Picon grenadine pour Frelon Asiatique

Avec l’arrivée des Frelons asiatiques les interrogations sur les manières de protéger les colonies et les ruchers refont surface. Le sujet est inépuisable, j’en ai déjà parlé dans mon denier post : les appâts dits sélectifs ne le sont guère, les nasses dont certaines communes ont fait de grands achats sont vides, les frelons rôdent autour des ruches parfois par 2 ou 3 à la fois. Certaines colonies restent bloquées sur la planche d’envol d’autres font comme si de rien n’était.

J’ai évoqué en aout les diverses solutions testées et améliorées par l’Association les Amis des Abeilles du Val d’Oise (site Internet AAVO95 : https://www.abeilles95.fr/?page_id=3468).

Leur première préconisation à essayer car vraiment pas chère, la bouteille fendue d’une croix de St André élargie en y passant le pouce avec de la grenadine et de la bière semble un peu efficace, il faut plusieurs jours avant de voir des frelons s’y risquer. Elle est en tout cas d’un excellent rapport qualité prix. Le mode d’emploi est bien décrit par les AAVO95

Plus onéreuse la muselière dont les modèles à tubes semblent apporter du confort aux colonies. J’en pose sur les ruches des colonies faibles ou stressées. les abeilles mettent quelques jours pour s’en accommoder et tout se passe au mieux par la suite.

Par le tube, les abeilles sortent à grande vitesse et rentrent de même, les frelons ont de la difficulté pour les attraper.

Toutes prêtes on en trouve chez :

http://www.esat-la-hetraie.fr/nos-activites/atelier-menuiserie/ruches-et-protections

La harpe avec panneau solaire photovoltaïque est très efficace dans le rucher, posée perpendiculairement à une entrée de ruche elle protège facilement une ligne de ruches. Dans le bac mettre de l’eau avec de l’huile de table où les frelons en tombant après le choc électrique s’y noieront.

La fabrication maison n’est pas si compliquée à l’aide du descriptif AAVO95. Enfin faut s’y mettre.

Et une solution hyper simple, la pose d’un filet. Mon ami Maurice Coquard m’en a fait faire l’essai et de fait, si les frelons sont toujours présents, leurs difficultés pour attraper des abeilles fait baisser le stress coté colonies. Les abeilles peuvent sortir et rentrer à bonne vitesse ce qui n’arrange pas les prédateurs maintenus à distance des entrées. Si par malheur un frelon passe les mailles on découvre que certaines ruches les attaquent.

C’est un filet pour protéger les arbres fruitiers des oiseaux. De maille 20×20 mm, il est simplement étendu sur les ruches jusqu’au sol et tenu par des pierres, des mottes de terre … Bref ce n’est pas cher et cela semble assez opérationnel.

Photo M Coquard

Certains avaient déjà exploité cette idée en enfermant leurs ruches dans un enclos très étroit avec du grillage à poule. Ce qui n’est pas très aisé de mise en œuvre.

En attendant les apports en nourriture, sucre, acides aminés et protéines seront les bienvenus pour passer ce mauvais moment avec les FA. Ils éviteront les effondrements des colonies sevrées des apports extérieurs. L’hivernage ne doit pas être négligé.

Les miracles contre les frelons seront pour demain !

la mise en hivernage

J’ai beaucoup;insisté sur le nourrissement le mois dernier, l’un d’entre vous m’a fait remarquer que si le sirop de saccharose (sucre de betterave) est très attractif pour les abeilles, Benjamin Poirot, de la société Apinov, lors de son intervention nous avait indiqué que les sirops riches en maltoses et sucres de ce type sont peu appétants et évitent le pillage. C’est effectivement à retenir.

La réponse simple si on ne peut acheter ces sirops issus de l’inversion de l’amidon de la farine de blé ou de maïs est de mettre des nourrisseurs cadres dans les ruches et de nourrir le soir. L’intérêt de cette manière d e faire est de conserver dans la ruche la chaleur dégagée par la succion du sirop par les abeilles. Elle est considérable.

Photos thermiques d’abeilles suçant du sirop sur la chicane d’un nourrisseur couvre cadre en bois partiellement recouvert d’un isobulle
Les points SP1, 2, 4 sont des abeilles. La couleur blanche indique une température élevée entre 37 et 39°c, le bleu est la température la plus basse 27°c
Photo M Guillemain

Ce nourrissement doit nous permettre de créer les premières réserves indispensables pour assurer le volume de miel requis pour l’hivernage , sachant que l’on aura par la suite d’autres miellées tardives avec le lierre, la renouée du japon qui commence actuellement. Mais ce nourrissement devra aussi être mesuré pour ne pas provoquer un blocage de ponte car l’hivernage doit se faire avec de jeunes abeilles très bien nourries et en très grand nombre. Ce qui est le plus compliqué à réussir est cet équilibre entre surfaces de couvain en septembre et surfaces de miel en fin d’octobre.

Resserrer les colonies

Le mois dernier les principes du resserrement des colonies a été énoncé, maintenant se pose la question du comment faire quand je suis devant mes ruches.

La première chose est de compter le nombre de cadres de couvain et les surfaces approximativement observées. Les cadres seront classés en 2 catégories très pleins de couvain (fermé, ouvert, œufs) et peu de couvain (une main au maximum par face). Les très pleins de couvain seront immédiatement mis dans l’espace que l’on désignera comme la CH1.

Parmi les cadres les moins pleins de couvain il y a ceux qui ont sur chaque face une bonne main de couvain mais qui sont entourés de miel operculé ou en voie de l’être. Ces cadres iront en CH1. Leur couvain en naissant libérera des cellules qui seront à nouveau pondues, ces abeilles naissantes et à naître seront les abeilles d’hiver pour le redémarrage de la ponte en janvier.

Au total la CH1 sera le plus souvent entre 4 et 5 cadres de couvain et de miel et le reste en CH2 qui aura également le plus souvent un seul cadre avec un peu de couvain. Il importe en CH1 d’avoir le plus de couvain possible avec des réserves, le plus d’abeilles possibles. Les cadres de couvain en CH2 ne seront pas renouvelés, la reine restera en CH1, ces abeilles nées en CH2 rejoindront la reine en CH1.

L’objectif de ce confinement est de créer un espace très chaud qui soit le plus facile à tenir en température par les abeilles, leur nombre doit être important et pour que ce nombre reste à peu prés constant tout au long de la morte saison il faut que ces abeilles puissent être peu à peu remplacées par les naissances. Rappelons nous qu’un cadre complet d’abeilles donne entre 2,5 et 3 cadres couverts d’abeilles.

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

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