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    Saisons

    Février, un mois court qui commence dans le froid, c’est bien l’hiver !

    Jean RiondetBy Jean Riondet9 février 20255 commentaires6 Mins Read

    Notre webinaire commun avec le SNA

    jeudi 27 février  : La conduite des colonies et du cheptel pour minimiser les effets des virus

    Sébastien Bonjour apiculteur professionnel

    https://us02web.zoom.us/j/82158177711?pwd=AWGM0kiMbgxST580AO05aNhzbNaM42.1

    C’est un mois de préparation des outils pour la suite des évènements. Avec le froid nul besoin d’ouvrir les ruches pour en apprécier l’état. La pesée sera de quelque utilité.

    Seule la variation du poids, pesée mensuelle ou bi-mensuelle, nous servira, le froid interdit toute ouverture. Avec la reprise du couvain selon les lignée et les lieux, c’est fait depuis un mois, pour d’autres c’est tout juste en cours, le poids est appelé à descendre du fait des gelées à produire et surtout de l’énorme quantité de chaleur que les nymphes requièrent. En absence de couvain nous avons constaté une perte qui était inférieure à 1kg dans le mois puis on dépasse très largement cette diminution, un collègue observe 100g/j.

    Rappelons qu’un resserrement très important des abeilles, de la reine et du couvain en CH1au mois d’octobre prend tout son sens pour ce moment de la saison. Une CH1 étroite, c’est une densité élevée d’abeilles donc de calories produites par leur seule présence et conservées grâce aux parois réfléchissantes et isolées pour la nymphose des larves. C’est un gage de production de belles abeilles riches en vitellogénine et aux importantes capacités cognitives. La température située entre 34 et 36°c durant la nymphose est impérative pour un développement optimal du cerveau.

    Produire de belles abeilles en début de saison

    Sans exagérer, on peut affirmer que la qualité des abeilles à naître qui sont en production actuellement va déterminer la qualité des futures butineuses mobilisée en avril c’est à dire dans 6 à 8 semaines. En effet, les nourrices de ces butineuses à venir sur les miellées de printemps seront issues du couvain en cours de nymphose aujourd’hui.

    Dire cela peut sembler excessif car les abeilles à venir en mars ou avril vont bénéficier des abondantes floraisons du printemps. Certes la ressource alimentaire sera là, mais il faut des nourrices en capacité de métaboliser le pollen qui va rentrer. Pour que ces abeilles soient de bonnes nourrices encore faut-il qu’elles fussent très correctement nourries et que leur nymphose ait été particulièrement réussie c’est à dire que la régulation de la température fut réussie au moment cruciale de la reprise de la ponte de la reine.

    Ces bonnes nourrices en cours de gestation, sont abondées en protéines actuellement grâce aux abeilles d’hiver. Le pollen dans la nature, en ce moment, reste encore limité. Les protéines utilisées sont un peu issues des réserves de la ruche en pain des abeilles (souvent pauvres) mais surtout issues des réserves en vitellogénine des abeilles d’hiver. Ces abeilles d’hiver ont fait leurs provisions à partir de la fin aout jusqu’à octobre. La vitellogénine est une modalité de stockage de protéines dans la colonie via les corps gras des abeilles.

    Notons que le terme de super-organisme donné actuellement à la colonie recouvre cette modalité, les stocks de protéines dont la colonie peut avoir besoin tout au long de la morte saison sont soit dans les rayons comme l’est le miel mais également sous la forme de la vitéllogénine stockée dans les corps gras des abeilles.

    Un super-organisme fonctionne sur un mode communautaire où les individus les plus jeunes assurent l’entretien des bébés tandis que les plus âgés vont prendre le risque d’aller à la recherche de la nourriture pendant que d’autres se gavent en attendant d’intervenir en cas de besoin … Aucun individu ne peut vivre hors du groupe et le groupe ne peut correctement exister sans une division des tâches au final très poussée.

    Tout ceci pour nous rappeler que le cycle de l’abeille et donc du travail apicole se cale comme pour toutes les activités agricoles sur celui de la biologie de l’insecte en lien avec le cycle des floraisons. On retiendra également que les travaux de recherche sur le sujet montrent que les abeilles d’hiver ne sont pas toutes celles nées à partir de septembre, seules un nombre relativement modeste d’entre elles seront riches en corps gras.

    Ce qui nous conduit à être particulièrement vigilant pour la production de ces abeilles en automne tant du côté des apports alimentaires si l’environnement est défaillant mais de façon très importante pour le traitement contre le varroa qui sera le premier consommateur de ces réserves de vitellogénine.

    Nos belles butineuse en avril sont conditionnées par nos actions à partir de l’été contre le varroa en particulier.

    A propos de la CH1

    Ce resserrement du couvain entre 2 PIHP va bien au delà des simples habitude de resserrer les colonies en fin de saison sur le volume des abeilles. Il s’agit de contraindre la population à vivre la morte saison dans un espace très restreint pour optimiser la ressource calorique et par là même les réserves en miel et la santé des abeilles. En ayant cette obsession en tête l’apiculteur s’assure de disposer de bonnes abeilles qui seront plus résilientes face aux agents pathogènes et on élargira cette CH1 pour la dimensionner à la capacité de ponte de la reine.

    Comment le fera -t- on? Très simplement lorsque la reine ira pondre en CH2 on rapatriera ces cadres pondus dans la CH1 en une opération et sans doute la CH1 restera dans cette configuration jusqu’à la fin de la saison avant de revenir dans un espace plus réduit pour l’hivernage.

    La capacité de ponte de la reine c’est quoi ?

    C’est la surface pondue par la reine sur un cycle de 21 jours.

    21 jours parce que c’est le temps de gestation de l’œuf jusqu’à l’imago. C’est le temps pour que la reine ayant parcouru toutes les cellules disponibles revienne pondre dans les cellules libérées par les naissances.

    Cette capacité de ponte est liée à la fécondité de la reine, donc sa génétique, sa jeunesse, mais aussi aux conditions environnementales c’est à dire la santé globale de la colonie, le nombre et la qualité des nourrices pourvoyeuses de gelée royale, l’environnement floral, la météo. Ce qui fait beaucoup de paramètres et ne permet pas de la définir a priori. Seule l’observation compte. Le résultat s’évaluera à la vitalité du couvain observable par un couvain serré et aux opercules bombés.

    Pour les anglophones

     » Les abeilles mortes ne font pas de miel 10 trucs pour avoir des abeilles productives et en bonne santé » (mars 2024)

    Yves Layec fait une présentation de 5 de ces 10 trucs dans le n° 325 de La Santé de l’Abeille de février 2025

    Jean Riondet
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    5 commentaires

    1. Pascal P. on 11 février 2025 6 h 40 min

      Bonjour,
      Quel est l’espace qu’il doit y avoir entre la chaussette et le bas des cadres de la ruche ?
      Est-ce qu’un espace de 6 mm (identique à la hauteur des portières d’entrée Nico verte) est suffisant ?
      Merci d’avance pour votre réponse.

      Reply
      • Jean Riondet on 26 février 2025 22 h 17 min

        Bonjour,
        Cet espace est trop juste. Ensuite tout dépend du comportement des colonies, certaines passeront sans problème aux alentours de 9mm (le beespace) et plus généralement on préfère raccourcir les PIHP de 20mm pour être certain d’avoir un passage conséquent mais sans excès. Trop juste les abeilles propolisent, trop large elles construisent des morceaux de rayons. On a constaté que selon les fabricants, la profondeur des feuillures varient ainsi que la hauteur des corps et même si ces variations sont faibles, le résultat peut être catastrophique car la PIHP serait trop près de la chaussette et les abeilles ne passent pas.
        JR

        Reply
      • Jean Riondet on 4 avril 2025 21 h 13 min

        Il faut environ 8 / 9 mm (le beespace identifié par Langstroth, mais sous la PIHP il faut un peu plus de l’ordre de 15 mm pour que les abeilles soient incitées à passer dans la CH2

        Reply
    2. Leontine on 11 février 2025 22 h 48 min

      En allant voir ce jour mes 4 ruches pour ajouter du candi, je constate que les 4 ruches sont vides avec seulement quelques dizaines d’abeilles mortes. Les cadres sont encore plein de reserves. J’avais fait l’hivernage le 20 octobre avec des abeilles et des réserves. Ce qui est dingue, c’est que cela concerne la totalité des ruches. Un avis sur ce qui a pu se passer?

      Reply
      • Jean Riondet on 26 février 2025 22 h 10 min

        Bonjour Léontine
        C’est typiquement une mortalité liée au varroa qui engendre outre des virus, des populations d’abeilles pauvres en corps gras et donc inaptes à vivre longtemps. Pour préciser si ce sont bien des varroas à l’origine de cette disparition reportez vous à l’article suivant :
        https://blog.exometeofraiture.net/blog/2020/01/28/autopsie-ruche-morte-hivernage-varroa/
        C’est un excellent outil pour bien identifier l’origine d’une disparition par varroa
        Il faut avoir une gestion très stricte de varroa et se rapprocher des protocoles que proposent le GDSA de votre département.
        Pour limiter la casse avec varroa j’applique depuis 2 ans le protocole suivant : 1- après la récolte de mai, je pose sur chaque CH1 une lanière de Formic Pro (vendu en sachet de 2 lanières mais 1 seule suffit) durant 7 jours (l’acide formique détruit les varroas sur les abeilles et attaque les varroas dans les cellules operculées) 2- après ou au moment de la récolte d’été (début ou mi juillet au plus tard) j’encage mes reines durant 25 jours puis je traite à l’Acide Oxalique (Apibioxal, Varromed ou Varoxal), puis je fais un encagement mi octobre et je décage à partir du 15 novembre environ selon les jours de beau temps et je traite avec de l’Acide Oxalique (Apibioxal…). On a parfois des surprises en juillet avec des reines qui sont abandonnées par les abeilles mais le plus souvent elles en refont une nouvelle, parfois on trouve une nouvelle reine en ponte … mais ce n’est pas du tout systématique. En automne l’encagement ne présente pas de risque de ce type on est en période de restriction de couvain. Avec ce protocole qui mérite d’être encore validé sur de plus nombreuses colonies que ce qui a été fait jusqu’alors on a une mortalité hivernale inférieure à 7% et une mortalité estivale du même ordre. On est très en dessous des taux généralement considérés comme acceptables pouvant aller jusqu’à 30% !
        Bonne reprise en 2025
        JR

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