Mai 2011 – Après un mois d’avril estival, mai le sera-t-il également ? Télédéclaration des ruchers : nouveauté réglementaire du 27 avril 2011

Les saints de glace ont fait mentir leur légende, rien qui ne put arrêter la chaleur estivale d’envahir avril et maintenant le mois de mai. Les fruitiers, les prunelliers, les aubépines ont donné un maximum de nectar, les acacias les pieds dans l’humidité profonde avec des chaleurs importantes ont eu des floraisons exceptionnelles. Les essaims se sauvent de partout, les élevages des reines réussissent à merveille. Espérons de la pluie pour les culture sans doute mais aussi pour les floraisons à venir, sans eau le nectar ne coulera plus. Avril 2011 chez moi aura connu la même pluviométrie que 2010, mais des chaleurs très supérieures. En 2010 mai fut ruineux de pluie et de froid. A cette heure nous n’en prenons pas le chemin.

Au rucher

Le conseil est un peu tardif, mais en cas de très forte miellées et très longues, les hausses se posent par deux. Le nectar envahit tous les niveaux, les abeilles le concentreront plus tard. Les précautionneux auront extrait leurs premières floraisons juste avant les acacias, les miels à une semaine d’intervalle sont très différents.

Chez moi les colza furent secs, pas de ce miel dans mon coin au sud de Lyon. Par contre il y en eut dans les marais de la Dombes. Les hausses sur 8 cadres débordent totalement d’une cire blanche et d’un miel tout juste doré. Outre son parfum très subtil, c’est la caractéristique visuelle de l’acacia.

Il faut vider les corps des cadres pleins de miel et les remplacer par des cires, pour refaire des espaces de ponte. Les cires seront mises dans les nids à couvain pour être rapidement étirées et pondues.
Ces cadres seront stockés à l’abri des teignes dans de vieux congélateurs ou frigo de manière à les restituer en fin de saison aux colonies qui en seraient dépourvues.

Conclusion, l’important est de maintenir, désormais un haut niveau de population, la baisse de miellée va permettre de libérer les corps du nectar qui envahit tout, les professionnels vont chercher une autre miellée par la transhumance. Les apiculteurs sédentaires qui attendent la suite des miellées devront surveiller le redémarrage de la ponte de la reine, et ne pas hésiter à nourrir si la sécheresse et l’absence de fleurs persistaient. Tenir ainsi la ponte de la reine jusqu’à l’arrivée des tilleuls, châtaigniers, tournesol, arbousiers…
Les populations sont naturellement importantes comme jamais vu depuis longtemps, les abeilles une fois nos récoltes faites vont avoir faim.

Élever des reines

Pour faire des essaims productifs en 2012, pour remérer les colonies de production en automne prochain, il faut élever des reines maintenant, c’est le moment le plus favorable. Les taux de réussite que j’ai observés ce mois passé sont de l’ordre de 70% pour les acceptations de cupules et de 80 % pour les naissances de reines et leur fécondation en nucléi.
Pour amorcer un grand nombre de cellules de reines, j’utilise la méthode développée par Jos Guth le grand éleveur luxembourgeois.

Choisir une colonie puissante équipée d’une hausse pleine de miel. Déplacer le corps sur un plateau de sol situé en arrière et avec l’ouverture inversée par rapport à l’original.

Poser sur le plateau de sol de départ la hausse et la couvrir d’une grille à reine. Placer dessus une hausse vide pour faire entonnoir et secouer toutes les abeilles prises sur des cadres de couvain de la ruche déplacée. Ce seront principalement des nourrices. Surveiller la présence de la reine dans la souche, la remettre dans sa ruche si elle se trouvait sur la grille à reine. On enlève la grille et la hausse vide. Dans la hausse il n’y a pas de couvain, mais des nourrices et des butineuses qui reviennent de leur collecte de nectar et de pollen.

Dans cette hausse on va enlever deux cadres de miel que l’on remplacera par deux cadres de hausse équipés de deux rangées de cupules. Ces deux cadres seront séparés d’un cadre de miel et on y ajoutera tout le tour des cadres d’élevage des supports avec des cupules équipées de larves, au total on peut mettre dans ce starter environ 80 cupules. On ajoute 250 g de miel cristallisé dans le couvre cadre nourrisseur et on vient relever les amorces 24h plus tard.
Jos Guth place ces cadres de cupules amorcées dans des finisseurs qui sont des ruches puissantes équipées de deux hausses sur grille à reine et au sommet de chaque ruche il enlève un cadre de miel qu’il remplace par un cadre amorcé. Ainsi, les abeilles achèveront le travail de nourrissement des futures reines et 10 jours après le picking les cellules de reines pourront être utilisées pour les mettre à naître en nucléi.
On peut faire une seconde séquence d’amorçage de cupules, puis on replace la colonie et sa hausse sur le plateau de sol d’origine de manière à ne pas affaiblir cette colonie qui pourra de nouveau subir le même sort 10 jours plus tard.
Ce starter aura fonctionné 48 heures.

Pour ma part je laisse les cadres et porte cupules dans la hausse jusqu’au 10° jour, sachant que les abeilles construisent souvent des rayons sur les cellules de reine qu’il faut alors dégager prudemment pour leur utilisation; les cellules seront mises en nucléi. Je recompose l’ensemble ruche et hausse sur le plateau de sol d’origine. Avec cette manière de faire la colonie ne se reproduit plus, elle s’affaiblit beaucoup ayant perdu nourrices et butineuses durant 10 jours. Elle sera moins productrice de miel.
Pour prélever les larves j’utilise un pinceau poil de martre 3/0. Pas cher et disponible facilement.

Réglementation

Le 27 avril est paru une note de la Direction Générale de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire (ouf!) indiquant la procédure à suivre pour mettre en œuvre la télédéclaration des ruchers.
La déclaration annuelle, est à faire entre le 1er janvier et le 31 décembre mais toujours dans le département de votre domicile.

NOUVEAUTÉS issues de cette note de la DGAL du 27 avril 2011 :


1 – la possibilité de faire une TÉLÉDÉCLARATION


2 – le fait que le GDS de votre département, déjà désigné comme opérateur de saisie des déclarations « papier », devient le « guichet unique » : demande de n° d’apiculteur (NAPI), demande de NUMAGRIT, dépôt et traitement des déclarations papier, appui technique aux apiculteurs utilisant la téléprocédure.


Si vous optez pour la télédéclaration utilisez la procédure “TeleRuchers” accessible par le lien donné en fin de cet article ainsi vous pourrez :

1 – vous inscrire sur le site avec un code d’activation délivré par courrier postal

2 – faire votre déclaration annuelle en ligne

3 – consulter votre déclaration

4 – télécharger et imprimer votre récépissé de déclaration annuelle

Si vous optez pour la déclaration papier vous devez :

1 – Remplir en deux exemplaires le CERFA 13995*01


2 – les dater, les signer

3 – les transmettre directement au GDS de votre département avec une enveloppe timbrée à votre nom

Les GDS ont généralement leur siège dans les chambres d’agriculture.

Attention un n° SIRET ou un n° NUMAGRIT est nécessaire pour cette déclaration !

• le NUMAGRIT vous sera envoyé (gratuitement) sur simple demande au Groupement de Défense Sanitaire de votre département, accompagnée de la copie d’une pièce d’identité comprenant votre adresse en cours de validité.

• pour obtenir un numéro de SIRET (nécessaire pour la cession de miel à des tiers) auprès du Centre des Formalités des Entreprises (CFE) via la chambre d’agriculture. Cette formalité est gratuite. Mais elle engendre des désagréments temporaires, la MSA s’inquiète parfois de savoir si vous avez des ruches en nombre lui permettant de vous prélever des cotisations sociales, les impôts idem, des sociétés vous sollicitent pour vous inscrire dans leurs fichiers moyennant finances.
L’amateur qui possède quelques ruches sera rapidement sorti du collimateur de ces organismes.
A noter que le SIRET est un identifiant comme le n° de Sécurité sociale, mais pour les activités de production. Le Siret est à demander en cas de cession de miel à des tiers, que la cession soit à titre onéreux ou gracieux. Le NUMAGRIT est un pseudo Siret à demander par ceux qui ne font qu’une distribution et une consommation familiale de leur miel.
L’objectif premier étant de permettre un usage simplifié des fichiers par l’administration pour améliorer la traçabilité des produits entrant dans l’alimentation humaine et animale pour prévenir ou comprendre l’origine d’éventuels accidents sanitaires.

• le NUMERO D’APICULTEUR (NAPI) attribué antérieurement reste valable. Pour les nouveaux déclarants, le numéro d’apiculteur sera attribué automatiquement par le GDS à la première déclaration et comportera 8 chiffres (les deux premiers : numéro du département du domicile du déclarant, les autres : identification de l’apiculteur).


A noter que le CERFA 2011 pour la déclaration des ruchers est plus clair dans ses explications.

Liens Internet :

Note DGAL/SDSPA/27-04-2011 http://www.gdsa94-gdsa75.org/file/Administration/Note_DGAL_avril_2011_v4373.pdf

CERFA déclaration 2011 :

http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/cerfa_13995-01_declaration_ruches_2011.pdf

Télédéclaration mode d’emploi : http://mesdemarches.agriculture.gouv.fr/article.php3?id_article=296

Jean Riondet

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

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