Juillet – Août 2009 C’est la récolte

C’est le mois de la récolte, il n’y a plus de grande miellée en vue. C’est le temps du nourrissement des colonies pour aborder la morte saison, c’est aussi le temps des traitements. mais on peut encore faire des reines !

La récolte

Les dernièrs grandes miellées ont eu lieu, il est temps de récolter pour laisser aux abeilles le soin de faire leurs réserves d’hiver et de renouveller totalement leurs populations.

Pour récolter, le faire avant la fin du mois par une belle journée.
Pour celui qui peut récolter et extraire le même jour c’est préférable, le miel tiède coule facilement, plus froid il devient visqueux.

Poser la veille de la récolte des chasses abeilles simplifie le travail en évitant l’énervement du aux attaques des abeilles agacées par les chocs et le dérangement.
Le plateau du chasse abeille servira de couvre cadre au moment de la levée des hausses.

Mis la veille au soir, le chasse abeille permet aux abeilles de nettoyer tous les ponts de cire emplis de miel et les hausses seront nickel pour être transportées le lendemain.

Le lendemain munissez vous d’une hausse vide, d’une balayette, d’une toile lestée pour servir de couvre cadre sur les hausses récoltées. La toile est légère et facile de manipulation alors qu’un toit ferait l’affaire mais plus lourd et moins maniable.

Enfumez peu, posez la hausse sur le flanc et balayez les abeilles qui subsisteraient dans la hausse. Enlevez chacun des cadres, les brosser puis les mettre dans la hausse vide, recouvrez la de la toile, refermez la ruche, laissez le chasse abeille pour plus de calme vous l’enlèverez le lendemain.

Si la hausse est pleine d’abeilles malgré les chasses abeilles, elle est riche en cadres de couvain, ne pas la retirer, la colonie doit être vide de miel en desous et le couvain sera sûrement peu abondant, laisser la ruche en l’état.

Un tout petit peu de couvain sur un cadre ne gène pas l’extraction. Un cadre dans une hausse avec une moitié de couvain se met de coté dans une autre hausse vide avec les abeilles dessus, tous les cadres trouvés seront rassemblés pour faire une hausse de couvain et de cadres de miel, posé sur un plateau de sol avec une reine d’élevage cela fait une petite population qui, bien nourrie, sera mise d’ici septembre dans deux haussettes surperposées et donnera l’équivalent d’une ruchette 5 cadres, cette population sera apte à passer l’hiver.

Nourrir

La levée faite il est indispensable de nourrir massivement avec du sirop concentré à 2/3 de sucre et 1/3 d’eau ou mieux d’acheter les glucoses du commerce chez les fournisseurs apicoles, ce sont des amidons de blé inversés et la concentration atteint 72%.
Cet apport massif se fait jsuqu’à 15 l par colonie dans les nourrisseurs couvre cadres qui sont les plus gros contenant. L’apport bloque la ponte de la reine, les abeilles mettent du sirop partout puis la transformation en miel libère la place et la ponte repart au moment où elle chute partout ailleurs.

La population se renouvellera en 6 semaines et les corps bien pleins, l’hiver sera attendu avec sérénité.

Vous réduirez le volume des corps avec des partitions jusqu’à 5 cadres si les abeilles n’avaient pas suffisamment remplis les cadres de corps, il faut que les rayons soient pleins sur leur hauteur pour passer un bon hiver.
Les corps pleins, les jeunes abeilles ne feront rien sinon manger du pollen et du couvain ouvert. Ce canibalisme provoque le blocage de leurs glandes hypopharyngiennes source de la gelée royale nécessaire pour l’élevage.

Ainsi la colonie possédera en novembre des abeilles jeunes aptes à faire redémarrer la ponte de la reine dès janvier. On limite considérablement les mortalités de mars avec cette pratique. Pour lutter contre la nosémose au printemps, ajoutez par litre de sirop 2cm3 d’une décoction à saturation de propolis dans de l’alcool à 90°.

Dans l’ouvrage d’agriculture édité vers 1850 environ par la librairie agricole 26 rue Jcob à Paris « La maison rustique du 19° siècle » à la rubrique abeilles, la récolte est faite en mai. On récupère l’excédent de l’année antérieure et une partie de la miellée du printemps. On laisse les miellées à venir pour constituer les réserves de l’hiver.
Nos pratiques intensives conduisent à faire hiverner des abeilles vieillies par un butinage forcé jusqu’en octobre, leur corps vieilli n’est plus en mesure de fournir la gelée royale utile à la ponte de la reine et au couvain en janvier, les abeilles meurent très normalement de vieillesse en hiver. Les ruches sont vides avec encore du miel dans les rayons. Et on s’interroge !

Traiter contre varroa

Nul n’échappe à la lutte contre varroa.
Les derniers travaux de mesure de l’infestation et des conséquences sur la survie des colonies sont inquiétants.
Yves Le Conte dans sa mise à jour de la réédition du traité d’apiculture de Jean-Prost rapporte que les colonies sélectionnées pour résister à varroa sans traitement, et ce depuis 10 ans, produisent moitié moins de miel que les autres. C’est dire la pression que fait subir ce parasite aux colonies.

A retenir : il est démontré que les colonies infestées à plus de 7000 varroas lors d’un comptage maintenant ne survivronnt pas l’hiver à venir.

Pour ne pas polluer le miel, les traitements ne se font qu’en dehors des périodes de miellées sans hausses et les colonies traitées au printemps ne seront pas extraites de leur miel.

On combinera des traitements biotechniques avec des produits chimiques.

Traitements biotechniques : piégeage des varroas dans des rayons de bourdons que l’on détruit en avril, utilisation de plateaux de sol totalement grillagés.

Traitement au Thymol en juillet , 2 plaquettes mises à 15 jours d’intervalle par colonie sur 10 cadres .

Traitement à l’Apistan ou à l’Apivar selon les recommandations du GDSA en août durant 12 semaines et non 10 comme indiquée sur les mode d’emploi, 10 semaines avait semblé la bonne durée au moment de la demande d’autorisation de mise sur le marché, depuis il est apparu que 12 semaines sont préférables.
Retrait impératif des lanières fin octobre.

Traitement à l’acide oxalique en décembre : 35g d’acide oxalique par litre de sirop 50/50 distribué chaud par 5ml sur les abeilles des intercadres. Préparez des seringues de gavage une par ruche, remplie de 50 ml (générallement 25 ml suffisent).
Opérez par une belle journée, enfumez un peu sous le couvre cadre, opérez rapidement. Les abeilles n’aiment pas, elles sont agressives.

Précautions : Ne pas recycler la cire des corps qui fut au contact des produits chimiques. L’acide oxalique, le Thymol sont insolubles dans les cires et ne les imprègnent pas. Ce sont des produits qui existent dans la nature et dans les ruches. Il n’en est pas de même des molécules de synthèse inconnues de la nature et qui restent dans les cires.

Prévoir de changer au minimum 2 rayons de corps par an, 3 voire 4 si possible. Les rayons des hausses qui n’auront jamais été au contact des traitements peuvent être utilisés 10 ans.

Pour cire les cadres n’utilisez que des cire garntie d’opercules, ce sont des cires en principe indemnes de produits chimiques des traitements.

Les acides sont toxiques pour l’apiculteur, portez des gants, des masques, des lunettes de protection lors des manipulations, les faire dans des locaux aérés, ne pas respirer les vapeurs.
Ne pas utiliser d’autres produits que ceux autorisés, tous sont dangereux pour les abeilles, y compris les huiles essentielles.

Les durées de vie des abeilles sont raccourcies, la fécondité des reines et amoindrie, d’où l’impérieuse nécessité d’élever des reines ou de faire des essaims artificiels au printemps pour renouveller les reines des ruches de production tous les deux ans.

En respectant ces principes et en veillant à ne disposer que de ruches puissantes on limite la casse d’hiver, la santé des colonies est bien meilleure et si la météo est favorable, la production devrait suivre.

Le miel récolté devrait être indemne de toute trace de produit chimiques.

Elever des reines

En ruche orpheline il est encore possible d’élever des reines.
Nourir de manière continue ces colonies pour avoir de la gelée royale en quantité, ne pas hésiter à ajouter des cadres de couvain fermé dans ces colonies pour les enrichir artificiellement en nourrices. Ne pas baisser la garde pour nourrir les essaims artificiels ils devront posséder 5 cadres de couvain et de miel en septembre.

Jean RIONDET

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

2 résponses de Juillet – Août 2009 C’est la récolte

  1. Pingback: zibouche

Laisser un commentaire

Apiculture


Warning: Illegal string offset 'share_counts' in /home/lowb0456/apiculture.beehoo.com/wp-content/plugins/simple-social-buttons/simple-social-buttons.php on line 477