Le blog de Jean Riondet – Apiculture

Octobre 2026

Notre webinaire du Jeudi 5 novembre

Francois Parcy membre de l’Académie des sciences, Directeur de recherche au CNRS, Grenoble. Ses travaux portent sur des recherches de solutions agronomiques face au changement climatique. Les techniques génomiques au service de l’adaptation accélérée des plantes à vocation alimentaire. Auteur d’un magnifique ouvrage « les clés du champs – comment domestiquer les plantes » humenSciences ed.

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Ouverture de la salle virtuelle 20h30 Débat 20h45

Dans les ruchers

Les colonies propolisent considérablement les écharpes, les couvre cadres, tous les trous fissures, fentes… les colchiques fanent, les brouillards du matin se multiplient, l’automne est là les abeilles préparent la morte saison.

Chez nous la renouée du Japon a donné de belles miellées malgré la chaleur et les corps se sont remplis, par contre le lierre commence tout juste à faire recette. Selon les lieux le frelon aux yeux bridés est plus ou moins présent, un collègue a vu un nid devenir de belle facture jusqu’en juillet puis quelques semaines plus tard, il était déserté, sec. Enfin un bon point pour les canicules et pour les budgets de destruction des nids. Mais peut être que l’acharnement ici où là du piégeage de printemps a eu de l’importance, canicule et piégeage ont fonctionné en synergie. Tant mieux, tant il est rare qu’un seul paramètre soit efficace.

Coté Varroa

Autre effet bénéfique des canicules, les arrêts de ponte. À certains moments on a pu observer des arrêts de ponte. Ce fut l’occasion de faire des traitements avec des médicaments à base d’acide oxalique. Pourquoi ces spécialités et pas les autres ? C’est la rapidité de l’action de cet acide utilisé en méthode flash sans la contrainte des paramètres environnementaux comme la température, l’hygrométrie, la pression atmosphérique… auxquels sont soumis les produits véhiculés par  l’air de la ruche : acide formique, huiles essentielles ont leur usage dans certaines circonstances. En quelques jours les varroas phorétiques, c’est à dire ceux sur les abeilles adultes sont détruits et avec quelques jour de pus ceux en gestation dans le couvain operculé. Utiliser ds médicaments avec des cinétiques rapides permet de réduire la durée d’affaiblissement des colonies et de diffusion des virus dupliqués dans les varroas.

Il aura fallu tout de même surveiller les reprises de ponte et même les accompagner par des pattis protéinés pour assurer la production des abeilles d’hiver.

Les traitements contre cet acarien sont achevés sauf pour l’usage des médicaments sous forme de lanières qui restent environ 3 mois dans les ruches. A noter que les traitements faits après encagement de la reine en juillet peuvent nécessiter d’utiliser des lanières pour protéger les colonies contre les ré-infestations liées aux pillages. Les périodes de famines au cours des canicules ont favorisé ces comportements surtout dans les ruchers où les ruches sont proches les unes des autres. Qu’une tête à poux ait survécu à vos bons soins contre le Varroa, sa destruction par pillage aura permis aux acariens de retrouver des abeilles en bonne forme pour les nourrir et leur permettre de se reproduire à nouveau.

Coté hivernage, il est encore temps de remodeler l’espace de confinement des colonies en retirant de la CH1 des cadres de miel mais vides d’abeilles. Placés en CH2 contre la partition centrale, il est important de fermer à nouveau cette CH2 par une PIHP une partition isolée et réfléchissante qui colle aux faces avant et arrière pour créer un espace sans courant d’air. Certains m’ont affirmé qu’un cadre bâti vide contre la PIHP en CH1 améliorait la conservation de la chaleur. Pourquoi pas mais à vérifier.

On craint toujours l’humidité qui se stocke contre les parois froides. L’important est que parmi ces parois froides il n’y ait pas le plafond car l’eau froide de condensation en ruisselant sur les abeilles les tuerait.

En réalité ces condensations sont peu gênantes, sauf à faire moisir des cellules de pollen. Cet inconvénient sera contourné par une découpe des parties abîmées. L’eau présente au sein de la ruche sous cette forme nous intéresse en janvier lors de la reprise de ponte de la reine. Elle servira à la production des gelées royales et nourricières le miel n’apporte pas suffisamment d’eau et trouver de l’eau tiédie en ce moment de l’année par les porteuses d’eau n’est pas chose aisée.

Côté frelon

Il faut continuer les piégeages, ce qui semble une bonne chose pour l’année prochaine. Les destructions de nids sont à faire durant ce mois, après les nids seront désertés et les budgets épuisés limiteront les opportunités de destruction.

Peser les ruches

Après avoir fait des pesées totales pour bien évaluer l’état des lieux on peut se contenter de ne faire que des pesées arrière bien plus rapides et les multiplier d’une à 2 par mois pour suivre l’évolution des réserves. Si l’automne est doux, les sorties seront nombreuses sans retour sur investissement intéressant pour les colonies, les consommations de carburant pour les vols seront faites au détriment des réserves. Il serait bon de regarder l’état des lieux pour apporter des pains de candi si le poids des colonies était divisé par presque 2.

Encager les reines ?

L’encagement long en hiver est une solution qui deviendra plus que nécessaire lorsque Tropilaelaps sera arrivé. Cet acarien se développe comme le Varroa, dans les cellules de couvain qu’il n’abandonne presque jamais. Il sera sans doute combattu avec beaucoup d’efficacité si on utilise de l’acide formique, mais en hiver c’est l’acide oxalique qui sera recommandé. Encager dans le courant du mois d’octobre pour traiter 21 jours plus tard (il n’y a pas de couvain de mâles) puis décager fin décembre / début janvier. L’intérêt second de cette pratique est le démarrage des colonies au même moment et on sera en situation d’avoir une bonne comparaison de l’état des dynamiques des colonies. En RBC la reine est en CH1 sur 4 cadres la plupart du temps ce qui rend sa recherche plus rapide.

L’encagement donne d’excellents résultats, la preuve en est ce cadre de couvain 3 semaines après la libération de la reine, on est fin aout, il est pondu sur toute sa hauteur (effet RBC à ce moment de l’année) et d’un couvain dense signe d’une bonne vitalité de celui-ci.

Ouvrages remarquables

La FNOSAD vient de mettre en vente 2 ouvrages traduits de l’Allemand

 

Par Aleksandar Uzunov, Martin Gabel et Ralph Büchler

Cet ouvrage propose3 techniques de suppression du couvain pour des traitements efficaces contre varroa à l’aide de l’acide oxalique dont une modalité de réduction de la pression du Varroa sans produits chimiques. Très didactique il est un bon compagnon pour y aller en toute sécurité.

 

Par Maggie Gill, Aleksandar Uzunov

Cet ouvrage permet une bonne connaissance de cet acarien attendu pour les années 2030. Après un état des lieux des connaissance actuelles sur son mode de vie et de reproduction les auteurs donnent plusieurs exemples de situations qui montrent la rapidité de sa diffusion dans des contextes très différents de ruchers proches ou de ruchers très isolés. Il s’agit d’alerter sur l’impérieuse nécessité pour les apiculteurs d’identifier sa présence de manière précoce. Les ruchers sont détruits en 3 mois. Seul l’acide formique sera utilisable  pour nous, selon les périodes de l’année, l’encagement ou l’isolement des reines pour stopper le couvain seront nécessaires. Les apiculteurs ne pourront compter que sur leur vigilance.

À commander : https://fnosad-lsa.fr/revue-de-la-sante-de-labeille/boutique-fnosad-lsa

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