La pluie, les orages, ont apporté l’eau attendue depuis si longtemps pour redonner un peu de nectar. Mais bien des floraisons sont achevées, celles à venir seront la queue de la comète miel. L’année sera encore marquée au feutre noir.
Il sera compliqué de faire comprendre aux clients que le miel est rare. Il y a eu des fleurs de la chaleur et des fruits, alors pourquoi pas de miel ? Le vent puis la chaleur ont séché les fleurs. Les apiculteurs ne sont jamais contents ! Disent-ils. Hélas oui c’est la troisième année consécutive que les conditions météo appauvrissent la ressource en nectar, car le miel est le but visible de l’activité apicole.
En fait ce qui se sera produit et qui aura fait la fortune des marchands de matériels apicoles fut la production d’essaims naturels. Rupture de stocks sur les cadres, le prix de la cire s’envole. Jamais autant de caisses vendues en si peu de temps et des vocations d’apiculteurs de loisir en marche. Ruchers école à vos marques.
Le planning du mois
Récolter au plus vite, traiter contre varroa avec un produit d’ambiance (thymol, acide formique pour ceux qui, en connaissent parfaitement le maniement…), nourrir massivement au sirop concentré. Les abeilles ont ou vont avoir faim.
La cire
A ce propos, le manque de récolte appauvrit la ressource principale de la cire qu’est la désoperculation des cadres de miel. Les tout petits producteurs n’ont guère l’habitude de traiter leur cire pour la recycler. Mais ils achètent des cires gaufrées.
La ressource première vient à manquer compensée actuellement par des importations de cires asiatiques ou africaines. C’est à la fois bienheureux et dommage. Dommage qu’un circuit court, au bilan carbone faible, ne soit suffisant pour répondre à nos besoins.
Bienheureux, car cette cire d’importation principalement issue de ruches naturelles, d’espèces d’abeilles vivant sur un seul rayon, sont des colonies non traitées par des produits chimiques. Les cires sont d’une très grande pureté.
Nos cires de récupération recyclent les produits de traitement contre varroa, impossibles à éliminer. Malgré les efforts des ciriers pour acheter de la cire garantie exclusivement d’opercules par les apiculteurs, trop de cire de récupération sont de qualité assez médiocre.
Peu à peu les produis se spécifient les cires pures opercules atteignent des prix exorbitants. L’adjonction de ces cires venues des pays d’Apis Cerana, Dorsata … abaisse la proportion des produits chimiques résiduels. Et pour faire hurler certains lecteurs en y ajoutant un traitement de cires gaufrées aux rayons gamma on obtient des produits parfaitement stériles. Ainsi on évite de recycler les spores de loques que les traitements classiques n’éliminent pas totalement tant elles sont résistantes à haute température.
Ce traitement aux rayons gamma est classique aux USA où les ruches vides d’abeilles, avec leurs rayons, peuvent être ainsi traitées en fin de saison. Une société spécialisée dans ce type de traitement pour les produits alimentaires, entre autres, m’a confirmé traiter des cires pour les apiculteurs.
Le traitement aux rayon gamma est le procédé de stérilisation de tous les matériels chirurgicaux à usage unique particulièrement en plastique. Sur les produits alimentaires une trentaine d’autorisations sont données en France (épices, oignons…) les altérations sur le produit sont très faibles, aucune radio activité résiduelle n’est possible, les micro organismes sont détruits, dont les spores, les formes les plus résistantes des bactéries, champignons…
Conclusion pratique
Avant que les apiculteurs amateurs ne portent leur cire dans les stations de ionisations (les poules auront des dents!) le travail essentiel est de produire de la cire. Ce sont les hausses équipées de deux cades de moins que le corps qui en permettent une abondante production.
En désoperculant au ras du bois on obtient une forte quantité de cire issue de la surépaisseur produite par les abeilles. Elles amènent l’intervalle entre deux cadres à leur seule espace de passage. Cette manière de procéder a comme limite qu’il faut un peu surveiller la construction des rayons, cette grande largeur leur offrant la possibilité de construire de travers.
Après la désoperculation, le temps d’égouttage de la cire est plus long tant la quantité de miel qui tombe avec la cire est importante. mais le jeu en vaut la chandelle. Le regroupement d ‘apiculteurs se connaissant, développant les mêmes pratiques d’hygiène et de prévention des maladies, de suivie et d’éradication des colonies loqueuses en particulier, leur permet de faire traiter leur cire à façon, 100 kilos suffisent, mais il faut les réunir.
Ce sera pour l’année prochaine.
La propolis
Autre production facile à réussir et qui complète la gamme des produits de la ruche , la propolis. Cette gomme tirée des bourgeons des arbres sert aux abeilles à colmater, enduire, protéger leur habitacle. Riches de produits bactériostatiques la propolis a des vertus cicatrisantes, désinfectantes… elle est commercialisée en spray ou en gomme. Là où les arbres ne fournissent pas suffisamment de cette ressource, les abeilles ramassent des matières molles, peintures en cours de séchage, goudrons… je l’ai constaté de visu. La propolis est un produit non transformée par l’abeille elle a uniquement les vertus de son origine.
Pour sa collecte on pose au sommet des cadres une grille en plastique épaisse mais aux mailles assez fines pour que les abeilles y viennent en boucher les trous : grille spéciale au format des ruches ou store d’égouttage pour fromages que l’on taille.
La grille, une fois colmatée par les abeilles, on la roule pour la mettre au congélateur. En quelques heures elle sera durcie et cassante, en déroulant la grille elle tombe. C’est une propolis très pure. Celle que l’on gratte sur les cadres, les bords de la ruche contient des cires et des produits de traitement contre varroa. La production de la propolis se fait bien en début de saison et à partir de juillet. C’est une modeste production de 300g maximum par ruche et par an, mais bien utile. Certaines races du Caucase furent importées pour leur aptitude à collecter la propolis.
En particulier, l’apiculteur peut faire une décoction de cette propolis (congelée puis immédiatement) broyée dans de l’alcool de fruit. Décoction à saturation, que l’on ajoutera dans la proportion de 5% aux sirops de nourrissement. C’est une vieille recette qui limite fortement le risque de Nosémose, semble-t-il.
Notre regretté ami Henri Renson de Belgique, m’avait rappelé son conseil sur l’adjonction de la propolis dans les sirops d’été et d’automne après les grandes mortalités d’il y a 10 ans que j’avais subies.
Je reste prudent sur l’efficacité tant nous manquons de données bien contrôlées sur ces pratiques, de comparatifs sur l’ensemble des compléments alimentaires qui nous sont proposés ou que nous suggérons. La réglementation sur les affichages des vertus sanitaires des produits alimentaires impose des niveaux de contrôles prohibitifs pour rentabiliser ces productions. Les informations scientifiques sont donc insuffisantes.
Nourrir
La récolte faite il est urgent de redonner aux abeilles de quoi amorcer ou achever les réserves pour l’hiver. On vient de leur envoler une partie. Le jeu va consister à produire ces réserves mais également à relancer la ponte de la reine qui entre dans une phase de déclin. Les floraisons sont quasiment achevées, les rentrées de nectar et de pollen sont faibles, les abeilles nourrices ne sont plus assez productrices de gelées royale. La diminution du couvain s’amorce et à terme celle de la population.
Or, il faut produire de l’abeille le plus tard possible afin d’avoir des populations jeunes pour la morte saison. Il y aura près de 5 mois de survie à assurer. Or la longévité des abeilles l’hiver tient à, leur inactivité juste après leur naissance. Ces abeille d’hiver ne font rien, pas d’entretien du couvain, pas de butinage, pas de concentration de nectar…
Pour préserver leur jeunesse il faut que les réserves soient faites le plus vite possible, que la ponte de la reine soit maintenue. Le rapport des surfaces entre couvain et miel sera de l’ordre de 1/3 ou 1/4 de couvain pour 2/3 ou 3/4 de miel et pollen en octobre.
Plus qu’à tout autre moment de l’année le sirop à distribuer doit être de qualité. Il ne doit contenir aucun résidu inutile aux abeilles qui resterait dans leur ampoule rectale durant les grands froids et qui provoquerait des lâchers de souillures dans la ruche avec toutes les spores des maladies. Le sucre doit être ultra digeste, fructose, trop onéreux, ou glucose saccharose dont les abeilles possèdent tout l’attirail a hoc pour les digérer. Les sucres bon marché contiennent beaucoup trop de maltose, issu de l’inversion enzymatique des amidons de blé ou de maïs. Cette manière économique de produire du sucre donne des sirops plus lents à digérer par les abeilles et cette lente digestion est épuisante pour leur organisme. On se rend compte de la qualité diététique d’un sirop pour l’abeille lorsque la colonie continue à étirer des cires alors que l’on est en octobre !
Avec ces apports de sirops il est bon de donner des compléments alimentaires pour améliorer l’état sanitaire des colonies, les produits abondent.
Mais pour que la reconstitution des réserves soit efficace, il faut rapidement réduire le volume des ruches en partitionnant par enlèvement d’un ou deux cadres, voire plus si besoin. Il faut obliger les abeilles à remplir les cadres de miel sur la plus grande hauteur possible de manière à ce qu’au moment des grands froids elles disposent des grandes surfaces de miel où vivre et se nourrir. Sinon les réserves épuisées d’un coté de la ruche, la grappe par grand froid n’ira pas explorer ailleurs la présence de miel et l’on trouve des colonies mortes de faim en fin d’hiver alors que la ruche possédait encore du miel à l’opposé de là où est morte la grappe.
Le sirop à donner sera à la concentration 2/3 de sucre pour 1/3 d’eau il servira pour les réserves de miel et pour stimuler la ponte de la reine qui devra poursuivre son œuvre de reproductrice on donnera des sirops légers environ 40% de sucre pour 60% d’eau.
Quand le donner ?
Le lendemain de la récolte remplir les nourrisseurs couvre cadre, ras bord. Apporter jusqu’à 15 litres par ruche, le poids en pesée arrière approchera les 20 k minimum, on apporte du sirop concentré. Petit bémol, surveiller que la ponte de la reine reparte après la fin de ce nourrissement.
Si tel n’est pas le cas où le couvain jugé trop peu important, retirer une cadre de rive pas trop plein, ajouter un cadre bâti en milieu de couvain, puis nourrir par petites quantité de 500ml à 1l maximum tous les deux jours pour pousser la ponte de la reine. Ce sera un sirop léger.
A cette époque nul risque d’essaimage.
Traiter contre varroa
N’oublier pas de traiter contre varroa, juillet et aout sont des mois fatidiques. Le couvain est en régression, tous les varroas disponibles sont sur les abeilles et non dans les cellules de couvain, ils les affaiblissent magistralement en leur pompant les prolines dont elles ont tant besoin pour la durée de leur vie et leur résistance aux maladies.
Suivre les conseils de votre association sanitaire locale. Le traitement de juillet aout pour faire baisser la pression des varroas sur les abeilles est un traitement d’ambiance par l’atmosphère de la ruche, il est sensible à tout un ensemble de contraintes : hygrométrie, température, volume de la ruche nombre des abeilles. Certaines années il est très performant d’autres nul. Il sera complété ultérieurement par des traitements sur la durée avec des molécules agissant par contact.
Mais partout tout n’est pas identique, selon les races, les lieux, les conduites, les pratiques biotechniques contre varroa… les infestations sont très variables. Au cours d’une visite sanitaire j’ai trouvé un rucher sur une friche industrielle, il n’est jamais traité, jamais nourri. Son propriétaire en tire une dizaine de kilos par an et par colonie. La mortalité hivernale n’est pas nulle mais jamais totale, les essaims naturels sont remis dans les ruches, … l’apiculteur est plus que satisfait de ce loisir peu productif mais suffisamment pour sa propre consommation, peu chronophage et peu encombrant.
N’hésitez pas à me faire part de vos questions ou suggestions, j’en ai besoin pour un nouveau projet. Autant qu’il réponde à vos attentes.
Jean RIONDET
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34 commentaires
Bonjour,
Mon rucher a eu la maladie noire ou mal de mai.J’ai perdu 7 ruches sur 9. Est ce que je peux récupérer les hausses pour mettre sur un autres rucher sans contaminer des autres ruches?
Merci pour votre réponse
C’est une virose et de ce fait très difficile à détecter, latente, impossible à combattre.
La désinfection du matériel s’impose (passer les caisses à la flamme du chalumeau est le plus simple car rapide, efficace). Pour les rayons, c’est plus compliqué. Certes les virus survivent peu de temps en dehors d’un organisme vivant, mais dans un cas d’infestation mortelle il vaut mieux mettre les rayons des ruches mortes hors circuit. Selon mes auteurs de référence en la matière (Albisetti et Fernandez Coisneau)si on souhaite les désinfecter le plus simple serait l’acide acétique glacial (2ml par 1000 ml de volume traité : on pose les hausses sur un sol bien plan, on étanche bien les hausses avec des bandes collantes, au sommet on met une coupelle d’acide contenant le volume requis et on laisse 12 jours évaporer l’acide, attention l’endroit doit être ventilé c’est toxique, utiliser des gants « acide » des lunettes…). Avec la javel (seul virucide, fongicide, bactéricide, sporicide totalement efficace et pas cher) on peut aussi tremper ½ h les rayons dans un bain de javel (1 berlingot dans 4,75l d’eau avec 5% de liquide vaisselle, les alvéoles étant bien emplies de cette eau. On rajoute des berlingots de javel toutes les 2 heures environ.
Sinon extraire au fil des miellées, le plus rapidement possible, remettre les hausses et les rayons sur leurs ruches d’origine (boulot de repérage), même avec des rayons peu operculés surtout si vous ne vendez pas votre miel, vous n’êtes pas soumis à la contrainte du taux d’humidité autorisé, cependant le risque de fermentation augmente, la condition est de faire des extractions dans des conditions d‘hygiène très rigoureuses.
merci pour toute les informations sur lapiculture tres utile
M.RIONDET, bonjour
Vu la quantité de miel j’ai laissé plus longtemps possible les hausses.
les cellules de miel n’étant pas toutes operculées , peut on récolter ce miel?
merci pour votre réponse.
c coste
Bjr Jean
Concernant la propolis, la récolte est judicieuse en été/automne mais comment faire si l’on effectue un traitement anti varroa au thymol ?
En fait je suppose que c’est soit la propolis soit le traitement.
Il en est de même concernant le nourrissement; il n’est pas possible de mettre un nourrisseur en même temps que la grille à propolis !
Comment faire ?
Avec mes remerciements,
Amclt
Oui la compatibilité thymol récolte de propolis est douteuse, c’est soit l’un soit l’autre. Certains font pour cela des traitements flash à l’acide formique pour déverminer au mieux les colonies en juillet puis récolter la propolis ensuite. Le début du printemps est aussi une bonne période. Pour la pose des nourrisseurs, tout dépend du modèle, le couvre cadre a généralement une ouverture en bout et on décale la grille. D’autres sont centraux, on découpe cette partie de la grille à propolis en cet endroit.
Bonjour,
Il y a beaucoup de maïs dans ma région, le pollen de maïs est il vraiment aussi mauvais qu’on le dit pour les abeilles ?
J’ai une ruche depuis l’an dernier (j’en ai plus cette année), elle a dû aussi butiner beaucoup de maïs en 2013 et çà ne lui a pas vraiment nui car elle a fait 51 kgs de miel cette année.
Donc je m’interroge sur ce que je lis sur le pollen de maïs…
Merci par avance pour votre avis sur cette question ^^
Bonjour,
Le maïs produit un pollen qui est transporté par le vent pour polliniser les fleurs femelles. Les abeilles consomment relativement peu de ce pollen car tout dépend des ressources alimentaires autres disponibles sur leur territoire. C’est plutôt une consommation en second rang. Mais il est vrai que les maïs enrobés de produits systémiques véhiculent dans leurs pollens de faibles quantité de ces produits qui affectent le larves par le biais des bouillies nourricières fabriquées par les nourrices (abeilles âgées de 5 à 10 jours environ et les abeilles adultes qui en consomment un peu pour produire de la cire en particulier.
Autat les hercheurs ont bien montré tous les mécanismes qui œuvrent dans la destruction de tous les insectes via ces molécules véhiculées par la sève des plantes et que ce soit fongicide, pesticide, mais également herbicide. Par contre faire le lien entre une mortalité dans un rucher de quelques ruches et un produit c’est mission impossible les abeilles d’un rucher ne vont pas toutes butiner au même endroit, ces produits agissent de manière lente, donc seule une mortalité aiguë est visible et on parlera d’intoxication. L’intoxication aigüe était classique avec les produits de contact (nicotine, DDT…) le DDT a fait dans les années 1950 l’objet d’un article par mois dans les revues apicoles, aujourd’hui les inox aigües ont presque disparues sauf dans des zones particulières comme l’arboriculture tant les consommateurs exigent des fruits lisses comme du plastique… les traitements sont à jet continu.
Donc il est très difficile de répondre simplement à votre question, sauf que pour faire vivre nos colonies, notre expérience nous conduit à préconiser : traiter de manière drastique contre varroa avec des produits autorisés et réputés efficaces, (cf les publications de la FNOSAD à ce sujet), nourrir avec des sirops de qualité pour produire des réserves hivernales conséquentes et des abeilles saines, nourrir dès janvier avec des candis protéinés (levure de bière lyophilisée) de manière à relancer la ponte de la reine au plus vite car il semblerait confirmé que dans les années 1990 un groupe d’abeille vivait l’hiver environ 150/160 jours et que maintenant on ne dépasserait guère 110 jours dans la plus part des régions. Ce raccourcissement serait sans doute lié aux utilisations de ces molécule systémiques qui affaibliraient les colonies conjointement avec l’action de varroa, mais ne les tueraient pas directement.
Le débat agrochimique est politique et donc à traiter à ce niveau, c’est le rôle ses syndicats d’apiculture, dans les ruchers ce seront les traitements anti-varroa, la qualité de l’alimentation, les règles d’hygiène et une bonne entente avec nos voisins agriculteurs. Avec tout cela on a des colonies qui survivent.
Enfin c’est juste mon avis comme dit RTL !
J Riondet
Bonjour.
C e blog est extraordinaire. Mon « mini » rucher est près d’Aix en Provence , récolte 2014 nulle ,il est vrai que mes 2 langstroth sont occupées par des essaims de l’année arrivés sur 5 cadres , et que mes 4 warré ont éte pertubées par les tentatives de création d’essaims; 2 réeussites; Comme vous le dite , fréquentations importantes des fleurs , mais récoltes nulles et réserves que je vais devoir aider à se constituer.
jacques.
Il est vrai qu’il est plus facile de reproduire des abeilles que de produire du miel. Outre les aléas de la météo, qui nous ont joué des tours depuis 3 ans, pour produire du miel il faut produire des abeilles en quantité. Nous ne leur prélevons que l’excédent de leur production produit par un excédent d’abeilles. Cette manière de faire conduit aisément à la surproduction d’abeilles et donc à l’essaimage. Le savoir faire à acquérir est celui de l’estimation du moment où le risque d’essaimage semble apparaitre, par un essaim artificiel à faire avec un cadre de couvain + 1 miel + cires, sur lesquels on secoue un à 5 cadres de couvain, on vide la colonie d’une partie de ses nourrices pour stopper une trop forte dynamique démographique.
Jean Riondet
La surproduction d’abeilles conduit à l’essaimage, mais le fait de mettre des hausses assez tôt et en quantité suffisante permet de contrôler un peu ce phénomène, non ?
J’ai ainsi mis une deuxième hausse le 15/04 puis une troisième le 28/04 et du coup ma ruche n’a pas essaimé.
Est ce dû au fait qu’elle avait ainsi assez de volume pour toutes les abeilles présentes ?
Oui vous avez tout à fait raison, c’est une bonne manière de faire, pour preuve vous avez réussi. Mais de plus, vous deviez avoir une reine jeune et une lignée peu essaimeuse, cette année il fallait bien tout cela pour que les colonies n’essaiment pas. Une manière complémentaire consiste à faire dès le 15 avril, voire avant certaines années comme celle ci des essaims sur un cadre de couvain ouvert avec un cadre secoué en plus, un cadre de miel, mettre cela 2 nuits au noir et frais de préférence, puis remettre dans le rucher et laisser les abeilles élever une reine. Nourrir,
la reine née et en ponte, renforcer cet essaim en intervertissant la souche avec cette ruchette, le temps que les butineuses apportent un max de sirop et de pollen, lorsque la population explose en 3 semaines intervertir de nouveau. Ce petit jeu affaiblit partiellement les souches qui essaiment moins.
Jean RIONDET
Il y a peut être aussi plusieurs choses qui ont fait que ma ruche n’a pas essaimé:
– Je n’avais que des cadres cirés neufs comme c’était ma première année et du coup çà les a occupés à construire.
– J’ai agrandi la planche d’envol de 20 bons cms, c’est une ruche Nicot et la planche est très courte je trouve sur ces ruches, çà n’est pas idéal pour une ruche populeuse.
– Et le toit a gondolé au milieu de la longueur, ce qui fait que les abeilles pouvaient entrer un peu par le haut entre le toit et le nourrisseur ( les cabochons étaient absents), je testerai sûrement l’an prochain une petite entrée sur une hausse en plus de l’entrée principale du bas.
Je pense que ces facteurs ont joué , si l’essaim n’est pas freiné dans son développement , il aurait tendance à moins essaimer.
Ce ne sera sûrement pas une théorie fiable à 100%, mais cela augmente les chances.
Sinon un grand merci car la lecture de votre livre « le rucher durable » m’a été d’un grand secours en tant que débutant.
J’ai lu de nombreuses fois les chapitres les plus importants pour le printemps !!!
Bonjour,
Petite question j’ai bien compis qu’il fallait nourrir après la recolte, mais quand faut il arrêter ? J’ai lu dans qu’il fallait plus nourrir après le 10 septembre.
Merci
Le repère du 10 septembre n’est qu’un repère. Avec les automnes doux, le couvain se développe très tard. Donc on peut nourrir relativement tardivement. Mais la bonne stratégie est de nourrir massivement après la dernière récolte et de ne nourrir par al suite que par petites touches 1/4 de l une à 3 fois par semaine selon les rentrées de nectar, pour maintenir la ponte de la reine à un haut niveau. Bien resserrer les colonies pour que les réserves de miel faites, les abeilles naissantes n’aient pas à devenir butineuses, d’où les faibles quantités de sirop léger à donner pour tenir la ponte de la reine, si vous vous trompez dans les doses vous le verrez vite, le nid à couvain s’engorgera de sirop. Vous arrêtez de nourrir.
Cdlt
J Riondet
Bonjour, j’ai mis une hausse par ruche pour qu’elle puissent le bâtir les cadres pour l’année prochaine. Comme j’ai reçu ces essaims en Mai, elles ont même stocké dedans. J’ai prévu de les retirer mi aout pour leur en redonner une bonne partie. Il y a du Colza pas loin, et elles étaient encore dessus.
Après je pense mettre les lanière de Varroa s’il ne fait pas top chaud en aout, sinon j’attendrais fin aout des températures plus basses.
Pensez vous que tout cela est tardif car je ne voudrais pas trop faire travailler des abeilles d’hivers !
MErci
Bonjour,
Une précision, les abeilles battissent pour stocker du miel ou y mettre du couvain, elles ne bâtissent pas en prévision, donc si elle sont bâti c’est qu’elles avaient des réserves à mettre signe excellent pour votre zone d’apiculture : les miellées furent abondantes.
Vous allez leur redonner une bonne partie de ce miel comment ? En l’extrayant puis en le remettant dans les nourrisseurs ? C’est à très haut risque de provoquer du pillage,si le miel est extrait, mangez le. Si c’est pour remettre les hausses plus tard, laissez les elles organiseront leur colonie entre la hausse et le corps. C’est la technique des divisibles, on laisse un élément plein de miel au sommet de la colonie.
Après avoir choisi votre voie, traitez au thymol de suite pour avoir un effet nettoyant sur las=$es abeilles adultes le plus rapidement possible; Le couvain régresse, les varroas sont tous sur les abeilles au lieu d’être dans le couvain, les clonies peuvent en mourir rapidement. Le thymol est un produit d’ambiance l’Apivar un produit de contact à l’effet plus lent. Les lanières sont à mettre en septembre ou octobre et à laisser jusqu’en mars. Les suspendre dans le couvain, pour que toute la hauteur de la lanières soit bien au contact des abeilles, l’une placée dans le couvain du coté de l’entrée, l’autre toujours dans le couvain, mais plutôt vers l’arrière.
Nourrir massivement de suite pour accroître les réserves de miel avec u n sirop 2/3 sucre – 1/3 eau, puis avec un sirop 50/50 pour stimuler la ponte de la reine pour avoir en octobre environ 1/4 de surface de couvain et 3/4 de miel et pollen.
Restreindre l’espace du corps pour que les cadres de miel soient bien pleins sur le plus possible de surface que les abeilles par grand froid soient toujours sur du miel. Sinon avec 10 cm de miel au sommet de tous les cadres elles auront vite épuisé les réserves d’un coté de la ruche et pourraient y mourir de faim si le froid les empêchaient d’explorer une autre zone de la ruche ayant du miel.
Les abeilles d’hiver naîtront de ce couvain que vous aurez fait produire jusqu’en octobre.
Cordialement
Jean Riondet
Bonjour et merci de ces précisions bien détaillées !
J’ai tout compris, sauf que mon couvain est souvent décalé sur un côté de la ruche mais pas centré. Faut-il le recentrer après récolte ?
Qd vous dites enlever des cadres, c’est donc juste avant de les nourrir massivement, c’est ça ?
Que faire des cadres enlevés s’il y a un peu de ponte dessus ou du miel ? Vais-je trouver des cadres bâtis tout vides ?
Le nourrisse ment stimulatif est à faire sur quelle une courte ou longue durée (15 jours ou 1 mois ?).
Enfin et j’en ai fini avec mes questions, que conseillez vous comme sucre. JE vous avoue ne pas m’être posé la question, J’achète du sucre de base que je fait bouillir avec une CAS de vinaigre de cidre.
J’irai voir cete semaine où elles en sont car içi en Isère il ya encore le Tournesol!
Merci bcp du temps que vous prenez pour nous répondre.
Arnaud
Oui maintenir le couvain centré est une sage précaution, la reine se déplace du coté le plus chaud de la ruche mais risque de se bloquer contre une paroi.
Oui enlever les cadres avant de nourrir pour réduire la ruche sauf si le couvain occupe une bonne place (5 ou 6 cadres) et les cadres de miel sont déjà en cours de remplissage, il faut enlever les cadres non bâtis et ceux qui sont totalement vides. Le nourrissement massif fait on regarde comment c’est rempli, si des cadres ont seulement 10cm de miel, les retirer et refaire un nourrissement massif pour obliger les abeilles à bien les remplir sur le plus possible de la hauteur.
Les cadres retirés seront stockés à l’abri des teignes par soufrage et stockées dans des corps empilés bien fermés à l’abri des rats et souris.
Le nourrissement stimulatif est à faire tout le mois de septembre.Les années très douces on peut poursuivre sur octobre. L’idéal est d’avoir environ 1/4 de surface en couvain et 3/4 en miel et pollen. les réserves de pollen sont importantes pour la reprise de la ponte de la reine et de son couvain en janvier et le miel pour la survie de toute la colonie.
Le sucre doit être de première qualité, pur saccharose glucose, on a de la peine à savoir ce qui est vendu rien n’est indiqué sur les sacs. Or le maltose présent dans les sucres issus de l’amidon est long à digérer pour les abeilles mal équipées en enzymes ad hoc. Nous achetons à plusieurs un sucre glace pur saccharose glucose sans amidon, les abeilles construisent encore en septembre ! C’est dire s’il leur est adapté.
Cordialement
J Riondet
merci pour vos conseils, c’est très clair !
bonjour
soit disant, le vinaigre de cidre aide la digestion du sirop de sucre lorsque donné aux abeilles ; pouvez vous préciser les proportions à respecter ?
Merci
Eric
Le vinaigre de cidre contiendrait du potassium, favorable aux abeilles.L’acidification des sirops aurait un effet sur Nosema Apis mais pas sur Nosema Ceranae.
Les partisans de la méthode mettent de l’ordre de 5ml de vinaigre de cidre / l de sirop. Certains prétendent que cela n’a guère d’effet, d’autres que les levures inhérents aux vinaigres détériorent le sirop…
Une alternative semble-t-il efficace également serait une décoction de propolis dans de l’alcool, la solution à saturation serait utilisée à la dose de 5 ml /l de sirop.
Les adjuvants alimentaires actuels font leur publicité sur l’amélioration ou la protection du système digestif de l’abeille. Car blessée par les néonicotinoïdes (insecticides systémiques), la paroi intestinale devient le lieu de reproduction de Nosema Apis qui fait éclater la dite paroi et l’abeille en meurt.
A une époque on pensait qu’ajouter de l’acide tartrique améliorait l’inversion du saccharose en glucose et favorisait la digestibilité du sirop pour les abeilles. Les travaux que j’ai pu consulter permettent de penser que c’est inutile, les enzymes que possède l’abeille seraient largement suffisantes.
Jean Riondet
Bonjour,
Je n’ai pas encore récolté mon miel. Depuis quelques jours de nombreuses abeilles sont sur des prunes tombées sous des arbres fruitiers.
Y à t-il un risque pour la qualité, le gout et la conservation du miel?
Cordialement
Sur la conservation non il n’y aura probablement pas d’effet, mais sur le goût oui. Extrayez d’urgence d’autant que ce miel ne relève pas de la définition officielle qui n’a pas prévu ce cas de figure, mais cette année la famine est telle que les fruits sont dévorés par les abeilles, les pêches sont perforées par elles alors que l’on attribue ordinairement ce travail de perçage aux guêpes. Le sirop qu’elles rapporte est souvent acre selon un de mes collègues qui voit rentrer du jus de cerises dont c’est la fin : vergers abandonnés, cerises triées et jetées avant la vente, cerises jetées par les grossistes en manque de vente… cette situation est très rarement observée.
Jean Riondet
bonjour,
merci pour votre réponse sur le nourrissement;
Selon vous, combien de temps faut il respecter entre l’orphelinage de la colonie et le moment ou on introduit une nouvelle reine dans sa cagette ?
que préconisez vous pour faire nettoyer les hausses collantes de miel aprés extraction?
Merci et bon week end à vous
Eric
Tout dépend de la race des abeilles, de leur douceur ou agressivité. Quelques heurs suffisent, mais pour réussir, prenez des précautions supplémentaires : introduire en fin de journée, sortez les accompagnatrices de la cagette, réduire le volume de la population en déplaçant la ruche de manière à perdre des butineuse qui sont également les plus agressives des abeilles, laisser la cagette fermée 48h, ouvrir sur la cagette l’accès au candi et laisser les abeilles faire le passage,nourrir massivement au sirop 50/50…
Je fais lécher mes hausses sur le couvre cadre des ruches (couvre cadre nourrisseur ou non) en ouvrant l’un des passages pour les abeilles. Je les pose un soir pour les récupérer le lendemain dans la journée. Faire l’opération en pleine journée peut conduire au pillage. Cette année pillage certain tant les abeilles sont affamées.
J Riondet
Merci.
cordialement
Eric
Bonjour Mrs Riondet et merci pour la qualité de vos ouvrages et de vos conseils !
Concernant les reines, je voudrais juste faire par d’un retour d’expérience : j’ai acquis des reines noires auprès de plusieurs conservatoires (belgique et ouessant) indroduite dans des paquets d’abeilles et des essaims auprès d’apiculteurs locaux transhumants avec des reines metisses. Je constate que les reines noires suivent parfaitement le développement de la flore locale (3/4 cadre de couvains fin mars) et consomment peu en hiver; les ruches avec reines metisses sont pleines d’abeilles au 15 avril et n’ont rapidement plus de miel. Pour ces ruches, le nourrissement indispensable conduit directement à l’essaimage. J’ai hiverné des reines noires sur 4 cadres de ruches warré; malgré des températures hivernales qui atteignent régulièrement les -15°C à 800m, elles passent l’hiver…. transférées fin mars, elles sont aujourd’hui sur 5 corps de ruches warré…
C’est juste une constatation sur 4/5 saisons, rien de plus…
Par ailleurs, j’aimerais conserver des cadres de miel et de pollen d’une année sur l’autre pour les essaims. Existe-t-il une méthode efficace (congélateur, sucre glace…) de conservation ? pour les cadres de hausses extraits, savez vous pourquoi le Bacillus thuringiensis… n’existe plus chez les revendeurs de matériel?
Merci par avance
Cordialement
Philippe
Bonjour,
Oui vos observations sur les reines noires sont très concordantes avec ce que l’on en sait, mais encore faut-il qu’elles aient été sélectionnées, les importations d’abeilles noires d’Espagne sans qu’on en connaisse la sélection nos amènent des abeilles hyper agressives. Mais pour résister oui les noires résistent. La sélection et la production des Buckfa s’accompagne de nécessité de nourrir puisque ce sont des abeilles à viande. C’est comme les races chinoises pour faire de la gelée royale, ce ne sont que des éleveuse de reines donc des essaimeuses.
Le BT n’est plus vendu en France (Mellonex et B 401) car le BT a changé de classement il est devenu Biocide et n’est plus insecticide, ce qui oblige les fabricants a demander une nouvelle autorisation pour la vente, le coût de la démarche serait supérieur aux bénéfices escomptés m’a dit le représentant de Vetopharma. Attention ne pas utiliser de Bt des jardineries, il y en a au moins 21 sortes dont certains toxiques pour les abeilles. Mettez vos hausses en pile avec grilles à reines dessus et dessous, bien ventilées et à l’abri de la pluie, les teignes ne s’y développent pas, elles n’aiment pas les courants d’air. Seule précaution, qu’elles aient été bien léchées sinon ce sont des rondes d’abeilles.
Jean Riondet
Bonjour Mr Riondet.
Suite à une maladie j’ai une ruchette avec un essaims de 2ans
la ruchette est très lourde et les abeilles rentrent du pollen
que préconisez -vous pour transvaser cette ruchette?
Bonjour Mr Riondet.
Suite à une maladie j’ai une ruchette avec un essaims de 2ans
la ruchette est très lourde et les abeilles rentrent du pollen
que préconisez -vous pour transvaser cette ruchette?
le seuil critique est de 20 kilo à la demie-pesée, mais toit compris ?
sinon le goudron à la place de la propolis, ben j’ai connu un marseillais qui remplaçait le pollen par une sardine !?
Oui avec un toit plat en tôle, sinon faut ajouter la moitié du poids du toit chalet, ce calcul reste approximatif vu que les masses ne sont pas équivalemment réparties dans la ruche. Mais on a tellement peu de mesures chiffrées en apiculture que même des indicateurs un peu approximatifs sont des pas énormes. Quand on soupèse à la main les ruches la première parait toujours légère, la dernière très lourde et le dos grince.
Pêchée dans le port la sardine ?
Cordialement
J Riondet
après ma récolte du 22/08/2015 j’ai mis a lécher la hausse sur la ruche je comptais revenir 2 jours après pour traiter et nourrir malheureusement à un imprévu je suis revenu qu’une semaine plus tard. Surprise la hausse était pleine à craquer les cires étirée pas operculées la hausse grouiller d’abeilles que faire n’est ce pas trop tard pour une récolte?