Mai enfin la douceur assurée !

C’est le mois où désormais la douceur est plus régulièrement présente.
Mon arrière grand père disait que l’on ramasse plus d’asperges en avril qu’en mai, c’était au XIX° siècle, depuis les saisons se décalent !

Enfin on espère que les colonies vont continuer de croître fortement les récoltes se poursuivre gaillardement. Il n’y a pas de situation identique partout. Chez moi ce fut sec et les colza n’ont rien donné à 7 km l’humidité fut suffisante et les hausses se remplirent, 2 par ruche.

Les élevages de reines vont pouvoir être de qualité, les mâles sont en surabondance, les journées chaudes sont favorables aux vols de fécondation, la température élevée requise pour la migration des spermatozoïdes dans la spermathèque de la reine sera au rendez vous.

Pour élever, fermer les plateaux de sol pour avoir la température la plus élevée dans la ruche  et ajouter des cadres bâtis  emplis d’eau pour accroitre l’humidité ambiante. Nourrir avec un sirop fait de miel avec 25% d’eau.

A ce propos ne pas hésiter à mettre dans les nucléis de fécondation des partitions réfléchissantes ou recouvrir les parois de matériaux réfléchissants. Nous avons fait une expérience lors de l’introduction de reines en ponte dans des essaims faits de 2 cadres de couvain et d’un cadre ciré. Ces essaims constitués de la même manière, le même jour, nourris deux fois avec les mêmes quantités de sirop  ont donné des résultats totalement différents en 3 semaines. Ceux calés entre deux partitions réfléchissantes ont construit le cadre ciré pas les autres. L’économie d’énergie pour tenir la température des cadres de couvain a été utilisée pour construire.

 Au rucher

Si l’on veut faire du miel les colonies devront avoir atteint 8 cadres de couvain. Mais le risque d’essaimage est là. Je vous livre la proposition de Pierre Cellier enseignant en rucher école et qui a étudié les méthodes de prévention de  l’essaimage. Il propose une méthode qu’il utilise depuis plusieurs années  la méthode revisitée de Snelgrove. Applicable en Dadant, cette méthode qui fut développée en Langstroth, s’emploie parfaitement avec toutes les divisibles.

Seul matériel à fabriquer, un couvre cadre plein bordé d’une baguette d’environ 15 mm avec sur un côté une entrée de 80 mm de largeur pour laisser passer les abeilles de l’élément qui sera ainsi isolé par ce couvre cadre.

L’opération se conduit sur 2 jours :

Le principe est de faire un essaim sans reine en divisant une colonie mais en superposant l’essaim sur la souche où se trouve la reine isolé par une grille à reine.

Après une opération d’équilibrage des populations en nourrices on intercale entre les 2 corps un couvre cadre qui isole les 2 populations et dont l’entrée sera à l’opposée de celle du corps du bas. La partie orpheline (en bas pour qu’elle bénéficie au mieux des butineuses) élèvera des CR. On détruit toutes les cellules moins une seule, la reine née, la colonie n’essaimera pas. Le principe est simple la mise en œuvre également ne fois que l’on a compris l’importance de chacune des manipulations qui vise à toujours maintenir la dynamique des colonies. Bien des échecs en matière d’essaims artificiels tiennent à la mauvaise composition démographique des colonies constituées qui perdent leur dynamique de développement car il faut des nourrices, des butineuses, des chauffeuses… que l’on compense avec plus ou moins de bonheur par des apports de sirops, de candis protéinés, par l’emploi de partitions réfléchissantes …

A noter, pour ceux qui font de l’élevage de reines, que c’est le principe du plateau Cloake dont Gilles Fert en fit l’exposé dans son livre sur l’élevage des reines.

TECHNIQUE DE PRÉVENTION DE L’ESSAIMAGE

DIVISION D’UNE RUCHE FORTE AVEC SIX CADRES DE COUVAIN MINIMUM

cadre rose = couvain

cadre jaune = miel + pollen

cadre vert = cadre-test avec amorce

marron partition réfléchissante

J-4 : mettre 2 litres de sirop 50/50 pour simuler une forte miellée et « mettre en condition » la ruche pour favoriser un élevage royal

J Zéro : diviser la ruche en 2 parties égales en cadres après avoir brossé toutes les abeilles dans un seul corps puis intercaler une grille à reine (GR). Si on a un nombre impair de cadres de couvain, mettre le cadre supplémentaire dans le corps du haut (les cadres du haut sont vides d’abeilles). Remettre ½ litre de sirop si sirop bu.

J+1 : inversion des corps : placer le corps du bas (qui contient la reine) en haut et le corps du haut (orphelin) en bas. Remplacer la GR par un couvre-cadre sans trou central (ou trou central fermé !) Creuser un espace 80 mm x 8 mm au niveau de la partie supérieure de l’entourage bois du couvre-cadre séparateur. Les deux ruches sont totalement indépendantes. Toutes les butineuses vont retourner en bas = première déviation des butineuses. Au bout de quelques jours, les nouvelles butineuses qui vont naitre en haut vont refaire leur GPS sur l’entrée/sortie arrière creusée dans le couvre cadre. Les deux colonies vont travailler séparément sans se connaitre. Remettre ½ litre de sirop si sirop bu.

J+6 : vérifier si cellules royales (CR) dans la ruche du bas orpheline

Si cellules royales : en laisser une seule (travailler avec soin et précision) et écraser les autres doucement avec un tournevis ou pointe de couteau. A ce stade, vous ne serez pas surpris de voir des cellules royales non operculées car on est juste à 8 jours post-ponte.

Pour celles et ceux qui veulent faire des essaims artificiels, c’est ce jour-là qu’il faut intervenir (= autre option, me contacter).

On laisse tranquille cette ruche pendant 15 jours pour éviter de déranger la jeune reine.

J+21 on ajoutera un cadre-test à amorce si nécessaire en repoussant doucement la partition si le premier cadre test est bâti.

Si pas de cellule royale : remettre un cadre de couvain avec ponte fraiche, sans abeilles, au centre, issu d’une autre ruche.

J+30 : On contrôlera la ponte dans la ruche du bas ! Si pas de ponte, c’est que l’opération a raté, il ne reste plus qu’à réunir les deux colonies et on ne perd rien.

Si la nouvelle reine pond en bas, on enlève la ruche du haut et on la déplace à environ 5 mètres = deuxième déviation des butineuses (au profit de la ruche qui reste en place). On nourrit la ruche déplacée comme un essaim sur cadre jusqu’à ce qu’elle ait atteint 9 cadres pleins (protocole habituel : ajout d’un cadre tous les 8 jours et nourrissement 500ML tous les 3 jours avec sirop 50/50) et ensuite on met la hausse. On arrête de nourrir à ce moment-là.

Idem pour la ruche restée en place qui normalement a une reine en ponte. Nourrir jusqu’à 9 cadres pleins (protocole habituel) puis mettre la hausse.

Conclusion : cette technique est facile à pratiquer et présente de nombreux avantages

1- essaimage réduit quasiment à zéro (car on peut oublier une CR …)

2- on fait une deuxième colonie (ou plusieurs suivant l’option choisie) qui pourront servir à compléter une ruche plus faible, à avoir des reines en réserve, à faire de la sélection.

3- on pourra marier les essaims artificiels 2 à 2 pour faire immédiatement des ruches de production pour augmenter sa récolte.

4- on fera une récolte de miel plus importante puisque pas ou peu d’essaimage. ON GARDE SES BUTINEUSES !

5- on élève des reines de façon naturelle (pas de picking !)

6- et si on rate la division, possibilité de retour au point de départ.

Bonne apiculture !

Pierre CELLIER. Technicien Sanitaire Apicole. 06 86 54 20 51

Jour J zéro

Cellier im 1

RUCHE SOUCHE n°12 COMPLETE ET FORTE le couvain est bordé de nourriture miel + pollen

Cellier im 2Division équitable couvain miel + pollen le couvain est bordé de nourriture

Cellier im 3

Mise en place du Cadre test (cadre à jambage) avec amorce puis de la partition réfléchissante = économie de chauffage !

Cellier im 5

sur la ruche souche [n°12] qui contient la reine et TOUTES les abeilles. La ruche [n°4 est sans abeilles] (… mais pas pour longtemps !)

Cellier im 6Superposition des corps, ruche sans abeilles dessus

Cellier im 8Couvre cadre nourrisseur + isolant+ couvre cadre bois et pas l’inverse !

Ruche divisée : les nourrices du bas remontent (en quelques minutes !!) réchauffer les cadres de couvain (vides d’abeilles) du haut à travers la grille à reine et vont boire le sirop 50/50 juste au-dessus : cette nourriture proche et attirante favorise la production de chaleur.

LA REINE RESTE EN BAS (information primordiale pour la suite et qui fait toute la différence : pas besoin de chercher la reine !)

____________________________

J + 1

Cellier im 11On sépare les corps, on enlève la GR, on place sur le plateau de sol le corps du haut 4 (qui ne possède pas la reine). On place sur le corps le couvre cadre avec son ouverture orientée à l’opposée de l’entrée du plateau de sol et on place l’ex corps du bas 12 sur le dessusCellier im 8b

Cellier im 8cSur la face arrière on voit la porte d’entrée du corps supérieur

Cellier im 15

Face avant : Division en plein fonctionnement : les butineuses sont devant et peu derrière, c’est normal, c’est le but de la méthode, vous noterez l’entrée limitée (verte) en bas = très important. Il faut confiner les abeilles pour qu’elles aient chaud ! Combiné avec l’humidité, cela est très favorable à un élevage royal. Le fond reste fermé (sauf si température extérieure sup à 20°C) le temps de l’élevage royal, donc jusqu’à la visite de la ruche du bas à J+30 .

Merci à Pierre Cellier pour nous avoir fait partager son expérience

Comme toujours l’excellent travail « d’Une Saison Aux Abeilles » avec l’interview de Paul Schweitzer sur la cristallisation des miels (à écouter plus qu’à regarder! »

 

 

 

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

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