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    Saisons

    Préparer le traitement automnal contre le varroa

    Jean RiondetBy Jean Riondet1 octobre 2025Updated:18 février 20266 commentaires11 Mins Read

    Le Sorgo, la dernière des céréales à moissonner avant les gelées

    Le final de la saison est plutôt de belle facture dans notre région du nord de la vallée du Rhône. La fabrication des abeilles d’hiver semble au point, les colonies ont beaucoup travaillé durant tout l’été et malgré les canicules les corps se sont bien remplis.
    Les CH1 des ruches RBC ont de belles couronnes de miel autour d’un couvain pas toujours très abondant aujourd’hui mais bien présent sur plus du tiers des surfaces. Cela augure bien de l’automne et de la morte saison. Les pesées indiquent des réserves conséquentes.

    Morte saison dit-on ? pas tant que cela car avec les pluies récentes, la renouée du Japon et le lierre ont donné à fond. Les CIPAN vont arriver, ces cultures intermédiaires pièges à nitrates vont fleurir jusqu’aux premiers gels ce qui entretiendra un couvain tardif.

    Alors se pose la question comment réussir le traitement hivernal que l’on fait avec un médicament à base d’acide oxalique si important pour assurer le démarrage de l’année prochaine ?

    En effet l’usage de cet acide organique n’a d’efficacité réelle qu’en absence de couvain car les varroas en reproduction dans le couvain seront les géniteurs de l’infestation pour 2026 et plus le couvain est abondant plus la virulence de l’infestation sera forte.

    Au fait, notez que le jeudi 9 octobre nous aurons une présentation par Yves Berthaud des acides expérimentés contre varroa, ce que l’on en connait de l’efficacité et des modes d’action tant sur le parasite que sur la colonie. Bien évidemment l’acide oxalique sera au centre du propos puisqu’il est le plus adapté à cette époque de l’année : 20h30 : Ouverture de la salle virtuelle  20h45 : Début des échanges lien : https://us02web.zoom.us/j/88457117366?pwd=XoaaXg85qJeioAPiVuw1FXv0EHuz6q.1

    https://us02web.zoom.us/j/88457117366?pwd=XoaaXg85qJeioAPiVuw1FXv0EHuz6q.1

    Choisir son produit de traitement

    Au terme de ce webinaire vous aurez compris que diverses solutions existent mais que dans le fond les produits se valent et leurs modalités d’emploi sont plus ou moins faciles. Acheter des médicaments prêts à l’emploi est commode. Ne pas oublier que la conservation des solutions sucrées doit se faire au frigo à 4°C, l’acide oxalique décompose le sucre ce qui produit de l’HMF toxique pour les abeilles (selon les doses ingérées : altération du système digestif, troubles intestinaux, durée de vie abrégée)

    Bogdanov, S., Kilchenmann, V., Charrière, JD., Imdorf, A. Comment et combien de temps peut-on conserver les solutions sucrées d’acide oxalique ? Revue Suisse d’apiculture, 98, (7), 2001, 303-305. https://urls.fr/eYmalw

    Cependant si l’application par dégouttement d’un médicament sur les abeilles est chose facile plus compliqué est de déterminer le moment opportun. Lors d’automnes froids on a souvent considéré que la rupture de ponte se produisait plutôt en décembre ou entre le 15 novembre et le 15 décembres selon les endroits.

    Mais depuis la montée des températures dans beaucoup de régions, il n’y a plus d’arrêt de ponte. Les surfaces de couvain sont très limitées sans doute mais elles restent des zones de conservation de varroas, le dégouttement en apportant du sirop de sucre stimule la ponte de la reine et l’apiculteur se double d’une casquette de varroaculteur. Le bénéfice du traitement est très faible.

    Les italiens pratiquent l’encagement hivernal des reines pour provoquer une rupture certaine du couvain.

    Pourquoi encager la reine ?

    Enfermer la reine d’une colonie dans une cage comme le faisait Louis XI pour ses opposants n’est pas une torture imposée à ce pauvre insecte. C’est un arrêt de ponte durant une très longue période au moment où elle est naturellement au plus bas pour réaliser une disparition du couvain et la mise à notre disposition de tous les varroas présents dans la colonie.

    Ainsi mis à l’air, ces acariens seront tout à fait accessibles pour les produis chimiques que nous utiliserons contre eux. Cette rupture de couvain est importante puisque l’efficacité de l’acide oxalique, que nous utilisons préférentiellement en méthode flash, est quasi totale en absence de couvain et dépasse rarement 50% en présence de couvain.

    Petit rappel sur le varroa et ses traitements

    Cet acarien arrivé d’Asie dans les années 1980 est une des source de mortalités massives de colonies, pas la seule, bien évidemment, mais une des rares causes sur laquelle l’apiculteur peut jouer. Depuis plus de 30 ans les molécules utilisées sont les mêmes et les dosages également – 6 molécules disponibles, 13 spécialités médicamenteuses !

    Peu à peu les varroas ont développé des résistances aux molécules utilisés sur la longue durée (lanières mises dans les couvains durant 6 à 12 semaines) et désormais ces produits de synthèse utilisés sur la durée connaissent une diminution de leur efficacité.

    Seuls les acides organiques conservent encore une efficacité très élevée mais sous certaines conditions qui rendent leur usage plus complexe.

    Les acides organiques

    A l’exception de l’acide formique, tous les acaricides sont actifs uniquement sur les varroas phorétiques c’est à dire qui se trouvent sur les abeilles et qui se promènent d’une abeille à l’autre à la recherche de celle qui leur donnera le plus de ressource alimentaire ou leur permettra de se cacher sous une larve au moment de l’operculation.

    Les acides organiques sont utilisés sous ce que l’on appelle la forme flash, c’est à dire sur une durée très courte de quelques jours tout au plus. C’est d’ailleurs un des intérêts dans l’usage de ces médicaments, dont la rapidité d’action met un coup d’arrêt à la prédation de vitellogénine et à la diffusion des virus qu’injectent les varroas aux abeilles. C’est aussi une manière de préserver l’efficacité de ces molécules dans le temps puisqu’il n’y pas de contact prolongé des varroas avec elles.

    Encager : le process

    J’encage à partir du 15 octobre, les séquences météos favorables à l’ouverture des colonies s’enchainent assez aisément.

    Avoir des reines marquées, est évidemment plus rapide de les trouver. C’est parfois l’occasion de découvrir qu’une reine fut changée à notre insu. Dans une ruche RBC, le travail est facilité par l’existence de la CH1 où la reine y est « en principe » enfermée. Cette CH1 comporte le plus souvent de 3 à 5 cadres. La recherche de la reine demandera très peu de temps d’ouverture.

    La reine sera prise avec une pince ou un tube de marquage puis transférée dans la cage. L’opération peut sembler délicate mais la reine ne pique pas donc on ne doit s’inquiéter.

    Je préfère la solution du tube de marquage, une fois secouée dans le tube il est facile de la maintenir au fond puis de la faire monter lentement le long d’un bord et avec l’index la faire glisser jusqu’à la prendre avec le pouce pour la mettre dans al cage. Avec une pince à reine le transfert dans la cage est possible avec un peu d’entrainement, à la belle saison les mâles sont des partenaires bien coopératifs pour s’exercer !

    J’utilise des cages de Scalvini, mais aussi diverses chinoises, ou des cages de fabrication maison avec un cadre de hausse et 2 grilles à reine…

    Une fois enfermée la cage sera insérée au plus près de l’endroit où la reine fut trouvée dans le nid à couvain et à un endroit où les abeilles sont en nombre et y seront encore au terme de l’encagement. Le risque serait que la grappe se déplace et que la reine soit abandonnée. De ce fait il n’est pas recommandé de faire cette opération sur de trop faibles colonies. Avec la ruche RBC ce risque est des plus limité puisque, par construction, le resserrement de la CH1 produira une concentration des abeilles sur toute la hauteur des cadres, le plus souvent mécanisme de grappage ne se produit pas, la cagette sera toujorus entourée d’abeilles et la reine entretenue.

    A noter l’importance du passage des abeilles le long des cages pour que la reine soit bien entourée de porteuses de nourriture, avec les bandes lisses et les cadres à écartements Hoffmann l’opération est simple, avec les crémaillères c’est plus compliqué.

    Au terme de 24 jours ou plus selon les conditions météo, on opère un dégouttement avec une spécialité à base d’acide oxalique à la dose de 5ml par ruelle occupée par des abeilles. Tout le couvain étant né le traitement est le plus efficace qui soit. La solution sera tiédie aux alentours de 30°c.

    Quand libérer la reine ?

    C’est possible au moment du traitement, mais il n’y a pas d’urgence puisque nous ne sommes plus en période de ponte de la reine qui ne devrait commencer qu’en fin du mois de décembre ou durant janvier selon les lieux, la météo, les lignées…

    En été il est important que les reines soient décagées au plus vite pour que reprenne leur ponte afin d’assurer la production des abeilles d’hiver. Mais maintenant ?

    Attendre peut être intéressant notamment dans le cas où des varroas auraient échappés au médicament, en effet il a été montré que l’allongement de la durée de non reproduction des femelles varroa les rendaient infertiles.

    Compte tenu des situations météo pas toujours favorables à l’ouverture des cages, j’ai libéré des reines jusqu’en janvier. En Italie la pratique de l’encagement hivernal se développe, les italiens furent précurseurs sur les méthodes d’encagement et créateurs des cages Menna et Scalvini.

    Pour moi, depuis l’apprentissage de l’encagement et des stratégies de lutte complémentaires, la qualité des colonies a explosé. Elles sont massivement très peu parasitées par varroa, les couvains sont magnifiques, elles supportent mieux les aléas climatiques. Reste à trouver un mode de pilotage de la météo …

    Ce procédé est intéressant et comporte peu de risques. certes la manipulation des reines est toujours un moment délicat, un mauvais positionnement de la cage peut provoquer l’abandon de la reine et la colonie se retrouver orpheline, un surdosage peut agresser trop fortement les abeilles et la reine… mais globalement ces évènements sont très rares et le gain tellement supérieur aux risques … le jeu en vaut la chandelle.

    Note : Une équipe de chercheurs sur l’infertilité des varroas lié à l’encagement long – R.Büchler, M.Gabel, A.Usuno, de l’Université de Würzburg en Allemagne a également rédigé un opuscule « « Summer brood interruption for vital honey bee colonies » décrivant en particulier un processus d’interruption estivale de couvain pour réduire la fertilité des varroas et donc limiter les traitements médicamenteux. A suivre.

    Que faire en octobre ?

    Les apports de sirops doivent être achevés, ils feraient vieillir les abeilles d’hiver sollicitées pour du stockage.

    Là où les rentrées de nectar se poursuivent, certains se trouvent avec des hausses partiellement remplies. Elles furent mises en juillet pour faire tenir les trop fortes populations dans les corps.

    Une bonne manière de conserver cette ressource dont les abeilles pourraient avoir besoin est de placer cette hausse entre le plateau de sol et le corps. Elle bloque les courants d’air et en ruche RBC pour conserver l’intéret de la « chaussette », on pose un « mouchoir » entre la hausse et la CH1.

    Au printemps cette hausse, si elle ne fut remise sur le corps permet une expansion de la colonie et limite le risque d’essaimage.

    Le poids des ruches est à noter sur un carnet ou sur les toits, c’est un indicateur très simple à produire soit en 1 pesée arrière, procédé un peu approximatif, déjà très instructif, ou en pesée de chaque coté dont la somme donne le poids total, pour les puristes de la précision.

    Il sera bon de vérifier l’épaisseur du coussin isolant sous le toit qui sera de 4 cm au minimum de 6 cm de préférence.

    Et pourquoi pas faire des essaims artificiels ?

    Bizarre, non ?

    Avec la ruche RBC, les éleveurs de reins qui possèdent encore des reines dans des nuclei trop petits pour passer l’hiver, il est possible de créer des essaims sur 1 cadre composé d’un cadre de miel bien plein, et d’abeilles en quantité et surtout d’abeilles prises sur 1 cadre de couvain.

    Dans une ruche ou ruchette en polystyrène au fond fermé et avec une chaussette réfléchissante, au moins 2 PIHP et une écharpe et 4 à 6 cm d’isolant sous le toit on retrouvera fin mars un cadre couvert de couvain. Certes cela ne fait pas une colonie de production mais la reine aura passé un bel hivernage alors que dans un trop petit nuclei elle aurait eu peu de chances de survie.

    Encore un bon usage de la RBC !

    Jean Riondet
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    6 commentaires

    1. François BORDET on 2 octobre 2025 8 h 14 min

      Comment compter les chutes naturelles de Varroa dans la ruche RBC? La chaussure et la chaussette ne laissent rien passer.

      Dans les ruches Warré en RBC, comment gérer les partitions ? En octobre il n’est pas rare d’avoir 4 ou 5 cadres de couvain en CH1, il ne reste qu’un cadres en CH2 pour les provisions. C’est trop peu.

      Reply
      • Jean Riondet on 25 novembre 2025 21 h 10 min

        Le comptage des varroas en RBC se fait avec le shaker soit par lavage des abeilles soit par narcose au CO2 soit par enduction au sucre glace. De ce fait les comptages en automne et hiver sont impossibles. Il faut suivre l’état sanitaire par analyse du couvain : couvain serré et bombé = colonie saine. Couvain avec de nombreux trous (plus de 10) mais sans signes cliniques de loques par exemple ou d’ascosphérose (mycose du couvain) indique présence importante de varroas. Abeilles vues avec des ailes atrophiées = infestation massive de varroas et de virus colonie généralement à détruire car elle infestera l’ensemble du rucher. Il est intéressant dans ces circonstances de demander l’appui d’un TSA pour évaluer la situation.
        Dans les ruches Warré, on se trouve dans la situation du tronc d’arbre, 2 PIHP seront mises en rives c’est à dire en position 1 et 8 et pour tous les éléments, le couvain sera chapeauté par un élément de miel, le plateau de sol sera équipé d’une chaussure et d’une chaussette. Le toit sera doté d’un isolant de 6 cm posé sur l’écharpe. Il n’y aura pas de CH1 ni de CH2, tout se passe à la verticale comme l’Abbé Warré l’avait prévu.
        JR

        Reply
    2. odion on 2 octobre 2025 9 h 09 min

      Bonjour,
      Je ne sais pas si j’ai un problème de vue mais tout ce qui est en jaune est illisible.

      Reply
      • Jean Riondet on 5 octobre 2025 10 h 04 min

        Pour le webinaire du 6 octobre, je vous ai mis l’URL en noir. C’est la machine qui transforme le lien bleu en jaune, je n’ai pas la maitrise de ce paramètre!
        Je serai vigilant à l’avenir. Merci pour cette remarques utile.
        JR

        Reply
    3. FREDERIC MULET on 3 octobre 2025 14 h 07 min

      Merci pour vos recommandations du mois d’octobre.
      Pour ce qui concerne l’acide oxalique, depuis le début de cette année, un nouveau médicament a eu son AMM. CALISTRIP BIOX.
      Ce qui permet maintenant aux médicaments à base d’AO de traiter nos colonies, avec ou sans couvain.
      Puisqu’il s’agit de lanières à poser dans une ruche pendant 6 semaines.

      Vous en parlerai certainement lors du prochain webinaire.
      En vous remerciant

      Reply
      • Jean Riondet on 5 octobre 2025 9 h 42 min

        Oui nous évoquerons le sujet, mais pour l’instant j’attends des essais hors ceux du fabricant, les premiers retours d’apiculteurs espagnols nous laissent interrogatifs sur l’efficacité de la technique utilisée par Callier pour mettre la pâte en contact avec les abeilles. De plus 6 semaines est-ce suffisant rappelons nous pour l’Apivar le RCP indique 10 semaines d’application et très rapidement après sa mise en service on s’est aperçu qu’en plein champ la durée de présence devait être de 12 semaines voire plus puisque maintenant on affiche régulièrement 90 jours. Mais cela pose la question de l’effet de l’allongement de la durée pour l’Apivar au delà des 10 semaines car on rentre dans un moment où la libération de la molécule se fait à des doses non létales pour la plupart des varroas ce qui augmenterait la possibilité de favoriser l’adaptation de l’acarien à l’Amitraz. Pour terminer, une perspective se dessine du côté des testeurs sur la résistance de varroa à l’Amitraz, il est plus important d’examiner la cinétique du médicament que son efficacité finale. En d’autres termes utiliser des médicaments qui permettent une chute massive de varroas en quelques jours serait plus intéressant qu’un médicament qui demande plusieurs semaines pour obtenir une diminution de 95% des varroas du fait que sur la durée longue d’un traitement la colonie continue de se faire infester de virus par les varroas encore en vie. Il faut avoir en tête que l’efficacité d’un médicament est liée au niveau d’infestation de départ ce qui conduit à considérer que le traitement contre le varroa est une action à mener tout au long de la saison et il devient alors indispensable d’adapter son mode de conduite des colonies en fonction de cet impératif.
        Bien cordialement
        J R

        Reply

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