Webinaire jeudi 5 novembre 2026 à 20h45 avec François Parcy, membre de l’Académie des Sciences, directeur de recherche au CNRS. Auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique et en particulier « Les clés du champ – comment domestiquer les plantes » paru en 2024. Thème de l’échange Plantes à fleurs, plantes cultivées, d’où viennent-elles et où vont-elles ?
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Les travaux de François Parcy contribuent de manière exemplaire à répondre à de fascinantes énigmes : d’où viennent les plantes à fleurs appelées angiospermes, dont plus 300 000 espèces existent à ce jour, et comment expliquer la réussite de leur colonisation de la Terre, 150 millions d’année après leur apparition ? La connaissance de ces mécanismes a conduit François Parcy et son équipe à proposer des réponses aux défis actuels. Aujourd’hui, le dérèglement climatique et l’exigence d’une agriculture plus économe en pesticides et en engrais nous imposent d’adapter nos variétés. De nouvelles techniques permettent d’accélérer le processus, par exemple en rendant les plantes plus résistantes aux maladies et capables de tolérer des périodes de sécheresses. Le temps est venu de rêver aux plantes du monde de demain, celles qui nourriront la planète de façon plus durable.
Webinaire du jeudi 3 décembre 2026 à 20h45 avec Joseph Hemmerlé Docteur en biophysique, ingénieur de recherche à l’INSERM et auteur de l’ouvrage « A la santé de abeilles ». Thème de la soirée- Stratégies de luttes contre les virus et viroses des abeilles
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Novembre
Chez les abeilles c’est bien un moment où l’on compte les morts et les survivants. La chaleur extrême de cet été aura eu raison de quelques colonies qui auront trop consommé leurs maigres réserves et n’eurent pas le loisir de refaire les stocks. Trop affaiblies ces colonies s’étaient mal reproduites, les varroas avaient trouvé chaussure à leur pied et elles ont fini par être pillées. Stratégie d’accompagnement des colonies inadaptée ?
Lors de l’effondrement d’une colonie les varroas sont passés sur d’autre abeilles, toujours à la recherche de meilleure fortune, ils ont allègrement parasité les belles et bonnes abeilles pillardes. Les traitements faits en juillet – aout, sont rendus caduques par ce transfert d’infestation et pour ma part, j’ai refait un encagement depuis le mois d’octobre et un seul traitement par sublimation puis je décagerai dès mi-novembre ou courant décembre selon la température.
Avec cette stratégie de traitement j’espère avoir des colonies bien déverminées pour redémarrer une saison dans de bonnes conditions. Comme il n’y aura plus de couvain, les ouvertures de ruche seront moins à risque, le décagement va vite. Le traitement sera fait par sublimation avec mes chapeaux qui assurent une bonne imprégnation de toute la colonie non grappée avec les vapeurs de l’acide oxalique et d’autant mieux conservées dans la ruche que le confinement organisé par la ruche RBC limite drastiquement les sorties du gaz hors du corps.
Cette année, les évènements météo nous ont conduit à modifier notre stratégie d’accompagnement des colonies. Nous sommes des éleveurs et notre travail vise à produire des colonies en bonne santé capables de résister aux aléas, encore faut-il que nous leur donnions des conditions favorables pour leur faire face. Lutter contre les frelons, vérifier les évolutions des réserves, avoir correctement resserré les abeilles dans la Ch1, veiller au bon agencement de tous les paramètres qui caractérisent la RBC.
Les frelons
Ils sont arrivés en masse une semaine avant la Toussaint. Heureusement nous avons bénéficié de deux évènements qui ont joué en synergie. Un piégeage de printemps efficace sur le village, puis la canicule qui a desséché certains nids que l’on a vu grossir, en l’absence de feuillage épais. Puis ils se sont vidés de leur population en aout. Malgré la présence des pièges (et la charge de les remplir régulièrement tant la sécheresse les asséchait rapidement), nous n’avons pas vu grand monde dedans puis brusquement fin octobre, dans les nasses coréennes il en est rentré à pleins bras. Sans précautions autres, ni muselière ni harpes… nos colonies (avec deux collègues nous avons mutualisé nos ruchers) nous n’avons eu aucun effondrement de population lié aux frelons. Pour ceux dont la disposition le permet l’usage des harpes est encore plus performant que les nasses.
Par contre se sont effondrées les colonies devenues orphelines du fait de nos manipulations parfois hasardeuses, ou celles trop petites face à la pression de Varroa. Les cadres en bon état, les rayons de miel non grattés ont été mis quelques jours au congélateur puis stockés dans des fûts de 200l avec une mèche soufrée, qui a brûlé dans une boite de conserve accroché au rebord. Dans ces conditions tous ces rayons seront réutilisables au printemps (avril chez nous) pour créer des essaims sur 1 cadre !
Le congélateur détruit les papillons, les œufs et les larves, le soufre agit sur les levures source de moisissures. Une fois les fûts fermés, la conservation sera assurée jusqu’en mai.
Le suivi des colonies
La pesée des ruches nous a réservé de bonnes surprises car si le lierre a donné plus de pollen que de miel, la renouée du Japon a vraiment comblé les colonies qui ont pris du poids. Celle qui sont restées stable ou ont maigri, sont notées pour une surveillance stricte dans les mois à venir. En cas d’urgence un pain de candi viendra à la rescousse. Il sera de préférence vitaminé, ce qui semblerait utile. En l’absence d’études véritablement convaincantes notre opinion reste subjective.
Lors des encagements nous avons resserré les Chambres 1 lorsque des rayons étaient peu occupés par des abeilles de façon à concentrer le plus possible les productions de chaleur par les abeilles sur leur groupe. Un bon point de repère, les cadres, sur lesquels sont les abeilles, doivent être occupés sur toute leur hauteur. Les surfaces de couvain sont fortement réduites, dans la dernière semaine d’octobre, elles ne dépassaient pas en surface une bonne main par face de rayon. En novembre on ne verra guère plus d’une main encore faut-il pouvoir ouvrir pour avoir cette information.
Ce resserrement des abeilles sur un nombre restreint de cadres non seulement leur évite de faire la grappe, qui est selon Derek Mitchell une situation trop dispendieuse en énergie, mais leur permet d’explorer toutes les surfaces de miel des rayons dans la CH1 et par temps plus doux de visiter la CH2 pour y cherche du miel.
Si le coussin sous le toit est bien de 6 cm d’épaisseur et l’écharpe réfléchissante en bonne place, les abeilles ne grappent pas et circulent sur le sommet de cadres. Par grand froid, en soulevant juste un peu l’écharpe coté CH1pour voir la feuillure on y voit des abeilles qui y circulent c’est très bon signe, on a bien réussi le resserrement en CH1. Avec seulement 4 cadres en CH1, lorsque ceux-ci sont couverts de couvain (effet cocotte-minute), on assure la récolte de colza. En effet, lorsque le miel disparait dans la CH1 au profit du couvain, on dispose de la même surface de couvain que 6 cadres couvain et miel dans les configurations classiques. Il n’est donc pas inquiétant de réduire la CH1 à 4 cadres. Évidemment si la CH1 peut être configurée sur 5 cadres c’est encore mieux mais une configuration sur 4 cadres est assez habituelle.
Sans doute à l’avenir pour maitriser encore mieux l’état de nos colonies, nous utiliserons des sondes de température, certaines sont posées sur la tête des cadres, elles donnent d’excellentes informations sur la présence ou l’absence du couvain, les moments de reprise de la ponte, le moment de la disparition du couvain. Cette apiculture de précision s’imposera pour maitriser au mieux l’état des colonies sans les perturber par des ouvertures stressantes. Avec le poids nous disposons de deux informations chiffrées don
Petit point technique sur l’isolation du toit
Notre préconisation avec Damien Merit sur 6 cm d’un polystyrène extrudé de très haute densité n’est pas sortie d’un chapeau. Ce sont les périodes caniculaires qui nous ont amené à cette considération. Par un soleil de plomb et une très haute température ambiante de 38°c, le toit en galva gris monte à 65°c et parfois un peu plus, impossible de le prendre à pleines mains. Avec un isolant de 20 mm sous le toit on atteint 45°c sous le toit gris et sous le toit peint en blanc 38°c soit la température ambiante. Avec le toit non peint il faut ajouter une seconde plaque de 20 mm pour retrouver la température ambiante.
Pourquoi ajouter encore 20 mm ? Pour ralentir l’entrée des calories sur la durée de la journée. À une mesure instantanée on associera une durée qui sera le temps pour que des entrées ou sorties de calories dans la ruche se fassent peu à peu. Ajoutons une lame d’air de quelques mm entre 2 couches et enfermons l’ensemble dans une housse étanche on réalise un coussin qui ralentira considérablement les mouvements des calories entre le corps de ruche et l’extérieur.
Cette réflexion prend tout son sens si on admet l’hypothèse que les abeilles sont parfaitement capables de maitriser le microclimat de leur ruche à la condition que celle-ci ne soit ni une passoire thermique ni une bouilloire thermique. Utilisons au mieux les capacités des abeilles pour gérer leur environnement interne mais ne dégradons pas leur environnement en leur imposant des efforts « surhumains ». Le coût en usure des abeilles pour maitriser la température l’hiver est élevé mais bien pire l’été pour obtenir une thermorégulation de qualité. Ces efforts se font au détriment de leur durée de vie et bien évidemment de leurs capacités de de butinage.
C’est Noël alors regardons du côté des cadeaux
Du côté des outils, l’enfumoir Numericbees reste le premier au Top des enfumoirs électriques. Ergonomique, économique à l’emploi, monté en France, solide et réparable si besoin, il a tout pour survivre dans la durée.
Du côté des ouvrages, le nouveau Tautz mérite le détour, Les superpouvoirs des abeilles – ce que nous dit la science Ulmer ed 160p 18 €
Une exceptionnelle vulgarisation de thématiques scientifiques sur la vie des abeilles. Une question, un auteur, ses conclusions, une image et le tout est réalisé en 3 pages. Une lecture captivante. Ce petit ouvrage peut être considéré comme une bonne introduction à l’ouvrage précédent L’Étonnante abeille (2009) dont il reprend sans les détailler bien des informations ;
Jürgen Tautz, a montré par ses travaux qu’une nymphose à la température élevée de 36°c produisait des abeilles bonnes communicantes mais que si elles l’étaient à 33°c elles présentaient des troubles de mémoire. (p231).
Une de ses élèves a poursuivi ce type de recherche et elle a montré qu’à la température maximale au cours de la nymphose les futures abeilles devenaient des abeilles à vie courte et des butineuses. Mais une nymphose à 1.5°c en dessous produisait des abeilles à durée de vie longue et riches en vitellogénine… Étonnant, non ?
Damien Merit a publié le mois dernier un petit opuscule Pourquoi mes ruches se vident en hiver – Agir au bon moment pour des ruches fortes au printemps 85p 24.90 €
Il est disponible chez Beevolutionx, les revendeurs de matériel apicole et Internet.
Centré sur l’hivernage et les conditions pour mieux gérer cette phase délicate, il est un excellent complément à l’ouvrage précédent sur la Ruche Basse Consommation d’énergie. À partir d’une situation précise il parcourt les étapes de la production d’abeilles saines et de longue vie. Objectif souvent parfois mal perçu dans l’ouvrage précédent où le détail sur les outils pouvait en occulter la finalité.
Pour terminer, un clin d’œil pour son dixième anniversaire La Ruche Ronde Divisible de Gilbert Veuille aux éditions de Terran 2016, 88p, 14,50 €, un monument fait de plâtre et de paille de 30mm d’épaisseur aux antipodes de la RBC et amusant à fabriquer.