Après les grandes chaleurs de mars, la fraîcheur revient et avec elle de moindres rentrées de nectar. Les colonies très populeuses comme les plus faibles vont voir s’inverser le raport entre la surface de couvain fermée et celle de couvain ouvert. L’essaimage se met en route.
Henri Renson, un sélectionneur, éleveur Belge s’en est allé. Il était un éleveur passionné de l’abeille Carnica, il avait travaillé et conduit en parallèle plusieurs dizaines de lignées depuis les années 1970, qu’il entretenait et maintenait par une technique de consanguinité élevée qu’il pratiquait par insémination artificielle à l’aide d’un appareil de sa conception particulièrement maniable, il fut ingénieur en mécanique de précision. Ses élèves venaient du monde entier et il a transmis son art à de nombreux professionnels et amateurs éclairés.
Outre ses compétences immenses et une expérience rare, Henri Renson était accueillant, compréhensif et ouvert à toute question, c’était un partageux. Sa générosité le conduisit à céder ses reines à des prix plus que modestes, assurant ainsi une large diffusion de son travail d’une exceptionnelle qualité. Nous avons perdu outre un excellent sélectionneur, un ami et un honnête homme au sens « classique ». Nous pensons à son épouse dont le poids de la solitude sera grand tant ce couple vivait de concert.
Après cette période de vœux un peu convenus, avouons le, profitons en pour nous souhaiter de la curiosité et une soif d’expérimenter. Bien sûr si la santé nous manque, si les deuils nous affectent, si … l’année ne sera pas bonne. Mais si on peut garder un brin d’optimisme, espérons avoir l’occasion de regarder du coté des innovations, des idées nouvelles, des propositions un peu iconoclastes. Répéter les rites du passé est sans doute très rassurant, mais la situation actuelle nous conduit à faire marcher notre imagination.
Pour les amoureux des fleurs, allez au sud de Lyon à Feyzin en prenant la route qui passe devant la caserne des pompiers et qui conduit de l’ancienne N7 dite route de Lyon à la « route de Vénissieux », vous y verrez un magnifique champ de tournesols en fleurs, bien plantés régulièrement, des inflorescences magnifiques. Les abeilles y étaient dessus samedi 10 décembre. J’espère vivre assez vieux pour aller ramasser des dattes sur les Champs Elysées à Paris… Noël fait rêver.
Au 11 novembre j’avais l’habitude de greloter après la douceur relative du 1er novembre. Cette année, au 11 novembre j’ai ouvert des ruches et j’ai trouvé dans chacune plusieurs cadres couverts de couvain, jusqu’à 4 cadres bien garnis. Les abeilles rentraient du pollen, les réserves en miel étaient assez souvent au plus bas, le varroa est présent au maximum ! Attention à la casse des mois de février et mars !
La faim continue. Depuis cet été les apports en nectar furent très variables d’une zone à l’autre. Là où l’humidité fut présente, le nectar a coulé de manière quasi ininterrompue, la chaleur a produit des fleurs en quantité. Ailleurs les abeilles ont mangé leurs réserves pour partie. Ceux qui ont nourri après les récoltes d’un sirop 50/50 entre aout et septembre ont de magnifiques colonies. Quoi qu’il en soit, surveiller l’état de leurs réserves devient impératif.
Deux cours seront disponibles cette année Ceux du groupent de défense sanitaire apicole du Rhône sur les questions de santé des abeilles (gratuit et réservé aux seuls adhérents du GDSA) et le cours d’initiation à l’apiculture et le cours d’élevage des reines de l’association les amis des abeilles (payant)
Fin des vacances pour bien d’entre nous, début de famine pour les abeilles. C’est ainsi que l’ont peut résumer la situation en bien des endroits. Le regain de floraison a provoqué des couvains abondants dans les ruches, des essaims ont même pris le maquis début septembre ! Mais revers de la médaille, l’absence de réserves massives faites en juillet dans les corps a certes laissé de la place au couvain, mais les colonies ont consommé le peu de réserve qu’elles avaient faites; certaines sont déjà en cours de consommation du couvain ouvert signe que pour les abeilles c’est la famine. Si on n’y prend garde les mortalités hivernales s’organisent maintenant.
Après un temps estival en mai et juin qui nous a valu des récoltes exceptionnelles, ou des essaims pour ceux qui se sont fait piéger, la fraicheur et la pluie de juillet auront eu un effet curieux. Les colonies n’ont pas cessé de faire du couvain. Certaines colonies issues de lignées essaimeuses ou dotées de vieilles reines ont produit des celluels royales, les élevages de reines foireux en mai ont explosé en juillet. On se croirait en un petit printemps.
Ulmer l’éditeur de « L’apiculture mois par mois » est une société allemande. L’ouvrage édité par sa maison française s’étant bien vendu, la maison mère a décidé de le faire traduire pour diffusion dans les pays de langue allemande. L’ouvrage est sorti en juin. Voici sa couverture.
Jean Riondet