Mai 2008 suite … la Warré

J’avais acheté en 1995 l’ouvrage ronéoté de Marc Gatineau sur la ruche populaire de l’abbé Warré. Puis l’ouvrage de l’abbé ayant été réédité je l’ai acquis à son tour, puis récemment celui de Frères et guillaume. Mais je ne m’y étais jamais attelé. La force de l’habitude sans doute. Mais pas seulement. La fragilité des rayons, sauf dans le modèle Gatineau équipé de cadre mobiles, du matériel introuvable en magasin et donc à fabriquer soi même, m’avaient éloigné du procédé.

Le déclic

Un stagiaire qui s’y passionne et qui me fait acquérir une ruche. Je découvre un format de deux rayons de plus que mes Miniplus, or je cherche à accroitre le nombre de mes nucléis d’élevage. Trois essaims naturels sont venus peupler ma Warré découpée en autant de colonies que d’essaims.
Puis au rucher des Allobroges en Savoie, une journée autour de la Warré animée par Gille DENIS. Une conduite exposée simplement et une véritable unicité du matériel, Gilles a mis au point des barrettes équipées de deux lattes de 7 cm à la verticale pour éviter que les rayons ne soient collés au bord de la caisse. Le rayon ainsi solidifié devient mobile sans être un cadre, on retrouve les fonctionnalités des ruches à cadre avec les qualités de la Warré. Gilles Denis vit de ses Warré, sa conduite du rucher est millimétrée, ses conseils judicieux.

Yvon Achard, le Baudelairien du Vercors, grand passionné de Buckfast qui reçut le frère Adam durant 10 années chez lui et qui poursuit ses échanges avec les spécialistes de cette abeille, Zimmer, Gut, m’a reçu chez lui cette semaine.
Il n’a pas de Warré mais des Klaer dont il fit usage en ses débuts. Elles lui servent de nucléis pour ses élevages. De même hauteur, c’est une ruche qui possède un cadre de plus que la Warré. Il m’a convaincu du bon choix que représente la Warré pour faire de l’élevage et hiverner des reines.

Et alors ?

Reste maintenant à apprendre sa conduite. Elle ne ressemble en rien à celle de la Dadant. C’est une vraie divisible. Rehaussée par le bas dans les zones à miellée régulière ou relativement constante, rehaussée par le dessus dans les zones à miellées cyclique et fortes. L’absence de cadres rend le transport des corps pleins de miel à risque, la récolte est d’autant plus différente que l’extraction du miel se fait par découpe des rayons, écrasement puis égouttage tout simplement dans le bac à désoperculer. Les abeilles devant reconstruire leurs rayons après chacune des récoltes le rythme des levées du miel ne peut être le même, seules construisent abondamment les colonies puissantes.
Donc le choix de cette ruche impose de travailler avec des colonies populeuses, ayant des reines d’un an au plus… la division, l’essaimage artificiel, une apiculture extensive et non pas intensive sont au cœur de la méthode.
Il me faut réapprendre, mais pour bien des stagiaires, amateurs débutants, ce peut être un bon compromis entre une passion naissante et donc une compétence limitée et un investissement tout aussi limité. L’apiculteur néophyte n’a pas à être doublé d’un menuisier équipé d’un atelier. La réussite avec ce type de ruche en ces temps difficiles est plus certaine pour un débutant.

L’unicité absolue du matériel, la possibilité de faire un plateau de sol qui supporte 2 ou 3 partitions faite dans du carton ondulé plastique autorisant ainsi de 2 à 4 espace d’élevage sur autant de rayons que de besoin au sein d’un corps standard. Gilles Denis affirme que la température élevée dans cette ruche, environ 36°c alors qu’on ne dépasse pas 34°c dans la Dadant, permet de ne pas traiter contre varroa qui ne supporte pas une température de ce niveau. Ce sont à mes yeux des motifs suffisants pour tenter l’expérience.

Aujourd’hui, trois corps sont équipés d’essaims naturels, une bonne base pour démarrer observations et essais. l’élevage des reines n’est pas fini, j’espère bien pouvoir en mettre quelques unes dans ces caisses.

La saison n’est pas si favorable que cela, ces essaims construisent lentement et pourtant je leur apporte du sirop ! Mais il pleut encore et toujours. Ça ne mielle pas, dès une accalmie on trouve des colonies super actives qui sortent à tout va. Mais c’est insuffisant, les ruches sont mises à … heures. Elles aussi.

A suivre

Jean Riondet

Auteur Jean Riondet

Apiculteur de longue date, Jean Riondet est un passionné qui aime apprendre et transmettre. Parallèlement à l’entretien de ses ruches, il enseigne l’apiculture depuis plus de 25 ans dans la région lyonnaise. Auteur d’un premier ouvrage, Un rucher dans mon jardin (Nathan, 1995), il a rédigé durant dix sept années diverses rubriques dans la revue Abeilles et fleurs et anime un blog de conseils apicoles sur Beehoo. Ce nouvel ouvrage est né des questions de ses lecteurs et de ses stagiaires.

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