Septembre 2008 – On range les cadres

Le nourrissement est terminé, ce sont les derniers travaux au rucher, on stocke les cadres bâtis pour l’année prochaine, on resserre les colonies

Au rucher

C’en est fini des grands travaux. Les colonies seront visitées une dernière fois. On ressserre les colonies sur un nombre réduit de cadres pour que la chaleur soit maximale et que les dernières récoltes de nectar servent à finir de remplir les rayons de miel.

On enlève les cadres vides ou pleins sur au plus 1/5 de leur surface, on met une partition. La plus simple des partitions est un panneau de polystyrène extrudé (isolant du bâtiment) qui a l’avantage de ne pas être trop détérioré par les abeilles. Les plaques sont coupées au format intérieur des caisses de manière à rentrer à frottement doux.

Ces plaques affleurent le couvre cadre, la colonie ainsi réduite sera bien au chaud. S’il gèle fortement à l’extérieur, il peut faire en dessous de zéro dans la ruche, la grappe se resserre et en son sein il fait 31°c.

Les abeilles d’un lent mouvement vont du centre vers l’extrémité et celles de la périphérie viennent manger du miel à leur tour. D’où l’importance d’avoir des cadres de miel biens garnis sur toute leur hauteur de manière à ce que la grappe n’ait pas à trop se déplacer.

En quête de miel, plus la grappe est importante et enjambe plusieurs cadres, moins il lui est difficile d’explorer les rayons les uns après les autres et de trouver sa pitance. A l’inverse, une population chétive donnera une petite grappe incapable de trouver par sa lente reptation les rayons voisins, garnis de miel, lorsqu’elle aura épuisé celui sur lequel elle se trouve.

Les changements de reine

C’est le moment de changer les reines de l’an passé par les belles jouvencelles de 2008. On enlève les reines âgées, normalement nous les avons marquées à la couleur de l’an passé, si la reine trouvée n’est pas marquée, elle aura été naturellement changée au cours de l’année. On la marque à la couleur rouge qui est celle de l’année 2008.

On trouve une reine jaune, elle est née en 2007. On la tue, on introduit dans une cagette Nicot une reine rouge née en 2008, avec du candi dans le réceptacle prévu à cet effet.

On enlève soigneusement la languette qui ferme le passage contre le candi et on introduit cette cagette entre deux cadres du centre de la colonie, suspendue à une pointe TH de 50 mm. En 48 h l’affaire devrait être faite.

Il est recommandé de mettre un cierge auprès d’un saint quelconque en espérant qu’il évitera que la reine ne soit victime d’une supersédure !

Eh oui, cette reine que nous avons élevée avec tant de soin sera parfois remplacée en l’espace de quelques semaines par une autre, souvent issue de sa propre descendance. L’élevage royal se manifeste par une seule cellule par face au centre de un ou de deux cadres. La reine naît, se fait féconder et une fois en ponte l’autre est détruite.

C’est au printemps que l’on découvre ce genre de facétie.

Mais si on ne trouve pas la reine ?

S’il y a du couvain frais la reine est là. On regarde de nouveau les cadres, si on ne la trouve, son agilité la fait fuir plus vite que l’on est capable de manipuler les cadres. On verra en mars.

En l’absence de couvain si la population est abondante, on peut attendre encore 2 semaines pour voir. Si le couvain est toujours absent, il est prudent de faire une réunion. Remérer une colonie fin septembre qui n’aurait plus de jeunes abeilles, c’est hiverner de vieilles abeilles bonnes pour mourir en mars. Ce serait reine perdue.

Faire des essaims artificiels

Curieux non, que de faire des essaims artificiels maintenant ?

En réalité pas tant que cela. Le nourrissement massif fait en juillet a donné d’excellente colonies bourrées de miel et populeuses. J’ai aujourd’hui des colonies qui occupent leurs 10 cadres. Je les partage en deux colonies sur 5 cadres, la plus populeuse sera éloignée du rucher de 3 km et la colonie orpheline sera pourvue d’une reine d’élevage.

On limite ainsi les risques d’essaimage l’an prochain en démarrant avec des colonies trop populeuses.

A la cabane

Je rappellerai que pour la conservation des cadres il est important d’utiliser des produits ou des techniques qui ne vont pas empoisonner la cire des rayons. Ni contaminer le miel dont la pureté dans l’esprit des consommateurs comme dans la réalité des bonnes pratiques est à défendre absolument.

La naphtaline n’existe plus en magasin, le paradichlorobenzène également. Les produits de substitution sont non dégradables, liposolubles ils pénètrent les cires, s’ils tuent les teignes, les abeilles aussi. Ils sont à proscrire absolument.

Parmi les produits chimiques, le soufre est simple à mettre en œuvre avec quelques précautions. Le gaz toxique, l’oxyde de soufre, issu de sa combustion s’évacue naturellement, n’imprègne pas les cires.

Les rayons sont mis dans un frigo désaffecté de grande taille ou dans un coffre en bois, le mien contient 100 cadres. Serrés les uns contre les autres, on fait brûler une mèche soufrée, couvercle fermé. Le SO2 qui s’en dégage tue les larves de teigne, tous les insectes, les champignons et désinfecte les cires. Il fait également rouiller clous et fils de fer, sauf l’inox.

Attention à la flamme de la mèche. Je la fais toujours brûler dans une boite de conserve. Ce traitement fait une seule fois dans un coffre suffit.

On peut faire la même chose en constituant une pile de hausses posées sur un plateau lui même étanche et fermée de même au sommet. J’utilise deux plaques d’agglo. Une mèche est mise à brûler au sommet de la tour, le gaz se répand dans toute la tour. On répète ce traitement une fois en octobre. La tour est moins étanche que les autres formules, mais si facile à mettre en oeuvre.

Une tour de hausses posées sur une grille à reine et sur un support, fermée en son sommet d’une grille à reine pour éviter les rongeurs, est le procédé mécanique le plus écologique pour lutter contre la teigne. Le courant d’air dérange les teignes qui ne viennent pas y pondre beaucoup.
Ces tours mises dans des hangars à l’abri de la pluie et du soleil, attirent durant 48 h les abeilles, rapidement le goûter s’achève et elle ne viennent plus visiter l’installation. Ce procédé relativement efficace a la préférence des professionnels qui n’ont pas de manipulations à faire.

 

Le B401 est un liquide à vaporiser sur les rayons, un par un, et sur chacune de leurs faces. Ce liquide contient un bacille spécifique qui détruit les intestins des teignes. Une application suffit. C’est un produit qui disparait au cours de l’hiver.

Pour des raisons sanitaires supprimer les rayons noircis. Ceux qui ont contenu du couvain ne seront pas utilisés plus de 5 ans. Prévoir au cours de l’hiver d’équiper de cires neuves le quart des cadres de hausses. Mais on ne les mettra que sur la seconde miellée, pour les zones à miellées cycliques, car, tôt en saison, les cirières sont encore trop peu nombreuses pour construire.
A retenir : Le renouvellement le plus fréquent possible des cires est l’une des meilleures prophylaxies. C’est l’une des qualités de la conduite en divisible Warré.

Jean RIONDET

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 35 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il rédige depuis l'an 2000 diverses rubriques d'abord dans la revue Abeilles et fleurs, puis dans la revue L'abeille de France. Il anime le blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ses ouvrages actuellement disponibles : L'apiculture mois par mois - Le Rucher durable - Installer un premier rucher - Élever ses reines, trois méthodes simples. Il participe activement au Groupement d'action sanitaire apicole du Rhône (GASAR) qui assure la formation continue des apiculteurs du Rhône https://gasarhone.fr/ Jean Riondet est chevalier dans l'ordre du Mérite agricole

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