et on parlera des essaims artificiels à la fin de ce mois le jeudi 24 avril à 20h45 avec Damien Merit
https://us02web.zoom.us/j/86730009285?pwd=5bc6sqmM2yt8sUbLYYXz0SpSzmq5Qx.1
Avec ces beaux jours et la préparation des colonies commencée depuis février, les populations sont belles, les pissenlits permettent de belles récoles, les colza sont en fleurs en bien des endroits, il faut poser les hausses. L’adage « à la floraison des glycines l’essaim sort de la ruche » sera bon cette année.
Les colonies sont surpuissantes, ces alternances de tiédeur et de fraicheur ont permis l’apparition de beaux couvains. Tout s’est passé comme si la lenteur du développement de la ponte des reines avait assuré un bon nourrissement des larves et une bonne alimentation des nouvelles nées. Ce temps crucial juste après leur naissance où la chitine de leur organisme polymérise et où les nourrices leur apportent des gelées en abondance. Ces abeilles ainsi gavées développent des corps gras, riches en vitellogénine elles seront à leur tour de bonnes nourrices, de bonnes butineuses à condition de n’avoir pas été trop sollicitées pour chauffer le couvain.
Pour remplir les hausses il faut des abeilles qui volent
C’est pour cela que la RBC est intéressante puisqu’en CH1, si on ne l’a pas élargie depuis la fin de l’hiver, la quantité d’abeilles nécessaires pour tenir la chaleur sur le couvain fermé est relativement moins importante tout en ayant les mêmes surfaces de couvain que dans une ruche non RBC où la ponte de la reine s’étale sur 6 ou 7 cadres.
En RBC la ponte s’étalera progressivement sur toute la hauteur et la largeur des cadres, les surfaces de miel disparaissant peu à peu, le nectar qui rentre sera stocke en CH2. A l’inverse en ruche no RBC, la ponte se développera en concurrence avec les rentrées et de nectar et sur les rayons on observera côte à côte miel, nectar, pollen, ponte. De ce fait cette dispersion engendre une diffusion de la chaleur et pour maintenir sur le couvain la température adéquate les chauffeuses seront fortement sollicitées.
Or, rappelons nous que la chaleur produite par les abeilles l’est par tétanisation de leurs muscles alaires utilisés également pour le vol. Mark L. WINSTON dans son ouvrage sur la biologie de l’abeille en 1987 indique que l’abeille peut parcourir jusqu’à 800km. Sauf que si une partie de la vigueur des muscles alaires est consommée pour chauffer le nombre des km restant à parcourir sera réduite d’autant. Donc moins on a besoin de chauffeuses meilleures seront les conditions de butinage avec des abeilles capables de réaliser davantage de vols et des vols de plus longue distance.
Le butinage engendre la pose des hausses
Quoi de plus simple que de poser les hausse ? Certes mais quand et comment ?
Poser les hausses c’est augmenter le volume de la ruche et donc de la refroidir. En ces jours où la chaleur peut atteindre 20°C en pleine jouréne mais descendre à quelques degrés seulement la nuit ces aller retour thermiques seront fatals pour la ponte de la reine et la qualité de la régulation de homéostasie du couvain.
On se rassure classiquement en mettant 2 feuilles de papier journal entre le corps et la hausse, encore faut-il en avoir en ces temps de réseaux sociaux qui nous ont fait abandonner les canards. Et il n’est pas certain que ses abeilles attendrons sagement le moment idéal pour le percer. Mais enfin la vie est faite de rites qui font baisser l’anxiété.
En RBC l’interrogation est moins prégnante. On va utiliser la technique du mouchoir, pas si nouvelle mais avec du réfléchissant sur la quasi totalité de la CH1 ou carrément du corps. La taille de ce mouchoir n’est pas clairement identifiable, pour ma part je laisse 8 à 10 cm d’espace de chaque coté des feuillures sur les faces avant et arrière de façon a laisser un passage vers les hausses. Ce mouchoir sera réduit après le 15 mai lorsque la température externe sera régulièrement clémente.
Pour ma part j’ai solidarisé le mouchoir avec la grille à reine car le vent dans mes ruchers rend leur pose galère.
Les hausses seront partitionnées comme le corps et on ajoutera autant de hausses que de besoin vu qu’en partitionnant chaque hausse le volume disponible pour le miel sera faible. En effet les abeilles engrangent le nectar à l’aplomb de la CH1. Ce partitionnement des hausses, au moins jusqu’au 15 mai environ, permet de profiter d’un second effet dans les RBC, celui de la cheminée de chaleur.
Cet agencement permet de poser les hausses en avance par rapport à la période des grandes floraisons. Un signe pour ce point de départ est l’envahissement de la CH2, pleine d’abeilles par temps favorable au butinage la pose des hausses est possible
La cheminée chaude, comme l’énonçait Marc Guillemain, maintient une température élevée dans les hausses ce qui favorise le travail d’évaporation de l’eau du nectar et le travail des abeilles pour sa concentration en miel. Entre chaque hausse on remet un mouchoir. Si on ne dispose pas de suffisamment de la hausse, dès que des cadres de miel seront operculés, on déplace ces cadres dans la seconde partie de la hausse où des cadres seront vides ou partiellement remplis. On peut également faire faire 1/2 tour à un hausse dont les cadres dans la cheminée de chaleur seraient operculés. Néanmoins il ne faut pas hésiter à mettre plusieurs hausses en même temps car sur les miellées violentes comme le colza, le nectar peut rentre par 6kg à la fois et être réduit à 3 en une nuit, mais il faut avoir la place pour en mettre 6 en journée.
Attention, certaines lignées passent mal les grilles à reine, parfois les GR métalliques sont mieux acceptées car les abeilles peuvent avoir davantage de passage entre la tête des cadres et la GR. La première hausses est toujours la plus difficile à remplir. Le mouchoir suffit souvent pour éviter la montée des reines dans les hausses.
Dans cette ruche (photo 1) la CH1 à gauche, possède 4 cadres très fournis en superstructures
Sur la photo de la ruche, la CH2 montre des constructions de cire en surépaisseur, les rayons sont remplis de miel. Examinons les 4 cadres de la CH1, nous sommes depuis 10 jours avec une miellée de colza + soleil. Cette colonie identifiée faible en février a été stimulée avec 2 pâtons de candi protéinés de 400g, tout le miel de l’année dernière n’a pas été consommé. Sans doute cette colonie qui paraissait forte en automne dernier était-elle composée de beaucoup de vieilles abeilles, elle a fondu au cours de la morte saison son redémarrage ne peut être que lent
Tous les cadres sont surchargés en miel, mais ancien de l’année précédente. Les photos 2 et 4 montrent des cadres bien couverts de couvain fermé les 3 et 5 montrent un espace vide mais en fait plein d’œufs
La reine a été en blocage de ponte, elle n’est pas passée en CH2 car les rayons à baguettes sont en début de construction, ils sont insuffisamment construits et ont été remplis de nectar. La reine ne passe pas car pour accéder aux rayons de cire il lui faudrait passer sur le bois qui est trop froid pour elle.
Une fois la hausse posée elle ne s’est pas vraiment remplie, les stocks faits et operculés ces masses de miel de la CH1 seront progressivement consommées durant les périodes de pluie et de fraicheur. Néanmoins, c’est une colonie en phase de croissance.
Dans une autre ruche les 4 cadres de la CH1 sont couverts de couvain, pondus sur la quasi totalité de leur surface. Le miel stocké l’année dernière a été presque totalement consommé, la reine a eu largement la place pour pondre. Les hausses ont été posées 3 semaines avant celles de la ruche précédente. Il n’y pas eu d’erreur sur la date, car avec le mouchoir et la Grille à reine on ne s’est pas posé de question sur l’opportunité de cette pose. Depuis l’an passé cette colonie est populeuse, son démarrage fut rapide./
Gérer l’essaimage
A la technique proposées par F Penin le mois dernier, j’en ajouterai une autre issue des pratiques de Marc Guillemain avec la RBC.
Plutôt que de diviser la colonie en deux parties, il prenait la reine et la mettait dans une ruchette avec 1 cadres de corps de miel et des abeilles secouées de deux cadres de couvain ouvert. La ruchette est laissée dans le rucher, les butineuses retourneront à la souche, les jeunes abeilles resteront avec la reine et élèveront sa ponte. Cet essaim sera une ruche de production pour l’année suivante.
Dans cet essaim sans couvain on peut traiter de suite avec un médicament à base d’acide oxalique et on laisse la souche devenue orpheline refaire une reine. Dans 25 jours on pourra traiter contre varroa la souche de la même manière. Dans la socuhe il peut être prudent de vérifier le nombre des CR naturelles fabriquées au cours de l’orphelinage et détruire une semaine après l’opération la plupart des cellules royales et n’en laisser que 2 pour limiter le risque d’essaimage.
Pour l’instant lors de nos visites systématiques dans les ruchers, sur 30 ruches d’un rucher d’élevage, 2 colonies ont présenté ses CR naturelles, sur 4 cadres, 2 cadres de corps et 2 cadres de hausses dans une divisible Dadant. Nous avons réalisé 4 essaims sur 1 cadre, secoué un cadre supplémentaire de nourrices et ajouté des cires à construire. Ca devrait suffire pour calmer la fièvre d’essaimage. A voir.
Où mettre le cadre à mâles en RBC ?
Pour produire des mâles en vue des fécondations de nos reines d’élevage et saturer notre environnement de mâles de lignées choisies, les cadres à mâles seront placés en CH2 contre la partition centrale. Il seront construits et pondus lorsque la CH1 étant saturée de couvain fermé, la reine passera pondre en CH2. Dans cette circonstance de construction lente et de ponte tardive, les abeilles nourrices seront en très grand nombre et fort bien pourvues en gelées nourricières indispensables pour élever des mâles en nombre et en qualité. Ces colonies ont été conduites pour produire des abeilles diutinus (ou abeilles grasse, ou abeilles de longue vie ou abeilles d’hiver, ces termes sont équivalents).
Notons au passage que la production de ces abeilles se fait à chaque cycle de couvain lorsque la colonie atteint un stade de blocage de ponte en CH1. Cela suppose une période de floraisons régulières même si les températures peuvent être basses certains jours, ce fut le cas pour nous dans la Métropole de Lyon en mars. Dans une colonie de très petite taille à l’hivernage elle fut configurée en CH1 sur 3 cadres, aujourd’hui toujours sur 3 cadres mais en phase cocotte minute, les cadres sont pondus au carré. la hausse certes avec seulement 2 cadres peut être une opportunité pour faire un tout petit peu de miel ou mieux, on laisse la reine pondre en CH2 pour agrandir dans un mois la CH1 sur 6 cadres en vue des miellées de l’été.
Pour produire des couvains de mâles comme pièges à varroa dans le cadre d’une lutte intégrée contre ce parasite, le cadre à mâle sera placé en CH1 contre une des PIHP (Partition isolée et réfléchissante). Il sera rapidement construit et pondu, peu importe la qualité des couvains qui en résulteront puisqu’ils sont destinés à nourrir les poules avant d’avoir achevé les nymphoses.
Mais cela ne marche pas toujours en période de miellée : couvain au Nord, nectar au sud, pas même un œuf !
