
Lors du webinaire du 26 mars Pierre le Bivic viendra nous parler des abeilles et de l’eau. Ses travaux de recherche vont démonter plusieurs de nos certitudes sur les besoins en eau des colonies et c’est sain !
Ces études mettent en lumière l’influence de la qualité de l’eau sur les préférences des abeilles en matière d’eau. Ces résultats vont à contre-courant des idées reçues et fournissent des informations pratiques aux apiculteurs pour les aider à faire face aux enjeux climatiques, sanitaires et sociaux qui pèsent sur cette ressource.
https://us02web.zoom.us/j/85471367274?pwd=zBohnf22aVRjdpBSz0ZkB4Ifzgkj40.1
Les pieds dans l’eau
C’est le cas de le dire pour nombre d’habitants des zone inondées. Les dégâts immédiats peuvent être appréciés mais ce qui sera plus compliqué à observer seront les réactions des sols, des matériaux durables imprégnés d’humidité où vont se développer, les bactéries, les champignons et autant de micro organismes. Pour nos colonies, si elles n’ont pas péri sous les eaux, l’humidité latente est un environnement défavorable, dont les mycoses bénéficient lorsque les lignées y sont sensibles. On pourra s’en servir lors de nos sélections.
Déjà les floraisons
Dans ma région de Lyon les amandiers sont en fleurs, les abricotiers précoces également, les bourgeons à fleur des pêchers sont roses, les cornouillers mâles aussi. je ne mentionne pas les Lonicera fragrantisima qui fleurissent depuis la fin décembre ! Les pissenlits commencent de manière éparse, les violettes sont en masse fleuries, les pâquerettes, les véroniques de perse, les jonquilles, les prunelliers, les prunes sauvages… La nature explose doucement.



Les colonies que nous avons pu visiter sont toutes sur au moins 3 cadres de couvain, un couvain bien serré. Côté mortalité nous sommes sur 7% de colonies mortes ou bourdonneuses. J’incrimine la mortalité des reines aux encagements qui se sont mal passés surtout lorsque j’ai oublié de les libérer en décembre. Quelques colonies auront été décagées seulement en février : Honte à moi.
Mais sur les 5 colonies décagées fin février (elles l’étaient depuis octobre) 3 reines semblaient en pleine forme, elles pondaient dans la cage de Scalvini. Je vous tiendrai au courant des résultats de la reprise de ponte.

Les traitements drastiques contre varroa faits depuis le début de l’année 2025 semblent avoir maintenu l’infestation à un faible niveau. On vérifiera la situation en avril ou mai par de comptages au shaker. J’ai appliqué le protocole suivant : suppression de cadres à mâles en avril et mai, application d’une lanière de formic pro durant 1 semaine en mai hors hausses (après la récolte de printemps), puis encagement en juillet et 2 sublimations avec un médicament à base d’acide oxalique enfin l’encagement et le traitement par 1 sublimation en décembre.
Comme je suis en RBC, il m’est difficile de faire des comptages sur lange, mais en contrepartie la sublimation donne les meilleures résultats car le gaz reste intégralement dans le corps, les fuites vers l’extérieur sont minimes. Dans la littérature la sublimation est évaluée moins performante que le dégouttement ou la pulvérisation, mais c’est probablement du aux fuite massives par le plateau de sol malgré toutes les précautions prises surtout avec ceux qui sont intégralement ventilés.

Par contre, intérêt de la RBC, les réserves sont encore conséquente et les apports hivernaux de candi ont été rares, le suivi du poids total des ruches est intéressant de ce point de vue. Trop distrait j’ai oublié de nourrir en janvier une colonie qui semblait un peu faible, elle s’était beaucoup développée en couvain et elle est morte de faim. C’est très caractéristique, une amas d’abeilles mortes dans la ruche, un paquet à l’extérieur et des abeilles la tête dans les cellules sur de grande surfaces de rayons. On ne peut pas exclure que ces colonies pouvaient être pourries par les virus, même si l’infestation varroa ait pu être assez bien contrôlée, une fois les virus apportés par les acariens ils vont se multiplie et se transmettre dans la colonies par frottement des abeilles entre elle et par trophallaxie.
La visite de printemps
Avec les chaleurs qui arrivent la visite de printemps est possible. Reste que le couvain devant être à 35°c en moyenne, la sortie des cadres sera brève et leur inspection faite sur un cadre seulement dans la colonie qui sera rapidement refermée. Du fait de la présence de couvain fermé, la reine est présente et du couvain ouvert dit s’y trouver, sa recherche est inutile. On mesure approximativement sa surface en estimant le nombre de mains par cadre. le truc pour aller vite, c’est de regarder combien de cadres ont du couvain fermé, un œil en biais sur une seule face d’un cadre à moitié sorti suffit et on fera une inspection plus conséquente sur un cadre que l’on sortira complétement pour voir la surface de couvain fermé et celle de couvain ouvert et d’œufs. L’observation sur une seule face suffit car en général le pontes sont symétriques sur les 2 faces d’un même rayon. Avec ces observations rapides on n’a pas de risque de trop sous estimer l’état des lieux.
Actions
Si dans la chambre 1, celle de la reine et du couvain, on trouve des cadres vides, les retirer les mettre en chambre 2, qui est l’espace du miel, des cadres vides et de la ponte de la reine lorsque la CH1 se révèlera trop petite. Resserrer la Partition réfléchissante (la PIHP) pour réduire l’espace de la reine. Mettre les cadres vides en CH2.
Il sera opportun d’agrandir la CH1 après les saints de glace, lorsque la température externe devient plus régulièrement stable. Et le plus souvent on la supprime à ce moment-là en ajoutant une cire en rive. La colonies sera sur 8 cadres avec les 2 cadres de rives on retrouve l’agencement classique des ruches Dadant 10c.
On n’a pas de risque d’essaimage si : 1- la lignée est sélectionnée sur sa faible propension à l’essaimage, 2- si la météo est favorable à un développement lent et régulier de la colonie, 3- si la CH2 est accessible (les PIHP sont 20mm plus courtes que les cadres) auquel cas la CH2 sert de vase d’expansion à la colonie et l’excédent d’abeilles passe en CH2.
Il faut avoir en tête que l’un des rôles de la chaussette est d’assurer un passage tiède sous la PIHP centrale du fait de la réflexion de leur propre émission de rayons infra rouge les abeilles ont une grande facilité pour quitter la CH1 chaude et aller explorer la CH2 bien plus froide. Ce mécanisme améliore la densité des phéromones royales au niveau du couvain et procure un moindre risque d’essaimage.
La manière la plus classique pour réduire ce risque d’essaimage est aussi de faire des essaims sur 1 cadre dès que la colonie dépasse 4 c de couvain. Ce sera en avril voire plus certainement en mai selon les températures locales. En RBC c’est une pratique qui réussit pratiquement chaque fois et qui assure des productions de reines en petit nombre, certes, mais avec une grande économie de moyen et de temps.
Où mettre les cadres à mâles ?
On les met contre la PIHP centrale dans la CH2, ceci pour éviter que ce cadre à bâtir ne constitue une paroi froide en CH1, là où la température doit être au maximum. Lorsque la reine sera en pleine ponte elle passera en CH2 et ce sera à ce moment là qu’elle pondra les cadres à mâles, ce sera également le moment où la colonie aura assez de nourrices pour les élever car ils sont gros consommateurs de gelées nourricières.
On fera exception à cette règle si on veut produire des mâles pour des inséminations artificielles ou pour produire des saturations de mâles sélectionnés en fécondation naturelle.
Qu’est-ce que la capacité de ponte de la reine ?
En évoquant le jeu des 2 chambres 1 et 2 et en préconisant d’attendre que al CH1 soit saturée en cadres de couvain et en abeille, je fais référence implicitement au dimensionnement de la CH1 calé sur la capacité de ponte de la reine. On appelle capacité de ponte de la reine la surface de couvain que l’on exprimera en nombre de cadres de couvain que al reine peut pondre sur un cycle de développent de l’ouf à la naissance de l’abeille. Ce cycle est de 21 jours environ (+ ou – 1 jours selon les conditions de température sous nos latitudes). Cette capacité de ponte est liée à la fécondité de la reine, mais également au nombre des nourrices, à leur capacité à produire des gelées nourricières, au volume des rentrées de pollen, à la qualité de l’environnement floral et à la météo.
C’est une situation observée et non calculable. Faisons le calcul suivant :
- un cadre de corps Dadant contient environ 7200 cellules sur ses deux faces
- une reine pond 1500 œufs par jour
- en 22 jours ce seront 31 500 cellules qui seront occupées soit 31 500 / 7 200 = 4,375
Donc on estime que sur 1 cycle complet de ponte 4 cadres seront nécessaires. Comme en RBC, la ponte de la reine s’étale sur la quasi totalité de la surface des rayons en CH1, le miel étant stocké soit dans la CH2 soit dan sla hausse,il est loisible d’observer que laCH1 soit sur sur 4 cadres donc on attend tranquillement (tout en surveillant) le passage de la reine en CH2 et qu’elle engendre une ponte sur de grande surfaces. On rapatrie les cadres pondus vers la CH1 quand ils le sont presque en totalité. A noter que sur 4 cadres ainsi pondus « au carré » en CH1 , il y a la même surface de couvain que dans la configuration classique sans PIHP avec 6 cadres de couvain.
Pour finir
J’ai donné 1 pain de 400g de candi à toutes les colonies, du sirop je n’en donne pas sauf aux futures éleveuses qui seront en limite d’essaimage dans un mois donc prêtes pour élever en avril. Si par hasard le risque d’essaimage s’avérait je ferai des essaims sur 1 cadre en leur apportant un surcroit d’abeilles nourrices.

Webinaire du jeudi 26 mars 2026 : Les abeilles et l’eau avec Pierre le Bivic
Pierre le BIVIC est un jeune chercheur dans une unité CNRS / INRAE « Abeilles et environnement » à l’Université d’Avignon
« Les abeilles recueillent l’eau non seulement à des fins thermorégulatrices, mais aussi pour obtenir des micronutriments, pour garder les abeilles hydratées, pour la production d’aliments larvaires ou pour diluer le miel stocké lorsque le nectar est limité. Les porteuses d’eau ont des caractéristiques différentes des butineuses de nectar ou de pollen. La collecte d’eau est quotidienne, tout au long de la saison quelles que soient les conditions météo qui influent seulement sur les quantités collectées.
Ces études mettent en lumière l’influence de la qualité de l’eau sur les préférences des abeilles en matière d’eau. Ces résultats vont à contre-courant des idées reçues et fournissent des informations pratiques aux apiculteurs pour les aider à faire face aux enjeux climatiques, sanitaires et sociaux qui pèsent sur cette ressource. »
https://us02web.zoom.us/j/85471367274?pwd=zBohnf22aVRjdpBSz0ZkB4Ifzgkj40.1
20h30 ouverture de la salle virtuelle
20h45 début de la conférence