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    Saisons

    Juillet c’est la fin de la saison apicole et le début de la saison des vacances !

    Jean RiondetBy Jean Riondet3 juillet 2025Updated:18 février 2026Aucun commentaire10 Mins Read

    Prochain webinaire le 24 juillet à 20h45 questions réponses avec Jean Riondet, posez vos questions soit dans l’espace des questions de ce site soit sur : [email protected]

    lien de la réunion : https://us02web.zoom.us/j/84935456331?pwd=BacUaGBgsbBWra8AjIlXwa3qsnZAul.1

    Pour revenir sur les nombreuses questions soulevées par mes préconisations du mois précédent je vais reprendre certaines thématiques.

    Sauf exception pour ceux qui feront des miellées tardives sur le sapin ou le metcalfa, c’est le temps des récoltes et celui du traitement d’été contre le varroa.

    Les récoltes

    Malgré toutes les précautions d’hygiène, il arrive que certains miels fermentent. L’excès d’eau en est généralement la cause. Les ferments sont toujours présents mais pour se développer il leur faut une température et une certaine quantité d’eau. On retient la valeur de 18% d’eau comme étant le maximum admis pour éviter la fermentation, c’est la pratique en France alors que dans d’autres pays on admet 20%. Quoi qu’il en soit, moins le miel est riche en eau plus il a de bonnes qualités organoleptiques et plus sa conservation est certaine. La mesure au réfractomètre est nécessaire si on a des volumes importants car le matériel de mesure nécessite certaines précautions d’usage. Il faut en vérifier la calibration, l’absence de rayures sur la platine de dépôt du miel, l’absence de chocs qui le dérèglent, la propreté des surfaces au contact du miel. Un paramètre très influent, la température, elle est à relever précisément pour opérer les corrections nécessaires via les abaques fournies par les constructeurs à moins d’avoir acquis un réfractomètre qui intègre ce paramètre. L’appareil est étalonné pour un miel à 20°C, or nous sommes rarement à cette température au moment des récoltes.

    Le miel d’été en principe ne fermente pas, les nectars sont plus concentrées en sucres. Avec la chaleur on peut davantage prendre le temps de laisser maturer la récolte ce qui nous donnera des miels, une fois en pot, sans le petit voile blanc qui apparaitra à la surface voire au niveau de l’épaulement. Plus le miel contient de grosses particules plus elles remontent rapidement à la surface et en quelques minutes. Mais les particules les plus fines mettront beaucoup plus de temps. Celles qui font 0,1mm parcourront 50 cm en 9 jours.

    Pour enlever la mousse du sommet du maturateur on pose une feuille de papier sulfurisé qui sera enlevé promptement une fois collé à celle-ci. En deux opérations la plupart du temps, la surface est impeccable et le miel sera soutiré sans défaut jusqu’à la fin du fût.

    Bien des paramètres agissent sur la décantation, la viscosité naturelle du miel, la température… Certains miels décantent sans problème d’autres jamais. A voir dans la revue L’Abeille de France du mois de juin 2025 l’article de Georges Fleury très détaillé sur ce sujet.

    La maturation est une décantation, pas une évaporation de l’eau du miel, ce serait plutôt l’inverse car le miel est hygroscopique et une forte humidité dans l’air (supérieure à 60% d’humidité relative) aurait tendance à s’incorporer au miel dans les maturateurs. Lorsque l’hygrométrie est très basse l’air absorbe l’eau du miel mais sur quelques mm seulement et la méthode pour extraire l’eau du miel est de ventiler les hausses désoperculées, en atmosphère desséchée par un déshumidificateur à moteur, dans une pièce chauffée à plus de 25°C. D’autres méthodes plus techniques avec des matériels couteux sont possibles, mais hors de mon propos.

    Varroa, l’obsession

    Au risque de saouler le lecteur, je reviens sur la nécessité de l’encagement des reines pour effectuer un très bon traitement d’été. Aucun médicament contre le varroa n’est parfaitement actif en présence de couvain. Seul l’acide formique est susceptible de perturber la reproduction des varroas en gestation dans les cellules de couvain operculés qu’il arrive à traverser. Mais son usage lors de températures élevées en été est défavorable pour les reines et l’ensemble de la colonie. Bien que larvicide, c’est un excellent produit utilisable aux moments de moindres chaleurs c’est à dire entre 10 et 25°C. Il possède un autre intérêt il a une action choc, très rapide, son temps de présence dans les colonies est courte, de quelques jours seulement. En cas d’infestation massive au printemps ou en automne c’est un très bon recours.

    Pour en revenir au traitement de l’été, le traitement flash à base d’acide oxalique aura un effet intéressant en absence de couvain puisque ce acide ne pénètre pas dans la cellule operculée. Ce traitement, bien qu’ayant nettoyé la colonie de presque tous les varroas présents sur les abeilles, sera complété par la pose de lanières d’acaricide sur la longue durée entre 10 et 12 semaines pour contrer les infestations dues aux dérives et pillages de colonies faibles. Et pour couronner l’exercice on recommencera un traitement à l’acide oxalique en décembre lors de la rupture naturelle de couvain qui se situe selon les endroits entre le 15 novembre et le 15 décembre.

    Pour moi qui suis dans une zone où sont appliquées des cultures intermédiaires pièges à nitrates, les floraisons en novembre entretiennent un couvain de manière quasi continue jusqu’en décembre. J’ai opté de refaire un encagement en octobre. Cette histoire je vous la raconterai plus tard !

    Encager oui mais comment ?

    On cherche la reine, puis on l’enferme dans une cage de taille variable selon les préconisations des uns et des autres, celles où la reine peut encore pondre assurent le mieux possible la reprise de la ponte de la reine qui sera, on l’espère, vigoureuse puisque les naissances prochaines constitueront le « corps » des abeilles d’hiver si nécessaires pour le redémarrage des colonies dès janvier.

    cage dite de Scalvini qui permet une ponte de la reine mais jamais operculée

    Comment trouver la reine ?

    Si la recherche de la reine est difficile plusieurs méthode sans s’y obliger sont possibles.

    Avec 2 grilles à reine verticales on coupe l’espace du corps en 3 parties que l’on organise les plus étanches possibles. 3 semaines plus tard, une seule d’entre elles possédera du couvain, la reine sera en cet endroit, on retire ces cadres, les grilles à reine, on secoue les cadres de couvain qui seront détruits et on réalise un traitement à l’aide d’un médicament à base d’acide oxalique. Par précaution entre 5 et 7 jours plus tard on répète ce traitement.

    Une autre solution consiste à sortir tous les cadres de la ruche en ayant soin de les secouer dans le corps pour y faire tomber les abeilles, de laisser seulement 1 ou 2 cadres selon la taille de la colonie, de préférence parmi les plus anciens, de confiner cet ensemble avec 2 Partitions isolées et réfléchissantes (les PIHP de Marc Guillemain). Sur la ruche on met une grille à reine et le corps dans lequel auront été installés tous les cadres. Les abeilles remonteront dans ce corps pour s’occuper du couvain, on surveillera dans la semaine qui suit la création d’éventuelles cellules royales puisque la reine étant à l’étage inférieur certaines nourrices pourraient se sentir orphelines. Au bout des 3 semaines on retire les 2 cadres de couvain du corps inférieur que l’on enlève et commence la séquence d’application du médicament. Cette méthode très simple de mise en œuvre nécessite un corps de ruche supplémentaire.

    NB On ne conseille pas de récupérer le ou les cadres de couvain pondus durant l’encagement car ils sont le plus souvent cafi de varroas et refaire un essaim parasité n’a aucun intérêt.

    L’encagement l’été n’est pas toujours sans conséquence, certaines reines reprennent difficilement leur ponte après un blocage aussi long, d’autres sont abandonnées par les abeilles et on retrouvera une reine issue d’un élevage naturel, parfois il n’y en aura pas car l’abandon de la reine fut tardif et parfois la colonie devient bourdonneuse. Pour pallier ces rares accidents il est utile d’avoir constitué des essaims sur 1 cadre de couvain au printemps qui nous assurent des disponibilités de reines et d’essaims pour réparer les situations défaillantes.

    Les cages seront insérées entre 2 cadres là où le couvain ouvert est le plus abondant, un petit espace de passage sera réservé pour obtenir une bonne circulation des abeilles dans la cage, facile à réaliser avec des bandes lisses et des cadres Hoffmann, plus délicat avec des crémaillères. JN Humbert apiculteur de Haute Savoie a présenté sa fabrication des cages à partir de cadres de corps adaptées aux crémaillères.

    Sa vidéo est disponible sur le replay de la journée technique de la FNOSAD de janvier 2021 dont une séance fut consacrée à l’encagement des reines

    https://fnosad-lsa.fr/formations-fiches-pratiques/replay-video

    Dans mon post du mois de juin je donnais la méthode de JY Toinard qui ne fait pas d’encagement mais un essaim sur cadres de miel et abeilles avec la reine, cet essaim sera traité immédiatement puisque sans couvain, dans la souche le temps de fabrication d’une nouvelle reine permet d’atteindre le moment où il n’y a plus de couvain et donc il est possible de faire un traitement à base d’acide oxalique. Selon les opportunités l’essaim avec la reine d’origine pourra être ou non réuni avec la souche. Pour les professionnels, les solutions autour des techniques d’encagement vont varier sur les durées, la destruction du couvain résiduel… pour s’assurer une reprise de la ponte suffisamment précoce et un développement harmonieux du couvain pour que l’hivernage se fasse sur des colonies riches en abeilles grasses, bien nettoyées du varroa.

    Pour les petits producteurs, la règle simple à appliquer est de faire les dernières récoltes à la fête Nat, le 14 juillet, d’encager les reines à ce moment si on ne l’a fait début juillet puis de décager et traiter dans les délais normaux ceci afin de permettre le démarrage des opération de préparation de l’hivernage au plus tôt. on évite ainsi des nourrissements tardifs qui font vieillir les abeilles dites d’hiver.

    Faire les réserves

    Pendant la durée de l’encagement s’il n’y a plus de miellée pour remplir des hausses, il faudra apporter du sirop concentré pour produire les stocks d’hiver qui vont se faire dans le corps. Si on pèse ses ruches on peut apporter un volume de sirop qui permette d’atteindre un poids déterminé. Ce poids devra tenir compte de la composition des ruches de la nature de leur bois… Un exemple avec des ruches en douglas, toit tôle, plateau de sol plastique, configuration RBC, avec une CH1 de 5 cadres on peut estimer que pour l’hivernage le tout doit atteindre 35kg. La pesée faite on atteint le poids attendu par un apport de sirop. Ce poids sera modulé si par exemple on attend une miellée de lierre, de renouée du Japon, de Meetcalfa… Le premier temps de ce nourrissement vise à compenser la perte des récoltes et assurer le passage des mois les plus chauds et secs de l’été.

    Lorsque ce premier nourrissement sera consommé, une surveillance des surfaces de couvain nous conduira à des apports réguliers mais avec un sirop très léger 1kg de sucre pour 2 à 3 l d’eau le plus souvent possible et en petites quantités pour simuler une miellée sans permettre du stockage. Ces apports produiront un stimulation de la ponte de la reine. L’objectif est de produire en CH1 des cadres de couvain entourés d’une belle couronne de miel et en CH2 des cadres de miel et pollen sur toute leur hauteur. Le nourrissement d’octobre sera de nouveau avec du sirop concentré et en quantité telle que le poids ruche + sirop soit celui souhaité, tel qu’observé les années antérieures où l’hivernage fut réussi.

    Que se passe-t-il ?

    Les abeilles vont stocker ce sirop en CH1 et en CH2, ce qui se fera au détriment de la surface du couvain. Et la morte saison arrivant, les réserves de miels seront peu à peu consommées, l’espace de ponte de la reine sera de plus en plus large et dès le mois de février on verra des cadres en CH1 quasiment pondus au carré !

    mi octobre
    mi février

    Bel été !

    Jean Riondet
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