Janvier 2011 – Les travaux du mois de janvier

Bonne année à tous ! Et surtout pour ceux du bout du monde dans l’autre hémisphère. Le Nino ne vous met pas à la fête cette année. Et dans bien des pays proches l’année n’est pas à l’euphorie. Saleté d’époque, le moral est en berne en bien des endroits. Profitons de nos avettes et des contacts qu’elles nous permettent entre apiculteurs et passionnés de la nature pour nous refaire une santé mentale!

Après un mois de décembre très froid, la chaleur est revenue et les abeilles ont beaucoup consommé. Je mets du candi depuis début décembre, du candi protéiné avec de la levure de bière lyophilisée, environ 3% à peine du poids du candi lui même enrichi de 20% de miel. Les abeilles en raffolent, le couvain est reparti à toute vitesse. Les abeilles rentrent du pollen depuis le 10 janvier.

A l’atelier

La fabrication du candi pour ceux qui en sont les habitués, la préparation des cadres cirés, le nettoyage du matériel, sa désinfection au chalumeau, le trempage à la soude des parties non traitables à la flamme… Bref il faut préparer la saison prochaine du point de vue matériel.

Une bonne résolution pour 2011, prendre l’habitude de désinfecter soigneusement tout notre matériel de visite des colonies. A commencer par une bonne désinfection des blouses et voiles d’apiculture à l’eau de javel. Arrêter la machine à laver cuve pleine et laisser reposer l’eau et la javel durant 30 minutes (un berlingot pour 6 litres d’eau).
Il en ira ainsi de tout le matériel, y compris de la caisse à outils. Car pour qu’une maladie se développe il faut sans doute un agent pathogène, mais surtout des facteurs favorisants, dont la transmission par l’apiculteur via ses outils, les mélanges de matériel entre les ruches, les déchets des colonies qui trainent dans le rucher…

Détruire systématiquement les cadres ayant contenu des rayons noircis, issus de ruches mortes, les brûler est le mieux. La cire est irrécupérable, elle contient trop de produits chimiques bons pour infester la future colonie réceptrice de ces cires bien odorantes mais toxiques à souhait. Une étude espagnole parue dans la santé de l’abeille de novembre décembre 2010 fait ressortir que dans des ruches mortes, les cires contenaient des taux de Fluvalinate et de Coumaphos toxiques pour les abeilles.
Cette présence de Tau Fluvalinate et de Coumaphos dans les cires est un problème mondial. Ce travail mené de manière parfaitement scientifique donnera lieu à débats sans doute, il nous incite d’ores et déjà à la plus grande prudence quant à l’utilisation du Tau Fluvalinate.
Par ailleurs, les cires que nous mettons dans les cadres devraient être uniquement des cires d’opercules et par prudence de plus en plus de professionnels et d’amateurs se regroupent pour faire fondre et laminer leurs cires d’opercules, seule manière d’être certain que des produits chimiques toxiques issus de traitements ne sont pas recyclés avec la cire.
Certains syndicats et groupements ont acheté une machine à fabriquer des plaques de cire à partir d’un moule en silicone. Le procédé est long, on ne traite guère plus de 10k de cire par jour au dire de mes correspondants. Mais on est absolument certain de l’origine de la cire.
Ce point de réflexion sur la cire est à méditer, si des molécules peu destructibles circulent ainsi à notre insu dans les produits de la ruche, alors notre vigilance sur l’usage des médicaments antivarroa devra être plus grande encore. Le danger majeur serait l’altération de l’image du miel, en espérant qu’il n’y ait de conséquences sur la santé humaine.

Au rucher

L’entretien des ruches se fera sur les caisses traitées à l’huile de lin, passer une couche d’huile de lin bien chaude avec un rouleau en appuyant pour pénétrer le bois est rapide et salvateur pour les caisses. Idem pour les ruches peintes au Thermopeint. Les abeilles ne sont pas dérangées par les odeurs lorsque le froid étant là elles restent calfeutrées dans la ruche.
Les supports seront remis en état, de nouveaux si besoin seront installés, leur hauteur sera revue en fonction de l’état du dos de l’apiculteur ! Nous n’avons pas beaucoup d’engins de levage bon marché pour manipuler les caisses.
L’Apilift qui m’avait tenté à Apimondia a deux inconvénients majeurs d’une part un prix dissuasif, près de 3000 euros, et des pneus trop minces, sensibles aux épines des saletés qui trainent dans nos ruchers. Mais c’est un produit léger, bien conçu, sans doute serait-il bien utile pour des dos fatigués. Les diables avec fourches de levage en aluminium existent mais leur adaptation demande du travail et de l’imagination.

Pour se soulager un peu le dos, il est possible de se fabriquer un trépied en fer à béton sur lequel on pose les hausses. Ce support à hauteur des ruches évite de se baisser.

Conseil pour finir visiter vos ruches deux fois par mois. Le candi mis sur la tête des cadres avec une feuille de plastique transparente dessus ou une bâche à bulle permet de voir les abeilles, la consommation du candi… le couvre cadre nourrisseur posé à l’envers maintient un espace pour les candis. Avec ce procédé les colonies sont actuellement superbes. Dimanche j’en ai ouvert une pour voir, le cadre du centre avait des plaques de couvain operculé d’une surface équivalente à deux mains, de chaque coté on apercevait du couvain sur les cadres voisins. On verra ce que le froid revenant ce couvain donnera. Mais si le froid ne le tue, la colonie est en cours de renouvellement avec de jeunes abeilles. Bon signe.

Jean Riondet auteur de Un rucher dans mon jardin (en vente chez l’auteur) et de l’apiculture pas à pas (Ulmer éditeur).

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

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