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    Conseils mensuels d'apiculture

    Novembre 2006 Si l’hiver va son chemin, il commence à la Saint Martin

    Jean RiondetBy Jean Riondet8 octobre 2006Aucun commentaire6 Mins Read

    Ainsi par ce dicton, l’Abbé Germain Barthélemy commençait-il ses « Travaux du mois de novembre » en 1979. Oui, le froid arrive, les grappes se forment, la vie prend son temps dans les colonies. Les ruchers entrent en léthargie, l’apiculteur amateur surveillera ses ruches de temps en temps. Il consacrera ses loisirs à la préparation de la saison prochaine.

    Au rucher

    On poursuit le débroussaillage, les toits seront bien calés et surveillés à cause du vent et de la pluie qui pourraient les déplacer et refroidir les colonies de manière inopportune. Les belles journées d’automne pourront être employées pour peindre l’extérieur des ruches. Les abeilles au chaud ne dérangeront pas le peintre durant son ouvrage. Pour ma part, je passe de l’huile de lin tous les ans ou tous les deux ans selon l’état des caisses. A l’aide d’un rouleau l’opération se fait très rapidement. Certes sous les bords du toit le traitement n’a pas lieu, mais la pluie n’y vient pas non plus. On peut déplacer les ruches en pleine journée de quelques mètres à cette époque de l’année, tant qu’il ne fait pas trop froid. Le risque serait de disloquer la grappe d’abeilles qui ne se reformerait et les abeilles mourraient de froid sur le plateau de sol.

    Le candi

    Il faut préparer les pains de candi pour les mois à venir. Sans doute avez vous parfaitement nourri vos colonies et avez-vous hiverné vos populations sur d’abondantes réserves… mais il se peut qu’ici où là vous ayez quelques soucis avec l’une ou l’autre. Il est bon de disposer du candi qui se met sur le trou du nourrisseur et que les abeilles consommeront comme du miel. Une hausse vide par-dessus, un calfeutrage avec des journaux ou tout matériau souple qui couvre le candi puis le toit. Le candi est un sucre à cristallisation très fine obtenu en dissolvant à chaud dans la proportion de 5kg de sucre dans à peine 900 g d’eau que l’on chauffe entre 110 et 115°c. Lors du refroidissement, vers 70°c, le liquide devient laiteux, la cristallisation commence. On brasse le sirop avec une grosse spatule puis on le verse dans des moules (assiette calotte, bac à congélation en aluminium, boites en carton de faible épaisseur…) puis en refroidissant la cristallisation s’achève. Le truc pour réussir le candi consiste à travailler avec un thermomètre. On fait bouillir l’eau, on en prend la température à ce moment. Puis on fait fondre le sucre. 20 à 30 minutes plus tard on mesure la température. On arrête la cuisson lorsque le mélange atteint 10 à 15°c de plus que la température mesurée à l’ébullition de l’eau au départ. Après plusieurs essais on trouve la bonne température pour obtenir un candi à la consistance voulue. Moins on chauffe plus il est mou, à l’inverse il devient de plus en plus dur puis impossible à prendre pour les abeilles. Pour en améliorer la prise on peut ajouter en fin de cuisson 5% de miel. Cette fabrication est un peu longue, consommatrice d’énergie et dangereuse par la température et le poids de la bassine que l’on manipule. On peut acheter du candi tout prêt chez les marchands de matériel apicole, mais aussi acheter du fondant de pâtissier chez les grossistes pour la boulangerie. Pour ma part j’utilise le plus souvent 1 kg de sucre en morceaux dont j’ouvre en partie le fond en carton pour que les abeilles puissent venir manger la sucre ramolli par l’humidité de la ruche. Ce candi servira dès décembre pour les populations trop pauvres en réserves.

    L’entretien des caisses et des cadres

    Tout le matériel récupéré de l’été vide d’abeilles sera nettoyé puis réparé et remis en service au printemps prochain. Les caisses, couvres cadres et plateaux de sol seront soigneusement passés au chalumeau, grattés, peints si besoin et remisés. Les cadres seront traités à la chaudière à cire, ainsi nettoyés et désinfectés, ils retrouveront une nouvelle jeunesse. Si on a pris le soin de les filer avec de l’inox, ils sont prêts à être de nouveau cirés. Passer les lèves cadres au chalumeau, tremper 5 minutes le matériel sensible, les vêtements et les matériels en plastiques dans de l’eau et de la javel dans la dilution d’un berlingot pour 5 litres d’eau. Bien gratter les dépôts de propolis et de cire qui protègent les spores des maladies de l’action de la javel. Travailler dans un local ventilé pour éviter de respirer les vapeurs chlorées qui pourraient se dégager. Si vous achetez du matériel veillez aux cotes de manière à ce que tout votre matériel reste absolument interchangeable.

    Pour Noël

    C’est maintenant que se préparent les cadeaux de Noël. Sans refaire la liste bien classique des grands auteurs de l’apiculture, je rappellerai les deux ouvrages pour professionnel et amateur passionné qui feront de très beaux cadeaux. Tout d’abord la référence française en matière de technique apicole, Pierre Jean-Prost « Apiculture » remis à jour et augmenté par Yves Le Conte Directeur de recherche à l’INRA. Cette 7° édition se doit de figurer dans les bonnes bibliothèques apicoles. Et la magnifique encyclopédie le « Traité Rustica de l’Apiculture » réalisée sous la houlette de notre Président Henri Clément avec le concours de grands noms dont Gilles Fert, Yves Le Conte, Etienne Bruneau, Jean Marie Brabançon, Paul Bonnaffé, Gilles Ratia, Roch Domerego, Bernard Vaissière, Catherine Reeb.

    Pour ceux que le matériel démange, une idée de nucléi pour l’élevage des reines. Ce sont des boites de 22cm x 27cm et de17cm de hauteur de 4 ou 6 rayons et un nourrisseur. Il n’y a pas de cadre, une lame de bois et un peu de cire gaufrée soudée dessous. Les bords sont inclinés à 120° vers le bas de sorte que les rayons sont construits en demi-lune sans être collés aux parois par les abeilles.

    C’est le principe de la ruche dite Kenyane ou KTBH mise au point au Kenya pour faire de l’apiculture dans des ruches à cadre mobile… sans cadres. Gilles Ratia présente ce type de ruche sur son site www.beekeeping.com.

    L’absence de cadre n’est pas trop gênante pour cet usage, bien au contraire on économise sur les cadrons et sur le travail qui les accompagne. Seule difficulté, manipuler avec précaution les rayons lourdement chargés de miel. On trouve 2 modèles chez tous les bons revendeurs ou sur Internet sous les noms de Kieler (ou de Segeberger) Begattungskasten.

    Jean Riondet
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