Webinaire du jeudi 25 juin
François Penin : « Le pollen, aliment vital des abeilles : comprendre les besoins nutritionnels des colonies et raisonner les supplémentations protéiques ».
Une analyse de l’importance des protéines pour le développement de l’abeille, ce qu’apporte la nature, l’offre de substituts, leur intérêt et leurs périodes d’usage dans la saison apicole.
https://us02web.zoom.us/j/83765911790?pwd=JaFL4fGDaFC8LVPIwH9d9h4uog8GNp.1
Ouverture de la salle virtuelle 20h30, début des échanges 20h45
Nouvelle importante pour les lyonnais, le magasin d’apiculture « La planche d’envol » prend la suite au 35 rue du Dauphiné à St Priest.
Les récoltes
Heureusement que les beaux jours d’avril ont permis de belles récoltes de miel. La pluie en mai en a parfois terminé les promesses. Le niveau atteint est rarissime, mais avoir un mois de mai froid ou frais a toujours existé.
Cet hiver et ce printemps doux et froids ont néanmoins assuré un développement rapide des colonies, les floraisons ayant explosées les miellées se sont succédées à grande vitesse. On a sans doute gagné environ 3 semaines sur les calendriers classiques. Dans bien des régions, les miellées sont très satisfaisantes, on peut penser que les floraisons à venir seront plus modestes. Beaucoup des floraisons habituellement en juin sont achevées dès ce début du mois!
Se pose la question de la teneur en eau de certains miels et leur conservation dans les mois à venir. Sauf à être aguerri aux techniques de séchage du miel ou à posséder les matériels ad hoc, le plus classique est de conserver au froid les miels en pots dont on craint la fermentation qui s’active même avec des miels cristallisés. Je ne connais pas vraiment d’autre solution que de les maintenir au froid. La teneur excessive en eau avec le miel de colza tiendrait à ce que le glucose très majoritaire dans le nectar de cette fleur est insuffisamment soluble dans l’eau et dès que la température chute un tant soit peu, la cristallisation et au rendez vous. Dans les sirops industriels, la présence de sucres complexes favorise lune haute teneur en sucre dans le sirop ce qui bloque les possibilités de cristallisation.

Le colza est toujours un souci lorsqu’il rentre en masse dans les hausses. Du béton, le couteau est planté depuis 1 semaine.
À propos de la pose des hausses
Ce contexte climatique a donné une magnifique démonstration de l’intérêt de la RBC en zones de colza.
Pour ma part j’ai posé les hausses d‘un rucher le 1er mars, il ne faisait pas franchement chaud et le colza montrait ses inflorescences en bourgeonnement que si on avait le nez dessus. J’ai posé les hausses en respectant la règle des partitions mises à l’aplomb de celles du corps, j’ai inséré un mouchoir avec du réfléchissant double face et une grille à reine, l’isolation sous le toit est toujorus de 6cm de polystyrène extrudé haute densité (élément également très important).
Rien ne s’est passé durant un bon moment, puis le nectar est rentré, j’ai ajouté une seconde hausse. Seule cette partie restreinte au –dessus du nid à couvain a été remplie de miel et fut rapidement et totalement operculée.
Pris par le temps et soumis à d’autres obligations j’ai tardé la poursuite de la pose des hausses dans les autres ruchers. 10 jours ont passé, les colzas pointaient tout juste leur couleur. Mais les hausses ne sont remplies qu’une fois le corps blindé de miel. La Chambre 2, celle hors couvain dans le corps, est restéevide de miel dans le premier rucher, fut saturée de nectar et de miel dans les autres. L’operculation a demandé du temps.
Le mécanisme à l’œuvre est que la présence précoce de la hausse a créé une cheminée de chaleur un peu comme dans un tronc d’arbre creux. Les abeilles posant le nectar au plus chaud donc au plus haut ont investi la hausse plus chaude que la CH2.
Par contre, dans les ruchers où les hausses furent placées plus tard, la partie la plus chaude était le corps, CH2 incluse et les abeilles ayant commencé à y mettre du nectar, leur nombre occupé à travailler le séchage du nectar a maintenu une température élevée en cet endroit et les hausses ont été délaissées jusqu’à ce que s’installe un équilibre de température entre le corps et les hausses.
Ce n’est pas une catastrophe car les corps pleins permettent aux colonies de disposer de bonnes réserves pour éviter les famines qui menacent désormais. Démonstration est faite que placer trop tôt les hausses dans la RBC ne pénalise pas les colonies, ni les récoltes, mais évite de s’interroger sur le bon moment pour installer les hausses. La gestion du temps de l’apiculteur s’en trouve améliorée.
Les récoltes de printemps
Avec l’abondance des miellées de ce printemps les hausses sont généralement assez bien remplies voire débordantes. Une récolte est donc intéressante à faire. Les corps sont également le plus souvent bien riches en nectar. Les couvains s’en ressentent et il faudra surveiller la bonne configuration de la Chambre 1 pour y concentrer le couvain et pousser ainsi la reine à occuper les cellules que les abeilles libèreront pour chauffer cet espace et donc retrouver à terme des cadres bien garnis de larves pour assurer les récoltes à venir.
Faire des reines suite du mois précédent
C’est le bon moment pour faire des reines, les grandes miellées sont passées, l’instinct d’amassage est mis en sourdine, les abeilles reprennent l’élevage. Une manière simple de faire consiste à élever sur 2 cadres de couvain fermé mis dans une ruchette en polystyrène fermée au fond par une feuille de réfléchissant, ajout de 2 PIHP et des abeilles prises sur 2 cadres de couvain ouvert, et d’un cadre de miel, de candi hyper protéiné, de sirop enrichi de protiénes (Royal Care Nutri pro 25, Vita Feed Patty, Megabee, Promotor L Apis …).
Le lendemain introduire un cadre d’élevage avec seulement 14 cellules avec des larves de 24 à 48h d’âge pour optimiser la qualité des reines à venir. Les cellules seront utilisables après 3j de développement soit 2j avant l’operculation, 5j si on souhaite les mettre en couveuse ou on attend et 9 jours après l’installation des larves en couveuse, les cellules royales seront réparties dans des nucléis pour la naissance des reine et leur fécondation.
Le plus inquiétant dans l’élevage de reines, est la phase de prélèvement des larves d’ouvrières de 1 ou 2 jours. Avec la technique des blocs de ponte décrite dans mon ouvrage « L’élevage des reines » paru chez Ulmer ce problème est réglé. Reste alors la suite, avec un starter puis une éleveuse. Ce que j’ai décrit le mois dernier est la constitution d’un starter / éleveuse. Cette solution qui associe dans la même colonie la fonction starter et la fonction éleveuse est rendue possible par le faible nombre de cellules royales mise en élevage ce qui en garantit la réussite et la qualité. On retrouve cette même manière de procéder dans notre ouvrage « La ruche basse consommation d’énergie » p85.

Pour un fonctionnement optimal du système il ne faut jamais oublier 2 actions
- ajouter 1 ou 2 cadres de couvain operculé tous les 7 jours
- vérifier tous les cadres tous les 7 jours pour y détruire les cellules royales naturelles, y compris sur les cadres de miel normalement indemne de couvain
- apporter des patty protéinés ou du sirop enrichi de protéines
Un essaim sur 2 cadres sert
- à produire des reines
- à produire des essaims
- à changer des reines défaillantes (mauvaise pondeuse, colonie agressive, trop vieille…)
- à relancer des colonies bourdonneuses, sous conditions de populations encore abondantes et sans ouvrières pondeuses
Tous les changements de reines, les renforcements avec un petite essaims bien développé sur 2 cadres en ayant pris soin d’orpheliner la colonie receveuse réussissent en général. On place contre la PIHP l’essaim sur 2 cadres, on crée une paroi de protection avec 1 cadre de miel, puis tout le couvain de la colonie à remèrer et la PIHP centrale.
Une ou deux gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus globulus favorisent le brouillage des odeurs, à défaut poser 2 tampons de démaquillage généreusement imbibés préalablement dans un alcool fort et posés sur la tête des cadres. Nourrir d’un litre de sirop occupe toute la colonies et favorise l’acceptation.
Avec des situations un peu difficiles on déplace la ruche receveuse à l’emplacement de l’essaim sur 2 cadres on récupère les butineuses de l’essaim et on perd une bonne partie des butineuses de la ruche receveuse qui sont en principe plus agressives que les autres membres de la colonie à remèrer.
Cette pratique est simple de mise en œuvre et ne nécessite qu’une seule intervention, hormis l’orphelinage de la colonie quelques heures auparavant.
Le traitement contre le varroa
La récolte faite on pourra procéder à un traitement contre le varroa. La présence du couvain dans lequel la quasi totalité des varroas y est en reproduction, rend totalement inefficaces les arrosages avec les médicaments à base d’acide oxalique.
La seule médication pertinente est l’acide formique sous la forme du FormicPro. On place 1 bande (1 seule, le fabricant propose un traitement sur 2 semaines à 2 bandes mais en ce moment 1 seule bande suffit) sur la tête des cadres, le volume d’air dans la ruche sera accru par l’installation d’une hausse vide de cadres sur le corps. Le traitement dure 1 semaine, la bande sera retirée, jetée au compost car le support est de la sciure de bois. Les hausses seront reposées.
Cet acide pénètre les opercules et perturbe le développement des varroas cachés dans le couvain. C’est un produit puissant qui est larvicide, donc ne pas stimuler la ponte de la reine. Il produit quelques perturbations dans les colonies dont la disparition du couvain ouvert, mais la ponte de la reine reprend aussitôt la densité des vapeurs ayant baissé, dans les faits dès la fin de la semaine. C’est un produit qui ne présente pas d’effets délétères sur la reine et les abeilles dès lors que la température durant les 3 premiers jours n’excède pas 25°c.
L’intérêt d’un traitement à ce moment de l’année est que nous sommes en plein développement de varroa et que l’encagement des reines que l’on fera dans un mois et demi sera d’autant plus efficace que nous aurons des générations de jeunes abeilles moins parasitées. En effet au cours de l’encagement durant les 25 jours d’isolement de la reine tous les varroas devenus phorétiques vont surcharger les abeilles de la colonie et potentiellement produire un effondrement des colonies.
Quelques trucs contre le F A pattes jaunes
Dans l’arsenal des pièges nous avons déjà cité la nasse coréenne, facile à fabriquer avec du grillage de 6,3mmx6,3mm, pas chère le grillage coute environ 4€ le ml et il en faut 1,25m soit 5€ et un peu de temps, 1h peut suffire. Un bon descriptif est donné par Fred l’apiculteur : https://www.youtube.com/watch?v=7POIU9YMx6s
Je ne connais pas de système plus performant à un coût aussi dérisoire !
Pour protéger les entrées de ruche et empêcher les frelons de rentrer, découper un morceau de grille à reine à mettre en substitution de la grille d’entrée. Ça ralentit un peu la rentrée des abeilles mais les frelons ne peuvent pas réussir à passer l’obstacle. Une solution n’est pas la solution, mais un élément dans un ensemble plus vaste : pièges, appât sucré et visqueux, harpe, muselière à 1 ou 2 tubes (vraiment efficace pour éviter le stress chez les abeilles)

Pour éviter l’entrée des Frelons dans les ruches, remplacer les portières d’entrée par un morceau de grille à reine, cela n’empêche pas les frelons de prendre des abeilles mais ils ne peuvent plus entrer, ce qui fait un peu baisser le stress. Laisser pousser les herbes devant les ruches améliore encore la protection.
Ce procédé de protection des entrées est particulièrement intéressant avec les nucs de fécondation
