles qui me demandaient un manuel didactique pour débutants. Les travaux pas à pas au fil des questions sont traités en 2 pages maximum. Chaque chapitre peut être consulté sans avoir besoin de lire les précédents. Chaque fiche est indépendante dans sa rédaction.

Il a été conçu avec Florent Guillaud, un nouvel apiculteur professionnel qui débuta comme amateur à 9 ans et qui est professionnel depuis quelques années après avoir travaillé dans l’entreprise. Il fait partie de la nouvelle génération des apiculteurs dotés de formations de base solides en gestion, marketing, commerce et qui,après une expérience professionnelle enrichissante,  opte pour devenir chef d’entreprise, créer son activité.

Florent Guillaud a choisi l’apiculture  par passion dans un contexte très difficile pour la production. La panoplie de ses compétences lui assure des possibilités intéressantes pour adapter son activité aux contextes qu’il rencontrera. Ce n’est plus l’apiculture « retour aux sources » mais une des voies du développement de la filière apicole professionnelle au XXI ème siècle.

A peine imprimé,  je trouve quelques anomalies, p 66 une photo inversée qui laisse penser que la Twingo est une conduite à droite, p 116 inversion de légendes sur des photos…

Après le feu de l’action et de l’ébullition des relectures à plusieurs, je regrette, à tête reposée, de n’avoir insisté sur la pose de grilles à propolis de manière systématique et constante, c’est une production facile et plaisante pour l’amateur débutant. Ainsi que d’autres bricoles mais les compteurs financiers liés à la taille du livre étaient explosés ! Bref l’insatisfaction constante au terme d’un travail achevé.

Je suis persuadé que cet ouvrage connaitra le même succès que ses deux prédécesseurs qui atteignent des records (pour des ouvrages en apiculture) avec un total de plus de 38 000 exemplaires vendus à eux deux.

Travaux du mois

Toujours nourrir ! Il y a beaucoup de couvain, le froid arrive, les colonies ont consommé jusqu’à 1,5k de candi en moins d’un mois.

Rien de plus mais surtout ne pas baisser la garde.

Commencer à cirer des cadres. Nettoyer les ruchers …

Parmi les revues

Si vous souhaitez acquérir une revue plus technique sur les questions sanitaires que ce qu’offrent les revues syndicales, « La Santé de l’abeille » est une excellente publication de très belle facture dont les articles sont de qualité. Beaucoup de vétérinaires spécialisée sur l’abeille y écrivent, le rédacteur en chef veille à ce que les documents très techniques soient accessibles à tous, des chercheurs font part de leurs travaux , bref c’est une actualité règlementaires, scientifique et technique à portée de tous. L’intérêt de cette publication consiste à lier le monde  de la recherche à celui de la pratique. La science n’est pas là pour elle même mais pour stimuler l’imagination des apiculteurs.

Cette revue est l’organe de la FNOSAD, la « Fédération nationale des organisations sanitaires apicoles départementales » créée en 1966 par des apiculteurs amateurs, des professionnels et avec un chercheur de l’INRA décédé fin 2015, Jean Vaillant, que j’ai connu pour ses travaux sur l’élevage des reines, l’insémination artificielle et la sélection.

Le cout en est modeste, 22 € /an, elle parait tous les deux mois, le papier est beau, les photos de qualité… vous aurez compris j’y suis abonné et j’en tire le plus grand profit.

Si vous appartenez à une organisation sanitaire affiliée à la FNOSAD, votre organisation peut vous faire profiter d’une remise consentie par la revue aux adhérents de la FNOSAD.

http://www.beekeeping.com/sante-de-labeille/form.htm

Ne vous privez pas vous ne serez pas déçus.

Un exemple de la production de la FNOSAD : la fiche technique du traitement du varroa par l’acide oxalique:

http://www.beekeeping.com/fnosad/acide_oxalique_24_10_14.pdf

Voyage au Mexique

J’ai eu la chance de connaitre un ami qui habite le Mexique et m’a invité à y passer quelques semaines. Nous avons été convoyés,→ entre autres endroits passionnants, dans le Yucatan, pays de production de miel. J’ai été conduit à l’Université de Merida où un chercheur Jorge A. Gonsalez Acereto, vétérinaire, travaille depuis 40 ans sur les abeilles et plus spécifiquement sur les abeilles melipones, trigones…

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Jorge A Gonsalez Acereto

Ces espèces d’abeilles, environ 300 en Amérique centrale, sont les abeilles autochtones, elles furent décimées par l’arrivée des abeilles européennes mellifera mellifera au fil des siècles suite à la colonisation espagnole. Elles subsistent en de rares endroits protégés des envahisseurs. Ces abeilles sont toutes petites à peine plus de 10mm, elles vivent en colonies d’environ 1500 individus. Elles collectent comme nos abeilles pollen et nectar, elles stockent le nectar dans des cellules verticales. Les rayons sont construit à l’horizontal, l’extraction du miel se fait par découpe de ses rayons et pressage des cellules de miel. On récolte environ … 1000 à 1500 g de miel par an ! C’est un miel exploité.

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colonie d’abeilles melipones. La ruche fait à peine 30 cm de long

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les cellules verticales contiennent le miel

L’abeille trigone produit encore moins de miel car plus petite. Elle offre à l’aspiration d’une seringue au mieux 250 ml de miel par an. Elle fait des petites cellules au bout d’une tige de cire, on dirait un corail. Ce sont de très petites colonies élevées pour le seul plaisir.

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Colonie Trigones, Le couvercle est posé verticalement sur le bord de la ruche

Le miel de l’abeille melipone est donc très rare et dans la production apicole tout ce qui est rare est taxé des plus grandes vertus médicinales, aphrodisiaques, oniriques… il se vend 1000 pesos du k contre 40 pesos pour le miel de l’abeille africanisée (17 pesos pour 1€).

L’abeille melipone, sans dard,  ne pique pas elle est sans danger pour l’homme, sauf une espèce qui crache un jus acide qui produit des brulures au 3° degré. Ce chercheur promeut cette abeille dans les zones où l’abeille africanisée, désormais « abeille locale »,  est absente dans un rayon de quelques km. L’abeille melipone demande peu de surveillance, elle est très difficile à nourrir, nos sirops sucrés ne lui conviennent pas, mais en réussissant son élevage le rapport financier annuel sur une exploitation qui aurait quelques dizaines de colonies de melipones est actuellement intéressant et compétitif face aux ruchers d’abeilles africanisées qui demandent plus de travail pour un gain à la ruche identique.

Cette abeille melipone n’est pas très active, elle vit au rythme de  la moiteur du Yucatan et des zones tropicales où elle se développe. Elle arrive sur les zones de floraisons toujours après que l’abeille africanisée ait fait son marché. La melipone meurt de faim.

Elle collecte du pollen, du nectar comme l’abeille mellifera mellifera, mais en bien moindre quantité notamment pour le pollen, ce qui en fait une petite éleveuse et donc des colonies assez pauvres en individus.

L’abeille africanisée

L’abeille africaine Scutellata fut importée au Brésil en 1956 et hybridée avec les abeilles européennes locales  Ligustica et Ibériensis. Il en résulta une race agressive, pillarde et de ce fait dévastatrice. Les reines porteuse des gènes issus de ce croisement naissent un jour avant les reines non porteuse et les nouvelles nées détruisent des CR encore operculées, de sorte que la descendance de la mère  est de fait composée uniquement de ces reines aux comportements agressifs. L’agressivité s’adresse à l’homme également.

L’apiculture a radicalement changé car il faut se protéger de l’agressivité de ces abeilles qui ont totalement envahi le Mexique depuis le milieu des années 1980. Jamais l’apiculteur ne se protégeait, il travaillait à mains nues souvent sans voile. Maintenant il lui faut porter un harnachement par 40° à l’ombre, protéger les hausses récoltées d’un pillage instantané, nourrir en cas de  disette car les colonies quittent les ruches dans les situations de famine… Peu à peu elles se sont croisées avec les bourdons des anciennes races européennes locales et se sont calmées. Ce croisement a produit les abeilles locales d’aujourd’hui.

Elles sont considérées désormais selon ce chercheur comme des abeilles intéressantes. Elles sont grosses productrices de miel, 50 à 60 k par ruche en situation normale. Elles sont résistantes à varroa, à la plus part des maladies et notamment la loque américaine aurait pratiquement disparu. L’agressivité et la désertion sont les limites essentielle de cette abeille.

L’apiculture mexicaine est une activité annexe d’une activité agricole principale.

Ce carnet de voyage a le charme, pour moi, de riches souvenirs pour vous c’est un témoignage car l’information mériterait d’y être validée.

Bonne année à vous tous.

Jean Riondet

 

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

2 résponses de Nouvelle année ! Année bisextile, un jour de plus pour être heureux

  1. Olivier Perré dit :

    Année certes étonnante!
    Aujourd’hui 20 janvier l’hiver est apparu depuis quelques jours. Mais pour combien de temps encore? Les prévisions météo semblent montrer une nouvelle hausse de température dans les jours à venir.

    Le lendemain de Noël, 26 décembre, les abeilles volaient dans les ruchers. Mais les frelons asiatiques également, et en grand nombre. Sidérant! et inquiétant!
    Si l’hiver ne se décide pas à s’installer, si le temps ne se met pas au gel, nous devrons nous attendre à une année difficile. Après une explosion de nombre de nids en 2015, il ne faudra pas manquer les piégeages de printemps.

    En ce qui concerne les réserves, elles diminuent rapidement et la surveillance régulière et individuelle des ruches est de rigueur. Les fabricants de candi vont faire des affaires!

    Quant à nous, pauvres apiculteurs, préparons la saison comme si elle allait nous donner la récolte du siècle… »Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » (Guillaume 1er d’Orange-Nassau).

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