
Prochain webinaire : Questions réponses avec Jean Riondet le 30 juillet 2026
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20h30 ouverture de la salle virtuelle 20h45 début des échanges
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Une première thématique apparait : la canicule ses effets sur les colonies et sur les ruche RBC ?
Insister sur le traitement contre le varroa n’est pas de trop, la perspective des vacances, les récoltes faites ou à faire occupent l’esprit et on pense qu’il sera toujours temps de faire le traitement d’été.
La réalité est toute autre, le varroa continue sa multiplication inexorable et avec lui la diffusion des virus et autres agents pathogènes opportunistes. L’affaiblissement des colonies qu’il engendre est une aubaine pour des bactéries que les colonies fortes et en bonne santé arrivent à contrôler par les tactiques d’épouillage, d’essaimage, d’évacuation des larves malades, de nettoyage des cadavres, d’enduction de propolis de l’ensemble de l’habitacle.
Dès que la colonie s’affaiblit et que ces stratégies ne sont plus possibles les agents pathogènes prennent le dessus et les colonies claudiquent. A cette époque les ressources naturelles pour lutter contre le varroa font un peu défaut pour les colonies, nous devons intervenir et le plus tôt possible.
La lutte contre le varroa n’est pas la seule manière de gérer la santé des colonies mais elle en est la principale dans le contexte actuel. Traiter contre le varroa ce n’est pas seulement mettre deux lanières d’un acaricide, c’est surtout de suivre l’état de colonies et d’apporter une attention particulière à celles qui sont en situation difficile.
La mesure de l’infestation
C’est un élément important pour identifier les têtes à poux dans les ruchers et une à deux fois par an il est important de vérifier sur toutes les colonies le niveau de présence de varroa. Il faut s’entrainer à le faire car ce n’est pas très compliqué mais nécessite un peu d’adresse et un peu de temps. Les traitements sont d’autant plus efficaces que les niveaux d’infestation sont faibles, d’où la proposition que je vous ai faite de traiter au mois de mai entre les miellées.
À consulter sur les méthodes de testage : https://www.adapi.org/informations-techniques-et-experimentations/varroa-2/
Toutes les ruches doivent être testées. Avec les ruches RBC seule la mesure faite au shaker est possible, le comptage sur lange n’a pas encore trouvé de solution avec la chaussure. Le confort des colonies prime sur celui de l’apiculteur !
La conduite des traitements
Pour obtenir de très bons résultats à court terme, il est devenu indispensable de pratiquer l’encagement des reines pour mettre la colonie hors couvain et faire en sorte que les varroas soient tous en phase adultes sur les abeilles.
Les traitements à l’acide oxalique, par dégouttement ou par sublimation sont les seules médications possible à cette époque de l’année. Ils permettent une éradication rapide et quasi totale du parasite. Les médicaments sous la forme de lanières sont trop lents d’action et les colonies ont le temps de s’effondrer sous la pression parasitaire et virale.
L’encagement est d’autant plus indispensable que la venue redoutée de Tropilaelaps nécessitera ce type d’intervention. Autant s’y entrainer maintenant !
Encager les reines
Il semblerait que toutes les cages du commerce conviennent, certaines sont petites, d’autres sont grandes, certaines permettent à la reine de poursuivre sa ponte, d’autres non. Quoi qu’il en soit, le risque associé à l’encagement reste le même soit un abandon de la reine par les abeilles qui ne la nourrissent plus et organisent un remérage, soit un mauvais positionnement de la cage qui, trop éloignée de la zone du couvain, rend la reine inaccessible à la grappe et elle en meurt. Ces évènements restent rares je n’ai pas observé plus de 4% d’échecs sur mes ruchers.
Donc première précaution positionner la cage au milieu du nid à couvain, ou du moins de ce qu’il en reste pour favoriser la cohabitation des abeilles et de leur reine. En cas de très faible quantité de couvain, placer le ou les cadres ayant du couvain entre 2 PIHP, partitions isolante et réfléchissantes pour que s’y regroupe un maximum d’abeilles.
Et si on ne trouve pas la reine ?
Prendre la reine par les ailes ou par le thorax n’est pas chose aisée pour tout le monde, on peut opérer d’une autre manière pour isoler la reine sans la rechercher. Il s’agit de séparer les abeilles des cadres de la ruche. Il faut un corps de ruche sur un plateau de sol et une grille à reine (GR).

1 – placer le corps de ruche propre à côté de la ruche à secouer
2 – sortir chaque cadre de la ruche originelle et le secouer dans sa ruche
3 – déposer le cadre vide de ses abeilles dans le corps propre
4 – faire cela pour tous les cadres sauf 1, le plus vide possible ou le plus moche ou ajouter un cadre bâti vide pour que la reine qui ne manquera d’être dans ce corps puisse continuer à pondre
5 – placer la grille à reine sur le corps originel
6 – poser sur la GR le corps avec les cadres et partitionner si besoin
7 – refermer avec les isolants et le toit
8 – une semaine plus tard vérifier si les abeilles du corps supérieur n’auraient pas fabriqué une reine de remplacement
9 – 21 jours plus tard ou 23 jours s’il y a du couvain de mâles, décaler le corps supérieur pour le mettre à la place du corps inférieur.
10 – dans le corps nouvellement installé secouer toutes les abeilles et sans doute al reine, détruire le cadre de couvain qui est rempli de varroas
11 – traiter par dégouttement ou sublimation selon les indications des fournisseurs avec un médicament, Apibioxal, OxybbBee, Varroxal, Varromed et refaire le traitement 3 à 5 jours plus tard ou 7 jours selon disponibilité
12 – apporter un sirop léger 1kg de sucre pour 2l d’eau afin de relancer la ponte. Dès que celle-ci est présente sur plusieurs cadres, surveiller le poids des ruches pour compléter les cadres de corps en miel pour l’hivernage. Faire cette opération tôt en juillet pour que le traitement du miel soit fait en aout et préserve ainsi la qualité des abeilles à venir qui seront les abeilles d’hiver. Ces abeilles de longue vie et riches en vitéllogénine seront les premières pourvoyeuses de protéines pour les couvains qui débuteront en janvier 2027. De leur qualité dépendra la première génération des nourrices en 2027.
13 – le risque de ré-infestation dans les semaines suivantes n’est pas nul et certains apiculteurs ajoutent en aout des bandes d’acaricide à diffusion lente.
Cette pratique a le gros avantage de permettre une disparition rapide des varroas lors du traitement, en cas d’infestation importante un premier traitement peut être fait au moment de l’encagement ce qui évite une trop forte surcharge des abeilles en varroas.
Comme tous les traitements efficaces celui-ci n’est pas sans risque, des pertes de reines sont possibles, beaucoup de professionnels choisissent cette action pour changer les reines de leurs colonies.
Voir ma vidéo de 2023 sur ce sujet
https://www.youtube.com/watch?v=eceGXzot6qs
Conserver les cadres
Après la récolte du miel la conservation des hausses par ces chaleurs est un problème récurrent. Conserver en bon état une partie des rayons bâtis accélère l’installation du miel dans les hausses, mais en faire construire chaque année est également une bonne opportunité pour réduire la tentation d’essaimage.
Les fausses teignes recherchent les zones de pollen pour en capter les protéines nécessaires à leur reproduction. Ce petit papillon de nuit pond des milliers d’œufs là où il sent des ruches, soit en rentrant à l’intérieur soit le long des fentes du bois entre les écharpes, les couvres cadres, les hausses et les corps.
Après éclosion une microscopique larve se glisse dans les interstices et cherche où s’installer. Dans les rayons ses galeries de soie protègent la larve qui consomme les pollens résiduels dans la cire des cellules. La même mésaventure arrive aux hausses mêmes léchées. Les dégâts sont considérables, ces rayons que l’on croyait bons pour l’année prochaine seront irrémédiablement détruits.
La fausse teigne n’aime pas : le froid, les courants d’air, l’oxyde de soufre, le bacille de Thuringe Aizawai
Le froid
Dés que les froidures automnales arrivent plus de souci, les fausses teignes sont aux abonnés absents jusqu’en avril voire un peu plus. Mais que faire d’ici là ? Mettre les hausses en chambre froide. C’est couteux.
Sauf pour les pièces et éléments utilisés pour les élevages de reines, les cupules, portes cupules, bigoudis etc. je les mets systématiquement au congélateur 48h environ, ce qui m’évite de les retrouver avec des filaments partout. En l’occurrence c’est la petite fausse teigne qui les occupe. Conservés dans un sachet en plastique ou une boite hermétique c’est parfait.
L’Oxyde de soufre
C’est le fruit de la combustion des mèches soufrées utilisées en viticulture que l’on place au-dessus d’une pile de hausses, bien étanches. Avec une hausse vide au sommet, un carreau de faïence et une boite de conserve dessus. Le tout sera bien fermé par un toit en tôle, la mèche peut brûler dans la boite sans mettre le feu aux hausses. La mèche brûle à haute température et coule. Être prudent, inutile de mettre le feu à la maison, c’est à faire en extérieur. L’oxyde de soufre est un gaz toxique, lourd qui descendra jusqu’au bas de la pile de hausses. Il détruit larves et papillons mais pas les œufs de sorte que 10 à 14 jours plus tard il faut répéter l’opération. Il faut ensuite ranger les hausses dans un endroit à l’abri des papillons. C’est un peu contraignant, polluant tant pour l’opérateur que pour l’environnement, dangereux pour les inconscients…
Le bacille de Thuringe Aizawai
Attention, c’est le seul qui ne tue pas les abeilles, il détruit l’intestin des fausses teignes. Il n’est plus vendu en France, c’était le B401 ou le Mellonex. Dilué dans de l’eau il était pulvérisé sur les rayons, le résultat était impeccable. C’est le passé. Ne cherchez pas dans les jardineries des produits à base de BT les autres catégories de bacilles feraient la peau de vos abeilles.
Le courant d’air
Ça ne coute rien et ça marche relativement bien. Poser les hausses les unes sur les autres sur un support de ruche avec une grille à reine pour éviter les visites des souris, lérots …Au sommet de la tour une nouvelle grille à reine et un toit mis à distance pour que le vent puisse circuler dans la tour. Les résultats sont très bons avec les rayons n’ayant connu que du miel. Mais certains papillons arrivent à s’installer dans les rayons ayant contenu du couvain ou du pollen car ce qui reste des protéines associées à ces deux types d’occupants sont favorables à un bon développement des larves de la fausse teigne.
Cette manière de faire permet de stocker les hausses à l’extérieur pourvu qu’elles soient à l’abri de la pluie et du soleil… un hangar, un auvent orienté au nord
Vu l’intérêt économique et sa simplicité de mise en œuvre, ce procédé emporte l’adhésion et les quelques rayons détruits ne seront pas un drame.
Pour ceux qui appréhende l’encagement, voici la synthèse d’un compte rendu d’une étude sur la comparaison entre des colonies traitées par encagement et d’autres par APIVAR on retiendra qu’à infestation équivalente, les colonies traitées en été après encagement par Acide Oxalique étaient 6 fois moins infestées par varroa que celles traitées à l’Apivar en octobre. Après le traitement hivernal, les 2 lots étaient quasiment avec zéro varroa au mois de mars, mais le lot Apivar présente un taux de mortalité plus élevé.
Ce projet d’étude sera poursuivi par une étude de différentes combinaison de traitements biotechnique et chimique afin d’optimiser la gestion du varroa en apiculture. A noter la proposition qui va dans ce sens, que j’ai faite dans le post du mois de mai sur l’utilisation du Formic Pro après une récolte en mai, puis de l’encagement en juillet et une nouvelle fois en octobre. On en reparlera.
Vu dans Abeilles & Cie n°229 juillet 2026