Enfin coule le miel en juillet !

Le printemps s’achève et l’absence de récolte de miel inquiète les apiculteurs. Les colonies qui auront été bien suivies sont belles, même très belles, les essaims faits sur un ou deux cadres depuis avril sont très beaux et pour certains déjà sur 6 cadres, une belle récolte dans des haussettes s’annonce intéressante.

Dans mon désert alimentaire de zone céréalière, la pluie a favorisé une multitude d’adventices qui apportent leurs fleurs en ce moment. En tous lieux les ronces et arbrisseaux sont magnifiques, les marronniers sont en fleurs, là où ils peuvent pousser les châtaigniers ont les racines dans l’eau. Les alternances de pluies et de chaleurs sont assez en phase avec les besoins des colonies.

Jeudi 4 juillet webinaire (voir en fin de post)

Traiter contre varroa

Certes, c’est une obsession, mais à dire vrai nous n’y sommes pas assez sensibilisés alors que c’est le parasite qui décime à coup sûr nos colonies tout au long de la saison. Parasite proche des abeilles du fait qu’il se développe dans le tempo de la larve, on peut le désigner comme un commensal de l’abeille, il la pourrit de virus et son contrôle requiert de notre part une attention constante.

Cette période de mauvais temps (c’est celui qui dure dit mon voisin) aura provoqué des moments de rupture de ponte, d’absence de couvain. Et dans chacun de ces moments un traitement par dégouttement d’un médicament à base d’acide oxalique s’impose.

Et si les arrêts de ponte n’ont eu lieu, j’ai pour a part appliqué une proposition intéressante d’emploi d’une lanière de Formic Pro au mois de mai. Il est reconnu qu’au delà de 25°c l’acide formique perturbe fortement les colonies et donc son emploi optimal doit se faire à des moments de l’année où les température diurnes comme nocturnes oscillent entre 10 et 24°c.
le mois de mai est favorable à des chaleurs modérées et après la fin des récoltes de printemps on peut réaliser des traitements avant la remise en place des hausses. Cette année ce n’étaient pas les miellées qui risquaient de perturber un tel programme de traitement. L’intérêt de traiter avec ce médicament au mois de mai tient à ce que l’acide formique perturbe le développement des varroas en gestation dans le couvain operculé.

Or, en mai le varroa qui se reproduit au rythme du doublement de sa population chaque mois atteint déjà un bon niveau. Casser sa dynamique à ce moment là c’est donner au colonie un coup de fouet de bonne santé, un regain de bien être, par un arrêt de la prédation de la vitellogénine présente dans les corps gras des abeilles, et de la diffusion des virus dont varroa est le multiplicateur.

Les observations en cours montrent que suffit une seule bande posée sur la tête des cadres et sous un couvre cadre nourrisseur posé à l’envers. Le produit sera laissé une semaine et les hausses reposées à ce terme. On verra dans le temps si cette option est vraiment à retenir.

Second temps nous sommes dans le début de l’été, les récoltes sont en cours et le traitement d’été peut être envisagé une fois les hausses levées.

L’encagement

Dans notre post de juin nous avions donné des modalités d’encagement. Le modèles abondent disponibles sur Internet, chez les fournisseurs ou fabriqués par soi même. Deux morceaux de grille à reine de chaque coté d’un cadre de hausse bien droit avec 2 gros élastiques ou des agrafes peuvent suffire.

Une fois la reine mise dans la cage celle-ci sera positionnée entre 2 cadres de couvain avec un espace suffisant pour que les abeilles puissent facilement rentrer dans la cage. Comme déjà indiqué en juin, les cages dotées de grille à reine ne devraient pas dépasser 25mm d’épaisseur grilles comprises. Cette obligation pour ne pas isoler la reine plaide en faveur des corps à bandes lisses et aux cadres à espacement Hoffmann.

Le risque avec l’encagement de la sorte est de ne pas trouver la reine ou que les abeilles se sentant orphelines élèvent de nouvelles reines. Si on en a le temps il est bon de faire une visite dans les 10 jours autrement il sera toujours possible d’utiliser cette opportunité pour changer la reine et repartir pour 2025 avec une jeune reine. Une condition de la réussite de ce changement est de disposer encore de mâles mais bien que toujours possibles, rares néanmoins sont les situations où en juillet tous les mâles auraient disparus. Il y a toujours quelques ruches bourdonneuses dans l’environnement qui ont conservé des mâles.

Faire encagement en présence des hausses

Ce que je viens d’écrire ne fait que reprendre ce qui se trouve sur mon post de juin, une précision intéressante c’est de réaliser cet encagement avant les grandes miellées de l’été. N’ayant plus de nouveau couvain à nourrir les abeilles d’intérieur deviennent plus rapidement butineuses ce qui accroit la capacité de récolte de la colonie.

Au moment du décagement soit 21 jours plus tard on fera un traitement par dégouttement ou sublimation avec un médicament à base d’acide oxalique et ce traitement sera répété 4 jours plus tard ce qui assure de toucher les varroas issus des mâles nouveaux nés entre temps. Mais aussi de parfaire le contact des varroas avec le médicament.

la première application du traitement réalisé, on décage la reine, cet ordre des actions limite un peu son contact avec l’acide oxalique qui n’est pas sans effet sur la cuticule des abeilles qu’il rend plus facilement perméable aux virus et bactéries.

Le stress provoqué par l’application de cet acide provoque généralement la reprise de la ponte la reine. Un verre de sirop donné 1 à 2 fois par semaine favorise une belle reprise de couvain.

Ainsi accompagnées, les colonies devraient pouvoir supporter la présence des varroas résiduels et ceux qui seraient rapportés lors de dérives ou de pillages jusqu’au traitement qui sera opéré en novembre / décembre lors d’une rupture naturelle de couvain.

Élever ses reines

Les rentrées de nectar et de pollen permettent de nouveaux élevages de reines. Pour ma part je privilégie un cycle avec encagement de la reine dans un bloc de ponte comme indiqué dans mon ouvrage « Elever ses reines ». Après avoir stimulé la ponte de la raceuse durant une semaine par un verre de sirop ou du candi protéiné, je place cette reine dans le bloc de ponte le dimanche en fin d’après midi, j’ouvre la cage le lendemain lundi dans la journée pour libérer la reine qui file sur d’autres rayons et j’ai le vendredi ou le samedi des larves âgées de 24 à 36h couvertes de gelée royale.

Ce lundi de libération de la reine je réalise entre 2 PIHP des essaims sur 2 cadres de couvain de corps ou de hausse, et le vendredi ou le samedi je détruis les cellules royales et j’incruste 2 de ces larves dans les cadres des nucléi qui étaient en cours d’élevage de reines. Je surveille environ 3 jours plus tard l’acceptation, c’est bon dans 3 nucs sur 4.

En cas d’échec, si j’ai pris la précaution de mettre une larve sur chacun des 2 cadres je prends dans un nuc où les 2 larves sont élevées 1 cadre avec la cellule royale en développement que j’intervertis avec un cadre d’un nuc où tout a échoué. Je donne à chaque nuc 250g de candi protéiné et dans un mois je devrais trouver des reines en ponte dans la quasi totalité des nucs.

Cette méthode est particulièrement efficace au printemps, cette année dans les conditions météo actuelles elles fonctionne encore avec un excellent taux de réussite.

Le webinaire du mois de juin a eu lieu le 4 juillet !

Avec la revue l’Abeille de France nous vous proposons un webinaire le jeudi 4 juillet pour répondre à la question :

Quels sont les avantages de la  la conduite des ruches « Basse consommation d’énergie »

J’introduis notre réflexion par une brève présentation de la mutation que vit l’apiculture aujourd’hui et l’opportunité de travailler avec moins de ruches mais dans une approche plus individualisée des colonies. Pour cela il faut des outils et des modalités de travail qui respectent davantage notre cheptel en préservant la santé des abeilles. 

C’est une approche qui se situe dans le mouvement de l’Agroécologie

Accueil : Frank Alétru (l’Abeille de France) organisateur du congrès international d’Apiculture et d’Apithérapie à Tours du 11 au 13 octobre 2024

Introduction Jean Riondet

Présentation Damien Mérit

_____Replay disponible sur __https://jeanriondet.podia.com/_____________________________

Le webinaire du mois de juillet aura lieu le jeudi 25 juillet

Les tests d’efficacité des médicaments contre varroa, leur mesure sur le terrain et les conduites à tenir face à cet acarien.

Intervenant Jérôme Vandame. Il anima durant de nombreuses années les test pour la FNOSAD, il en connait la force, la limite, il nous montrera la complexité de leur mise en œuvre et les conclusions que l’on peut en tirer.

Lien pour assister à la réunion

https://us02web.zoom.us/j/84693034330?pwd=nCU6jWHTUaXXsmFQGbCGHiugQTQXCI.1

20h30 ouverture de la salle virtuelle

20h45 début des échanges

Retrouver les vidéo de la ruche RBC par Damien Merit sur

https://www.instagram.com/beevolutionx/

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

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