Tout à essaimé, enfin presque, après les floraisons de printemps, colza, fruitiers, acacias, toutes fleurs rincées largement par la pluie et mises à mal par le froid, sur une bonne trentaine de ruches seulement 14 hausses levées et juste 100 k de miel extraits. Une misère, d’autant que le sirop a coulé à flot durant les périodes froides.
Par volume d’un demi litre à la fois avec des protéines ajoutées, les colonies ont pu tenir le choc le couvain largement entretenu. Certaines sont restées sagement attendant pour récolter du nectar dès que la pluie cessait ou que le soleil pointait son nez quelques heures. Un ronflement assourdissant faisant croire à des essaimages. Mais d’autres ont élevé des reines et ont multiplié les nouvelles colonies. Ce sera l’occasion de faire de l’élevage sur une souche que l’éleveur luxembourgeois Jos Guth m’a fourni et j’en profiterai pour tout remettre en ordre au fil des semaines à venir.
Les agriculteurs de mon village qui notent chaque jour les mm d’eau tombée, la température … m’ont dit que dans leurs relevés pour trouver autant d’eau fin mai il fallait remonter à 1983 et pour le froid 1987. On se souvient des années météo médiatiques, 1976 l’impôt sécheresse, 2003 l’année canicule, on oublie les autres toutes aussi pernicieuses. Le miel manquera, les fruits aussi, les pommes de terre pourrissent en terre ou ne développent pas leurs tubercules … Ainsi va l’agriculture.
A l’atelier
Juin et jullet sont les deux derniers mois en principe des récoltes, sur les acacias, les tilleuls, les châtaigniers, le tournesol… C’est donc la préparation des matériels de miellerie qui sera la première préoccupation. Le nettoyer, le rincer avec un désinfectant alimentaire : eau de javel dilué 1 berlingot dans 4,75l d’eau mais cela peut tacher l’inox, ou du Virkon S ou Induspray SR26 ou Surfanios etc. produits à pulvériser sur les matériel et à laisser de 5 à 15 minutes avant rinçage. Ces produits sont non détergents, le miel est un assemblage de sucres il est inutile d’utiliser un détergent, l’eau tiède suffit. On fait suivre d’un rinçage à l’eau potable, tout faire sécher au soleil. Faire brûler une mèche soufrée dans une boite de conserve suspendue dans le ou les maturateurs… ces désinfections sont nécessaires pour limiter les introductions de germes dans le miel. Selon sa teneur en eau, la quantité de germes nécessaires pour engendrer sa fermentation est très variable. A 20% d’eau il en faut quelques uns au gramme contre quelques milliers à 18%. Donc avoir du matériel bien désinfecté et du miel bien operculé sont le gage d’une conservation durable de la récolte.
Le solde la miellerie doit être carrelé pour supporter par la suite un nettoyage agressif vu la force d’accrochage des éclats de cire ou de propolis. L’eau de javel pure dissout très bien la propolis, un lessivage avec des cristaux de soude (carbonate de soude) dans de l’eau très chaude décape assez bien la cire. Le nettoyeur haute pression est radical.
J’ai rarement vu du miel fermenter mais chaque fois ce furent les conditions d’hygiène de la récolte qui étaient à mettre en causse exceptionnellement la teneur en eau du miel, sauf à avoir récolté du nectar et ne l’avoir mis dans une atmosphère desséchée par un déshumidificateur à moteur durant plusieurs jours avant l’extraction. (On gagne jusqu’à1% d’eau en moins par 24h dans le miel avec cette méthode).
Au rucher
Ce sera le moment des récoltes, des élevages de reines. La période la plus favorable pour les élevages est hors les grandes miellées, les abeilles rentrent du nectar à tout va et en mettent partout, la reine est moins nourrie et sa ponte moins abondante on peine à trouver des larves jeunes en quantité et le cupularve est mal pondu. Le cupularve est une boite où l’on place 100 cupules. On y enferme la reine, une grille à reine laisse le passage des abeilles et cet ensemble est mis au centre dans un cadre au milieu du couvain. Le cupularve est d’autant mieux accepté qu’il reste plusieurs semaines dans la colonie, la reine y restera 24 h, guère plus et on utilisera les cupules ayant un oeuf dont on connaît exactement la date de ponte.
J’utilise pour le starter la méthode de Jos Guth, qui consiste à prendre une ruche très puissante équipée d’une hausse pleine de miel posées sur une grille à reine. Le jour J du greffage, on déplace la ruche et sa hausse sur un plateau de sol placé à 1 ou 2 m en arrière et orienté ouverture à l’opposée d’un plateau de sol d’origine. Sur le plateau de sol d’origine on replace la hausse puis on pose une grille à reine dessus avec une hausse vide qui servira d’entonnoir. On secoue les abeilles issues de 4 ou 5 cadres de couvain de la souche sur cette grille à reine et on regarde si la reine s’y trouve auquel cas on la remet dans sa ruche. L’opération faite on referme cette hausse avec un couvre cadre nourrisseur et un toit. Ce starter est donc certainement orphelin, bourré de miel, riches des butineuses qui apportent nectar et pollens, de nourrices aptes à produire de la gelée royale. Les cupules que l’on apportera seront dans 95% des cas acceptées.
Le picking fait, les cupules posées sur les barrettes de deux cadres d’élevage seront placées entre les cadres de miel du starter, les cadres enlevés seront gardés pour la fin des opérations. 24 h plus tard on récupère les cadres d’élevage que l’on met en finisseur, mais si on veut aller jusqu’à la fin du cycle soit 11 jours, il faut ajoute sous la hausse une hausse composée de cadres cirés et de cadres bâtis vides de façon à ce que les cirières puissent cirer ailleurs que sur les cadres portes cupules et les butineuses poser leur nectar.
Une fois le cycle choisi retenu on remet en place la colonie avec grille à reine et hausses dessus. Si on se contente de l’amorçage des cupules un second cycle peut être fait le jour même de la récolte des cellules royales démarrées et le lendemain la colonie est reconstituée prête à être de nouveau utilise comme starter 10 jours plus tard. Si on utilise le starter durant 11 jours, la colonie sera trop affaiblie pour être réemployée avec succès comme starter.
Après la récolte
Il faut redonner aux colonies la force de reconstituer leurs réserves hivernales et les traiter contre varroa. Démarrer par un traitement récolte faite et durant 2 mois de manière à ce que, au moment où les varroas sont moins dans le couvain (diminution de la ponte de la reine) et davantage sur les abeilles adultes on les épouilles chimiquement le plus possible par un traitement d’ambiance dans la ruche en attendant les traitements plus adaptés aux périodes froides qui sont des traitements de contact et de préférence hors couvain. La qualité des traitements aujourd’hui conditionne la bonne santé des colonies pour 2014. Suivez les conseils de vos GDS apicoles, les recettes Internet et les bricolages maison outre qu’ils ne sont pas souvent innocents pour le consommateur du miel ou pour l’apiculteur ou pour les abeilles, finiront par ternir l’image d’un miel de qualité pur produit de la nature.
Puis nourrir massivement pour la remise en ordre des réserves hivernales. On apportera jusqu’à 15 k de sirop concentré par colonie additionnés d’un produit de type Protofil, Apiherb, Vitafeedgold… et d’acide acétique (vinaigre blanc ou de cidre) à la proportion de 5cl par litre de sirop pour renforcer les défenses naturelles des abeilles et limiter les risques de Nosémose.
On surveillera la ponte de la reine qui devra occuper jusqu’à fin septembre environ 1/3 de la surface des rayons disponibles afin de préparer les abeilles d’hiver.
Les hausses seront mises à lécher un soir sur les couvres cadres nourrisseur au dessus des colonies la porte d’accès du couvre cadre ouvert. On évite ainsi le pmillag et en quelques heures les hausses sont propres sans remise de nectar dans les alvéoles.
Leur conservation se fera de manière très simple en posant au sol un corps vide et dedans une èche soufrée en flammée. Puis on y pose les les hausses aussi haut que l’on peut à bout de bras. On ferme avec un toit et le lendemain on range le tout. 10ours plus tard (éclosion des œufs de teigne) on recommence l’opération de soufrage des hausses et une fois terminée on rage le tout dan sun endroit sec en pile sur deux bastaings avec une grille à reine en dessous et au dessus pour limiter les promenades des rongeurs.
Jean Riondet
6 commentaires
vendez vous des reines issues de chez Jos Guth car j’ai vu leur douceur lors d’un reportage
merci
Bonsoir Mr RIONDET;
Peut on effectuer un soufrage préventif des hausses avant le léchage par les abeilles ou il y a t il danger?
En 2012 j’ai empilé des hausses non nettoyées par les abeilles en attente de la miellée de tournesol, mais la teigne avait élu domicile avant avant la miellée..
cordialement
Bonsoir,
Je suis un lecteur charmé par vos ouvrages et bien d’autres aussi. Je tente l’élevage de reine et une question me vient à l’esprit: concernant le finisseur, est il important ou pas qu’il y ai la présence de la reine et de ses fameuses phéromones ? Je n’ai pas trouvé beaucoup d’info là dessus. Les reines élevées ainsi sont elles de meilleure qualité ou le finisseur que vous préconisez suffit-il ?(hausse rajoutée sous la hausse d’élevage? Donc sans reine)
Merci d’avance
Apicolement
M Brossard
Non le finisseur n’est pas nécessairement avec une reine. Pour ma part je laisse dans le starter les cellules jusqu’à leur operculation, et je les mets en couveuse. Cette méthode a l’inconvénient d’épuiser le starter. La recomposition de la ruche d’origine avec le starter a stoppé la dynamique de la colonie qui met 2 semaines à s’en remettre. Mais pour moi qui fait que quelques dizaines de reines ce n’est pas très important. Je consacre deux ou trois colonies uniquement à l’élevage.
Pour en revenir à votre interrogation, il n’y a donc aucune reine depuis l’origine de l’élevage. Le frère Adam disait qu’il était indispensable que la future reine ait été baignée dans les ondes, les vibrations de ses congénères. La plus part des éleveurs utilisent des couveuses pour la phase de la nymphose et on ne trouve pas vraiment de différences. La difficulté du finisseur est qu’il faut qu’il soit riche en nourrices au sommet de la superposition de ces hausses sur le corps donc il faut mettre d’avance du couvain fermé au sommet élevé dans des cadres de hausses. D’autres utilisent la ruche horizontale avec un compartiment d’élevage. C’est une question d’habitude et de maitrise d’une technique d’élevage, il n’y a pas de méthode plus fiable qu’une autre il y a le savoir faire de l’apiculteur qui a mis au point son process d’élevage. La seule règle à respecter est que la reine ne puisse accéder au cellules encore ouvertes elle pourrait les détruire.
Par précaution remettez vos hausses sur les corps, mais si vous craignez que la reine monte y pondre, soit vous mettez une grille à reine sous les hausses, soit vous posez vos hausses sur le couvre cadre nourrisseur en ayant ôté les pièces qui empêchent les abeilles d’accéder plus haut.
L’usage du soufre se fera bien en fin de récolte.
Cordialement
JR
C’est la période pendant laquelle chez nous, nous faisons l’élevage des reines. Nous nous occupons aussi de l’entretien des ruches. Cette année, on se félicite d’avoir eu une bonne saison, les abeilles étaient généreuses et très travailleuses. Cette année fera partie de nos plus belles exploitations depuis ces cinq ans !