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L’apiculture mois par mois – les conseils de Jean Riondet. Comment devenir apiculteur ?
Jean Riondet délivre chaque mois des conseils basés sur les questions posées par ses stagiaires.
Des conseils pour l’apiculteur, qu’il soit débutant ou confirmé. Ces conseils s’adressent à un apiculteur amateur évidemment.

L’apiculteur doit se former et s’informer en permanence sur l’élevage des abeilles et ses évolutions : traitements, nourrissement, environnement, récolte…
L’apiculture en 2020 n’est plus celle d’avant 1995… tout a changé et produire du miel n’est plus si facile: varroa, pesticides, environnement…

C’est le mois du jour le plus long de l’année. La chaleur est au rendez-vous, les fleurs encore nombreuses en apparence. Ces éléments sont trompeurs. Le couvain atteint le maximum de son développement en principe, mais à une condition : qu’il y ait encore des miellées ! Il y en aura, mais en fin de mois en bien des endroits, sur les châtaigniers. Mais entre la fin de l’acacia et les châtaigniers les abeilles connaissent parfois un petit creux.

J’avais acheté en 1995 l’ouvrage ronéoté de Marc Gatineau sur la ruche populaire de l’abbé Warré. Puis l’ouvrage de l’abbé ayant été réédité je l’ai acquis à son tour, puis récemment celui de Frères et guillaume. Mais je ne m’y étais jamais attelé. La force de l’habitude sans doute. Mais pas seulement. La fragilité des rayons, sauf dans le modèle Gatineau équipé de cadre mobiles, du matériel introuvable en magasin et donc à fabriquer soi même, m’avaient éloigné du procédé.

C’est le mois de l’élevage, pour certains c’est déjà le mois de la récolte du colza. Ce miel cristallise très vite dans les rayons et devient impossible à extraire. Si l’acacia est présent, l’extraction des miels antérieurs est une nécessité sous peine de mélanges. Rien de plus fâcheux que d’afficher sur ses pots « acacia » et le voir cristalliser. Ce qui ne fait guère sérieux.

Cher Collègue,


Comme beaucoup d’entre nous, je suis concerné par la prévention de l’essaimage et j’aimerais faire un essai cette année en appliquant votre méthode. Seulement, afin de ne pas commettre d’erreur au départ, puis-je vous demander quelques compléments d’informations ? En fait j’ai 3 choses à vous demander. 1) lorsque vous écrivez « mettre un cadre de couvain ouvert contenant des oeufs et un cadre de couvain fermé avec leurs abeilles dessus », s’agit-il de cadres de la ruche « à saigner » …? 2) Les 2 cadres de miel et pollen sont-ils pris eux aussi dans cette ruche …? 3) Que se passera-t-il si l’on n’a pas trouvé la reine et qu’elle soit introduite dans la ruchette du nouvel essaim…? D.M.

Après les tourments climatiques de Pâques, avril pourrait être beau et chaud. mais il a mal démaré. Et pourtant, les floraisons explosent, les colonies survivantes aux pressions de toutes sortes qui en affaiblissent la résistance connaissent un très fort développement. Des mortalités massives commencent à être imputées à des traitements « préventifs » en pulvérisation et à des semis de céréales enrobés de pesticides systémiques.

Je ne me substituerai pas aux travaux des scientifiques parus dans les trois revues nationales, Abeilles et Fleurs de l’UNAF, l’Abeille de France du SNA, et la Santé de l’abeille de la FNOSAD. Mais leur lecture et les échanges notamment avec mon ami, sélectionneur en Belgique, Henri Renson me conduisent au propos suivant.

Nous sommes au cœur de l’hiver et dans les plaines, janvier fut un peu froid, souvent tiède, les abeilles sortaient en masse. Les abreuvoirs et autres points d’eau ensoleillés les ont vu venir boire, preuve s’il en était besoin que le couvain est bien là. Le vent fut de la partie, vent chaud du sud pour la vallée du Rhône avec quelques tornades. Il est bon de considérer février comme un mois froid et ne pas intervenir sur les ruches de manière intempestive.

Les vœux, nous n’y coupons pas ! On craint le formalisme. Ces rites anciens à quoi bon ? Après tout, la plus part d’entre nous furent heureux de fêter Noël, fête depuis les origines de l’humanité qui célébrait le retour de l’allongement des jours. Christianisé, ce rite perdure dans un monde laïc. C’est le signe de la nécessité pour l’homme de se situer dans un univers ordonné et porteur de sens. Et ces fêtes nous rappellent ce besoin de se dire ce qui fait sens pour nous aujourd’hui. En ce début d’année apicole soyons reconnaissants aux présidents et aux animateurs des syndicats, fédérations et unions, du temps qu’ils consacrent au bien commun. Sans ce travail souvent bénévole, sans ces compétences à disposition, l’apiculture serait bien en peine de reconnaissance. Ce n’est pas la seule mode de l’écologie qui rend sympathique un insecte porteur de la peur instinctive de se faire piquer. C’est aussi et surtout le travail incessant de ceux qui ont imaginé et mis en œuvre les campagnes de valorisation de l’abeille, de défense de sa santé et au-delà de la santé de l’homme.

Le froid est là, par à coups comme toujours en ces périodes avant les grands froids qui sont plutôt en hiver. Les abeilles ne bougent guère, elles consomment leurs réserves. L’apiculteur aussi sera au calme. C’est le temps des assemblées générales des syndicats, où il est bon d’aller soutenir le moral des dirigeants et de profiter des conférences, des échanges et des rencontres en tout genre. Information et formation vont de pair. C’est aussi l’époque des travaux administratifs, payer ses cotisations, ses assurances, bref c’est un moment de dépenses encore. Noël c’est aussi le temps de retrouver ses amis, sa famille, pour fêter la solidarité entre les hommes. Les apiculteurs l’ont souvent manifestée, les abeilles nous rappellent qu’un peu plus de solidarité entre les peuples serait sans doute de bon aloi pour le futur des générations à venir !