Les récoltes sont terminées, les traitements contre le varroa sont achevés ou en cours, la surveillance pour ce mois concernera les surfaces de couvain et les réserves en miel.
Si l’apiculteur n’a pas laissé ses hausses au delà du mois de juillet, les récoltes de miel dans les corps auront été abondantes. Selon les endroits ces récoltes tardives ont été plus ou moins importantes mais en général, les remontées du terrain laissent entrevoir des corps bien pleins de miel. Ce qui est agréable car nous aurons moins besoin d’acheter ou de confectionner du sirop mais surtout les abeilles auront une alimentation de rêve, riche en nutriments, en sels minéraux adaptés, en enzymes …
Les surfaces de couvain
C’est le point stratégique car l’accumulation du miel aura pu se faire au détriment des surfaces de couvain. La surabondance des récoltes dans les corps est à regarder de près. Naturellement nous sommes depuis plus d’un mois en régression de la ponte de la reine et autour de celle-ci de grosses couronnes de miel apparaissent.
Voici les images faites le 28 aout dernier pour une ruche assez caractéristique de celles que j’ai dans mes ruchers






La première photo montre un cadre à mâles qui fut construit entre juillet et aout. C’est intéressant à noter car cette année les constructions de rayons furent très faciles en juillet, à la condition d’avoir mis des plaques de cire gaufrée sur toute la surface des cadres. Mais il y a des exception et cette construction même partielle reste un cas rare.
La photo suivante nous donne l’image d’un cadre de miel totalement rempli, il y en a 3 dans cette ruche. Les 4 photos suivantes nous montrent des cadres avec des surfaces de couvain variables mais suffisantes pour assurer le renouvellement du volume des abeilles au fil de l’automne. Les espaces sans couvain operculé sont pondus. On aura encore des rentrées de nectar avec le lierre, la renouée du japon et des cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN). La surveillance des surfaces de couvain s’impose y compris jusqu’en octobre. Si le couvain régresse trop, ajouter un cadre bâti vide de miel sera nécessaire pour redonner à la reine un espace de ponte.
Ces cadres de couvain serviront à constituer la CH1 en Ruche Basse Consommation d’énergie. Par principe on met en CH1 tous les cadres de couvain ouvert et fermé, la CH2 accueillant les cadres de miel et les cadres de couvain en cours de naissance ou les abeilles stockent du miel dans les alvéoles ainsi libérées. L’idée est que les abeilles qui vont naître en CH2 rapatrieront la CH1 vers la reine, celle-ci ne venant plus pondre en CH2. Dans cette configuration les abeilles de la CH1 seront en mars lors des premières visites en même volume que celles observées en octobre. Ainsi, ce groupe d’abeille va se renouveler, les plus vieilles disparaitront, remplacées par de jeunes nouvelles nées.
Dans cet espace restreint, sur 4 cadres dans notre cas, le volume d’abeilles maintiendra une température suffisante pour éviter un grappage (voir la démonstration que fait Derek MITCHELL dans sa thèse sur le coût en énergie de ce mécanisme) en vivant sous l’écharpe et sur les rayons de miel. Les quantités de miel consommées sont alors extrêmement modérées du fait de l’isolation de la ruche et l’absence de chauffage spécifique qui découle du grappage.
Ces questions seront reprises dans le webinaire du jeudi 4 septembre avec Damien Merit à partir de 20h45
lien https://us02web.zoom.us/j/84310857305?pwd=XcxZnlgoIGTY4bHLKeXUjGheIZBnHi.1
Les frelons
Ils ont désormais bien là, gros ce qui les empêche de sortir des nids comme leurs prédécesseurs. Les européens étaient les plus nombreux, les « à pattes jaunes » viennent désormais les concurrencer.
A un moment je me suis demandé si le peu de frelons que l’on observait entre juin et juillet chez nous ne tenait pas aux mauvaise conditions de développement de leurs nids, printemps peu favorable avec les pluies, puis 2 séquences de canicules qui ont desséché les nids en carton proches des cimes des arbres et donc bien ensoleillés ? Une hygrométrie trop basse empêche les œufs d’éclore et les larves d’être développées correctement. J’ai pu observer cela avec les tout petits nids de guêpes qui sont accrochés aux branches de mes lauriers roses. En période caniculaire les larves disparaissent. Les frelons européens sont avantage dans des nids construits dans des endroits à l’abri des conditions météos.
Je m’étais fait cette remarque car j’observais dans le même temps que nous avions peu de guêpes de grande taille comme je les voyais dans les fleurs d’Ampélopsis remplacées par de toutes petites guêpes. Or, les grandes guêpes vivent dans des nids en carton à l’abri des toitures le plus souvent mais soumis à l’hygrométrie ambiante, alors que les petits guêpes, pour celles que je voyais, habitent en terre à l’abri des fluctuation de température et d’hygrométrie.
Un dossier en accès libre sur ce prédateur paru dans La Santé de l’Abeille :
https://fnosad-lsa.fr/revue-de-la-sante-de-labeille
rubrique : Vespa velutina : mobilisations apicoles et scientifiques
Déclarer ses ruches
La période de déclaration annuelle de ses ruches est ouverte jusqu’au 31 décembre 2025
pour accéder à la déclaration en ligne suivre ce lien :
outre des aspects statistiques et juridiques pour certaines déclarations, le fait d’être enregistré permet de recevoir les alertes en cas de traitements phytosanitaires imposés par la réglementation et en particulier les démoustications contre le moustique tigre vecteur de maladies tropicales qui sont appelées à se multiplier dans l’hexagone.
Les webinaires à venir
Ouverture de la salle virtuelle 20h30, début des échanges 20h45
La mise en hivernage, la préparation des colonies en ruche RBC
Au terme de cette saison nous ferons le bilan des expériences sur la ruche RBC que plusieurs d’entre vous nous ont fait remonter. Nous ferons état de modifications sur la chaussure. Nous évoquerons les protections sur les petits ruchers contre l’invasion de frelons.
Damien Merit, Jean Riondet
https://us02web.zoom.us/j/84310857305?pwd=XcxZnlgoIGTY4bHLKeXUjGheIZBnHi.1
Yves Berthaud
Acides organiques et varroa
Autorisés en apiculture « Bio », les acides organiques sont de plus en plus en vogue chez tous les apiculteurs. Comment comprendre l’action des différents acides organiques utilisés contre le varroa, les concentrations optimales, les effets sur les abeilles et sur la colonie
https://us02web.zoom.us/j/88457117366?pwd=XoaaXg85qJeioAPiVuw1FXv0EHuz6q.1
Le 6 novembre
Yves Daricau
Le pollen pilote de la ponte de la reine, les déficits estivaux et les plantations mellifères
Face aux fluctuations saisonnières des rentrées de pollen comment gérer à l’avenir nos plantations pour assurer un environnement estival favorable aux abeilles et autres pollinisateurs
https://us02web.zoom.us/j/82026497582?pwd=N8IxQHLIXzphOQBEScSNViiNcdzf2H.1
Le 4 décembre
Dr Benjamin Poirot Directeur du bureau d’études APINOV
Titre
L’ADN environnemental : une nouvelle méthode pour mieux protéger et valoriser nos miels
La fraude au miel est un problème majeur pour les apiculteurs et les consommateurs. Les méthodes classiques de contrôle (analyses chimiques, isotopes, pollen) donnent déjà des informations utiles, mais restent parfois insuffisantes pour détecter certains cas de fraude. L’ADN environnemental (eDNA) est une approche innovante qui permet de retrouver l’empreinte des plantes visitées par les abeilles et donc de vérifier l’origine botanique et géographique du miel. Nous verrons à travers des exemples concrets, notamment aux Caraïbes, comment cette méthode complète les outils existants. Ces résultats sont issus de travaux présentés à Apimondia et d’un article scientifique à paraître.
https://us02web.zoom.us/j/89773345550?pwd=1Vq8wBj9ki1GpcJg9rHkcJ6qnESR7U.1
