Que faire au mois de mai ? Il pleut ! Webinaire faire des essaims et nourrir

Quel temps !

Il pleut et il fait froid depuis avril. Après un démarrage en trombe des couvains à cause de la chaleur de février et mars, le froid arrive sur les floraisons de printemps. Tout est mort, les arboriculteurs, les viticulteurs et les apiculteurs paient le prix fort.

Ferons-nous du miel d’été ? Comment contrecarrer le risque zéro résultat apicole en 2021 ?

Le pire n’étant pas à exclure, pour réussir une année apicole mal partie, on va se rabattre sur les deux autres productions possible sen apiculture élever des reines et produire des essaims. Pour élever des reines le cours est disponible sur ce site. L’objet de notre réflexion de ce mois sera produire des essaims et nourrir.

 

Inscrivez vous au webinaire du 13 mai 2021 gratuitement

Et pour les polonais lire la traduction de mon ouvrage

« Installer un premier rucher » traduit sous le titre « L’apiculture pas à pas »

L'apiculture pas à pasAprès l’allemand, le polonais

Nourrir

Nous devons nourrir. Les colonies se sont bien développées en hiver et furent très belles en début de ce printemps. Les couvains sont surabondants et avec des reines 2020 les surfaces et les nombres de cadres occupés sont impressionnants.

Oui mais ces couvains nécessitent de grandes quantités de chaleur et les calories sont produites grâce à la consommation du miel, du nectar qui rentre et du sucre que nous leur apportons. Par vibration des muscles alaires, les abeilles chauffent leur thorax à 40°c au moins et maintiennent sur les nymphoses en cours la température de 35°c environ.
Cette énorme consommation d’énergie se traduit aujourd’hui par la disparition totale du miel  operculé, des stocks de nectar commencés sous le soleil et ne reste plus que le sirop que nous apportons.

Les abeilles ont faim ? Apportons leur du sirop 50/50 soit 1k de sucre et 1l d’eau.

Combien ? Par 2l chaque fois, un soir et il sera bu dans la nuit. Nourrir jusqu’à ce que du nectar brillant apparaisse dans les rayons, que le soleil revienne et que le balais des butineuses reprenne ! Avec deux nourrissements par semaine on devrait couvrir les besoins

p 75 la mesure du sirop donné et la date du nourrissement seront notés sur la fiche de la colonie

Il est important de maintenir la ponte de la reine pour que dans 40 jours sur les floraisons de l’été nous puissions disposer de colonies puissantes pour récolter. Ne pas nourrir suffisamment aujourd’hui c’est s’assurer de ne pouvoir récolter si le miel d’été se présentait.

Cette fameuse règle des 40 jours pour spéculer sur les floraisons de printemps s’applique parfaitement aujourd’hui il faut nourrir durant 20 jours puis laisser les colonies poursuivre leurs activités et au terme de 40 jours nous disposerons d’une énorme quantité de butineuses.

Si les hausses sont sèches pas d’inquiétude de stockage , tant que les abeilles ont faim, elles consomment ce qui leur est apporté. Avec leur jabot, ce réservoir pour le butinage, qui contient 40 micro litres, il faut 25 000 abeilles pour absorber 1 l de sirop, à cette époque on dispose plus du double.

Une solution encore plus simple est de  mettre du candi, un pain par ruche elles ne le consomment que pour se nourrir. Dès que les butineuses rapportent du nectar, elles cessent de prendre le candi surtout s’il est pur, sans ajout  de miel ou de protéines.

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Faire son sirop avec du sucre de marque nous garantit que ce sera un pur saccharose donc totalement adapté pour les abeilles qui possèdent les enzymes pour le scinder en fructose et glucose qui sont les sucres les plus assimilables.

 

Faire des essaims

Nourrir de manière importante peut naturellement conduire les colonies à l’essaimage. A défaut de faire du miel faisons des essaims pour l’année prochaine !

1ère manière : économiser la dynamique démographique de nos colonies il nous faut

– une ruchette polystyrène

– deux partitions isolantes réfléchissantes

– un cadre de couvain et ses abeilles

– deux morceaux de réfléchissant

– du candi

– un nourrisseur cadre format hausse

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Essaim sur un cadre

Mise en œuvre

Fermer largement l’aération du fond par un morceau de réfléchissant ne laissant qu’un cm pour aérer.

Secouer dans la ruchette  un cadre de couvain couvert d’abeilles puis placer un cadre de couvain ouvert et fermé mais possédant des œufs ou de très petites larves. Bien veiller à ne pas prendre la reine.

Mettre contre le cadre deux partitions réfléchissantes et poser sur la tête du cadre du candi  type 1 boudin protéiné de chez Royal Care (450 g) ou un demi pain de Candipolline excellent également comme pâte toute prête.

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Placer le cadre nourrisseur (lui couper les oreilles au niveau des points de repère pour qu’il rentre sans gondoler, il est fabriqué au format Langstroth)

Placer cette ruchette dans un autre rucher bien éloigné. Un mois plus tard la visiter, chercher la reine et la marquer.

Cette méthode réussit en principe chaque fois.

Il faut ensuite apporter des cadres bâtis si possible et nourrir régulièrement pour pousser la construction des cadres à bâtir et assurer la ponte de la reine. On doit gagner un cadre de couvain et de miel par mois. On ajoutera des cadres de couvain s’il le faut d’autres ruches qui n’auront pu faire de miel mais que l’on aura nourri pour produire des cadres de couvain. Bien traité contre varroa et arrivé sur 6 cadres au mois d’octobre sa survie hivernale sera assurée.

Faire des cadres de couvain

Pour assurer des essaims de la sorte il faut souvent les enrichir de cadres de convaincu pris dans d’autres ruches. On utilisera des colonies qui se seront effondrées maintenant et qui, au moment des miellées de l’été, ne sont pas assez ruches en abeilles pour faire des récoltes. On peut également ponctionner après la récolte au 14 juillet les colonies de production qui seront en bon état.

Pour produire des cadres de couvain il faut nourrir peu mais très régulièrement soit 1/4 de l de sirop (1k sucre et 2l eau) donné tous les 2 ou 3 jours. Si on peut agir ainsi, apparaitront régulièrement des cadres de couvain supplémentaires. on les utilisera en aout ou septembre pour renforcer les essaims quitte à démonter totalement ces colonies qui ont été peu productrice au bon moment leur reine fatiguée ne produira en en 2022 il est donc inutile de vouloir leur faire passer l’hiver alors que les essaims avec de jeunes reines seront d’excellentes colonies de production en 2022.

Mais on peut aussi réunir ces essaims avec des colonies de production pour hiverner de colonies sur 8 cadre qui seront des bombes en fin d’hiver prochain.

Seconde méthode : les cellules royales naturelles

A force de nourrir il se peut que des CRN apparaissent sur un ou plusieurs cadres. A ce moment là on refait la même opération que précédemment en ne mettant qu’un cadre mais avec cellules. Cette stratégie suppose de surveiller les colonies toutes les semaines et d’intervenir immédiatement dès que les CRN apparaissent. Attention à ne pas froisser les CR ouvertes au moment de l’ouverture de la ruche et de la pose de partitions réfléchissantes dans la ruchette. Opérer rapidement pour ne pas refroidir les nymphes dans les CR operculées.

Une alternative à l’éloignement du rucher

Ce sont de petites populations, on peut donc les laisser plusieurs jours enfermées dans une cave ou un endroit pas trop chaud mais totalement dans l’obscurité. On dit classiquement 48 h ou 3 nuits, mais si le fond de la ruchette est un peu plus ventilé qu’indiqué précédemment et posé sur une claie, on la laissera une semaine.
Mise au rucher à ce moment là on pourra verser dans le nourrisseur cadre un verre de sirop. Attention ne pas visiter cette colonie, la reine est en fabrication il faut éviter tout incident perturbateur de son développement.

 

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

18 résponses de Que faire au mois de mai ? Il pleut ! Webinaire faire des essaims et nourrir

  1. Jean dit :

    Bonjour Mr Riondet, j’ai un jeune essaim qui subit un pillage depuis plusieurs jours, au point qu’il n’a plus de réserves. Je n’ai pas moyen de le déplacer à plus de 3 km. J’ai réduit l’entrée de la ruche et fait de même pour toutes les autres ruches du rucher qui, quant à elles, ont l’air de bien résister malgré quelques combat sur les planches d’envol. Comment faire pour que le phénomène ne prenne pas plus d’ampleur ? Puis-je réunir cet essaim à un autre dans ce contexte tendu ?
    Merci d’avance pour votre attention et pour tous vos enseignements et conseils. A bientôt.

    • Si les pillardes ont consommé les réserves, les abeilles de l’essaim ont dû être mal menées et la reine sans doute détruite ? A vérifier.
      Oui une réunion et toujours possible sinon souhaitable.
      On assiste également à la mise à la porte des mâles et voire de leur destruction, les abeilles les piquent s’ils forcent le passage.
      Ne vous privez pas de nourrir, le soir au sirop pour éviter le pilage ou au candi qui provoque peu de pillage.

      • Jean dit :

        Merci beaucoup pour votre réponse Mr Riondet. Effectivement, entrée de pollen quasi-nulle depuis quelques jours si l’on compare à ses voisines donc la reine a dû être tuée… Je fais la réunion dès que la météo le permet.
        A bientôt !

  2. Mendes emmanuel dit :

    Bonjour Mr Riondet
    J’ai introduit mes reines fécondées sur deux cadres (dans les cagettes non ouvertes) il y a deux jours conformément à vos conseils . Il va pleuvoir en continu pour les deux jours à venir. Puis je les libérer au bout de quatre jours sachant qu’elles auront été en cagette au total depuis 6/7jours ou dois je impérativement les libérer maintenant.(sachant que l’observation des premiers contacts semblait bons.)
    Pour info et suivant vos conseil ,j’ai laissé un bout de candi protéiné sur la tête des cadres)
    Merci pour votre réponse.
    (Faut il se réinscrire au Webinaire de jeudi pour avoir les codes si nous sommes déjà inscrits à la formation)
    E.M.

  3. Penin François dit :

    Bonsoir Jean,
    Sur un essaim artificiel dont la reine est en âge de démarrer sa ponte j’ai observé des cadres avec des cellules ne contenant qu’un oeuf mais un autre cadre où les cellules contiennent souvent plusieurs oeufs. Est-ce le signe que cette colonie va être bourdonneuse ou est-ce un problème de manque de cellule à pondre pour la jeune reine?
    Merci pour tous vos bons conseils et bien cordialement
    François

  4. Roux dit :

    Bonjour Monsieur Riondet,
    vous conseillez, comme dans toute littérature apicole que lorsque l’on cloitre un essaim plusieurs jours il faut le mettre au frais et à l’obscurité… effectivement avec des ventilations réduites on comprend le fait de le mettre au frais mais pourquoi dans le noir ? je n’ai jamais trouvé la justification de cela… est ce simplement pour éviter aux abeilles d’avoir l’idée fixe de trouver une sortie coute que coute ?
    Encore merci pour tous vos conseils
    apicolement vôtre
    fabien

  5. KAMINSKI Emile dit :

    Bonjour M.RIONDET,

    Ai vérifié mes colonies le 8 Mai : pas de CR , mais des amusettes par-ci par-là.
    Constat : les hausses sont vides, les cadres de corps vides ,d’ou nourrissement ==>
    Famine suite à la mauvaise période méteo..
    Un désastre pour moi …
    Les abeilles comme des zombies ,des  »camées » : plus de jus (chaque année il y a une autre merde )
    Ce sont des colonies faites l’année dernière au moi d’Août , Reine Carnica avec Pédigrée, en provenance de l’Institut LAVE -Reine Fécondée sur Ile
    Ai Fait le nécessaire : 2 poches de sucre nourrisseur, candi ; ai sauvé la colonie de justesse..
    Les 2 poches ont été intégralement consommées, ce qui n’est pas le cas du candi.
    Ai enlevé la hausse et j’ai mis 1 nourrisseur bois.
    Je vous joints les photos.
    Par contre, je ne comprends pas pourquoi les abeilles vont et viennent sur la planche d’envol : est-ce la prépartation à une surprise ou???
    Je n’ai plus vérifie depuis mon nourrissement.
    Je souhaiterais vous transférer les photos et une vidéo, mais cela ne fonctionne pas.
    Merci de votre retour.
    Très cordialement
    E.KAMINSKI

    • Bonjour,
      Je ne saurai répondre au pourquoi ce va et vient, j’en ai vu sur la face avant d’une ruche en juillet 2020 situation ininterprétable. les abeilles opéraient un lent mouvement sur 3 cm de montée et descente et relativement en synchronie entre elles.Par contre ne pas hésiter à remettre du sirop par 2l à la fois et 2x/semaine. Bonne suite
      JR

  6. Gimeno dit :

    Bonjour mr Riondet.
    Peut on mettre du candipoline sur les hausses déjà en place et faut-il alterner avec sirop ou mettre les deux en même temps en petite quantité

    • Mettez ce que vous avez sous la main si vous les voyez rentrer du pollen, le sirop suffit mais si le pollen n’est pas au rendez vous utilisez du candi protéiné. Royal Care vient de sortir un candi protéiné à 25% un produit pleinement à la hauteur des besoins des abeilles.
      J’ai fait un mélange 500g de levure Royal Care, 500 g de Microsoja et 1,5 k de miel liquide. C’est un peu difficile à malaxer mais 10 minutes après la pose sur la tête des cadres le mélange était couvert d’abeilles.

    • Avec la famine que nous connaissons en de maints endroits, les hausse ne risquent pas de se remplir ! Donc oui le Candipolline convient il apporte le sucre et les protéines. Mettez-en à satiété. Inutile de mettre du sirop surtout qu’en période de grande faim, les abeilles vont s’y noyer en masse et le pillage est toujours possible.
      JR

  7. Roland dit :

    Bonjour Mr Riondet
    Je suis sur mornant et je peux emmener mes ruches un peu plus haut pour essayer de faire du miel de châtaignier a défaut de Miel de printemps mais le terrain se trouve sur un versant nord est ce un problème ?
    Dans l attente d’une réponse de votre part
    Merci pour tous vos conseils
    Roland palluy

    • Le soleil sera-t-il sur les ruches ? Les abeilles voient des rayons UV jusqu’à l’orangé, pour cela il leur faut voir le soleil le plus possible car le rayonnement UV est très mal réfléchi par le sol (sauf par la neige).
      Un versant Nord peut tout simplement retarder un peu la date de la floraison, c’est à voir à l’expérience, mais si les ruches peuvent voir le soleil le versant ne pose aucun problème.
      Sur la vision de l’abeille une remarquable synthèse sur
      http://le-monde-de-cathy.net/kti/recits2018/abeille_180105/texte2.html
      JR

  8. Guillaume dit :

    Bonjour M. Riondet,

    Sur mes 3 colonies, j’ai effectivement constaté des réserves très très basses, j’ai donc nourri les colonies qui en avaient besoin. J’ai l’impression que le temps est en train de se stabiliser en Rhone Alpes, j’espère que nous n’aurons pas à nourrir à nouveau nos colonies, j’aurai l’impression d’avoir des abeilles sous perfusion.
    Continuons d’être vigilant et regardant l’état des réserves et espérons que l’été ne sera pas trop chaud !

    Guillaume

    • N’arrêtez pas de nourrir, le soleil revient mais pas les floraisons, nourrir jusqu’aux premières fleurs des tilleuls.
      Dans un ouvrage des éditions MIR (du temps de l’Union soviétique) intitulé « les pharmaciennes ailées, il était expliqué comment faire de des concentrations de produits (plantes ou produits chimiques) ayant potentiellement des vertus thérapeutiques en les incorporant dans des sirops donnés aux abeilles. Le miel qu’elles en faisait était considéré comme un médicament.
      Vu nos très faibles perspectives de production de miel cette année, cette voie serait peut être à envisager au moins comme productions familiales en complément de nos vins de noix, vin d’orange et autres triturations domestiques !
      JR

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